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Ministère de la Transition
écologique et solidaire

Commissariat général au Développement durable

OBSERVATION ET STATISTIQUES

Indicateurs & Indices

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Développement durable

INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE TERRITORIAUX

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Le taux de pauvreté

Thème : Cohésion sociale et territoriale
Orientation : Favoriser l'inclusion sociales des population (équité et mixité sociales)

Après avoir diminué entre 1996 et 2004, le taux de pauvreté a fluctué pendant cinq ans pour atteindre 14,1 % en 2010 en France métropolitaine, contre 13,2 % en 2006. En 2010, le taux de pauvreté varie du simple au triple selon les départements, de 8,0 % dans les Yvelines, à 24,1 % en Seine-Saint-Denis. Au-delà de ces extrêmes, deux espaces particulièrement marqués par la pauvreté se distinguent dans le nord et le sud du pays. Ces disparités s’expliquent essentiellement par les structures sociales et familiales. La pauvreté est très présente dans certains départements  très urbanisés, mais aussi dans les espaces ruraux des départements les moins urbanisés. 

Définition

Le taux de pauvreté est la proportion d'individus appartenant à des ménages dont le niveau de vie, c'est-à-dire le revenu disponible (après transferts, impôts et prestations sociales) par unité de consommation (UC), est inférieur au seuil de 60 % de la médiane du revenu disponible par UC de l'ensemble de la population. En 2010, ce seuil est de 964 euros par mois en France. En 2006, il était de 880 euros par mois. 

Pertinence

Le niveau de vie détermine l’accès des individus aux biens et services. En deçà d’un certain seuil, on peut considérer que l’accès au minimum nécessaire pour disposer de conditions de vie décentes et maintenir le lien social n’est plus garanti. Le taux de pauvreté, qui mesure la proportion de la population d’un territoire dans cette situation, témoigne donc du degré d’incapacité de la société à garantir le bienêtre de tous en limitant les disparités, condition de la cohésion sociale.

Pour des raisons de disponibilité des données, l’échelon territorial retenu est celui du département. Il donne un premier aperçu de la géographie de la pauvreté et de l’ampleur du phénomène à cette échelle. Mais les disparités sont encore plus fortes entre les territoires urbains et ruraux ou même à l’échelle infra-urbaine au sein d’un même département. Une analyse plus fine à partir de données  complémentaires est donc nécessaire à la compréhension du problème.  


Limites et précautions


L’indicateur ne mesure que la pauvreté monétaire en la situant par rapport à une norme de revenus. Le seuil de 60 % de la médiane a été choisi car il permet les comparaisons internationales. Il n’en fait pas moins débat et l’écart entre les seuils de 50 et 60 % montre bien la difficulté : le taux de pauvreté varie presque du simple au double selon que l’on utilise la première ou la seconde définition : respectivement 7,8 % et 14,1 %.
Au niveau national, l’approche monétaire est complétée par l’analyse de la pauvreté en conditions de vie à partir de l’enquête sur les ressources et conditions de vie (SRCV). Elle se focalise sur les difficultés matérielles d’existence des ménages. Ces difficultés sont mesurées par le nombre de privations auxquelles le ménage déclare être confronté, parmi un ensemble de vingt-sept pris comme référence. Mais les données d’enquête ne permettent pas cette approche à un échelon territorial infranational.  

Analyse

Disparités territoriales

8,6 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France métropolitaine en 2010, soit environ 750 000 personnes de plus qu’en 2006. La moitié d’entre elles a un niveau de vie inférieur à 778 euros par mois, soit un écart de 19 % au seuil de pauvreté. Cet écart a augmenté d’un point depuis 2006. Le Nord et le Sud restent les plus touchés par la pauvreté mais c’est dans le grand nord-est, hors Moselle et Meurthe-et-Moselle, que le taux de pauvreté progresse le plus fortement.

La pauvreté monétaire touche 14,1 % des personnes en France métropolitaine en 2010. 

Données complémentaires

Le premier facteur de pauvreté est le chômage. Dans la plupart des départements les plus pauvres, le taux de chômage se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale. La structure familiale est un autre facteur de différenciation de la pauvreté. Les différentes catégories de ménages ne sont pas touchées de la même façon. Les familles nombreuses et les familles monoparentales sont plus souvent exposées que les autres. Tout comme le sont les personnes âgées du fait de leurs faibles revenus.

La zone de résidence est aussi un élément déterminant. On observe des contrastes entre les différents territoires du zonage en aires urbaines de 2010. Les communes isolées hors influence des pôles sont généralement les plus pauvres de ces territoires. Le taux de pauvreté s’y élève en moyenne à 17,5 % en France métropolitaine ; il y est supérieur à 20 % en Corse, dans le Languedoc-Roussillon, en Auvergne, dans le Nord - Pas-de-Calais et en Midi-Pyrénées. Cette situation s’explique par la forte présence de retraités et d’agriculteurs dont les revenus ne suffisent  pas à atteindre 60 % du revenu médian ; ces communes accueillent en outre des personnes qui s’installent hors des espaces périurbains en raison du plus faible coût du logement quitte à être confrontées à des difficultés d’accessibilité au travail et aux services. 15,6 % des individus résidant dans les moyennes et petites aires urbaines ainsi que dans les grands  pôles urbains sont pauvres. De manière générale, c’est l’espace périurbain qui reste le moins touché par la pauvreté, où elle touche moins de 10 % de la population.

Pour appréhender l’objectif de cohésion sociale, central dans le concept de développement durable, il   faut prendre en compte les inégalités de revenus mais aussi en amont, les inégalités d’accès à l’emploi,  à l’éducation et à la santé.
Certains indicateurs peuvent apporter des éclairages complémentaires, notamment ceux illustrant les politiques de lutte contre l’exclusion : la part des bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active) ; la part des bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire, la part des retraités et des bénéficiaires du Fonds de solidarité vieillesse dans l'ensemble de la population. 

Pour en savoir plus

Source

Organisme producteur de l’indicateur : Insee
Principales sources de données mobilisées pour établir l’indicateur : Insee-DGFiP, revenus disponibles localisés (RDL),
Date de diffusion ou mise à jour des données mobilisées : Résultats 2010 disponibles sur le site de l’Insee en décembre 2012.

Échelon territorial, couverture

France métropolitaine par département

Échelle temporelle

Référence temporelle : 2010
Année ou période de la série chronologique : 2006-2010
Fréquence de mise à jour : annuelle

Méthodologie de l’indicateur

Le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l'ensemble de la population, qui est évalué par le revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage. Ici, le seuil de pauvreté est égal à 60 % de la médiane des niveaux de vie, soit 964 € par mois en 2010. Le revenu disponible brut des ménages comprend les revenus d'activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, les contributions sociales généralisées et la contribution à la réduction de la dette sociale.

Pour la détermination du nombre d’UC de chaque ménage, on procède ainsi :
- le premier adulte compte pour 1 ;
- les autres personnes de 14 ans et plus pour 0,5 ;
- les enfants de moins de 14 ans pour 0,3.
Cette unité de mesure permet de relativiser le revenu du ménage suivant sa taille et sa structure par âge. Elle est préconisée pour comparer les niveaux de revenus entre les zones géographiques observées et pour analyser les inégalités de revenu à l'intérieur d'une même zone géographique.

L’indicateur est déclinable à l’échelon départemental par type d’espace ou pour des catégories de communes. Des travaux sont en cours pour disposer de cet indicateur à un échelon plus fin.
 
Principaux objectifs nationaux

L’un des objectifs qui figure dans le projet de SNDD 2010-2013, pour le défi « Démographie, immigration et inclusion sociale », est de réduire d’un tiers la pauvreté au niveau national entre 2008 et 2013. (Cf. aussi le Plan national d’action pour l’inclusion 2008).

Autres indicateurs liés

Sur le site de l’Observatoire : http://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr
- Disparités de niveaux de vie par unité de consommation
- Revenu fiscal de référence moyen (zone d’emploi)
- Rapport inter-déciles du revenu fiscal par unité de consommation
- Part des foyers fiscaux non imposables
- Part des bénéficiaires du RSA

Sur le site du service Observation et statistiques : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Indicateurs nationaux de développement durable
- Taux de pauvreté monétaire : Indicateurs & indices > Développement durable > Indicateurs de développement durable nationaux

Sur le site de l'Insee : http://www.insee.fr
-  Accueil > Publications et services > Dossiers > Développement durable ;
- Taux de chômage localisé (région, département, zone d’emploi)

Définitions


Bibliographie


Données complémentaires sur les revenus :

Mis à jour le 09/05/2014

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/