Accès rapides : vers le site web du ministère
> Recherche avancée

Ministère de la Transition
écologique et solidaire

Commissariat général au Développement durable

OBSERVATION ET STATISTIQUES

L'essentiel sur…

> Retour accueil de la rubrique

Air

Pollution de l'air extérieur

13 articles

La pollution acide

En 2015, trois polluants contribuent majoritairement à l’acidification : l’ammoniac (NH3) pour 64 %, les oxydes d’azote (NOx) pour 29 % et le dioxyde de soufre (SO2) pour 8 %. Depuis 1990, les émissions de SO2 et de NOx ont diminué alors que celles de NH3 n’ont pas évolué. Les objectifs de réduction fixés au niveau international sont respectés en 2015 pour le SO2 et le NH3. Celui pour les NOx est dépassé de 7,5 %.

La pollution acide désigne les retombées au sol de composés acidifiants ou acides sous l'effet des vents et des précipitations. Elle est connue depuis le XIXe siècle. Le caractère transfrontalier de cette pollution est mis en évidence à la fin des années 1960 par l’acidification des lacs scandinaves et canadiens. Les oxydes de soufre et d’azote ainsi que le NH3 sont en cause dans cette pollution qui peut toucher des zones très éloignées des sources d’émission. D’autres polluants, comme l’acide chlorhydrique, participent également à l’acidification mais n’interviennent que marginalement du fait de leur faible niveau d’émission comparé aux autres substances.

La pollution acide modifie les équilibres chimiques des milieux naturels : cours d’eau, lacs, sols, forêts. L’acidification des eaux provoque des atteintes à la faune et la flore aquatiques. Elle peut également augmenter les risques d’intoxication par l’aluminium (contamination des eaux de source) et par le plomb (corrosion des canalisations). L’acidification des sols entraîne leur appauvrissement en minéraux nécessaires à la nutrition des végétaux : calcium, potassium, magnésium. La pollution acide a également un impact sur les matériaux, notamment l’accélération de l’érosion des constructions en pierres calcaires.

En France, le NH3 est actuellement le principal contributeur à l’acidification avec plus de la moitié des émissions en équivalent acide. Les NOx contribuent pour un peu moins d’un tiers à cette pollution.

Nota : par équivalent acide, on entend la quantité globale de substances rejetées dans l’atmosphère qui contribuent aux phénomènes d’acidification des milieux terrestres, aériens et aqueux. Basé sur la mobilisation potentielle de l’ion H+, son calcul est effectué en pondérant les émissions de chaque polluant par un coefficient représentant son potentiel d’acidification : SO2 par 0,0313, NOx par 0,0217 et NH3 par 0,0588.

L’ensemble des émissions acides a baissé de 48 % entre 1990 et 2015. C’est essentiellement le SO2 (- 87 %) et les NOx (- 56 %) qui sont à l’origine de cette diminution. Les émissions de NH3 n’évoluent pas significativement sur la même période, les activités agricoles constituant la principale source d’émission de ce polluant.

Le protocole relatif à la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique dit « multi-polluants/multi-effets » a été signé le 30 novembre 1999 à Göteborg. Il porte notamment sur les émissions des trois polluants acides avec des plafonds à ne pas dépasser à l’horizon 2010. Les objectifs fixés pour le NH3 et le SO2 ont été atteints dès l’échéance de 2010, alors que celui fixé pour les NOx est dépassé de 7,5 % en 2015.

Dans le cadre du protocole, les États membres peuvent ajuster leurs émissions de NOx en appliquant les mêmes méthodes de calculs que celles utilisées lors de la négociation du protocole. Dans ces conditions, la France a atteint son objectif en 2012.
 
Le protocole de Göteborg a été amendé en 2012 et fixe de nouveaux objectifs pour 2020 notamment pour le SO2, les NOx et le NH3. Les émissions françaises de NOx et de NH3 devront encore diminuer respectivement de 17 et 10 % d’ici 2020. Pour le SO2, les émissions sont d’ores et déjà en deçà de l’objectif.

La directive européenne 2001/81/CE (directive NEC) du 23 octobre 2001 fixe également des plafonds d’émission nationaux pour certains polluants atmosphériques.

Synthèse des objectifs de la France relatifs à l’acidification



Protocole de Göteborg relatif à la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique dit « multi-polluants/multi-effets »

Directive NECÉmissions de la France en 2015 (e)
Objectifs 2010 en milliers de tonnes

Objectifs 2020 en milliers de tonnes

Objectifs 2010 en milliers de tonnes

En milliers de tonnes

SO2          400210 (- 55 % par rapport à 2005)375164
NOx           860715 (- 50 % par rapport à 2005)810864
NH3           780634 (- 4 % par rapport à 2005)780708

Note : (e) estimation préliminaire.
Source : Citepa, format Secten, mise à jour avril 2016

 

Graphique : Évolution des émissions de polluants acides en France métropolitaine

 
Voir aussi :

  • Citepa (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique)
    Données officielles sur les inventaires d’émissions de polluants acides.
  • EUR-Lex
    Directive 2001/81/CE fixant des plafonds d’émission nationaux pour certains polluants atmosphériques (directive NEC).
  • Légifrance
    Décret n° 2007-1115 du 19 juillet 2007 portant publication du Protocole à la convention de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à la réduction de l'acidification, de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique (ensemble neuf annexes), fait à Göteborg le 30 novembre 1999.
  • UNECE
    Rubrique “Our work” > Environmental Policy” > “Conventions and protocols” > “Air”- Documents amendés constituant le Protocole à la convention de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à la réduction de l'acidification, de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique (ensemble neuf annexes), fait à Göteborg le 30 novembre 1999.

Mis à jour le  8/12/2016

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/