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Le castor d’Europe

À retenir

Quasiment disparu du territoire métropolitain au début du XXe siècle, le castor a bénéficié de mesures de protection dans le sud-est de la France lui permettant de se maintenir dans la vallée du Rhône. Suite à la protection de l’espèce en 1968 et à de nombreuses réintroductions, la population de castor d’Europe a recolonisé la vallée du Rhône, de la Loire et du Rhin, et s’apprête à s’implanter dans la vallée de la Seine et de la Garonne. Avec environ 14 000 individus présents en France, le castor d’Europe est désormais considéré comme une espèce en « préoccupation mineure » par la liste rouge de l’UICN, indiquant des perspectives favorables pour le développement de ces populations.

Contexte    

Historiquement présent sur la majorité du territoire européen, le castor d’Europe a vu son aire de distribution se réduire dès le XIIe siècle. Il fut principalement chassé pour l’utilisation de sa chair, de sa fourrure et du castoréum. Cette glande contient un liquide huileux qui sert aux animaux à imperméabiliser leur fourrure et à marquer leur territoire. Ce liquide renferme une cinquantaine de composants qui étaient très utilisés en médecine comme en parfumerie.
En France, du XVIe au XIXe siècle, sa population déclina dans de nombreuses régions et à la fin du XIXe siècle, il ne restait plus que quelques dizaines d’individus dans la basse vallée du Rhône. Suite à sa protection dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse dés le début du XXe siècle, une lente recolonisation du castor s’est amorcée. A partir des années 1960, 26 opérations de réintroduction eurent lieu dans la Loire, la Moselle, des affluents du Rhin, le Tarn et le bassin supérieur du Rhône. L’espèce fut intégralement protégée en 1968 et en 2007, la destruction ou l’altération des sites de reproduction et des aires de repos furent interdits. L’espèce est également protégée par des textes européens. Elle figure à l’annexe III de la convention de Berne et aux annexes II et IV de la directive Habitats, Faune, Flore.
En 1986 la population française de castors était estimée entre 3 000 et 5 000 individus, et entre 8 000 à 10000 individus en 2002. Elle est désormais estimée à environ 14 000 individus.
Le castor est un bon indicateur de l’état écologique des cours d’eau.  Son installation indique que la qualité chimique et écologique de son habitat est satisfaisante.

Commentaire

L’habitat naturel du castor est constitué par le réseau hydrographique collinéen et de plaine (rarement au dessus de 800 mètres d’altitude). Une présence d’eau permanente et la présence d’une ripisylve composée de jeunes arbres, comme les saules et les peupliers, est nécessaire pour son établissement. La pente et la structure des berges sont aussi des facteurs importants pour l’établissement de son gite, alors que la présence humaine et la pollution organique des eaux n’empêchent pas obligatoirement son installation.

Un inventaire récent du castor réalisé de 2007 à 2012, a permis d’identifier les zones de présence de l’animal sur les cours d’eau français. Il est désormais présent dans les cours d’eau d’au moins 50 départements : le bassin du Rhône et de la Saône, les petits fleuves côtiers du Languedoc, le haut bassin du Tarn, le bassin de la Loire et ses principaux affluents, une présence récente dans le bassin Seine-Normandie sur la vallée de l’Oise, sur le bassin du Rhin, de la Meuse principalement dans le département des Ardennes et dans le Finistère sur le bassin de l’Aulne/Ellez. En 2012, 10 500 km de cours d’eau étaient occupés en permanence par le castor en France pour 17 600 km de cours d’eau prospectés (60 %). Des perspectives de colonisation existent sur le bassin Saône/Doubs et en aval du Tarn, sur tout le bassin de la Garonne.

Carte : présence du castor 2007 - 2012

La cohabitation avec l’Homme n’est pas toujours aisée. Des dégâts peuvent être occasionnés sur les plantations d’arbres, particulièrement pour certaines espèces comme les peupliers ou les arbres fruitiers. Des inondations peuvent se produire lors des crues à cause des barrages construits par les castors. Des dommages peuvent aussi être occasionnés aux digues lorsqu’ils y creusent leurs terriers. Il est à noter que 90 % des dommages sont constatés à moins de 30 mètres des cours d’eau.
Les dommages des castors aux activités humaines font l’objet d’un suivi technique par le réseau de correspondants de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). L’impact économique des dommages n’est pas mesuré car ceux-ci ne sont pas indemnisés. Le nombre de dossiers de constats de dommages est d’environ une quarantaine par année.

Les activités humaines ont aussi des impacts négatifs sur l’espèce. C’est notamment le cas des obstacles aménagés sur les cours d’eau qui sont parfois infranchissables et fragmentent les populations. Le recalibrage des cours d’eau, l’arasement de la végétation des rives ont aussi des conséquences néfastes sur le castor. La pollution prononcée des cours d’eau, d’origine industrielle, urbaine ou agricole, dégrade leurs habitats. Les techniques utilisées pour limiter les populations des espèces exotiques envahissantes (ragondin, rat musqué…) peuvent s’avérer funestes pour le castor : comme les anticoagulants qui ont été utilisés jusqu’en 2007, la capture par piégeage-tuant, ou les erreurs de tirs… Les collisions routières sont aussi une cause de mortalité lorsque les castors sont obligés de s’éloigner des cours d’eau pour franchir certains obstacles. L’introduction du castor canadien en 1937, en concurrence directe avec l’espèce européenne, représente aussi un risque important et nécessite une surveillance.
La France a une forte responsabilité au sein de l’UE pour la conservation du castor d’Europe car, avec l’Allemagne, elle est le seul pays d’Europe de l’Ouest à avoir conservé une population naturelle. Dans la « liste rouge » des espèces menacées en France publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le castor d’Europe est considéré comme en préoccupation mineure, indiquant le bon état actuel des populations.

Méthodologie

La recherche de la présence du castor d’Europe en France métropolitaine est réalisée par les agents de l’ONCFS selon un protocole en vigueur depuis plus de 20 ans. L’objectif principal est de cartographier l’aire de répartition du castor et son évolution. Des indices de présences sont relevés de novembre à mai lors des prospections des bassins hydrographiques : indices biologiques (garde manger, dépôt de castoréum), matériels (barrages, bois coupé, gites…), ou même récupération de cadavres.

En savoir plus

  • Le castor et la loutre sur le bassin de la Loire ; Réseau mammifères de la Loire, ONCFS, 2010

Mis à jour le 16/09/2013

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