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Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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Évolution des surfaces d’espaces naturels protégés

À retenir

Sur la période 1998-2015, les espaces naturels protégés progressent en nombre et en surface. La hausse des surfaces protégées par voie réglementaire a été importante en outre-mer mais moins marquée en métropole où elle résulte principalement de la création de réserves naturelles. Début 2015, ces aires sous protection réglementaire ont une superficie terrestre et marine de 9 234 km² en métropole et de 49 721 km² en outre-mer (hors Polynésie et Nouvelle-Calédonie). Leurs parties terrestres couvrent 1,40 % du territoire métropolitain et 28,7 % des départements d’outre-mer. Parallèlement, le succès des parcs naturels régionaux explique, en métropole, la progression des surfaces sous protection contractuelle. La part terrestre des aires sous protection contractuelle et engagements internationaux, qui sont généralement de grands espaces, représente, début 2015, 20,9 % de la métropole et 26,5 % des DOM. Mis en œuvre uniquement en métropole, le réseau Natura 2000, quant à lui, couvre aujourd’hui 12,65 % du territoire et 12,3 % des eaux françaises.

Contexte

La gestion et la conservation des milieux naturels, de la flore et de la faune reposent sur une gamme d’outils variés quant à leurs objectifs et leurs modalités de mise en œuvre. Ces différentes approches complémentaires visent à apporter une réponse la plus adaptée possible à la diversité des enjeux et des problématiques rencontrées sur le terrain.
Quatre grandes catégories d’outils de protection des espaces naturels peuvent ainsi être distinguées :
-    la voie réglementaire (cœur de parc national, réserves naturelles, arrêté préfectoral de protection de biotope, réserve biologique et réserve nationale de chasse et de faune sauvage), en interdisant ou limitant par décret, arrêté ou délibération du conseil régional les activités humaines dans ces espaces ;
-    la voie contractuelle (aire d’adhésion de parc national, parc naturel régional (PNR) et parc naturel marin), en associant préservation du patrimoine naturel et développement local dans le cadre d’une démarche concertée entre les différents usagers d’un territoire (charte) ; on y associe généralement les engagements internationaux pris par la France (convention de Ramsar sur les zones humides et programme « L’Homme et la Biosphère » de l’Unesco, dont les démarches sont similaires) ;
-    la mise en œuvre du réseau Natura 2000 en application des directives européennes « Habitats, Faune, Flore » et « Oiseaux », avec la création de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciales (ZPS) ; une fois les sites désignés par l’État en concertation avec les acteurs locaux, la voie contractuelle a été choisie par la France pour la mise en œuvre des mesures de gestion au sein de chaque site ;
-    la maîtrise foncière, via l’acquisition de terrains par le Conservatoire du littoral, les départements (politique des espaces naturels sensibles) ou les Conservatoires d’espaces naturels, avec le double objectif de les soustraire aux pressions foncières et d’y mettre en place des mesures de gestion favorables au maintien de la biodiversité.
Cette fiche présente l’évolution des trois premières catégories sur la période 1998-2015, les données sur la maîtrise foncière étant incomplètes sur la période.

Commentaire

En dix-sept ans, le nombre des aires protégées par voie réglementaire en métropole a progressé de 54 % (1 337 sites début 2015), et leur surface globale de 39 % (9 234 km² début 2015). Les évolutions sont encore plus marquées en outre-mer où le nombre de sites a été multiplié par 2,4 depuis 1998 (69 sites début 2015), avec un très fort accroissement des surfaces ainsi protégées, grâce notamment à la création en 2006 de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises (avec une importante partie marine) et à celle de deux parcs nationaux en 2007 (dont le parc amazonien de Guyane).
Sur la même période, le nombre d’aires protégées par voie contractuelle et engagements internationaux a progressé de 78 % en métropole, tant en nombre (103 sites début 2015) qu’en surface. L’engouement des collectivités locales pour les PNR explique en grande partie cette dynamique. Par ailleurs, la création en juillet 2012 de la réserve de biosphère du bassin de la Dordogne, de loin la plus étendue de métropole, a contribué de manière importante à l’augmentation des surfaces sous engagements internationaux. Avec la création du premier parc naturel marin en mer d’Iroise (octobre 2007), un nouveau type de parc a également vu le jour et cet outil contribue aujourd’hui de manière importante aux surfaces sous protection contractuelle, en métropole comme en outre-mer. L’accroissement des surfaces sous gestion contractuelle et engagements internationaux en outre-mer s’explique aussi par les aires optimales d’adhésion des parcs nationaux réunionnais et surtout guyanais, ainsi que la labellisation Ramsar du très grand site des Terres australes françaises.

Début 2015, les parties terrestres des aires métropolitaines protégées réglementairement couvrent 1,40 % du territoire, soit une hausse de près de 20 % par rapport à la valeur de 1998 (1,17 %). Quant aux protections contractuelles et engagements internationaux, elles couvrent 20,9 % du territoire métropolitain contre 12,8 % dix-sept ans auparavant, soit une progression de 63 %.

Graphe : Évolution de la part du territoire métropolitain couvert par les surfaces terrestres des protections réglementaires

Graphe : Évolution de la part du territoire métropolitain couvert par les surfaces terrestres des protections contractuelles et engagements internationaux

 
Alors qu’en métropole les protections réglementaires couvrent une part du territoire nettement inférieure à celle qu’occupe les espaces gérés par voie contractuelle et sous engagements internationaux, la situation s’équilibre dans les départements d’outre-mer. Les deux types de protection représentent chacun un peu plus d’un quart de l’ensemble des territoires.


Graphe : Part du territoire des DOM couvert par les surfaces terrestres des aires protégées au 20 février 2015


La mise en place du réseau Natura 2000 a véritablement débuté au début des années 2000. Si en 2003 la majeure partie (près de 90 %) des sites d’intérêt communautaire (SIC, future ZSC) était installée, ce n’est qu’en 2005, et surtout 2006, que les ZPS progressent significativement. Mi-2007, l’essentiel de la partie terrestre du réseau Natura 2000 est ainsi constitué. Un même territoire pouvant à la fois être concerné par une ZSC et une ZPS, le total de la surface terrestre des sites français couvre, sans doubles comptes, 69 411 km² en septembre 2014, soit 12,65 % de la métropole (à peine 7 % onze ans plus tôt). Quant au déploiement de Natura 2000 en mer, celui-ci a réellement débuté à la fin de l’année 2008, et a été très rapide : en deux ans à peine, la part des eaux métropolitaines concernées passe de 2 % à 12,3 %, et tend à se stabiliser depuis. En septembre 2014, la surface marine des sites français couvre 41 664 km² sans doubles comptes.

Carte : Évolution de la part du territoire métropolitain couvert par les surfaces terrestres de Natura 2000

 

Graphe : Évolution de la part des eaux françaises métropolitaines couvertes par des surfaces Natura 2000

Méthodologie

Les données utilisées sont issues de la base « espaces protégés » et de la base « Natura 2000 », toutes deux gérées par le Muséum national d’histoire naturelle pour le compte du ministère en charge de l’Environnement. Les surfaces ont été calculées sous SIG (système d’information géographique), avec la projection Lambert 93 et en utilisant la BD-Carto (IGN) pour la limite du territoire et la limite terre/mer. Les valeurs pour l’outre-mer ne tiennent pas compte de la Polynésie ni de la Nouvelle-Calédonie, territoires qui disposent de leur propre droit de l’environnement.

En savoir plus

    Les indicateurs de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) :

 

 

Mis à jour le 08/04/2016

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