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Ministère de la Transition
écologique et solidaire

Commissariat général au Développement durable

OBSERVATION ET STATISTIQUES

L'essentiel sur…

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L’aléa retrait-gonflement des sols argileux

Certains minéraux argileux présents dans les sols peuvent varier de volume en fonction de la teneur en eau des terrains. Ils se « rétractent » lors des périodes de sécheresse (phénomène de « retrait ») et gonflent lorsqu’ils sont à nouveau hydratés (phénomène de « gonflement »). Ces mouvements sont lents, mais ils peuvent atteindre une amplitude assez importante pour endommager les bâtiments localisés sur ces terrains. La variation de leur teneur en eau peut être la conséquence d’une situation météorologique inhabituelle (sécheresse ou fortes pluies), d’une fluctuation du niveau des nappes d’eau souterraines, ou encore de modifications hydrologiques dues à l’intervention humaine. Des arbres situés à proximité de bâtiments peuvent aggraver le retrait des argiles par le prélèvement d’eau de leur système racinaire. Les dégâts occasionnés par ce type de mouvement de terrain sont indemnisables au titre des catastrophes naturelles.

La cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles définit en tout point du territoire, la probabilité qu’une maison individuelle soit affectée par un sinistre (BRGM). L’aléa fort concerne 2 % de la France métropolitaine (soit 10 600 km²), l’aléa moyen 15 % (soit 83 800 km²), l’aléa faible 44 % (soit 241 300 km²). A contrario, les zones a priori non argileuses couvrent 39 % de la France métropolitaine (soit 212 800 km²).


Les régions Centre, Poitou-Charentes et Auvergne sont les plus touchées puisqu’elles représentent la moitié des surfaces les plus sensibles à l’aléa retrait-gonflement des argiles (4 900 km² en aléa fort). Les argiles, marnes et calcaires de l’Oligocène en Limagne et dans le Val d’Allier sont en effet particulièrement riches en argiles gonflantes. En revanche, la Corse, la Franche-Comté et le Limousin ne sont pas soumis à un aléa retrait-gonflement d’argiles fort. C’est également le cas de Midi-Pyrénées, dont 17 % du territoire est soumis à un aléa moyen (soit 14 000 km²).

La région Centre totalise à elle seule 16 % des surfaces estimées en aléa fort ou moyen (soit 15 000 km²). Le département du Loiret, le plus touché, compte ainsi 52 % de sa surface en aléa fort (9 %) ou moyen (43 %). Les marnes et calcaires et marnes et sables de l’orléanais (argiles et sables interstratifiés d’une épaisseur de 5 à 10 m), montrent en effet une prédominance d’argiles gonflantes (smectites).

Dans les Antilles, le climat chaud et humide favorise l’altération des roches et la formation des argiles à l’origine de sols vertiques (Vertisols) riches en argile gonflante (smectite) et particulièrement sensibles au retrait-gonflement des argiles. En effet, en Guadeloupe, les sols argileux le long de la côte ouest de la Basse-Terre développés sur substrat calcaire riches en argiles gonflantes (smectite) couvrent 10 % de Basse-Terre. De même en Martinique, les sols argileux développés dans les andésites (roches magmatiques) anciennes au sud de l’île couvrent un cinquième de l’île.

Définition :

 

Aléa retrait-gonflement des argiles : probabilité qu’un retrait-gonflement des argiles (phénomène naturel d’intensité donnée) survienne sur un secteur géographique donné et dans une période de temps donnée.

Méthodologie :


À la demande du ministère en charge du Développement durable, le BRGM a entrepris de cartographier l’aléa retrait-gonflement d’argiles pour la France métropolitaine depuis 1997. Cette cartographie définit en tout point du territoire, la probabilité qu’une maison individuelle soit affectée par un sinistre.
Pour ce faire, une susceptibilité vis-à-vis du phénomène de retrait-gonflement des argiles est attribuée aux formations argileuses identifiées à partir des cartes géologiques. La carte d’aléa retrait-gonflement des argiles résulte de la combinaison de ce résultat avec les données de sinistralité.
Les cartes d’aléas retrait-gonflement des argiles ainsi établies au niveau communal et départemental alimentent les plans de prévention des risques retrait-gonflement des argiles (cartes de zonage réglementaire). Elles permettent également d’informer les professionnels du bâtiment et les particuliers quant aux préconisations lors d’une construction dans un secteur sensible au retrait-gonflement.
L’aléa fort délimite les zones pour lesquelles la probabilité de survenance d’un sinistre et l’intensité des phénomènes attendus sont les plus élevées. En revanche, l’aléa faible désigne les zones pour lesquelles la possible survenance de sinistres (conditionnée par une sécheresse importante) devrait concerner les bâtiments présentant des défauts de construction ou un contexte local défavorable (proximité d’arbres, hétérogénéité du sous-sol). Les zones d’aléa moyen correspondent à des situations intermédiaires entre ces deux extrêmes. Enfin, les zones d’aléa nul désignent les secteurs pour lesquels les cartes géologiques actuelles n’identifient aucun terrain argileux en surface. Des sinistres peuvent toutefois s’y produire en cas de placage local d’argiles (lentilles intercalaires, colluvions en pied de pente, poches d’altération).

Pour mieux comprendre :

Accueil > L'essentiel sur… > Environnement > Risques naturels > Le retrait-gonflement des argiles
Accueil > L'essentiel sur… > Environnement > Le sol > La diversité des sols en France

En savoir plus

  • http://www.georisques.gouv.fr/ (portail Géorisques du ministère du Développement durable : mieux connaître les risques sur le territoire)
    Rubrique Accueil > Dossiers thématiques > Aléa retrait-gonflement des argiles
  • http://www.onrn.fr/ (Observatoire national des risques naturels – ONRN)
    Rubrique Accueil > Informations thématiques > Indicateurs ONRN  > accéder à la carte interactive > Sécheresse

Mis à jour le 26/12/2014

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