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Développement durable

INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE TERRITORIAUX

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La participation aux élections législatives

Thème : Bonne gouvernance
Orientation : 
Favoriser une stratégie et un pilotage partagés pour un développement territorial durable

La participation au premier tour des élections législatives permet d’approcher l’implication des citoyens dans la vie politique du pays. En 2012, la participation en France a été de 58,2 %, ce qui correspond à un nouveau niveau d’abstention record après celui de 2007. De manière générale, la participation électorale connaît une baisse continue depuis le début de la Ve République.
La distribution de la participation dessine une géographie marquée : elle est très faible au nord-est, plus forte au sud et à l’ouest de la France.

 

Taux de participation au premier tour des élections législatives de 2012, par département

Définition

Le taux de participation à une élection est le rapport entre le nombre de personnes ayant voté et le nombre total d’inscrits sur les listes électorales.

Pertinence

La participation aux élections permet de donner un aperçu de l’implication des citoyens dans l’exercice de la démocratie. Elle est aussi un reflet de la bonne santé du système politique et de la confiance que les citoyens lui accordent. A l’inverse, l’abstention montre quelle part de la population se désintéresse des grands enjeux de la vie publique.

Les élections législatives sont parmi les plus mobilisatrices. Elles permettent d’exprimer un enjeu national à l’échelle des territoires puisque les élus représentent une circonscription territoriale à l’Assemblée nationale. La participation au 1er tour est généralement représentative de la participation au scrutin ; en outre toutes les circonscriptions n’ont pas de 2ème tour lors des législatives.

L’échelle du département permet de distinguer de grandes tendances territoriales, mais une approche par type d’espace permet de compléter cette analyse.

Limites et précautions

Chaque scrutin incarne des enjeux différents, ce qui peut expliquer de fortes différences d’une élection à l’autre. Ainsi, le report depuis 2002 des législatives après les présidentielles dans le calendrier électoral a déplacé la participation vers les présidentielles. La comparaison entre la participation aux élections législatives en 2002 et 2007-2012 est donc à analyser avec précaution.

De plus, le taux de participation ne rend pas compte de la non-inscription sur les listes électorales, qui est aussi une forme de non-implication. Il est par ailleurs sensible au phénomène de la « mal-inscription » dans les territoires où la population est très mobile : les « mal-inscrits » sont inscrits loin de leur domicile, souvent les jeunes suite à un déménagement.

Analyse

Résultat au regard de l’enjeu de développement durable

La participation électorale est en baisse depuis les années 1980. Depuis 1993, l’abstention augmente pour atteindre le record de 43 % en 2012.
Le taux de participation aux élections législatives 2012 atteint seulement 58 % pour la France entière. L’abstention atteint un record absolu, avec des disparités territoriales marquées d’un département à l’autre, mais aussi d’un type d’espace à l’autre. La baisse continue de la participation électorale semble traduire un phénomène de désaffection par rapport au système politique. En 2007, le taux de participation était de 60,5 %, soit 2,3 points de plus qu’en 2012. Cependant, il semble que les électeurs se mobilisent aussi de façon sélective suivant l’enjeu que recouvre l’élection.

La mobilisation des électeurs varie selon les scrutins et selon les enjeux. Ainsi, la participation électorale est particulièrement faible lors des scrutins européens, peu lisibles tant par le découpage des circonscriptions que par les fonctions des élus. Considérer uniquement les élections législatives permet de limiter ces écarts. Ce type d’élection reste cependant dépendant du contexte politique. Par exemple en 2002 et surtout 2007, la participation aux présidentielles était beaucoup plus forte qu’aux législatives. C’est le cas encore en 2012 avec près de 80 % de participation électorale à l’élection présidentielle. L’inversion de date entre les deux élections (les présidentielles ont lieu avant les législatives depuis 2002), l’instauration du quinquennat en 2000 ont sans doute affaibli l’intérêt des législatives. De plus, le contexte particulier créé par les résultats de la présidentielle de 2002 a joué sur la sélection du scrutin mobilisateur par les électeurs. L’abstention aux élections législatives de 2012 a ainsi atteint un nouveau record après 2007. La participation électorale n’est pourtant pas un phénomène qui décline de façon linéaire dans le temps ; si le scrutin est mobilisateur, avec un clivage politique clair, ou pour le choix d’un « chef », la participation est souvent plus élevée.

La participation est aussi sensible à la pratique du vote intermittent, ce qui est en grande partie lié aux enjeux du scrutin, mais aussi à l’âge des électeurs. Ce sont les électeurs de 50 à 70 ans qui votent le plus régulièrement ; le taux de participation est le plus faible chez les jeunes.

Les législatives 2012 sont marquées par une évolution importante car les Français établis à l’étranger ont pu pour la première fois désigner des députés dans les onze nouvelles circonscriptions étrangères. Ce changement a cependant eu peu d’impact puisque seulement une personne sur cinq inscrites est allée voter.

Disparités territoriales

La carte des taux départementaux en 2012 révèle d’abord une coupure nette entre métropole et outre-mer. Le taux de participation dépasse 65 % dans seulement quatre départements, la Lozère (68 %), la Corrèze (67 %), l’Aveyron (66 %) et le Lot (65 %). Il est faible dans les départements d’outre-mer, en particulier dans les Antilles et en Guyane : moins de 35 %. Il atteint 47 % à la Réunion, un taux proche des plus faibles observés en métropole.

En France métropolitaine, la participation la plus faible en 2012 est observée au nord-est, dans les départements frontaliers (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Marne, Meurthe-et-Moselle) et dans la banlieue parisienne (Seine-Saint-Denis, Val d’Oise, Val-de-Marne et Seine-et-Marne). De manière générale, la participation électorale est plus faible au nord-est de la ligne Le Havre – Marseille, à l’exception de la Haute-Saône, du Jura, des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes où la participation est parmi les plus élevées.

La participation est la plus forte dans les départements du sud-ouest (Corrèze, Lot, Dordogne), de l’Ouest du Massif Central (Lozère, Aveyron, Tarn, Creuse) et de la Bretagne (Côtes d’Armor, Morbihan). Cette opposition géographique reste stable depuis une vingtaine d’années, les espaces qui votent plus pour les partis « protestataires » ou « tribunitiens » connaissant aussi la plus forte abstention (Alsace, anciens bassins miniers du Nord et de Lorraine, Midi méditerranéen).

La participation a baissé très fortement dans certains départements, avant tout dans le nord de la France (Nord, Pas-de-Calais, Aisne, Somme), dans l’est (Haut-Rhin, Moselle, Bas-Rhin) et dans la banlieue parisienne (Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Yvelines).

Évolution de la participation aux législatives entre 2007 et 2012

Entre 2007 et 2012, le taux de participation au premier tour des élections législatives a diminué de 2,3 points. Cette évolution se répartit inégalement à travers la France. En effet, c’est dans une grande partie des départements de la moitié est que le taux de participation a évolué positivement. Cette augmentation ne dépasse cependant pas le point excepté dans le département de l’Aube (+ 1,09 points). C’est dans l’ouest de la métropole, qu’on rencontre les plus fortes chutes, avec parfois plus de 5 points de moins par rapport à 2007 (Haute-Vienne, Landes). Certains départements comme la Corrèze, le Lot et la Dordogne ont connu une forte hausse de l’abstention aux législatives en 2012, mais figurent encore parmi les départements où il y a le plus de participation. Les départements d’Outre-Mer présentent également des différences puisqu’en Guadeloupe, le taux a augmenté de 0,3 points alors que la Guyane possède la plus forte baisse, soit - 7,7 points.

Évolution du taux de participation entre 2007 et 2012


Données complémentaires

A l’échelle des aires urbaines, le taux de participation moyen lors des élections législatives de 2012 est de 58 %. Il était de 60 % en 2007 et de 64,5 % en 2002. Les plus grandes agglomérations n’ont jamais eu de taux de participation très élevé (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse) : il n’y excède jamais 60 %.

Lorsque l’on examine le taux de participation par aire urbaine, on note quelques disparités en fonction du type de celle-ci. Dans les aires urbaines plus isolées telles que les communes multipolarisées ou les communes hors influence des pôles, le taux de participation atteint, respectivement 62,5 % et 63 %, soit au moins 2 points de plus que la moyenne nationale. Pour les pôles, plus ils sont grands, plus le taux d’abstention est fort. On y retrouve également les plus fortes chutes du taux de participation depuis 2002. En périphérie de ces pôles, le taux de participation y est plus élevé, notamment en couronne des moyens pôles où la participation atteint 68,5 % soit 8 points de plus que la moyenne nationale.
 


Taux de participation au premier tour des élections législatives de 2012, par aire urbaine

 
La participation la plus forte se situe dans les aires urbaines du sud-ouest, de la Bretagne et de la Franche-Comté, comme pour les départements, mais ce sont des agglomérations moyennes dans l’ensemble. On trouve quelques agglomérations du Massif Central (Rodez, Tulle, …), du sud-ouest (Périgueux, Agen, Montauban, Albi, Sarlat-la-Canéda, …) et de la Bretagne (Loudéac, Morlaix, Pontivy, Lannion,…) qui ont un taux de participation élevé. Les grandes agglomérations où la participation est forte sont aussi celles du sud-ouest et de l’ouest.

Pour en savoir plus

Source

Organisme producteur de l’indicateur : Ministère chargé de l’Intérieur, Bureau des élections et des études politiques (BEEP)
Principales sources de données mobilisées pour établir l’indicateur : listes électorales, remontées administratives sur la participation
Date de diffusion ou mise à jour des données mobilisées : résultats 2012 disponibles à l’été 2012.

Échelon territorial, couverture

France par département, par aire urbaine (zonage en aires urbaines 2010)

Échelle temporelle

Référence temporelle : 2012.
Fréquence de mise à jour : en fonction du calendrier électoral.

Méthodologie de l’indicateur

Le nombre d’inscrits correspond aux personnes inscrites sur les listes électorales à la date de l’élection. Les votants sont les personnes ayant émargé sur les listes électorales, y compris celles ayant donné procuration à une personne qui a émargé pour elles.

Le zonage en aires urbaines 2010 :
http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=zonages/aires_urbaines.htm

Résultats définitifs du premier et second tour des législatives 2012 :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2012/FE.html

Autres indicateurs liés

IDD national :
Taux de participation aux élections en comparaison avec les élections antérieures du même type.

IDD européen :
Participation aux élections parlementaires nationales et de l’UE.
Sur le site d’Eurostat : http://epp.eurostat.ec.europa.eu > statistiques > indicateurs de développement durable > thème 10 : bonne gouvernance
 
Bibliographie

NIEL Xavier et LINCOT Liliane  « L’inscription et la participation électorales en 2012 - Qui est inscrit et qui vote » Insee-première n°1411, Septembre 2012.
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1411

RIEG Christelle, « 43 millions d’électeurs en France », Insee-première n°1369, Septembre 2011.
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1369

COLANGE Céline, BUSSI Michel et GOSSET Jean-Paul, 2009. « Les élections européennes de 2009 en France. Existe-t-il un vote des « grandes régions » ? », Cybergeo, Enjeux européens, juillet 2009.
http://cybergeo.revues.org/index22543.html

JUGNOT Stéphane, 2007, « La participation électorale en 2007, la mémoire de 2002 », Insee-première n° 1169, décembre.
http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1169/ip1169.pdf

COLANGE Céline, BUSSI Michel et GOSSET Jean-Paul, 2007. « Évolution de la participation électorale en 2007. Au-delà de la «bulle démocratique » des présidentielles 2007 », Mappemonde, Image du mois, juin 2007.
http://mappemonde.mgm.fr/actualites/legislative07.html

ANDRIEU Dominique et LEVY Jacques, « L’archipel français », EspacesTemps.net, Mensuelles, 2007, http://espacestemps.net/document2861.html

Mis à jour le 20/03/2013

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/