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Risques naturels et technologiques

Risques technologiques

5 articles

Le risque de rupture de barrage

Un barrage est un ouvrage établi en travers du lit d’un cours d’eau, retenant ou pouvant retenir de l’eau. Une rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale de l’ouvrage et entraîne la formation d’une onde de submersion se traduisant par une élévation brutale du niveau de l’eau à l’aval, voire un gigantesque torrent. Ce type d’événement peut avoir des conséquences catastrophiques pour la population située en aval du barrage. Deux accidents de rupture de barrages sont survenus en France : en 1895, à Bouzey dans les Vosges et en 1959 à Malpasset dans le Var.

Les barrages peuvent avoir pour fonction principale :
-    la production d’énergie électrique,
-    la régulation des cours d’eau (écrêtement des crues, soutien d’étiage),
-    l’irrigation des cultures,
-    l’alimentation en eau des villes,
-    la fourniture d’eau pour l’industrie,
-    un intérêt touristique (retenue d’eau),
-    la lutte contre l’incendie (réserve d’eau).

Un usage particulier est également en cours de développement : celui des retenues pour la neige de culture.
Les barrages et digues sont classés selon 4 classes : A, B, C ou D en vertu du décret 2007-1735 du 11 décembre 2007. Ce classement dépend de la hauteur de l’ouvrage et du volume retenu. Les barrages les moins importants sont classés D et ont une hauteur supérieure à 2 mètres. Les plus importants sont classés A, ils ont une hauteur supérieure à 20 mètres. Il existe 315 barrages de classe A, 330 de classe B, 1100 de classe C et plusieurs dizaines de milliers de barrages de classe D.

Note : H= Hauteur en mètre et V= volume en million de m3. Le sud-ouest de la France détient un nombre important de petits barrages, de classe C, employés à l’irrigation des cultures.

 

Les barrages de plus de 20 mètres et de capacité supérieure à 15 hm3 sont soumis à un plan particulier d’intervention (PPI). Ce plan précise en cas d’accident sur le barrage, les modalités d’alerte de la population, d’évacuation éventuelle et l’organisation des secours. Par ailleurs, les barrages de classe A sont soumis à un examen technique complet et à une revue de sûreté décennales, ainsi qu’à une surveillance au moins annuelle des services en charge des barrages en DREAL. Les barrages de classe B sont également soumis à une étude de dangers décennale et à une inspection des DREAL a minima tous les 5 ans.

Les exploitants de barrages sont soumis à l’obligation de déclaration des événements survenant sur ces ouvrages. Les événements dits importants pour la sûreté hydraulique (EISH) et les événements précurseurs pour la sûreté hydraulique (PSH) doivent être obligatoirement faire l’objet d’une déclaration au préfet par l’exploitant ou le propriétaire de l’ouvrage, comme l’impose l’article R214-125 du code de l’environnement.
Les EISH concernent :
- l’atteinte à la sécurité des personnes (accident, mise en danger ou mise en  difficulté) ;
- les dégâts aux biens (y compris lit et berges de cours d’eau et retenues) ou aux  ouvrages hydrauliques ;
- pour un barrage, une modification de son mode d’exploitation ou de ses  caractéristiques hydrauliques (cote du plan d’eau...).

Les PSH concernent les dysfonctionnements liés aux défaillances de « barrières de sécurité », identifiées dans l’étude de dangers, pouvant entraîner la perte de fonctions de sécurité du type « retenir l’eau », « maîtriser la cote de la retenue à l’amont de l’ouvrage » ou « maîtriser le débit relâché à l’aval ».

Suivant leur gravité croissante, les services de l’Etat en charge du contrôle des barrages (DREAL) affectent une couleur (jaune, orange ou rouge) aux EISH déclarés.

Voir aussi

Mis à jour le 11/05/2012

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/