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Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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État de conservation des espèces d’intérêt communautaire

À retenir

La deuxième évaluation de l’état de conservation des espèces d’intérêt communautaire a été réalisée par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de la mise en œuvre de la directive « Habitats, Faune, Flore1 ». Couvrant la période 2007-2012, elle révèle qu’une espèce sur quatre se trouve en bon état de conservation en France. Les situations les plus défavorables sont observées chez les poissons, les crustacés et les mollusques. Par ailleurs, les espèces des régions biogéographiques atlantique et continentale sont les plus affectées.

1Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.

Contexte

Face aux menaces sur la biodiversité constatées ces dernières décennies, l’Union européenne s’est dotée d’un réseau d’espaces naturels baptisé Natura 2000. Celui-ci vise à assurer la survie à long terme d’espèces remarquables dites d’intérêt communautaire, listées dans les annexes II, IV et V de la directive « Habitats, Faune, Flore  ». Il s’agit d’espèces en danger, vulnérables, rares ou endémiques sur le territoire communautaire et pour lesquelles doivent être créées des zones spéciales de conservation. L’article 17 de cette directive oblige les États membres à entreprendre une surveillance de ces espèces et à réaliser tous les six ans une évaluation de leur état de conservation. Les résultats de la deuxième évaluation, qui portait sur la période 2007-2012, sont aujourd’hui disponibles. Les espèces de la directive « Oiseaux2  », faisant l’objet d’une évaluation spécifique tous les trois ans, ne sont pas prises en compte.

2Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages (version codifiée de la directive 79/409/CEE du Conseil du 2 avril 1979 et ses modifications successives).

Commentaire

En France, l’évaluation a porté sur 312 espèces. Elles ont été évaluées séparément dans chacune des régions biogéographiques présentes en France (quatre terrestres et deux marines). Ce sont donc au total 707 évaluations qui ont été réalisées.
Plus de la moitié des évaluations ont conclu à un état de conservation défavorable (24 % dans la classe « mauvais » état de conservation et 30 % dans la classe « inadéquat ») contre 23 % dans un état « favorable ». Dans 18 % des cas, l’état de conservation est inconnu faute d’informations suffisantes (principalement les espèces marines, les chauves-souris, les invertébrés, les mousses et les lichens).
Les régions atlantique et continentale sont les régions biogéographiques où les espèces terrestres d’intérêt communautaire sont les moins bien conservées : on y observe la part la plus élevée d’état de conservation « mauvais » (respectivement 37 % et 29 %). Parmi les principales causes expliquant ces résultats, on trouve les pressions, particulièrement fortes sur le littoral, liées au développement de l’urbanisation, les pressions agricoles (déprise ou intensification des pratiques) ainsi que certaines modifications des conditions hydrauliques des milieux aquatiques. La situation est davantage contrastée dans les régions alpine (Alpes et Pyrénées) et méditerranéenne. C’est dans ces deux régions que la part d’espèces en bon état de conservation est la plus importante (respectivement 38 % et 33 %). La situation des espèces marines semble plutôt défavorable, mais la part d’état « inconnu » est très forte.

État de conservation des espèces d’intérêt communautaire par région biogéographique


Parmi les vertébrés, les poissons sont dans la situation la plus défavorable, avec 43 % des évaluations concluant à un état « mauvais » et 15 % seulement à un état « favorable ». À l’inverse, les mammifères terrestres, hors chauves-souris (pour lesquelles la situation est souvent inconnue 3), se trouvent dans l’état de conservation le plus favorable (62 % des évaluations). Quant aux invertébrés, les évaluations apparaissent très défavorables pour les crustacés et les mollusques. Les invertébrés sont davantage touchés dans les régions atlantique et continentale.

3 D’après la liste rouge des mammifères de France métropolitaine réalisée par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle, un tiers des chauves-souris sont évaluées comme menacées ou quasi-menacées.

État de conservation des espèces d’intérêt communautaire par groupe taxonomique

 État de conservation des espèces d’intérêt communautaire par groupe taxonomique

Méthodologie

L’évaluation a été réalisée en Europe selon un protocole commun et supervisée pour la France par le Muséum national d’histoire naturelle en lien avec de nombreux partenaires (FCEN, ONCFS, ONEMA, OPIE, SFH).
Chaque évaluation est basée sur les études et données disponibles ainsi que le « dire d’experts » et s’appuie sur quatre paramètres : 1) l’aire de répartition naturelle de l’espèce ; 2) l’état de sa population ; 3) l’état de son habitat ; 4) les perspectives futures prévisibles (viabilité de l’espèce à moyen/long terme). Le résultat final de l’évaluation est présenté selon quatre classes d’état de conservation : « favorable », « défavorable inadéquat », « défavorable mauvais » et « inconnu ». Un seul des quatre paramètres évalué « mauvais » suffit à classer la situation de l’espèce en « défavorable mauvais » dans la région biogéographique concernée ; à l’inverse, les quatre paramètres doivent être évalués « favorables » (ou au maximum avec un paramètre inconnu) pour classer l’espèce dans un état « favorable ».

En savoir plus

Mis à jour le 30/10/2014

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