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La ressource halieutique

À retenir

Depuis 2009, l'état général des stocks de poissons dans les eaux Atlantiques européennes et les eaux adjacentes semble s’améliorer. En 2013, 29 % d’entre eux sont considérés comme exploités à l'intérieur des limites biologiques de sécurité et 21 % sont toujours considérés comme étant en dehors de ces limites biologiques. La situation reste cependant inconnue pour la moitié d’entre eux. Parallèlement, les quantités de poissons vendues annuellement par la flotte métropolitaine ont diminué de 25 % de 2002 à 2013. Mais, de 1999 à 2012, la consommation de produits aquatiques a augmenté de 23 % en France métropolitaine pour atteindre 36 kg par personne et par an. Ce niveau de consommation induit des importations élevées qui représentaient 87 % de la consommation en 2012.

Contexte

La forte hausse des captures de pêche depuis les années 1970 a entraîné une diminution importante des stocks mondiaux de poissons et un déséquilibre des communautés dans de nombreuses zones de pêche. Cette érosion des stocks est amplifiée par la destruction ou la dénaturation des zones de reproduction et de nourricerie : estuaires, deltas, mangroves, marais littoraux. Les estuaires sont en effet très souvent le lieu d’implantation privilégiée de zones portuaires et d’industries destructrices des milieux naturels.
Les méthodes de pêche ont évolué ces dernières années, avec notamment la possibilité de pêcher par chalutage à des profondeurs de plus en plus importantes. Cette technique de pêche fait l’objet de critiques car les filets détruisent les habitats en étant trainés sur les fonds marins.

Commentaire

Pour lutter contre la diminution des stocks, l’Union européenne s’est dotée d’une politique commune de la pêche (PCP) dès janvier 1983. Elle a été révisée en 1992, 2002 et 2013. Des totaux admissibles de capture (TAC) qui fixent les quantités de poissons capturables par espèces et par zone de pêche, sont définis annuellement. Ces TAC, décidés par les ministres européens des pêches, sont partagés en quotas nationaux à l’aide d’une clé de répartition. Ils sont basés sur les travaux scientifiques mis en œuvre sous l’égide du Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem) et sont discutés préalablement par différentes instances. Parallèlement aux TAC, une limitation de l’effort de pêche peut aussi être appliquée localement (limitation du temps passé en mer pour les navires de pêche), afin de réduire les rejets et les captures illicites. Il s’agit de mesures supplémentaires de conservation mises en œuvre dans le cadre de plans à long terme, comme pour le cabillaud de la mer du Nord et de la Baltique ou la sole de la Manche occidentale.
Depuis 2009, l'état des stocks de poissons dans les eaux Atlantiques européennes et les eaux adjacentes s'est amélioré, suite à la mise en place de TAC plus réduits et de plans à long terme qui ont permis aux stocks de certaines espèces de se reconstituer. Davantage de stocks sont donc exploités dans les limites du rendement maximal durable (RMD), et les connaissances relatives à leur état s’améliorent. Ainsi en 2013, 29 % d’entre eux sont considérés comme exploités à l'intérieur des limites biologiques de sécurité et 21 % sont toujours considérés comme étant en dehors de ces limites biologiques. La situation reste cependant inconnue pour la moitié d’entre eux.

Certaines méthodes de pêche comme le chalutage sont décriées car considérées comme peu sélectives. La capture des poissons est peu ciblée et ceux ne correspondant pas à l’objectif de pêche sont rejetés en mer, la plupart du temps morts (juvéniles, poissons non recherchés ou non consommables). En Mer du Nord par exemple, les rejets de plie et de merlan sont estimés respectivement à 40 % et 56 % des captures. Par ailleurs, des mammifères marins peuvent être capturés accidentellement. À partir de 2014, l’obligation de débarquer tous les poissons capturés devrait entrer progressivement en vigueur dans chaque pêcherie de l’Union européenne.

En 2013, 31 espèces ont fait l’objet de quotas de pêche dans l’Atlantique Nord-Est, 21 benthiques et démersales (cabillaud, langoustine, sole…), 7 pélagiques (anchois, maquereau, thon rouge…) et 3 espèces profondes comme le grenadier de roche, le sabre noir ou la lingue bleue. Toutes espèces confondues, les quotas alloués à la France représentent 5,8 % des TAC de la zone Atlantique et 10,3 % de ceux alloués à l’Union européenne (des quotas de pêche sont aussi accordés à d’autres pays que ceux de l’UE). La France bénéficie d’une part importante de plusieurs TAC : lieu jaune (70 %), lingue bleu (55 %), baudroie (49 %), grenadier de roche (43 %), merlu (43 %), merlan (40 %), cardines (34 %)… Les quotas d’un même stock de poisson peuvent varier selon les zones concernées.

En Méditerranée, seul le thon rouge fait l’objet de quotas de capture. Les évaluations des autres espèces n’ont débuté que récemment, mais les premiers résultats indiquent que les trois quarts des stocks sont surexploités. Pour l’Atlantique Nord-Est et la Méditerranée, la quantité totale de capture de thon rouge pour 2014 a été fixée, comme en 2013, à 13 400 tonnes, dont 18 % pour la France (2 471 tonnes). Actuellement le stock est considéré comme surexploité par rapport au niveau permettant d'assurer son rendement maximal, mais il reste géré dans le cadre d'un plan de reconstitution à long terme approuvé par la Commission internationale pour la conservation des thons de l’Atlantique (Cicta). À la suite d’une forte diminution des quotas de capture, la situation du thon rouge s’est améliorée depuis 2009 mais reste fragile.

Une diminution des quantités vendues par la flotte française
Les quantités de poissons vendues annuellement par la flotte métropolitaine ont nettement diminué depuis 2002. Les ventes totales représentaient près de 471 000 tonnes en poids vif en 2013, contre plus de 625 000 tonnes en 2002, soit une baisse de 25 %. La part de la pêche fraîche a augmenté ces dernières années par rapport aux pêches congelées et représente 88 % des quantités vendues annuellement. Avec plus de 106 000 tonnes issues de l’ensemble des zones de pêche de la planète où la flotte française est présente, les différentes espèces de thons restent les principales vendues.
50 000 tonnes de poissons issues de la pisciculture ont été vendues en 2010, soit une baisse de 23 % par rapport à 1997. 89 % de l’activité concerne des entreprises continentales et la truite arc-en-ciel représente 70 % de l’ensemble des quantités vendues. La pisciculture marine ne représente que 11 % des quantités vendues, principalement du bar et de la daurade. En ce qui concerne la conchyliculture, 153 000 tonnes ont été vendues en 2010 soit une diminution de 25 % par depuis 1997. La moitié correspond à des huitres creuses et 26 % à des moules, le reste étant constitué d’autres coquillages.

La France métropolitaine dispose de 40 halles à marée (criées) totalisant plus de 204 000 tonnes vendues en 2012. Le premier port français pour les ventes en halles à marées est Boulogne-sur-Mer (26 700 t), suivi par Lorient (17 963 t) et Le Guilvinec (17 924 t).
En métropole, le nombre de bateaux a chuté de 31 % entre 1995 et 2012, sous la pression des mesures de réduction de la flotte mises en place par l’Union européenne. En 2012, 4 578 bateaux étaient dénombrés en métropole et 2 579 dans les DOM. La majorité de la flotte (85 %) se compose de petites unités de moins de 12 m. Les unités de 12 à 23 mètres représentent 11 % des bateaux mais assurent la moitié de l’ensemble des débarquements (il est cependant à noter que la taille des navires est inconnue pour près de 20 % des débarquements). Les bateaux industriels de plus de 25 m ne forment, quant à eux, que 4 % de la flotte pour 12 % des débarquements. 81 % des bateaux pratiquent la petite pêche (absence du port inférieure à 24 heures) à proximité des côtes et concentrent 44 % des effectifs de marins embarqués. L’ensemble des bateaux employaient 14 348  marins en 2011 (soit une baisse de 16 % en un an) et l’aquaculture en concerne 4 779. 

Des importations massives
De 1999 à 2012, la consommation de produits aquatiques a augmenté de 23 % en France métropolitaine pour atteindre 36 kg par personne et par an, alors que la production a diminué de 22 % et les exportations de 9 %. Les espèces les plus achetées en 2012 sont la moule, le saumon, l’huitre, le cabillaud, la coquille-Saint-Jacques et le lieu noir. Ce niveau de consommation induit des importations élevées qui représentaient 87 % de la consommation en 2012 soit 41 % de plus depuis 1999. Cela correspond en 2012 à environ 1,9 millions de tonnes en poids vif pour près de 4,6 milliards d’euros, principalement en provenance de Norvège (saumon, cabillaud), du Royaume-Uni (saumon, filets de poissons blancs) ou d’Espagne (merlu…).

Méthodologie

On appelle stock un ensemble de poissons appartenant à une ou plusieurs populations présentant les mêmes caractéristiques biologiques et réagissant de façon identique à l'exploitation. Le stock est une unité de gestion justifiant une évaluation commune des conditions de rationalisation de son exploitation.


En savoir plus

  • www.ifremer.fr (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer)
  • www.franceagrimer.fr/ (Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer)
  • www.agriculture.gouv.fr (Ministère de l’alimentation, de l'agriculture et de la pêche) > Rubrique « thématiques » > Thème « Pêche et aquaculture »
  • www.comite-peches.fr (Comité national des pêches maritimes et des élevages marins)
  • www.ices.dk (Conseil international pour l’exploration de la mer - Ciem)
  • www.fao.org (Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture)> Rubrique Pêche

 

 

Mis à jour le 18/04/2014

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