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DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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Artificialisation et consommation des espaces naturels et forestiers

À retenir

La part des espaces artificialisés en France métropolitaine est de 5,1 % en 2006, selon l’inventaire CORINE Land Cover. Ces espaces ont augmenté de 3 % depuis 2000, aux dépens principalement de terres agricoles mais aussi d’espaces naturels. Le littoral, les alentours des grandes villes et les vallées sont particulièrement concernés. 82 % des pertes de forêts, milieux naturels et zones humides sont dues à l’artificialisation et 12 % à la mise en culture. Le recul des espaces ruraux et naturels lié à la progression de l’artificialisation occasionne la perte d’habitats et s’accompagne d’une fragmentation des milieux.

Contexte

Les espaces artificialisés recouvrent les zones urbanisées (tissu urbain continu ou discontinu), les zones industrielles et commerciales, les réseaux de transport (réseaux routier et ferroviaire, zones portuaires et aéroports), les mines, carrières, décharges et chantiers, ainsi que les espaces verts artificialisés (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs), par opposition aux espaces agricoles, aux forêts ou aux milieux naturels, zones humides ou surfaces en eau.
Les espaces qui subissent une artificialisation ne sont plus disponibles pour d’autres usages, notamment agricoles, ou comme habitats naturels. Outre la destruction directe de milieux naturels, l’étalement des espaces artificialisés aboutit aussi à une fragmentation et à un cloisonnement de ces derniers. La baisse des surfaces des espaces non fragmentés et la présence d’obstacles peuvent gêner les populations de certaines espèces pour l’accomplissement de leur cycle de vie, leurs migrations, voire le déplacement de leur aire de répartition dans le cadre des changements climatiques. Par ailleurs, les sols artificialisés sont souvent imperméabilisés, ce qui amplifie les phénomènes de ruissellement, perturbe le régime des eaux et impacte les milieux naturels associés.

Commentaire

En 2006, les espaces artificialisés représentent 5,1 % de la superficie de la France métropolitaine selon la base de données géographiques CORINE land Cover. Le reste du territoire est couvert à 59,8 % par des terres agricoles, à 34,4 % la forêt, les milieux naturels et les zones humides et à 0,7% par des surfaces en eaux.
L’Île-de-France, le Nord, l’Alsace, le couloir rhodanien et le littoral en général, territoires à forte densité de population permanente ou saisonnière, sont plus artificialisés que le reste de la métropole. Des régions comme le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, mais aussi la Bretagne et les Pays de la Loire, apparaissent à la fois très agricoles et artificialisées, peu de surfaces étant occupées par les forêts et les milieux naturels.
La progression de l’artificialisation a lieu principalement aux alentours des grandes villes, le long des réseaux de transport, dans les vallées ainsi que dans les espaces proches du littoral.

Taux de progression de l’artificialisation par canton entre 2000 et 2006

Près de 87 000 ha ont été artificialisés entre 2000 et 2006, principalement aux dépens de l’agriculture (environ 76 000 ha, prairies incluses) mais aussi des forêts, milieux naturels et zones humides (10 500 ha).
Des espaces artificialisés reculent légèrement, par exemple par la végétalisation ou la mise en eau d’anciennes carrières. In fine, les surfaces artificialisées progressent de 3 % entre 2000 et 2006, prolongeant l’augmentation déjà observée dans les années 1990.

Type d’espaces artificialisés entre 2000 et 2006

Le tissu urbain discontinu, les zones industrielles et commerciales et les grandes infrastructures de transport représentent 90 % des surfaces artificialisées. Ces formes d’artificialisation non seulement sont consommatrices d’espaces mais contribuent également à cloisonner les milieux, réduisant les surfaces des espaces non fragmentés. Alors que les espaces verts urbains ont tendance à reculer légèrement, les équipements sportifs et de loisirs continuent de s’étendre, principalement aux dépens de terres arables et de prairies.

Si l’artificialisation est de loin la principale cause des pertes de forêts, milieux naturels et zones humides (82 % des 12 800 ha perdus), elle n’est toutefois pas la seule. Les terres arables et cultures permanentes – qui subissent une très forte pression de l’artificialisation – gagnent également du terrain sur les milieux naturels et sont à l’origine de 12 % des pertes de ces derniers.

Devenir des forêts, milieux naturels et zones humides perdus entre 2000 et 2006

Méthodologie

La consommation des espaces naturels et forestiers est ici abordée à partir de CORINE Land Cover (CLC), l’une des deux sources disponibles à l’échelle nationale pour l’étude des changements d’occupation des terres. La dénomination « forêts, milieux naturels et zones humides »employée dans cette fiche regroupe tous les postes de la nomenclature CLC inclus dans les premiers niveaux « 3 – Forêts et milieux semi-naturels » et « 4 – Zones humides ».
CORINE Land Cover est un programme de l’Agence européenne pour l’environnement. Cette base de données géographiques est issue de l’interprétation visuelle d’images satellitaires, avec des données complémentaires. L’échelle de production est de 1/100 000, avec un seuil de 25 ha pour la cartographie des unités d’occupation homogène des sols. La version 2006 est le 3ème millésime après 1990 et 2000. Elle est issue d’une révision de la version 2000, compilée avec les changements de plus de 5 ha intervenus entre 2000 et 2006 puis redressée afin d’obtenir des unités homogènes de plus de 25 ha.
L’occupation des terres est un des facteurs clés pouvant expliquer le niveau de richesse de la biodiversité, mais la faible précision de CORINE Land Cover et de sa nomenclature ne permettent que d’analyser les changements dans leurs grandes masses sans pouvoir entrer dans une analyse fine des conséquences en termes de biodiversité. Les modalités d’usages des terres (comme les pratiques sylvicoles) sont également déterminants. Ainsi, par exemple, CORINE Land Cover ne permet pas de distinguer les forêts les plus riches en biodiversité des forêts les moins riches.
Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d’information géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire métropolitain.

Limites et précautions : différences avec l’enquête TerUti-Lucas

CORINE Land Cover n’identifie pas les espaces artificialisés isolés de moins de 25 ha ou de moins de 100 m de large, ce qui contribue à expliquer les différences importantes de taux d’artificialisation avec les résultats de Teruti-Lucas, l’enquête sur l’utilisation des terres réalisées annuellement par le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère en charge de l’agriculture. Cette enquête tient compte des petites surfaces artificialisées.
En 2012, la part du territoire couvert par des espaces artificialisés est de 9,1% selon Teruti-Lucas, dont environ la moitié correspond aux structures linéaires (notamment les routes et chemins permanents), structures la plupart du temps non détectées par CORINE Land Cover. Depuis les années 1990, la progression moyenne des terres artificialisées est d’un peu plus de 60 000 ha par an selon Teruti-Lucas.
Les résultats issus de ces deux programmes sont cohérents même si les valeurs diffèrent. Ils montrent tous deux la progression importante et continue de l’artificialisation sur le territoire métropolitain depuis les années 1980 et 1990.

En savoir plus

  • CGDD-SOeS, 2009. « La France vue par CORINE Land Cover, outil européen de suivi de l’occupation des sols », Le Point sur, n° 10, avril 2009. 4 p.

Mis à jour le 16/09/2013

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