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Le patrimoine géologique de la France

Le patrimoine géologique français est particulièrement riche et divers. Le territoire métropolitain est constitué de roches de natures variées réparties schématiquement en 3 grands ensembles. Les ensembles sédimentaires déformés (schistes, grès) ou non (calcaires, marnes et gypse, craie) représentent près de 77 % de la surface territoriale. Les ensembles magmatiques constitués de roches plutoniques cristallisant en profondeur (comme les granites) et de roches volcaniques cristallisant en surface (basaltes, rhyolites) couvrent environ 12 % du territoire. Enfin, les roches métamorphiques (comme les gneiss) concernent presque 11 % du territoire. La structure géologique de la France métropolitaine est marquée, en outre, par des massifs cristallins, témoins d’anciennes chaînes de montagne aujourd’hui érodées (Ardennes, Massif armoricain, Massif central et Vosges), de vastes bassins sédimentaires (Bassin de Paris et d’Aquitaine), de chaînes de montagne récentes (Alpes, Jura, Pyrénées) et de volcans temporairement inactifs situés principalement dans le Massif central. Ces ensembles géologiques ont été ou sont encore exploités plus ou moins intensément par l’homme.

Répartition des grands types de roches en France métropolitaine


En outre-mer, les situations géodynamiques variées participent de la richesse du patrimoine géologique de ces territoires. L’île de la Réunion est située sur un point chaud à partir duquel le magma basaltique s’élève du manteau sous la croûte océanique, jusqu’à la surface. Le parc national de la Réunion, où le piton de la Fournaise entre régulièrement en éruption, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2010. L’île de Mayotte, constituée par la juxtaposition de plusieurs édifices volcaniques basaltiques et entourée de récifs, est également située sur un point chaud, entre l’Afrique et Madagascar. L’archipel guadeloupéen est formé de plateformes carbonatées à l’est (Grande-Terre, Marie-Galante, la Désirade) et d’un arc volcanique à l’ouest (Basse-Terre). La juxtaposition de cendres volcaniques (andésites) s’y échelonne entre 3 millions d’années (nord), à environ 8500 ans (massif de la Soufrière au sud). L’édification de l’île volcanique de la Martinique a débuté il y a plus de 30 millions d’années. Les andésites y sont plus anciennes au sud de l’île et plus récentes au nord (volcan de la Montagne Pelée). Enfin, en Guyane, les roches magmatiques (granites) proviennent d’un ancien bouclier apparu il y a environ 2,2 milliards d’années et de granites plus récents au centre et au sud. Les roches sédimentaires (sables, argiles) de la zone côtière atteignent jusqu’à 6 km d’épaisseur.

 Répartition des grands types de roches dans les départements d’outre-mer


Pour protéger ce patrimoine géologique fragile car soumis à des phénomènes d’altération et d’érosion, des réserves naturelles sont créées spécifiquement dès 2001. La France en compte actuellement 18, auxquelles s’ajoutent 50 réserves qui intègrent un patrimoine géologique dans le cadre d’une protection des espèces et des milieux. Ensemble, elles représentent 30 % des réserves naturelles de France.
Ces réserves naturelles visent à protéger différents types d’objets géologiques remarquables, comme des affleurements, des roches, des minéraux, des fossiles, des formations, ou des structures. Parmi eux, les formations sédimentaires et les stratotypes sont les plus représentés. Il s’agit d’affleurements-types de roches sédimentaires fossilifères, utilisés comme référence internationale. Par exemple, la réserve naturelle nationale d’Hettange-Grande (Moselle), assure la conservation du stratotype de l’Hettangien (étage du Jurassique inférieur entre - 205 et - 201 millions d’années) choisi pour sa grande richesse en fossiles marins (gastéropodes, bivalves) accumulés dans des grès. Les réserves naturelles protègent également des gisements paléontologiques, tels les récifs d’éponges fossiles formés dans une mer peu profonde sous climat tropical il y a 165 millions d’années et conservés dans les roches marneuses et calcaires de la falaise du Cap Romain (Calvados). Certaines réserves sont créées pour protéger des gisements minéralogiques, comme celle de La grotte TM 71 (Aude), qui abrite des concrétions remarquables (aragonites bleues, stalagmites blanches, etc.) dans son réseau karstique. Enfin, des actions conservatoires permettent de protéger des roches remarquables par leur texture, leur structure ou leur minéralogie caractéristiques car issues du métamorphisme et de la tectonique. C’est le cas pour les schistes bleus de la réserve naturelle nationale Françoise le Bail à l’île de Groix.

 Les réserves naturelles protégeant le patrimoine géologique en France


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  • www.mnhn.fr/pgn/ (Patrimoine géologique national au Muséum national d’histoire naturelle)

Mis à jour le  5/08/2013

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