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Les populations de chauve souris en France métropolitaine

À retenir

Par leur position en bout de chaine alimentaire, les chauves-souris (ou chiroptères) représentent de bons indicateurs de l’état écologique des milieux naturels, à l’image des populations d’oiseaux. Elles sont en effet directement impactées par l’altération des écosystèmes dans lesquels elles vivent. Les effectifs des 34 espèces recensées sur le territoire français ont fortement décliné au cours du 20e siècle, à tel point qu‘un tiers des espèces de chiroptères de métropole sont dans un état préoccupant.

Contexte

Les populations de chauves-souris sont soumises à des pressions liées aux activités humaines. Étant en bout de chaîne alimentaire, elles sont très sensibles aux modifications du fonctionnement des écosystèmes. Il est souvent difficile de quantifier précisément l’impact de ces menaces sur les populations. Elles sont néanmoins bien identifiées : modification des gîtes, des habitats de chasse, surmortalité due aux produits chimiques, au développement d’infrastructures de transports et d’énergie.

Commentaire

La France métropolitaine possède un nombre important d’espèces de chauves-souris sur son territoire. Elle héberge en effet 34 des 36 espèces présentes en Europe. On dénombre au minimum 15 espèces par département, même à Paris. Aucun département n’abrite la totalité des espèces. Cela s’explique par la répartition très ponctuelle de certaines d’entre elles, comme le Murin du Maghreb qui n’est présent qu’en Corse, ou le Rhinolophe de Méhely que l’on ne retrouve plus que dans l’Hérault. La moitié Sud de la France héberge une diversité spécifique plus importante que la moitié Nord. Le pourtour méditerranéen, la vallée du Rhône et les Alpes sont les espaces ayant la plus grande diversité. La Drome, avec 30 espèces est le département qui en héberge le plus. Au Nord-Ouest, les effectifs avoisinent tout de même fréquemment une vingtaine d’espèces par département.


Si la diversité des espèces présentes en métropole est bien connue, il n’en est pas de même de leurs effectifs. Les actions d’inventaire sont inégalement réparties sur le territoire et sont souvent tributaires d’observateurs bénévoles. La proportion d’espèces jugées mal connues par le « réseau chiroptères » de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) permet d’appréhender le manque de connaissances sur un territoire. Les situations varient considérablement d’un département à l’autre. Certains, comme le Nord ou le Pas-de-Calais, ayant peu d’espèces, semblent néanmoins bénéficier d’une bonne connaissance de leurs populations de chauves-souris. D’autres, comme la Haute-Savoie ou l’Ain, possèdent un nombre important d’espèces mais attestent un manque de connaissance sur plus de 30 % d’entre elles. Cette situation est particulièrement forte dans les Côtes-d’Armor et le Finistère où respectivement 45 et 42 % des espèces sont considérées comme mal connues. Les départements de la petite couronne parisienne présentent aussi des proportions importantes, supérieures à 30 %. Une meilleure connaissance des effectifs de chaque espèce s’avère nécessaire pour la création d’indicateurs fiables sur l’évolution des populations de chiroptères.

En 2009, selon l’UICN et le Muséum National d’Histoire Naturelle, un tiers des espèces de chiroptères sont menacées ou quasi-menacées en France métropolitaine. Le Rhinolophe de Méhely est considéré comme en danger critique d’extinction. Il n’est plus retrouvé que très rarement dans l’Hérault et semble avoir disparu de Corse, du Gard et des Bouches-du-Rhône. Trois autres espèces sont considérées comme vulnérables (le Minioptère de Schreibers, le Murin de Capaccini et le Murin du Maghreb) et sept autres comme quasiment menacées. Les données sont insuffisantes pour apprécier la situation de quatre autres espèces. Là encore, la situation de chaque territoire est très variable.


Dans 40 départements, plus de 30 % des espèces présentes sont menacées ou quasi-menacées. Les départements du pourtour méditerranéen sont particulièrement concernés, ainsi que la partie Ouest de la France. Ainsi, les plus forts taux d’espèces considérées comme menacées ou quasi-menacées d’extinction au niveau national sont observées l’Hérault (37 %), le Tarn (36 %), le Lot-et-Garonne, le Gard et l’Aude 35 %. La plus faible proportion se trouve dans le Bas-Rhin, où néanmoins 19 % des espèces sont concernées.

La zone méditerranéenne concentre à la fois la plus grande diversité d’espèces et la plus forte proportion d’espèces menacées d’extinction au niveau national. La responsabilité de ces régions en terme de conservation est donc très importante.

Méthodologie

Les données départementales sont issues du «réseau chiroptères» de la Société Française d’Étude et de Protection des Mammifères. L’assemblage des informations et les traitements statistiques ont été réalisés par le Service de la donnée et des études statistiques (SDES).
Les catégories de l’UICN sont définies en fonction d’un ensemble de critères et de valeurs seuils relatifs au risque d’extinction, comme les effectifs, le nombre d’individus matures, la superficie de l’aire de répartition et son degré de fragmentation. Chaque fois qu’un taxon remplit un de ces critères, il peut être classé dans la catégorie de menace correspondante au seuil associé. Il n’est pas nécessaire que tous les critères soient remplis : un seul suffit à classer un taxon dans une catégorie donnée. La méthode UICN est en effet conçue pour permettre l’évaluation du maximum de taxons en limitant l’impact des critères non applicables par manque de connaissances. Les trois catégories «En danger critique d’extinction», «En danger» et «Vulnérable» entrent dans le groupe des taxons «Menacés». La catégorie «Quasi menacée» correspond à une espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises.

En savoir plus

Mis à jour le 02/05/2012

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