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Empreinte carbone

L'empreinte carbone

3 articles

L'empreinte carbone de la demande finale intérieure de la France

L'empreinte carbone d’un pays fournit une information complémentaire aux inventaires d’émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire national, qui sont réalisés au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le calcul de l'empreinte carbone d’une population vise à estimer la quantité de GES émise pour satisfaire sa consommation au sens large (biens, services, utilisation d’infrastructures), en tenant compte des émissions liées aux importations et aux exportations. Cette empreinte permet ainsi d’apprécier la pression exercée à l’échelle planétaire sur le climat (bien public mondial) par la population du pays considéré.

 

L’empreinte carbone inclut les GES directement émis par les ménages (chauffage, voitures particulières) ainsi que les émissions provoquées par la fabrication et le transport des biens et services qu’ils consomment, que ces biens et services soient produits dans le pays concerné ou à l’étranger.

 

Les inventaires nationaux couvrent sept GES : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d'azote (N2O), hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC), hexafluorure de soufre (SF6), et depuis 2013 le trifluorure d’azote (NF3). Étalonnés selon leur potentiel de réchauffement global à l’horizon de 100 ans (PRG100), le CO2 représente près de 75 % du PRG des GES émis par les activités humaines en France en 2013, le CH4 12 % et le N2O 9 %,  et l’ensemble des trois gaz fluorés, 4 %. Les émissions de CO2 résultent principalement de la combustion d’énergies fossiles, le CH4 de l’élevage (digestion des ruminants) et le N2O de la production agricole végétale (utilisation de fertilisants de synthèse).

 

Le dioxyde de carbone (CO2)

Outre leur importance relative, les émissions anthropiques de CO2 concernent pratiquement toutes les activités humaines (chauffage, transport, production industrielles, agricoles et de services) en raison de leur lien prépondérant avec la combustion des énergies fossiles. En France, le CO2 émis lors de la décarbonatation du calcaire dans les industries des produits minéraux non métalliques (ciment, chaux, plâtre, terre cuite, céramiques, verre) représente moins de 5 % du total.

 

En ce qui concerne le CO2, l’empreinte carbone des Français est supérieure de l’ordre de 40 % aux GES émis sur le territoire français (inventaire national). La production et le transport des biens et services importés pour satisfaire la demande finale en France (hors importations ré-exportées) sont à l’origine de 261 Mt de CO2 émises à l’étranger en 2012. 

 

Lorsqu’aux émissions directes des ménages français (125 Mt) et à celles provoquées par la production nationale pour répondre à la demande intérieure (126 Mt, hors émissions de la production exportée) sont ajoutées les émissions à l'étranger pour satisfaire la demande intérieure (émissions associées aux importations : 261 Mt de CO2 et solde des émissions du transport international entre unités résidentes émettant à l’étranger et unités non-résidentes émettant en France : 7 Mt de CO2), on obtient une empreinte carbone de la demande finale intérieure française de 520 Mt de CO2 pour l’année 2012. Les émissions provoquées à l'étranger représentent alors 50 % de ce total.

 

Les exportations françaises (hors importations ré-exportées) sont à l’origine de 102 Mt de CO2 émises sur le territoire. Le solde des émissions de CO2 des échanges extérieurs de la France qui en résulte est de 159 Mt. En y ajoutant le solde des émissions du transport international (cf. ci-dessus), on retrouve l’écart entre les 353 Mt de CO2 émises sur le territoire français (entreprises et ménages) et les 520 Mt de l’empreinte CO2 de la demande finale intérieure.

 

Exprimée au niveau individuel, l’empreinte CO2 de chaque Français s’élève à 8,2 tonnes en 2012, alors que 5,6 tonnes de CO2 ont, en moyenne, été émises par personne sur le territoire français au cours de la même année.

Empreinte carbone de la demande finale intérieure de la France pour le CO2, versus émissions de CO2 sur le territoire national (année 2012)

 

 

Les trois principaux GES

Le calcul de l’empreinte carbone des Français réalisé par le SDES couvre les trois principaux GES (CO2, N2O et CH4) qui représentent plus de 95 % du PRG des six GES pris en compte dans le cadre du protocole de Kyoto. Les données manquent pour le calcul des émissions de HFC, PFC et SF6 associées aux importations.

 

Lorsque l’on considère ensemble les gaz à effet de serre CO2, CH4 et N2O, l'empreinte carbone de la France est supérieure de près de 50 % au total des GES correspondants émis sur le territoire français. Elle est estimée à 672 Mt équivalentCO2, dont près de 350 Mt éq.CO2 associées aux importations (hors importations ré-exportées). Exprimée au niveau individuel, l’empreinte carbone de la demande finale intérieure (hors exportations) de chaque Français s’élève en moyenne à plus de 10 tonnes éq.CO2 en 2012, alors que moins de 8 tonnes éq.CO2 de ces 3 gaz ont en moyenne été émises par personne sur le territoire français au cours de cette même année.

 

Empreinte carbone de la demande finale intérieure de la France pour les 3 gaz à effet de serre CO2, CH4 et N2O, versus émissions sur le territoire national (année 2012)

Sur la base des calculs les plus détaillés, dont les résultats les plus récents portent sur l’année 2012, il est possible de décomposer l’empreinte carbone des français par grands postes de consommation, dont les principaux sont : le transport, l’alimentation, le logement et les services.

 

- L’empreinte carbone du logement s’élève à 2,9 t équivalent CO2 par personne (consommation de combustibles pour le chauffage : 1 t ; fabrication du combustible : 0,3 t ; production et approvisionnement d’électricité, de gaz et d’eau : 0,6 t ; construction des logements : 1 t), dont 35 % sont associés aux importations.

- L’empreinte carbone du transport des personnes est de 2,7 t équivalent CO2 par personne, dont 2,3 t pour la voiture individuelle (consommation de carburants : 1,1 t ; fabrication des voitures : 0,4 t et des carburants : 0,7 t) et 0,4 t pour les transports collectifs. 43 % de cette empreinte est associé aux importations ;

- Celle de l’alimentation s’élève à 2,1 t équivalent CO2 par personne (produits alimentaires : 1,3 t ; produits agricoles : 0,7 t ; cuisson à domicile : 0,1 t). 43 % de cette empreinte est associé aux importations ;

- Le reste l’empreinte est composée des émissions associées aux autres biens (vêtements, équipements…) et services marchands (banque, assurance…) (2,2 t équivalent CO2) et aux services de santé, d’éducation et autres services publics (1 t équivalent CO2).

Décomposition de l'empreinte carbone des Français par grands postes de consommation - année 2010

Les GES liés aux importations proviennent de la production d’énergie (part importée d’électricité et de carburants), et de matières premières (par exemple, minerais, alimentation animale ou viande...), de la fabrication de produits semi-finis (matériaux de construction, pièces détachées...), de produits finis (plats préparés, équipements professionnels et ménagers, véhicules…).

Méthodologie :

L’empreinte carbone de la population résidente en France se rapporte ici aux émissions associées à l’ensemble des biens et services destinés à satisfaire la demande finale intérieure, que ces biens et services soient produits en France ou importés. La demande finale intérieure couvre la consommation des ménages et des organismes à but non lucratif, les services publics et les investissements. Les émissions associées à la production exportée par la France sont exclues.

 

Le terme d'empreinte carbone s'inspire de l'approche "consommation" développée par les concepteurs de l'empreinte écologique, mais l'indicateur présenté ici est exprimé en tonnes et non pas en hectares globaux comme pour le calcul de l'empreinte écologique.
Par ailleurs, le terme d'empreinte carbone est de plus en plus utilisé pour désigner les émissions totales de CO2 ou gaz à effet de serre imputables à la demande finale intérieure d’un pays.

 

L’empreinte carbone de la demande finale intérieure présentée ici est de nature macroéconomique. Elle est estimée avec une méthode de calcul de type input-output qui s’appuie sur la combinaison des tableaux entrées-sorties (TES) de la comptabilité nationale avec des comptes d’émissions atmosphériques ventilés par activités économiques (Namea-air). L’estimation du contenu carbone des importations est effectuée à partir d’informations statistiques qui tiennent compte de l’origine (pays ou groupes de pays) des importations françaises, sans pour autant utiliser un modèle multirégional bouclé à l’échelle mondiale qui permettrait de tenir compte de l'origine des propres importations des pays dont on importe.

 

Les calculs ont été réalisés jusqu’à présent pour les années 1990, 1995, 2000, 2005, 2007 et 2010. À défaut de disposer de l’ensemble des statistiques nécessaires, une estimation provisoire a été calculée pour l’année 2012 à partir d’une méthode moins détaillée. Les émissions des ménages et des entreprises résidant en France résultent des comptes Namea-air. La composante extérieure est calculée à partir de ratios moyens agrégés rapportant les émissions associées aux importations/exportations et de l’évolution en volume (hors inflation) des importations/exportations entre 2007 et 2012.

 

Les estimations de l’empreinte carbone des français par le SDES sont cohérentes avec les résultats de l’OCDE et ceux issus de travaux universitaires qui s’appuient sur des modèles bouclés à l’échelle mondiale (cf. la fiche consacrée à la comparaison internationale). Par ailleurs, il est possible d’estimer l’empreinte carbone des Français à l’aide d’une approche différente, partant de statistiques détaillées de consommation de biens et services combinées avec des résultats individuels d’empreinte carbone qui couvrent l’ensemble de leur cycle de vie (extraction des matières premières, transformation, élimination des déchets et produits en fin de vie).

Voir aussi

Bibliographie

Site internet

Mis à jour le 19/11/2015

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/