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Développement durable

INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE TERRITORIAUX

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La production d'électricité renouvelable rapportée à la consommation intérieure brute d'électricité

Thème : Changement climatique et maîtrise de l'énergie
Orientation : Maîtriser la consommation d'énergie et développer les énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables (EnR) est devenu un enjeu majeur pour la politique énergétique nationale. Ces énergies participent à la lutte contre le changement climatique et fournissent un approvisionnement en énergie, indépendant des aléas géopolitiques. La volonté de renforcer les énergies renouvelables se traduit par de nombreuses mesures inscrites notamment dans la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 prescrivant un important volet territorial (schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, plans climat-énergie territoriaux …). La France a pour objectif d’atteindre une part de 23 % d’énergie  renouvelable dans sa consommation finale d’énergie en 2020. La part de la production d’électricité renouvelable dans la consommation intérieure brute d’électricité s’établit à 16,4 % au niveau national en 2011. On observe  cependant des différences très importantes selon les régions compte tenu de la diversité de leurs ressources naturelles et de leur exploitation.  


Définition

L’indicateur territorial retenu mesure pour chaque région l’importance de sa production d’électricité renouvelable par rapport à sa consommation intérieure brute d’électricité. On entend par production d’électricité renouvelable la somme des productions hydraulique renouvelable (c'est-à-dire hors pompages) normalisée, marémotrice, éolienne, solaire photovoltaïque et l’électricité issue de la géothermie haute température et de la biomasse (biogaz, bois et coproduits du bois, bagasse et la partie renouvelable des déchets urbains incinérés). La consommation intérieure brute d’électricité représente  l’ensemble des productions brutes d’électricité toutes origines, dont on soustrait le solde du commerce  extérieur.  

Pertinence

Le développement durable et la lutte contre le changement climatique imposent de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'économiser l'énergie, tout spécialement les énergies fossiles. Les EnR contribuent à ces deux objectifs puisqu’elles ont un bilan GES neutre et qu'elles permettent de limiter le recours aux énergies fossiles. En outre, le développement des EnR participe à la création d’emplois durables du fait de l’exploitation de ressources naturelles locales. La France s’est  engagée à élever la part des énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie à 23 % en 2020 (directive EnR 2009/28/CE d’avril 2009). Dans ce cadre elle a élaboré un plan d’action national en faveur des énergies renouvelables qui établit pour chaque filière une trajectoire de  développement entre 2010 et 2020.

En raison de la progression de ses usages spécifiques (électronique, électroménager, etc.), la consommation finale d’électricité est amenée vraisemblablement à poursuivre sa croissance (environ 1 % par an en moyenne sur les dix dernières années). Le développement des EnR électriques permet de fournir ce supplément d'électricité tout en se substituant à d'autres sources primaires et en limitant notamment le recours au nucléaire et aux centrales thermiques classiques (principalement au gaz ou au charbon).

L'échelle territoriale régionale est tout à fait pertinente dans la mesure où les politiques régionales peuvent avoir un impact direct sur leur développement. Dans ce cadre, les schémas régionaux du climat,  de l'air et de l'énergie proposent pour chaque énergie renouvelable des objectifs qualitatifs et quantitatifs. La loi du 12 juillet 2010 fixe elle aussi des objectifs ambitieux aux EnR électriques.

Il serait plus pertinent, étant donné l’objectif 2020 de 23 % d’EnR dans la consommation finale brute d’énergie, d’étudier par région la part de la production de toutes les énergies renouvelables (électriques  et thermiques) dans la consommation finale énergétique. Mais le manque de données relatives à  certaines énergies renouvelables thermiques (bois domestique, pompes à chaleur, biogaz notamment) empêche à ce jour de décliner un tel indicateur à un niveau régional.   

Limites et précautions

La production d’électricité renouvelable est largement dominée par la production hydraulique (75 % en 2011). Les régions bien équipées en barrages, qui produisent depuis longtemps de grandes quantités d’électricité hydraulique ont de ce seul fait des parts d’électricité renouvelable élevées. Cette prépondérance de l’hydraulique tend ainsi à masquer les progrès réalisés sur les technologies plus récentes (éolien, solaire photovoltaïque et biogaz notamment).

La production hydraulique est par ailleurs affectée par une variabilité qui rend difficile l’interprétation des évolutions dans le temps (cette variabilité est notamment liée à une pluviosité plus ou moins importante selon les années). La production hydraulique a ainsi été par exemple particulièrement basse en 2011. Afin d’effacer ce facteur de variabilité, les productions hydrauliques présentées ici ont été normalisées avec le mode de calcul retenu par la directive sur les énergies renouvelables. La normalisation repose sur la moyenne des quinze dernières années des productions annuelles réelles rapportées aux capacités installées correspondantes. Il convient de noter que seule la production hydraulique renouvelable est désormais prise en compte, ce qui exclut la production issue des stations de pompage (soit 10 % de la production hydraulique totale en 2011).

D’autre part, des précautions sont à prendre concernant la comparabilité des régions entre elles : à la diversité des ressources naturelles disponibles s’ajoutent des différences de consommation électrique importantes liées à la structure économique des différentes régions, au désavantage des régions fortement industrialisées qui consomment beaucoup d’électricité. 

Analyse

Résultat au regard de l’enjeu de développement durable

La part de l’électricité renouvelable dans la consommation intérieure brute d’électricité s’établit au niveau national à 16,4 % en 2011.

La production d’électricité renouvelable qui constitue le numérateur de cet indicateur s’élève à 84 TWh (térawatt-heure). Près de 75 % de cette production provient de l’hydraulique renouvelable, 15 % de l’éolien, 7 % de la production électrique issue de la biomasse et 3 % du solaire photovoltaïque ; l’énergie marémotrice et la géothermie électrique représentent à ce jour moins de 1 % du total. Les différentes mesures de soutien à la production électrique renouvelable ont induit depuis quelques années une évolution majeure tant sur la quantité produite que sur sa répartition. En effet de nouvelles filières se sont développées, telles que l’énergie éolienne mais aussi le biogaz et le bois-énergie, ainsi que plus récemment le solaire photovoltaïque. Depuis 2005 leur montée en puissance est relativement rapide. Ainsi entre 2005 et 2011, tandis que la production hydraulique normalisée recule de 5 %, l’éolien a été multiplié par 11 et l’électricité issue de la biomasse a progressé de 47 %. Au total la production d’électricité renouvelable est passée de 72 TWh à 84 TWh entre 2005 et 2011, soit une progression de 17 %.

La consommation intérieure brute d’électricité est relativement stable depuis 2005. En 2010 cependant, la rigueur exceptionnelle de l’hiver a engendré une consommation de chauffage électrique plus élevée tandis qu’en 2011, l’hiver s’est avéré plutôt clément, d’où une consommation moindre qui s’établit à 514 TWh. Au final, la consommation intérieure brute d’électricité a progressé de 0,4 % entre 2005 et 2011. Sur la même période, la part de l’électricité renouvelable dans la consommation finale d’électricité augmente, passant de 13,8 % en 2005 à 16,4 % en 2011. 

Disparités territoriales

La part d’électricité renouvelable dans la consommation intérieure brute d’électricité diffère significativement suivant les régions. Elle varie en effet de 1 % pour l’Île-de-France à 60 % pour la Guyane en 2011.

Deux régions se distinguent, avec une part d’électricité majoritairement d’origine renouvelable : la Guyane (60 %) et le Limousin (58 %). Pour quatre autres régions, plus du tiers de l’électricité est renouvelable : il s’agit des régions Midi-Pyrénées (46 %), Alsace (45 %), Réunion (39 %) et Rhône- Alpes (38 %). Toutes ces régions bénéficient d’une importante production hydraulique comparée à leur consommation intérieure brute d’électricité. La Réunion est également caractérisée par une forte production à partir de biomasse (bagasse). 

A l’inverse, dans huit régions la part d’électricité renouvelable n’atteint pas 5 % : en Île-de-France (1 %), Bourgogne, Nord-Pas-de-Calais et Martinique (3 %), Haute et Basse-Normandie ainsi qu’en Pays de la Loire (4 %) et Poitou-Charentes (un peu moins de 5 %). Ces ré ions, quasi dépourvues de production hydraulique, n’ont pas développé massivement les autres types d’électricité renouvelable. En outre certaines d’entre elles consomment comparativement plus d’électricité que les autres, du fait de l’importance de leur secteur industriel ou tertiaire (Île-de-France, Nord - Pas-de-Calais). Les autres régions se situent à des niveaux intermédiaires, allant de 6 % pour la Lorraine et la région Centre à plus de 20 % pour la Corse (22 %), le Languedoc-Roussillon (23 %), l’Auvergne (25 %) et la région PACA (28 %).

L’analyse de l’évolution sur la période allant de 2005 à 2011 apporte toutefois un éclairage complémentaire. La production hydraulique a eu tendance à diminuer légèrement sur la période, du fait d’une faible pluviosité et de l’impact de la loi sur l’eau. Parallèlement le potentiel de développement de  l’hydraulique reste limité, les principaux sites étant déjà exploités. De ce fait les régions dotées de fortes productions hydrauliques et qui par ailleurs n’ont pas ou peu investi dans les énergies plus  récentes voient leur part d’électricité renouvelable légèrement diminuer, tout en restant à un haut niveau : c’est le cas notamment de Rhône-Alpes, de la Corse, du Limousin ou de Midi-Pyrénées.

D’autres régions au contraire (Picardie, Champagne-Ardenne, Centre, Bretagne ou Lorraine par exemple) ont investi dans les énergies renouvelables, notamment sur l’éolien, et enregistrent des  progressions sensibles. La Picardie est ainsi passée, grâce principalement à l’éolien, d’une part d’électricité renouvelable de 1 % en 2005 à 12 % en 2011. 

 

Données complémentaires

Hormis l’énergie hydraulique et marémotrice dont le potentiel de développement est limité, l’électricité renouvelable n’a produit que 20,5 TWh en 2011, soit un quart de l’électricité renouvelable totale. Cependant, sa part a quadruplé au cours des six dernières années et son essor bien qu’encore assez récent a considérablement modifié le mix énergétique des régions. En 2011, dix régions ont produit plus de 1 TWh d’électricité d’origine éolienne, photovoltaïque, géothermique ou issue de la biomasse. Il s’agit des régions Champagne-Ardenne, Picardie, Languedoc-  Roussillon, Centre, Midi-Pyrénées, Bretagne, Nord - Pas-de-Calais, Lorraine, Aquitaine et Pays de laLoire. La plupart de ces régions avaient une part d’électricité renouvelable très faible en 2005 et ont enregistré une progression de plus de 1 TWh entre 2005 et 2011. C’est le cas de la région Champagne- Ardenne, qui a fortement développé son parc éolien. Sa production hors hydraulique a progressé de  plus de 1,7 TWh et sa part d’électricité renouvelable atteint désormais 12 %. Pour d’autres régions, la progression de la production d’électricité hors hydraulique a été faible entre 2005 et 2011. Elle est ainsi inférieure à 0,2 TWh dans six régions de métropole : Corse, Franche- Comté, Alsace, Bourgogne, Limousin, et Île-de-France. Dans ces régions, la part d’électricité  renouvelable stagne voire diminue sur la période. 

Pour en savoir plus

Source

SOeS/ SDSE (Sous-direction des statistiques de l’énergie).
Enquête annuelle sur la production d’électricité, enquête annuelle sur le transport et la distribution d’électricité.
Date de diffusion ou mise à jour des données mobilisées : début d’année n sur année n-2.

Couverture, échelon territorial

France entière par région (sauf Mayotte).

Échelle temporelle

Année ou période de la série chronologique : 2000-2011.
Fréquence de mise à jour : annuelle.

Méthodologie de l’indicateur

Enquêtes annuelles et exhaustives auprès de respectivement tous les producteurs d’une part, et de tous les distributeurs et transporteurs d’électricité d’autre part.

Principaux objectifs nationaux

- SNDD, défi « Changement climatique et énergies », parmi les choix stratégiques :
- Soutenir l’innovation pour une croissance économe en énergie et en émissions de GES.
- Objectif contraignant pour les EnR à l’horizon 2020 (Directive ENR 2009/28/CE): part de 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie. Par ailleurs objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020 et amélioration de 20 % de l’efficacité énergétique d’ici 2020.
- La loi POPE (loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005) fixe pour 2010 des objectifs concernant les EnR : part de 10 % d’énergie renouvelable dans la consommation d’énergie, de 21 % d’électricité renouvelable dans la consommation intérieure d’électricité, augmentation de 50 % de chaleur renouvelable.
- Plan biocarburants (2005) : incorporation de biocarburants à des fins de transport à hauteur de 7 % à l’horizon 2010.
- L’article 68 de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement instaure l’élaboration de schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, notamment pour valoriser le potentiel régional d’énergies renouvelables et développer l’efficacité énergétique.

Autres indicateurs liés


Lien

Mis à jour le 09/05/2014

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