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Environnement

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Abondance des oiseaux d’eau hivernants en France : les anatidés et foulques

À retenir

Les oiseaux d'eau, dont les anatidés (canards, oies, cygnes…) et les foulques font l’objet de comptages chaque année sur l’ensemble des zones humides de France métropolitaine. Plus d’1,1 million d’anatidés et foulques ont été dénombrés en moyenne sur la période 2008-2012. Cela représente une part importante des populations biogéographiques  de plusieurs espèces, dont la Bernache cravant, le Canard souchet, le Tadorne de belon, de Canard siffleur, le Canard chipeau et la Sarcelle d’hiver. En métropole, 32 zones humides françaises sont reconnues d’importance internationale par la convention de Ramsar. Elles peuvent en effet accueillir de manière régulière au moins 1 % des individus d’une population d’une espèce ou sous-espèce d’oiseau d’eau et/ou 20 000 oiseaux d’eau hivernants ou plus.

Contexte

Chaque année à la mi-janvier, en moyenne 1,5 million d’oiseaux d’eau sont comptabilisés par le réseau des observateurs bénévoles et professionnels coordonnés par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), ce qui représente la 3ème population d’oiseaux d’eau hivernante d’Europe, derrière les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les sites littoraux des trois façades maritimes de France jouent un rôle majeur pour l’hivernage des oiseaux d’eau, comme les grands fleuves (Rhin, Rhône, Loire) et les zones humides continentales (Sologne, Champagne humide, Brenne, Forez, etc.). Cette importance des zones humides françaises en Europe est due à leur position centrale sur l’axe de migration Est-Atlantique, à la croisée des voies de migration reliant le Nord et l’Est de l’Europe d’une part, la Méditerranée et l’Afrique d’autre part.

Commentaire

L’évolution générale des effectifs d’anatidés et de foulques est positive depuis la fin des années 1970, principalement par la mise en place de la protection des espèces et des espaces naturels qui leur sont nécessaires dans les différents pays parcourus tout au long de leur cycle de vie. Les effectifs des anatidés ont été multipliés par près de 2 en 30 ans. La baisse de rigueur climatique favoriserait également des stationnements plus longs, voire des hivernages d’espèces descendant auparavant plus au sud.

Carte : répartition des anatidés et des foulques

Les anatidés (canards, bernaches, fuligules, etc.) et foulques sont le groupe d’oiseaux d’eau hivernants dont les effectifs sont les plus élevés avec plus d’1,1 million d’oiseaux. Ils sont présents sur la majorité des côtes, dans des secteurs abrités comme les grandes baies et dans des régions de marais et d’étangs. Les populations les plus importantes sont situées en Camargue et sur la façade Atlantique, de la Vendée à la Gironde. Sur la période 2007-2012, 26 sites ont accueilli chacun plus de 10 000 d’entre eux regroupant au total 697 500 individus, soit 58 % de l’effectif national recensé.

Cette concentration des oiseaux d’eau sur un nombre modeste de sites révèle une capacité d’accueil très inégale des zones humides de France. Les oiseaux d’eau hivernants se concentrent en effet sur les espaces protégés au détriment des nombreux espaces chassés.

Malgré des variations annuelles, la progression globale des anatidés et foulques se confirme. Les analyses de tendances basées sur les comptages réalisés depuis 1967 mettent en évidence une progression des effectifs globaux d’oiseaux d’eau en hiver qui est à mettre à l’actif de la protection et la gestion conservatoire des sites de stationnement. Cela met en évidence les apports indéniables pour l’avifaune de la politique de protection des zones humides, essentiellement par la désignation des réserves naturelles et de chasse. Cette mise en réserves compense en partie la régression et la dégradation des habitats humides qui affectent surtout les populations nicheuses d’espèces sensibles (sarcelle d’été, sarcelle d’hiver, etc.).

Graphique : évolution des effectifs des anatidés et de foulques

La situation des anatidés est donc nuancée : 10 espèces sont en augmentation significative (comme le harle huppé, l’oie cendrée ou la bernache cravant), 7 sont en déclin (les fuligules morillon et milouinan par exemple), 4 sont stables (dont la macreuse noire et le cygne de Bewick) et 9 n’ont pas de tendance bien définie (comme le cygne chanteur ou l’oie rieuse).
Les données issues des comptages d’espèces introduites indiquent des progressions importantes de l’ouette d’Égypte, de la bernache du Canada, du cygne noir et du canard mandarin. Le canard carolin, l’oie à tête barrée, le tadorne de Casarca et l’érismature rousse se maintiennent. Ces espèces exotiques provenant de captivité sont observées en liberté dans les zones humides de toutes les régions. L’érismature rousse fait l’objet d’un plan de limitation afin d’éviter sa propagation vers l’Espagne où elle forme des couples hybrides avec l’érismature à tête blanche, menacée mondialement.

Méthodologie

Les oiseaux d’eau hivernants sont dénombrés tous les ans à la mi-janvier depuis 1967, soit au moment de l’hiver pendant lequel ils ne sont pas en migration. Ces comptages sont coordonnés au niveau national par la LPO et s’inscrivent dans le cadre d’un programme international de suivi (« International Waterbird Cencus-IWC ») coordonné par Wetlands International, une ONG dont l'objectif principal est la protection des zones humides et des espèces d'oiseaux qui en dépendent. En France, environ 1 500 sites sont suivis par près d’un millier de participants, pour la plupart des observateurs bénévoles issus d’une centaine de structures (associations, établissements publics,…). Les sites de comptages, dits sites élémentaires, sont regroupés en un peu plus de 400 entités fonctionnelles. Ces dernières sont des ensembles de sites exploités par les oiseaux durant tout leur cycle d’activité hivernale, principalement rythmée par le gagnage (alimentation) et la remise (repos) pour les canards. Ces sites fonctionnels peuvent être constitués d’une ou plusieurs baies, un tronçon de cours d’eau, un marais, un groupe d’étangs ou un réseau de lagunes.


En savoir plus

  • Site Internet de la LPO : http://www.lpo.fr/
  • Site Internet de Wetlands International : http://www.wetlands.org/
  • Deceuninck B., Maillet N., Ward A., Dronneau Ch. & Mahéo R., 2011. « Synthèse des dénombrements d’anatidés et de foulques hivernant en France à la mi-janvier 2010 » (Rapport de Wetlands International, de la  LPO et du MEEDDTL). 42 p.
  • Deceuninck B. & Fouque C., 2010. « Canards dénombrés en France en hiver : importance internationale de zones humides et tendances ».  Ornithos 17 -5 : 266-283.
  • Deceuninck B., 1997. « Synthèse des dénombrements de canards et foulques hivernant en France 1967-1995 » (rapport de la LPO & Wetlands International pour le Ministère de l’Environnement). 118 p.
  • Ifen, LPO, 2006. « Les oiseaux d’eau préfèrent les espaces protégés en hiver », Le 4 pages, n° 110, mai 2006. 4 p.

Mis à jour le 25/07/2014

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