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Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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Évolution de l’abondance des oiseaux communs

A retenir
La tendance d’ensemble est au déclin des populations d’oiseaux communs spécialistes. Celles des milieux agricoles et bâtis sont les plus touchées. Les espèces généralistes, bien que plus abondantes en 2017 qu’en 1989, sont également affectées. Ces évolutions menacent la diversité de la faune aviaire par l’homogénéisation des communautés.

Contexte    
Le suivi des espèces communes est aussi nécessaire à la compréhension des évolutions en cours de la biodiversité que celui des espèces patrimoniales. Les oiseaux sont de bons indicateurs de l’état de la biodiversité du fait de leur position élevée dans les chaînes alimentaires. Ainsi, les données recueillies par le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) sont importantes pour connaître l’état des écosystèmes et comprendre les modifications qu’ils subissent. Il n’existe aucune série chronologique aussi longue avec une couverture nationale, selon un protocole standardisé, pour d’autres groupes d’animaux ni de plantes.

Commentaire

Analyse nationale

Les populations d’oiseaux communs spécialistes sont globalement en déclin, avec une baisse de 22 % au cours de la période 1989-2017. Sur cette période, le recul est de 3 % pour les espèces spécialistes des habitats forestiers (24 espèces), 30 % pour les espèces inféodées aux milieux bâtis (13 espèces), et de 33 % pour les espèces des milieux agricoles (24 espèces).
Après avoir augmenté au début des années 2000, les effectifs des espèces généralistes (14 espèces) baissent à leur tour depuis 2011 avec une diminution de 14 points sur la période 2011-2017. Ces tendances engendrent à la fois une homogénéisation des communautés d’oiseaux et un appauvrissement des espèces à l’échelle métropolitaine.


Evolution de l'abondance des oiseaux communs spécialistes et des oiseaux généralistes métropolitains
 

Evolution de l'abondance des oiseaux communs spécialistes métropolitains

Les effectifs des oiseaux suivis ont baissé au cours des années 90. Durant la dernière décennie, ils semblent se stabiliser pour les espèces des milieux forestiers, mais continuent de diminuer pour celles des milieux bâtis et agricoles. Les niveaux atteints sont bas, sensiblement inférieurs à ceux de 1990, et probablement très inférieurs à ceux des années 1970 si on se réfère aux tendances observées à l’échelle européenne. La situation actuelle est donc préoccupante. Les espèces généralistes présentent quant à elles des effectifs en hausse globale depuis 1989, même si leur progression a cessé depuis 2006. Ces tendances illustrent un phénomène d’homogénéisation de la faune aviaire, les communautés s’uniformisant au profit d’espèces peu spécialisées et peu exigeantes. La dégradation et la perte des habitats demeurent les principales menaces. L’action de l’UE pour préserver la biodiversité se fonde en priorité sur les directives « Oiseaux » et « Habitats, Faune, Flore ».

Analyse régionale en France métropolitaine, hors Corse

Au niveau régional, pour la période 2003-2013, les espèces généralistes progressent globalement dans toutes les régions sauf en Ile-de-France, Normandie (ex-région Haute-Normandie) et Provence - Alpes - Côte d’Azur. Les espèces spécialistes des milieux forestiers sont en déclin dans la totalité des régions excepté en région Grand Est (ex-région Alsace), Auvergne Rhône-Alpes (ex-région Rhône-Alpes) et Occitanie (ex-région Languedoc-Roussillon).Un constat similaire est fait sur les espèces des milieux bâtis sur l’ensemble des régions hormis les régions Normandie (ex-région Basse Normandie), Centre-Val de Loire et Grand Est (ex-région Champagne-Ardenne) où les populations sont en hausse.

La situation est plus contrastée pour les espèces de milieux agricoles, avec de forts écarts entre régions. Une majorité d’entre elles présentent une dynamique négative. Ceci peut s'expliquer par le caractère local des principaux facteurs qui influent sur l’évolution des effectifs des espèces agricoles (modifications du paysage agricole, fragmentation et destruction d'habitats, pratiques agricoles intensives). À l’inverse, les facteurs qui affectent les espèces forestières et généralistes sont de nature plus globale (changement climatique notamment).



Évolution de l'indice d’abondance des populations d’ « oiseaux communs » du programme STOC en fonction du type d’habitat sur la période 2003-2013 au niveau régional

Méthodologie
Depuis 1989, le programme STOC assure un suivi standardisé des populations nicheuses d’oiseaux communs. Les relevés de terrain sont effectués par des ornithologues volontaires et le programme est coordonné par le Centre d’Écologie et de Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d’histoire naturelle.

Chaque année, le CESCO calcule des indices de l’évolution des populations de l’avifaune à partir de 75 espèces d’oiseaux communs. Parmi elles, citons par exemple l’alouette des champs (Alauda arvensis, caractéristique des milieux agricoles), le pic épeiche (Dendrocopos major, typique des milieux forestiers), le moineau domestique (Passer domesticus, en milieu urbanisé) ou le merle noir (Turdus merula, espèce généraliste). Les évolutions des populations sont calculées à partir d’une régression linéaire sur la période 1989-2014.

Les quatre indicateurs nationaux (spécialistes des milieux agricoles, spécialistes des milieux forestiers, spécialistes des milieux bâtis, généralistes) ont été repris à l’échelon régional. Pour chaque groupe, un indice annuel est obtenu en agrégeant les indices d'abondance des espèces du groupe. La tendance est ensuite étudiée depuis 2001 (ou 2002 pour certaines régions). Pour le calcul de ces indicateurs régionaux, de nouveaux groupes d'espèces ont été sélectionnés, en considérant trois grandes zones biogéographiques (atlantique, continentale, méditerranéenne), afin de prendre en compte les spécificités régionales (par exemple, les spécialistes des milieux agricoles ne sont pas les mêmes en zone méditerranéenne et en zone continentale).

Par ailleurs, la contribution des différentes espèces aux indicateurs a été pondérée par leurs effectifs pour ne pas donner une importance disproportionnée aux espèces rares et une deuxième correction a été effectuée pour prendre en compte le cas des espèces grégaires (dont la distribution spatiale est très hétérogène).

En savoir plus

  • Viginature (Présentation et résultats du programme Vigie nature dont STOC fait partie)
  • BirdLife (Conservation et connaissance des oiseaux par espèce, site et pays)


Mis à jour le 29/03/2018

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