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OBSERVATION ET STATISTIQUES

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Eau

Ressources en eau

7 articles

L’évolution des prélèvements d’eau

Le volume total prélevé dans les ressources en eau affiche ces dernières années une légère baisse. Néanmoins, les évolutions diffèrent selon les usages.

Les prélèvements d'eau destinés à la production d’eau potable ont augmenté régulièrement des années 1950 aux années 1980. Ils se sont stabilisés ensuite, avec toutefois un pic en 2003, année de canicule ayant entraîné une hausse des consommations. Ils diminuent depuis 2007 alors que la population augmente. En 2012, les prélèvements pour la production d’eau potable s’élèvent à 5,5 milliards de m3, soit 9 % de moins qu’il y a 10 ans. En plus des ménages, ces prélèvements alimentent aussi toutes les activités raccordées au réseau de distribution publique dont des activités industrielles, administratives, artisanales, agricoles ou de service.

Les prélèvements d’eau, en propre, de l'industrie et des autres usages économiques ont diminué de 29 % entre 1994 et 2012. Ces prélèvements diminuent depuis les années 1970 grâce à l'amélioration des "process" (mise en place de circuits fermés, machine moins consommatrice d’eau, etc.), et suite au ralentissement ou à la disparition de certaines activités industrielles. En plus de l’industrie, les « autres usages économiques » englobent des activités publiques (armée), de loisirs (parc de loisir, golf, stade…), artisanales ou tertiaires, qui prélèvent leur eau directement dans le milieu en pompant soit dans un cours d’eau, soit dans une nappe.

Graphe : Evolution des prélèvements d’eau par usage

Note : volumes déclarés auprès des agences de l'Eau. Pour l'énergie : prélèvements en eau douce, hors hydroélectricité. Pour l'irrigation : volumes "forfaitaires" redressés entre 2000 et 2004, à partir du recensement général agricole de 2000 et des relevés de compteurs. À partir de 2008, suite à l'évolution de la loi sur l’eau, le mode de calcul des forfaits change avec pour conséquence, à superficie irriguée égale, une forte baisse des volumes estimés pour l'irrigation gravitaire, et une légère hausse de ceux estimés pour l'irrigation par aspersion. Ces données, après 2008, ne sont donc plus comparables avec celles d'avant 2008.


Les données de prélèvements d’eau liés à « l’irrigation » antérieures sont insuffisantes avant 2000, en raison de l’absence de système de comptage fiable. Par ailleurs, une rupture dans la série est observée à partir de 2008, en raison de la modification de la loi sur l’eau et des milieux aquatiques (LEMA) du 30 décembre 2006. Dès lors, il n’est pas possible pour le moment, de mettre en évidence une tendance d’évolution des prélèvements agricoles.
La canicule de 2003 a toutefois entraîné une hausse de ces prélèvements par rapport à ceux des trois années précédentes. Plus que tous les autres, les prélèvements pour l’irrigation sont soumis aux aléas des précipitations. Toutefois, même si en grande majorité ils ont lieu d’avril à septembre, la mise en place de retenues collinaires et retenues de substitution permet, localement, de stocker l’eau avant l’été. Les retenues sont alimentées, en période hivernale, soit par détournement gravitaire de cours d’eau, soit par pompage dans la nappe.

Les prélèvements en eau douce, utilisés pour le refroidissement des centrales électriques, augmentent dès la fin des années 1960 et accélèrent dans les années 1970 quand le choc pétrolier oriente la politique énergétique de la France vers le nucléaire. Au début des années 1990, ces prélèvements se stabilisent avec le passage du fonctionnement d’un grand nombre de centrales de circuit "ouvert" à circuit "fermé"1. Les volumes prélevés fluctuent d’une année sur l’autre en fonction des contraintes d’exploitation et des conditions climatiques. Ainsi, les années sèches, comme 2003 et 2005, se distinguent avec des volumes prélevés un peu plus importants. En 2011, des opérations de maintenance sur certaines centrales nucléaires ont entraîné l’arrêt momentané de certains réacteurs et, de fait, des prélèvements. Une fois la remise en service effectuée, les prélèvements de 2012 retrouvent le niveau de ceux de 2006. Il est alors difficile d’extraire une tendance claire sur les prélèvements liés à ce secteur.

1 Le fonctionnement en circuit "fermé" nécessite moins d’eau en volume, mais, au prorata, il est en revanche plus consommateur d’eau que celui en circuit "ouvert" qui restitue la quasi-totalité de l’eau prélevée aux rivières.

Mis à jour le  1/12/2015

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