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OBSERVATION ET STATISTIQUES

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Air

Pollution de l'air extérieur

14 articles

La pollution de l’air par les particules

Les particules sont constituées de fines matières liquides (brouillards) ou solides (poussières, fumées) dans l’air ambiant. Elles se forment par condensation, par accumulation ou par pulvérisation mécanique. Elles sont directement émises ou résultent de réactions chimiques entre précurseurs. Elles peuvent être d’origine naturelle (poussières désertiques, volcaniques, biologiques, feux de forêt…) ou dues aux activités humaines (chauffage, centrales électriques, industries, véhicules à moteur…).

Les particules d’origine industrielle comportent parfois des métaux lourds (cadmium, nickel, chrome), alors que celles d’origine automobile sont généralement fines ou ultrafines et sont composées d’éléments carbonés, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de sulfates.

Les effets des particules sur la santé sont variables selon leur taille et leur composition physico-chimique. Les particules inhalées ont un diamètre aérodynamique moyen inférieur à 10 µm. Les particules comprises entre 3 et 10 µm se déposent sur la trachée et les bronches. Les particules inférieures à 3 µm atteignent les alvéoles pulmonaires et peuvent pénétrer dans le sang. Les particules fines (PM2,5) font actuellement l’objet des préoccupations sanitaires les plus importantes.

Actuellement, la pollution particulaire est suivie à travers quelques paramètres dont les particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 10 µm (PM10) et les particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 2,5 µm (PM2,5).

Les émissions de particules dans l'air

En 2013, les émissions de PM10 sont estimées à 268 000 tonnes, les émissions de PM2,5 à 179 000 tonnes et celles de particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 1 µm (PM1) à 129 000 tonnes.

Les secteurs les plus émetteurs de PM10 en France sont le résidentiel-tertiaire (33 % en 2013), l’industrie manufacturière (29 % en 2013), l’agriculture-sylviculture (20 % en 2013). Le transport routier contribue pour 13 % aux émissions de PM10 à l’échelle nationale, rejetées surtout par les moteurs diesel. De 1990 à 2013, les émissions totales de PM10 ont baissé de 50 %. Le secteur de la transformation d’énergie enregistre la plus forte diminution (- 90 %), devant le résidentiel-tertiaire (- 59 %), les transports routiers (- 51 %) et l’industrie manufacturière (- 38 %). En revanche, les émissions de l’agriculture/sylviculture et des autres transports n’ont baissé respectivement que de 12 % et de 7 %. Le résidentiel/tertiaire reste toutefois le premier émetteur de PM10 mais dans une proportion plus faible qu’en 1990.

En 2013, trois secteurs contribuent majoritairement aux émissions de PM2,5 : le résidentiel/tertiaire (49 %), l’industrie manufacturière (22 %) et le transport routier (16 %).

Le protocole de Göteborg a été amendé en 2012 et fixe pour la première fois un plafond d’émissions pour les PM2,5. Pour la France, l’engagement de réduction des émissions de PM2,5 est de 27 % par rapport à 2005, soit environ 222 000 tonnes en 2020.

Les émissions de PM1 proviennent en grande partie du secteur résidentiel/tertiaire (63 % en 2013). Le transport routier et l’industrie manufacturière représentent ensuite respectivement 15 et 12 % des émissions de PM1 en 2013.

Les PM2,5 et les PM1 sont principalement émises par la combustion du bois et du gazole.

Les concentrations de PM10 dans l'air

Les modalités de mesure des PM10 ont été modifiées au 1er janvier 2007. Ce changement a pour but de rendre les résultats équivalents à ceux obtenus par la méthode de référence fixée par la réglementation européenne. Il a pour conséquence une augmentation des concentrations annuelles et journalières en PM10. Compte tenu de cette modification, les concentrations en PM10 de la période 2007-2013 ne sont pas comparables à celles de la période 2000-2006.

Sur la période 2007-2013, aucune tendance significative ne se dégage pour les concentrations moyennes annuelles en PM10 des stations situées à proximité du trafic routier et des stations de fond urbain.
Les teneurs en PM10 sont en moyenne plus élevées et plus variables à proximité du trafic routier qu’en situation de fond urbain. Les plus fortes concentrations sont mesurées durant l’hiver et le printemps.

En 2013, 95 % des stations respectent le seuil journalier pour la protection de la santé humaine et 99 % des stations respectent le seuil annuel pour la protection de la santé humaine. Les stations dépassant les seuils sont principalement situées à proximité du trafic routier.

Depuis l’entrée en vigueur de la législation européenne en 2005, 17 États membres dont la France sont confrontés chaque année sur certaines stations à des dépassements des seuils journalier et annuel en PM10 pour la protection de la santé humaine. Ainsi, en mai 2011, la Commission européenne a assigné la France devant la Cour de justice pour le non-respect des seuils applicables pour les PM10 depuis 2005 dans 15 zones et pour n’avoir pas pris suffisamment de mesures pour réduire cette pollution.

Les concentrations de PM2,5 dans l'air

En 2013, les concentrations moyennes annuelles en PM2,5 sont comprises entre 4,3 et 30 µg/m3. Seulement une station de mesure, située en Île-de-France, à proximité de l’autoroute A1 à Saint-Denis, a une concentration moyenne annuelle supérieure au seuil annuel européen pour la protection de la santé humaine.
De la même manière que pour les PM10, la méthode de mesure des PM2,5 a été modifiée au 1er janvier 2007.

Valeurs réglementaires :

La directive 2008/50/CE du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe fixe des seuils pour les particules :

- pour les PM10 :

 

Valeurs limites pour la protection de la santé humaine

Moyenne annuelle

2001 : 46 µg/m3 avec une décroissance annuelle jusqu’en 2005
2005 : 40 µg/m3.

Moyenne journalière

2001 : 70 µg/m3, à ne pas dépasser plus de 35 jours par année civile, avec décroissance annuelle de 5 µg/m3 jusqu’en 2005
2005 : 50 µg/m3, à ne pas dépasser plus de 35 jours par année civile


- pour les PM2.5 :

 

Valeur cible

Valeur limite

Moyenne annuelle

2010 : 25 µg/m3

Juin 2008 : 30 µg/m3 avec une décroissance annuelle jusqu’en 2015
2015 : 25 µg/m3

La directive 2008/50/CE instaure également le calcul d’un indicateur d’exposition moyenne (IEM). Cet indicateur vise à réduire l’exposition aux PM2.5 en situation de fond urbain entre 2010 et 2020. La situation de départ est calculée en moyenne sur 2008-2009-2010, 2009-2010-2011 ou 2009-2010 selon les mesures disponibles dans chaque État membre.


Valeur de l’IEM en 2010 en µg/m3

Objectif de réduction de l’exposition par rapport à 2010

Période de calcul de l’IEM après 2010

Date à laquelle l’objectif national de réduction de l’exposition devrait être atteint

≤ 8,5

0 %

Moyenne sur trois années civiles consécutives glissantes (pour l’année n : n-2, n-1 et n)

2020

8,5 < IEM < 13

10 %

13 ≤ IEM < 18

15 %

18 ≤ IEM < 22

20 %

≥ 22

Toutes mesures appropriées pour atteindre 18 µg/m3

Si l’IEM atteint 8,5 µg/m3 au cours de la période 2010-2020, l’objectif de réduction est alors de 0 % tant que ce niveau est maintenu.
Au niveau national, le décret 2010-1250 du 21 octobre 2010 relatif à la qualité de l’air fixe une valeur cible de 20 µg/m3 en moyenne annuelle civile.

Voir aussi...

  • http://www.citepa.org (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique)
    Données officielles des inventaires d’émissions en France.
  • http://www.lcsqa.org (Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air)
  • http://www.atmo-france.org (Fédération des Associations de surveillance de la qualité de l'air)
  • http://acm.eionet.europa.eu/ (Centre thématique européen sur la pollution de l’air et l’atténuation du changement climatique)
    Informations réglementaires, données fournies par les Etats membres dans le cadre des directives européennes.
  • http://www.unece.org/
    Rubrique “Our work” > Environmental Policy” > “Conventions and protocols” > “Air” > “About Us” > “Protocols” > “Protocol to Abate Acidification, Eutrophication and Ground-level Ozone”
    Documents amendés constituant le Protocole à la convention de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à la réduction de l'acidification, de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique (ensemble neuf annexes), fait à Göteborg le 30 novembre 1999

Mis à jour le 17/03/2015

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/