Accès rapides : vers le site web du ministère
> Recherche avancée

Ministère de la Transition
écologique et solidaire

Commissariat général au Développement durable

OBSERVATION ET STATISTIQUES

Indicateurs & Indices

> Retour accueil de la rubrique

Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

Retour à la liste d'indicateurs

Les amphibiens et les reptiles en France

À retenir

Par leur faible capacité de déplacement et leur forte sensibilité à la modification de leurs habitats, les amphibiens et les reptiles sont emblématiques des menaces qui pèsent sur la biodiversité. Ainsi, 21 % des espèces d’amphibiens et 19 % des reptiles sont menacés de disparition en France métropolitaine selon la liste rouge du comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN - 2008). Mais les enjeux de leur conservation sont différents selon les secteurs géographiques et certains, comme le sud-est de la France, sont particulièrement concernés. La situation est aussi particulièrement préoccupante dans les collectivités d’outre-mer.

Contexte

De multiples pressions menacent la survie des amphibiens et des reptiles. Les principales d’entre elles sont, comme pour beaucoup d’autres espèces, la fragmentation, la destruction ou la modification de leurs habitats. D’autres causes sont bien identifiées : les activités agricole et sylvicole intensives, le drainage des zones humides, le comblement des mares, la destruction des structures bocagères, les pollutions, la prolifération d’espèces envahissantes, ou encore le changement climatique.
À l’échelle de la planète, 30 % des 6 411 espèces d’amphibiens et 21 % des 4 204 espèces de reptiles évaluées par l’UICN sont menacées d’extinction. Ces proportions se retrouvent à l’identique dans la liste rouge des espèces menacées en Europe où 30 % des amphibiens et 19 % des reptiles sont concernés. De plus, tous les amphibiens menacés sont endémiques du territoire européen, ce qui est aussi le cas pour 82 % des reptiles menacés.

Commentaire

D’après les dernières connaissances disponibles, la France métropolitaine compte 36 espèces autochtones d’amphibiens et 40 de reptiles. Ces espèces sont actuellement protégées en France, même si des dérogations peuvent être accordées pour permettre la destruction des espaces les abritant, particulièrement pour des travaux d’intérêt public. Dans ce cas, des mesures de compensation doivent être appliquées (déplacement d’individus, création d’habitats spécifiques…).
La répartition des espèces d’amphibiens est relativement homogène sur le territoire, même si le Sud de la France et la pointe bretonne en comptent un plus faible nombre. Le climat sec du domaine méditerranéen et la plus faible concentration de zones humides sont moins favorables aux amphibiens. De plus, la compensation par des espèces d’origine ibérique ou de la péninsule italienne reste faible. La plupart des amphibiens possèdent un cycle vital diphasique, avec une phase terrestre et une autre aquatique. Une fois la métamorphose en milieu aquatique achevée, l’animal poursuit sa croissance hors de l’eau jusqu’à sa maturité sexuelle. Il y retournera ensuite pour se reproduire.
Pour les reptiles, la répartition de la richesse spécifique suit un net gradient Nord-Sud. Le Sud-Est de la France concentre en effet un nombre bien plus important d’espèces que la partie nord (jusqu’à 19 espèces dans certains endroits). Par son climat sec et chaud, ses habitats variés et la diversité des espèces qu’elle abrite, la région méditerranéenne représente un « point chaud » de biodiversité, notamment pour les reptiles. La grande différence avec les amphibiens est leur affranchissement de l’eau pour la reproduction, ce qui leur a permis de coloniser de nombreux milieux.

Sept espèces d’amphibiens (21 %) et sept espèces de reptiles (19 %) sont actuellement menacées sur le territoire métropolitain. C’est le cas par exemple de la salamandre de Lanza (en danger critique d’extinction - CR), de la grenouille des champs (CR), du pélobate brun (en danger - EN) et de la grenouille des Pyrénées (EN) pour les amphibiens, mais aussi de la vipère d’Orsini (CR), du lézard d’Aurelio (CR), de l’émyde lépreuse (EN) et du lézard de Bonnal (EN) pour les reptiles. De plus, six espèces de reptiles et six d’amphibiens se classent dans la catégorie quasi menacée (NT). Le nombre d’espèces menacées pourrait donc doubler dans les années à venir pour ces deux groupes, si la situation venait à se dégrader.

La proportion d’espèces d’amphibiens menacées et quasi menacées est élevée en Alsace et en Lorraine, avec notamment la grenouille des champs (CR) et le pélobate brun (EN). C’est aussi le cas pour certains secteurs du sud de la France et surtout en Corse où toutes les zones d’études indiquent que plus de 20 % des espèces sont considérées comme menacées ou quasi menacées, comme le crapaud vert (NT) et le discoglosse corse (NT).
Pour les reptiles, la part d’espèces menacées et quasi menacées suit en grande partie la répartition de la richesse spécifique. Les plus fortes proportions sont dans le Sud-Est, mais aussi dans le Sud-Ouest où la cistude d’Europe (NT) et le lézard ocellé (vulnérable - VU) sont présents alors que le nombre total d’espèces est relativement faible dans ces zones (moins de 10 espèces d’une manière générale). Comme pour les amphibiens, la Corse se distingue par une très forte proportion d’espèces menacées et quasi menacées. Cette proportion peut atteindre 50 % dans certains secteurs, avec notamment la tortue d’Hermann (VU) et le lézard de Bedriaga (NT).

La situation est aussi très préoccupante dans les collectivités d’outre-mer. Comme il n’existe pas de liste rouge française pour ces territoires (sauf pour La Réunion), il est uniquement possible d’analyser ce statut au travers de l’évaluation mondiale des espèces menacées, réalisée par les instances internationales de l’UICN. Les résultats pour l’outre-mer montrent donc la responsabilité internationale de la France pour la conservation de ces espèces. Ces territoires le plus souvent isolés, possèdent une biodiversité spécifique dont beaucoup d’espèces sont endémiques. C’est particulièrement le cas de la Nouvelle-Calédonie qui compte à elle seule 84 reptiles endémiques pour 95 espèces (88 %), et dont 54 sont menacées (57 %). C’est aussi le cas de l’île de La Réunion, qui n’abrite plus que 7 espèces de reptiles, dont 5 sont endémiques et menacées (71 %). Très peu d’amphibiens sont naturellement présents dans ces territoires, ce qui s’explique en grande partie par leur faible mobilité et leur besoin d’eau douce pour la reproduction. Les connaissances de la faune de Guyane sont encore incomplètes et les résultats présentés ci-dessous seront certainement amenés à évoluer. Les principales menaces sur ce territoire se situent au niveau des habitats côtiers (savanes sèches ou inondables, forêts sur sables), directement menacées par la présence de l’homme.

Méthodologie

Les cartes de répartition sont issues de l’Atlas des amphibiens et des reptiles de France paru en 2013. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et la Société herpétologique de France (SHF) se sont associés pour regrouper les dernières connaissances disponibles sur la présence des différentes espèces d’amphibiens et de reptiles sur le territoire métropolitain. L’évaluation de l’état de menace des espèces en France est réalisée par le comité français de l’UICN en collaboration avec le MNHN et la SHF. Conformément à la méthodologie de l’UICN, les espèces évaluées correspondent à l’ensemble des espèces présentes en métropole à l’exception des espèces non natives introduites dans la période récente (après l’année 1500) et des espèces marginales ou qui ne sont présentes en métropole que de manière occasionnelle.

On désigne un « point chaud » lorsque le nombre total d’espèces recensées sur un territoire est supérieur à 0,5 % du nombre total d’espèces dans le monde du groupe considéré. Les « 34 points chauds de la biodiversité » sont des zones de la planète à la fois très riches en espèces et très menacées.

En savoir plus

  • Lescure J. et Massary de J-C. (coordinateurs), 2012 - Atlas des amphibiens et reptiles de France. Biotope, Mèze ; Muséum national d’histoire naturelle, Paris (collection Inventaires & biodiversité). 272 p.
  • UICN France [coordinateurs O. Gargominy et A. Bocquet] (2013). Biodiversité d’Outre-mer. UICN France, Paris et éditions Roger Le Guen - Panacoco, Beaumont-de-Lomagne. 360 p.
  • UICN France, MNHN & SHF, (2009) – La liste rouge des espèces menacées de France. Reptiles et amphibiens de France métropolitaine. UICN France, MNHN et SHF, Paris. 8 p.



Mis à jour le 18/04/2014

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/