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Gestion des ressources

Gestion et utilisation des ressources

9 articles

La consommation intérieure de matières en France

Les produits de l’extraction intérieure de matières et les importations sont utilisés par l’économie française soit pour la production, soit pour un usage final (consommation). Une partie des biens et services qu’elle génère est consommée par la population présente en France (métropole et départements d’outre-mer), l'autre est exportée.

La consommation intérieure apparente de matières (Domestic Material Consumption, DMC) est égale à la somme des flux de matières extraites du territoire et celles importées, réduite des flux de matières exportées. Elle correspond ainsi à la quantité de matières consommées par la population présente sur le territoire pour ses besoins propres. Elle ne prend pas en compte les flux cachés associés aux importations et aux exportations de matières premières et de produits. Ces flux sont estimés et inclus dans la consommation totale de matières (Total Material Consumption, TMC).

La DMC a été retenue comme l’un des indicateurs de développement durable au niveau européen.

Consommation intérieure totale et apparente de matières depuis 1970

La consommation intérieure apparente de matières a globalement peu varié entre 1990 et 2008, oscillant autour 14 tonnes par habitant (t/hab.), malgré les effets contrastés des facteurs techniques, économiques et démographiques qui interviennent dans l’évolution de cette consommation (voir l’article sur « Les facteurs d’évolution du besoin en matières de l’économie »). Une estimation pour 1970 donne le même ordre de grandeur (13,6 t/hab.). Entre 2007 et 2013, elle décroît progressivement pour s’établir à 12 t/hab..
Sur cette même période, la consommation intérieure apparente de matières baisse (- 14 %) ; de la même façon, l’activité économique, mesurée par la production en volume, i.e. à prix constants, se contracte (malgré une légère reprise en 2011). Il en découle une forte baisse de la consommation des matériaux de construction, qui représentent la moitié de la consommation intérieure apparente.
La prise en compte de l’ensemble des flux cachés (flux indirects associés aux importations et exportations, extraction intérieure inutilisée) porte la consommation totale estimée à 25 tonnes de matières par habitant en 2013, soit le double de la consommation apparente. Elle était respectivement de 30 et 28 t/hab. en 1990 et 2008.

Composition de la consommation apparente de matières (DMC)

En 2013, 784 millions de tonnes (Mt) de matières ont été consommées. La moitié de cette consommation de matières (DMC) est constituée des minéraux non métalliques, dont les sables et graviers à hauteur de 90 % (340 Mt). Plus du quart de la DMC est composé de la biomasse issue de l’agriculture et de la pêche, avec 212 Mt en grande partie extraites du territoire, destinées à l’alimentation humaine ou animale. La consommation intérieure apparente de combustibles fossiles (135 Mt en 2013), constituée pour près des deux tiers de produits pétroliers, représente environ 17 % du total.

Zoom : les minéraux à usage principal dans la construction

Les minéraux de construction considérés sont le gravier et le sable, l’argile et le kaolin, le verre, les pierres ornementales ou de construction (marbre, granit, grès…), le calcaire, le gypse, l’ardoise, l’argile…, sous forme brute ou travaillée (bords de trottoirs, tuiles…).

En 2013, 372 Mt de minéraux utilisés principalement dans la construction sont extraites du territoire, dont une grande majorité de gravier et sable, contre 40 Mt importées. Ces minéraux sont essentiellement destinés à la consommation intérieure (construction de logements, de routes, de bâtiments publics…), puisque, cette même année, seulement 22 Mt sont exportées.

La consommation de ces matériaux, bien qu’inertes, n’est pas sans conséquence sur l’environnement. D’une part, ces matériaux bruts sont pour la plupart non renouvelables. D’autre part, leur extraction, leur transformation et leur transport génèrent des pressions sur l’environnement. Enfin, la consommation de matériaux de construction aboutit à une progression de l’artificialisation de l’espace (habitat, route, zone commerciale…), aux dépens d’une partie de la capacité de production agricole ou forestière du sol.

En 2010, le secteur de la construction (bâtiment et travaux publics) a produit 260 Mt de déchets, dont 243 Mt de déchets minéraux, inertes pour la quasi-totalité. Ce sont des terres et cailloux non pollués, béton, briques, tuiles, enrobés, produits à base de bitume, boues de dragage et de curage. Près des deux tiers de ces déchets sont recyclés, dont 15 % sont utilisés pour le comblement des carrières.

Toutes catégories confondues, la consommation intérieure apparente de matières est assurée à 19 % par les importations en 2013, contre 14 % en 1990. En particulier, la dépendance aux importations pour les minerais métalliques et produits à base dominante de métal est passée de 56 % en 1990 à 99 % depuis 1998. La consommation totale (y compris les flux cachés) de ces derniers représente près de 10 fois la consommation intérieure apparente, traduisant l’importance des flux indirects générés à l’étranger par les importations françaises de ces matières.

De la consommation apparente de matières à la notion d’empreinte matière

L'empreinte matière d'un pays correspond à la masse (en tonnes) de matières mobilisée (biomasse, minerais, minéraux, combustibles fossiles) en relation avec la consommation (biens, services et infrastructures associés) de sa population. Elle s’effectue soit directement par les ménages, soit indirectement par les établissements industriels, commerciaux et administratifs qui produisent (en France ou à l'étranger) les biens et services qui leur sont destinés (demande intérieure). Cette empreinte peut soit couvrir les matières premières utilisées au sens strict, cas de la méthodologie « équivalent matières premières », soit inclure également les matières déplacées mais inutilisées (érosion des sols agricoles, terres excavées lors des activités d'extraction et de construction) dans le cas de la consommation totale. Les quantités importées et exportées incluent des matières premières brutes, des produits semi-finis et finis.

En 2013, la consommation intérieure apparente (DMC) est de 12 t/hab., comme en 2010. En équivalent matières premières, la consommation de matières (RMC), c'est-à-dire en prenant en compte les flux indirects, est de l’ordre de 15 t/hab. (niveau de 2010, l’estimation 2013 étant en cours de réalisation, vraisemblablement d’un niveau voisin). Avec les mouvements de matières inutilisées, la masse concernée atteint 25 t/hab. en 2013 (contre 26 t/hab. en 2010), soit plus du double de la consommation apparente.

Besoin et consommation apparents et flux cachés de matières mobilisées par l'économie française en 2013

La commission européenne souhaite mettre en place des objectifs d’amélioration de la productivité matières (voir fiche suivante) en retenant à  moyen terme la consommation intérieure en équivalent matières premières à la place de la consommation intérieure apparente de matières.

Article lié :

Mis à jour le  3/05/2016

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