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OBSERVATION ET STATISTIQUES

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La contamination chronique des sols des Antilles par la chlordécone

Aux Antilles françaises, la pollution agricole chronique des sols et la contamination des eaux et des écosystèmes par la chlordécone résulte de son utilisation, il y a plus de 20 ans, pour lutter contre un insecte ravageur, le charançon des bananiers (Cosmopolites sordidus). Le risque de pollution par la chlordécone concerne près d’un cinquième de la surface agricole utile en Guadeloupe et deux cinquièmes en Martinique. La simulation de l’évolution des teneurs en chlordécone montre que les sols argileux de la bande côtière (NITISOLS) ne devraient plus en contenir d’ici deux siècles, tandis que les sols volcaniques d’altitude (ANDOSOLS) seront encore très pollués.

 

La molécule de chlordécone est classée comme polluant organique persistant par le Programme des nations unies pour l’environnement depuis 2007. Elle est désormais reconnue comme perturbateur endocrinien et cancérogène potentiel. La population antillaise y est exposée via l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés dans les chaînes alimentaires.

Entre 1971 et 1993, la dose moyenne de chlordécone appliquée autour des troncs de bananiers sous la forme de poudre était de 30 g par pied et par an. Peu mobile, peu soluble, très peu volatile, cette molécule organochlorée se fixe fortement sur la matière organique du sol et se dégrade extrêmement lentement dans les sols aérés. La contamination des cultures par la chlordécone du sol dépend entre autres de l’espèce cultivée, de l’organe de la plante, du niveau de pollution et du type de sol, des argiles qu’il contient, des pratiques culturales et de la stratégie des exploitations agricoles. Les productions de racines et tubercules sont les plus touchées par cette pollution, alors que l’arboriculture et le maraîchage le sont dans une moindre mesure, pour quelques espèces spécifiques (cucurbitacées, laitues, alliacées).

Différentes mesures visent à limiter l’exposition de la population : traitement des eaux captées et distribuées par filtration au charbon actif (1999), encadrement de la culture de légumes racines (2002), interdiction de la pêche en rivière (2003-2004), délimitation de la pêche côtière (2008), définition de la limite maximale de résidu dans les aliments à 20 µg/kg de poids frais (2007), mise en place des Plan triennaux nationaux d’action chlordécone depuis 2008. Enfin, les diagnostics des familles potentiellement exposées et des sols potentiellement pollués (programme Jardins Familiaux, JAFA) ont permis de conseiller les populations consommant régulièrement des légumes racines de leurs jardins, en fonction des teneurs en chlordécone des sols. Les teneurs en chlordécone inférieures à 0,1 mg/kg de sol sec (soit 50 % des analyses) ne donnent lieu à aucune restriction, tandis que la culture et la consommation de racines et de tubercules n’est pas recommandée pour les teneurs supérieures à 0,1 mg/kg de sol sec. Enfin, pour les teneurs supérieures à 1 mg/kg de sol sec (soit 16 % des analyses), la culture de légumes-racines, mais aussi de cucurbitacées, de laitues, et de canne à sucre sont fortement déconseillées, excepté en conditions hors-sol puisque les techniques de dépollution ne sont pas encore opérationnelles. Les autres espèces de fruits et légumes peuvent être cultivées et consommées sans restriction quel que soit le niveau de pollution du sol, car elles ne présentent pas de risque de contamination pour les populations.

Pour mieux comprendre

Environnement > Les pesticides dans les eaux > Les pesticides les plus rencontrés dans les cours d’eau

Voir aussi

  • http://www.agronomie.asso.fr/ (Association française d’agronomie)
    Rubrique > Revue : Agronomie Environnement Sociétés > Revue AE&S vol.2, n°1, juin 2012 Agriculture et écologie : tensions, synergies et enjeux pour l'agronomie > Chlordécone aux Antilles : évolution des systèmes de culture et leur incidence sur la dispersion de la pollution
  • http://www.anses.fr (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail  - Anses)
    Rechercher sur le site > Chlordécone aux Antilles
  • http://www.assemblee-nationale.fr/ (Assemblée nationale)
    Rubrique >  Documents parlementaires > Rapport d'information > Les impacts de l’utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d’évolution – Rapport n° N° 1778
  • http://www.cirad.fr/ (La recherche agronomique pour le développement – CIRAD)
    Rubrique > Nos recherches > Résultats de recherche > Gérer la pollution par la chlordécone aux Antilles
  • http://www.martinique.ird.fr/ (Institut de recherche pour le développement Martinique)
    Rubrique > Toute l'actualité > L'actualité > Chlordécone : "Les Cahiers du PRAM" n° 9-10
  • http://transfaire.antilles.inra.fr/ (Institut national de la recherche Antilles-Guyane – Trans-FAIRE système d’information sur les produits de la recherche)
    Rubrique > Résultats > Environnement > Chlordécone, une molécule persistante dans l’environnement     
  • http://www.developpement-durable.gouv.fr/ (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie - Medde)
    Rubrique > Prévention des risques > Pollution, qualité de l’environnement et santé > Plan National Santé Environnement > Lutte contre les contaminations environnementales > Chlordécone
  • http://www.senat.fr/ (Sénat)
    Rubrique >  Travaux parlementaires > Rapports > Rapports d'office parlementaire > Impacts de l'utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d'évolution - Rapport n° 487 (2008-2009)

Mis à jour le 13/10/2014

http://www.gouvernement.fr http://www.legifrance.gouv.fr/ http://www.service-public.fr/ http://www.france.fr/ http://www.data.gouv.fr/