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Le grand hamster d'Alsace

À retenir

Le grand hamster était présent sur l’ensemble des plaines d’Alsace à la fin du 19e siècle. A partir de la fin des années 1970, sa présence diminue considérablement à tel point qu’il est désormais en danger d’extinction et inscrit sur la liste des espèces d’intérêt communautaire de l’union européenne. La protection légale de l’espèce et la mise en place d’actions de conservation ont permis de stabiliser les effectifs à des niveaux bas, très inférieurs à ceux des dernières décennies. Les causes de ce déclin sont liées à la raréfaction de ses habitats, le développement des infrastructures urbaines qui ont fractionnées les populations, l’utilisation de produits phytosanitaires…

Contexte    

Le grand hamster est un animal nocturne originaire des steppes asiatiques dont l’aire de répartition s’étend jusqu’en Europe de l’ouest. Les populations françaises sont isolées en Alsace et sont génétiquement différenciées de celles d'Allemagne et des Pays-Bas. Le grand hamster évolue dans des habitats ouverts composés de cultures favorables comme les céréales et la luzerne, qui lui assurent nourriture et protection contre les prédateurs. Une mosaïque d’habitats composée de jachères, de friches, de haies est aussi importante pour permettre sa mobilité.
A la fin du 19e siècle, le grand hamster était présent sur presque la totalité des communes de la plaine alsacienne. Il disposait à l’époque de sols favorables, d’une agriculture basée sur la polyculture et l’élevage dans des parcelles de tailles réduites, où la luzerne et les céréales occupaient une place importante. Il était alors considéré comme nuisible, car il occasionnait des dégâts aux récoltes. Son aire de présence diminua à partir de la fin des années 1970 dans toute l’Europe de l’ouest à la suite de l’intensification des pratiques agricoles. Les effectifs ont fortement diminué et les populations ont été fragmentées. Il n’existe ainsi plus d’échanges naturels entre les individus vivant dans les trois zones de présence actuellement identifiées en Alsace.
Bien que cette espèce bénéficie du statut d’espèce protégée en France depuis 1993, elle est classée comme en danger d’extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Le grand hamster est aussi inscrit sur la liste des espèces d’intérêt communautaire par la directive Habitats-Faune-Flore et figure également à l’annexe II de la convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.
Un plan national de restauration spécifique au grand hamster a été mis en œuvre de 2000 à 2004 et un plan national d’actions a été mis en place de 2007 à 2011. Ces plans ont pour objectif l’arrêt du déclin de l’espèce et la restauration de populations viables. Plusieurs enjeux sont identifiés : l’acceptation de l’espèce par les agriculteurs, la préservation et la restauration des habitats favorables au grand hamster, l’étude et le suivi des populations, la sensibilisation du public et la conservation de la souche génétique "alsacienne".

Commentaire

Depuis 11 ans, le nombre de terriers recensés et le nombre de communes où la présence du grand hamster est probable ou attestée ont diminué de respectivement 81 % et 58 %. Avec la mise en place du plan national d’action en 2007, le nombre de terriers recensés a augmenté. Mais depuis 2010, le nombre de terriers a diminué de nouveau et les 206 identifiés en 2012 sont inférieurs au niveau de 2008.
Le grand hamster ne serait plus présent que dans 19 communes en 2012 contre 31 en 2007 (l’aire historique concernait plus de 300 communes). Les populations semblent donc s’être concentrées dans un nombre restreint de lieux, dans ce qui peut être appelé les « zones noyaux » (7 communes). Les plus fortes densités sont constatées sur les communes de Geispolsheim et d'Obernai, avec des densités variant de 1,5 à 5 terriers/ha de cultures favorables. Le nombre d’individus n’est pas réellement connu mais peut être estimé en multipliant par 2 le nombre de terriers.

Ces zones noyaux sont intégrées dans les Zones d’Actions Prioritaires (ZAP) où des mesures sont appliquées pour augmenter les chances de viabilité de l’espèce : incitation auprès des agriculteurs pour l’utilisation des cultures favorables (céréales, luzerne), mise en place de clôtures électriques de protection contre la prédation terrestre (renards, rapaces), renforcement des populations avec des individus d’élevage... En 2011, 191 individus ont été destinés au repeuplement. L’efficacité des réintroductions était très faible avant qu’une nouvelle méthode de réintroduction en 2010 ait permis une augmentation des taux de survie (dont une meilleure protection contre les prédateurs). Par exemple, les effectifs de hamsters dans les zones de la ZAP Sud ne sont passés que de 18 à 29 individus entre 2001 et 2005 alors que plus d'une centaine de hamsters ont été lâchés. Ces trois ZAP sont actuellement déconnectées entre elles.

La situation du grand hamster semble s’être stabilisée mais reste préoccupante. Son état de conservation est toujours défavorable. Les principales causes qui expliquent les difficultés de l’espèce à s’étendre sont la réduction et la fragmentation des habitats favorables par le développement des surfaces artificialisées parfois infranchissables (urbanisation et infrastructures routières), la mécanisation des travaux qui entraine une forte mortalité, l’utilisation de produits phytosanitaires et l’isolement des populations qui provoque une perte de diversité génétique…

Méthodologie

Les prospections sont organisées pendant le mois d’avril, qui correspond à la sortie d’hibernation des  individus et qui précède la période de reproduction. Bien que le protocole de détection soit standardisé et répété à l’identique depuis 2001, une nouvelle méthode a été initiée depuis 2010. L’identification des indices de présence de l’espèce repose désormais sur le géoréférencement des terriers et sur la vérification de ceux dont la structure est considérée comme atypique. Cette nouvelle méthode peut être considérée comme très fiable à la différence des données récoltées de 2001 à 2009 qui ont été réévaluées a postériori.
La courbe d’évolution du nombre de communes dont la présence du grand hamster est probable n’indique pas exactement l’évolution réelle de l’espèce. En effet, toutes les communes de présence probable n’ont pas été systématiquement prospectées chaque année (veille tournante). De plus, la durée de vie de l’espèce est inférieure à deux années et les populations réduites à des densités très faibles sont difficilement détectables lors des opérations de dénombrement.
La zone de présence du grand hamster de 2001 à 2012 correspond à une zone tampon de 600 mètres effectuée autour des terriers identifiés sur l’ensemble de la période.

En savoir plus

 

 

Mis à jour le 26/09/2012

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