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Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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Évolution de la qualité physico-chimique des cours d’eau

À retenir

La pollution des cours d’eau par les matières organiques et phosphorées, issues des rejets urbains et industriels, a nettement diminué depuis une dizaine d’années, tandis que celle due aux nitrates, majoritairement d’origine agricole, reste plutôt stable. Les indices d’évolution calculés à partir des données de surveillance des agences de l’Eau montrent ainsi une réelle amélioration sur l’ensemble du territoire des paramètres liés aux rejets ponctuels, grâce notamment aux traitements plus performants des stations d’épuration. L’évolution des nitrates est plus contrastée géographiquement. Les conditions climatiques peuvent toutefois fortement influencer les résultats. Les polluants toxiques, ou micropolluants, ne sont pas couverts par cet indicateur.


Contexte

La qualité physico-chimique des cours d’eau est une condition du maintien de la biodiversité aquatique et figure parmi les priorités européennes. La directive cadre sur l’eau (DCE) adoptée en 2000 a pour objectif la préservation et la restauration des milieux aquatiques. Elle instaure une obligation de résultat, l’atteinte du bon état des eaux, avec des possibilités de report jusqu’en 2027.
La France présente un réseau hydrographique dense, mais fragilisé par des pratiques agricoles intensives et est le réceptacle des rejets domestiques et industriels. Dès le début des années soixante-dix, les cours d’eau ont fait l’objet d’une surveillance dite « patrimoniale » régulière, sous la responsabilité des agences de l’Eau. Parmi les paramètres suivis, 4 ont été choisis afin de suivre l’évolution de la qualité physico-chimique des cours d’eau :
-    les nitrates, ils proviennent principalement de l’utilisation d’engrais pour l’agriculture ;
-    l’ammonium (ou azote ammoniacal), peu présent dans les eaux naturelles, c’est un indicateur de performance de l’épuration des rejets urbains ;
-    les orthophosphates, ils proviennent notamment de l’utilisation d’engrais ou de détergents et interviennent avec les nitrates dans les processus d’eutrophisation ;
-     la demande biochimique en oxygène (DBO), elle correspond à la quantité d’oxygène nécessaire à la dégradation des matières organiques contenues dans l’eau.
Ces 4 paramètres retenus ne sont pas suffisants pour caractériser, à eux seuls, l’état écologique des eaux. Il dépend également de la biodiversité (macroinvertébrés…), de la présence de micropolluants (pesticides, métaux, hydrocarbures…), du régime hydrique ou de l’état physique du cours d’eau (présence de barrages…).

Graphe : Évolution de la pollution des cours d’eau par les macro-polluants


Commentaire

La demande biochimique en oxygène, indicateur de la quantité de matières organiques biodégradables présentes dans l’eau, a diminué de près de moitié sur la période 1998-2014, résultat de meilleures performances obtenues par les stations d’épuration. La baisse est toutefois concentrée sur les 10 premières années, l’indicateur étant assez stable depuis 2008. L’ammonium, autre paramètre caractéristique de l’efficacité des traitements épuratoires, confirme lui aussi une nette tendance à la baisse (-69 %), mais plus influencée par la faible pluviométrie des années 2003, 2005 et 2011, qui ont entraîné une mauvaise dilution des polluants et une remontée des concentrations. Malgré une légère remontée en 2014, relevée notamment dans les bassins de Rhin-Meuse et du Sud-Est de la France, les orthophosphates diminuent de près de moitié sur la période, sous l’effet conjugué d’une réduction sensible des apports agricoles et d’une amélioration de la performance des stations d’épuration urbaines. En dépit d’une année 2014 plutôt pluvieuse, les nitrates ont diminué de 9 % par rapport à 2013. La tendance n’est toutefois pas significative à ce stade, les teneurs restant globalement stables sur la période, avec des variations inter-annuelles influencées par la pluviométrie.

Les évolutions des nitrates sont contrastées suivant les bassins. La dégradation se confirme dans des bassins où les teneurs en nitrates étaient les plus faibles. Au contraire, la situation tend à s’améliorer, ou se stabiliser, là où les concentrations étaient parmi les plus élevées en début de période : c’est le cas des bassins fortement agricoles dans l’Ouest, où l’utilisation d’intrants azotés (notamment issus des effluents d’élevage), a diminué. Les bassins de la Seine font exception : les teneurs, élevées, gardent une tendance à la hausse. Les conditions météorologiques jouent également un rôle, les années sèches réduisant le lessivage des surplus azotés présents dans les sols, qui sont entraînés vers les cours d’eau dès retour à la normale.

Malgré ces évolutions globalement assez favorables, les efforts sont à poursuivre pour respecter les objectifs de bon état des eaux assignés par la DCE.

Carte : évolution des nitrates sur la période 1998-2014

Méthodologie

Les indices d’évolution de la qualité physico-chimique des cours d’eau utilisent les données de surveillance des cours d’eau des agences de l’Eau sur la période 1998-2014. La disponibilité très incomplète des données de l’outre-mer a conduit à restreindre ici l’étude à la France métropolitaine.
L’indice se basant sur des moyennes annuelles de concentration, seules les stations disponibles au minimum deux années de suite et présentant plus de 4 analyses dans l’année, dont au moins 1 par trimestre ont été sélectionnées. L’indice est calculé par paramètre et par bassin versant selon les étapes suivantes :
- calcul de la concentration moyenne annuelle sur le bassin ;
- calcul de l’indice élémentaire d’évolution à partir des concentrations moyennes annuelles des bassins sur deux années successives et en utilisant un indice de type chaîné. La base 100 se situe en 1998.
L’agrégation nationale a été menée à partir des concentrations des bassins, pondérées de leur surface, présentant des séries complètes de données sur la période. Certains bassins du Sud-Est et du Nord-Ouest ont par conséquent été écartés. L’agrégation nationale couvre ainsi 90 % du territoire.
La méthodologie a toutefois due être adaptée en 2008 sur le bassin Seine-Normandie, en 2010 sur Adour-Garonne et en 2014 sur Rhin-Meuse en raison d’une disponibilité restreinte des données source.


En savoir plus

Mis à jour le 22/11/2016

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