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Bilan annuel des transports en 2021

Transports
Publié le 28/10/2022
Dans un contexte de rebond économique amorcé à la fin du printemps avec la levée progressive des restrictions liées à la crise sanitaire, l’activité des transports redémarre en 2021. Les dépenses totales en transports retrouvent leur niveau d’avant-crise. Le transport intérieur de voyageurs repart à la hausse pour tous les modes de transport mais ne rattrape pas le niveau de 2019. Les échanges extérieurs de transport de voyageurs, principalement de transport aérien, demeurent bien inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie. Le transport de marchandises rebondit, en particulier pour le mode ferroviaire dont la part augmente pour la première fois depuis 2015. Avec la reprise de la circulation routière, les consommations de carburant repartent à la hausse, tout comme les recettes des administrations publiques qui y sont liées, ainsi que l’accidentalité routière et les émissions de gaz à effet de serre des transports.

Principaux chiffres clés

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Panorama des transports en infographie - © CGDD / SDES

Panorama des transports en infographie – Données 2021

Transport intérieur de voyageurs
866,1 milliards de voyageurs-kilomètres (correspond au transport d'un voyageur sur 1 km)

Part des transports de voyageurs
Véhicules particuliers : 84 %
Transports ferrés : 10 %
Autocars, autobus et tramways : 5 %
Transport aérien : 1 %

Le transport intérieur de voyageurs rebondit en 2021 mais demeure inférieur à son niveau d'avant-crise pour tous les modes.

Transport intérieur de marchandises
334,5 milliards de tonnes-kilomètres (correspond au transport d'une tonne sur 1 km)

Part des transports de marchandises
Poids lourds (pavillon français) : 50 %
Poids lourds (pavillon étranger) : 37 %
Ferroviaire : 11 %
Fluvial : 2 %

Le transport intérieur de marchandises rebondit pour tous les modes de transport, en particulier le ferroviaire.

Dépenses des ménages en transport
161,8 milliards d'euros (hors assurance)
Part du transport dans le budget des ménages : 13 %

Part des dépenses de transport
Utilisation des véhicules hors carburant : 40 %
Carburants : 25 %
Achat de véhicules : 23 %
Transports terrestres : 9 %
Transport aérien : 3 %
Autres : inférieur à 1 %

Les dépenses des ménages repartent à la hausse sans rattraper le niveau d'avant-crise.

Recettes et dépenses publiques liées au transport
Recettes : 49,8 milliards d'euros (TICPE : 61 %, autres taxes : 39 %)
Dépenses : 56,3 milliards d'euros (dépenses d’investissements : 60 %, dépenses de fonctionnement : 40 %)

Émissions de gaz à effet de serre des transports intérieurs
126 millions de tonnes équivalent CO2

Part des émissions par mode de transport
Voitures particulières : 53 %
Poids lourds : 27 %
Véhicules utilitaires légers (VUL) : 15 %
Aérien : 3 %
Autres : 3 %

Les émissions de GES des transports intérieurs augmentent en 2021, après la chute historique en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire.

Principaux résultats

— Transport et activité économique
Durement touchée par la crise sanitaire en 2020, la production de la branche transports connaît une reprise de 21,8 % en valeur en 2021. Toutes les activités de transports rebondissent. Les volumes restent néanmoins encore sous leur niveau de 2019, sauf pour le transport de marchandises (+ 4,4 % par rapport à 2019). La dépense totale de transport s’élève à 449,4 milliards d’euros en 2021, en hausse de 16,1 % en valeur par rapport à l’année précédente, et rattrape ainsi son niveau d’avant-crise sanitaire. Les dépenses des ménages en transport individuel, qui représentent 87 % des dépenses totales en transport, augmentent de 14,8 %. Les dépenses pour les déplacements en transport collectif, qui avaient considérablement diminué en 2020 (- 49,2 %), s’accroissent de 27,3 %. Les principales recettes liées aux transports prélevées par les administrations s’élèvent à 49,8 milliards d’euros en 2021. Les dépenses d’investissements en infrastructures de transport rebondissent de 5,7 % et atteignent 22,9 milliards d’euros. La reprise des investissements concerne tous les types de réseaux : routier, ferré, et transports collectifs urbains. En 2021, les échanges extérieurs de transport de voyageurs, principalement aériens, sont encore impactés par les restrictions de déplacement et restent bien inférieurs aux niveaux d’avant-crise (- 69,0 % pour les importations et - 49,4 % pour les exportations par rapport à 2019). Les exportations des services de transport de marchandises demeurent quant à elles très dynamiques (+ 76,6 % par rapport à 2020), tirées par les exportations de transports maritimes. Le stock d’investissements à l’étranger des entreprises françaises du secteur des transports est en hausse de 13,3 % en 2021. En revanche, les investissements étrangers en France dans le secteur des transports diminuent de 24,9 %.

— Entreprises françaises de transport
En 2020, avec 197 milliards d’euros de chiffre d’affaires, les entreprises de transport ont réalisé 5,1 % du chiffre d’affaires des entreprises françaises (hors agriculture). Au sein des « transports et entreposage », le secteur du transport routier de marchandises (TRM) représente en 2020 21 % des entreprises, emploie 30 % des salariés et réalise 26 % du chiffre d’affaires. En 2021, une reprise de l’activité s’amorce dans ce secteur, avec un chiffre d’affaires et un taux de marge en progression. Dans le transport ferroviaire, la situation est moins défavorable en 2021 qu’en 2020 mais SNCF Voyageurs continue d’afficher un résultat comptable négatif en 2021. L’investissement de la RATP augmente encore en 2021. L’activité du transport maritime de passagers reprend après la forte baisse de 2020. Les sociétés d’autoroutes concédées affichent un chiffre d’affaires en hausse par rapport à 2020 mais en léger retrait par rapport à 2019. L’activité des compagnies aériennes s’améliore également mais reste nettement en-deçà de son niveau d’avant-crise. En 2021, comme les années précédentes, les créations d’entreprises restent très dynamiques, tirées par les immatriculations sous le régime de la micro-entreprise, notamment dans le domaine des livraisons à domicile.

— Emplois et salaires
Au 31 décembre 2021, le secteur des transports et de l’entreposage emploie plus de 1,4 million de salariés, soit 7,4 % des salariés du secteur privé hors intérim. Dans un contexte de rebond économique, amorcé à la fin du printemps avec la levée progressive des restrictions liées à la crise sanitaire, l’effectif salarié du secteur augmente de 1,2 %. Cette hausse est portée par le dynamisme de l’emploi dans le transport routier de marchandises (+ 3,7 %) et les autres services de transport (+ 4,1 %) alors que l’emploi recule dans le transport de voyageurs (- 0,5 %). Le salaire moyen par tête (SMPT) du secteur rebondit de 5,0 % après avoir baissé mécaniquement de 6,3 % en 2020 du fait du recours massif à l’activité partielle (dont les indemnités n’entrent pas en compte dans le calcul du SMPT). Le SMPT ne retrouve cependant pas son niveau 2019 d’avant-crise. Sur le marché du travail des métiers du transport et de la logistique, le nombre de demandeurs d’emploi diminue fin 2021 de 2,2 % (après + 10,6 % fin 2020) tandis que les offres d’emploi collectées par Pôle emploi au cours de l’année 2021 rebondissent de 52,1 % (après - 31,1 % en 2020). Les difficultés de recrutement de chauffeurs routiers s’intensifient fin 2021.

— Les externalités du transport
Après une baisse historique en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire, les émissions de gaz à effet de serre (GES) des transports repartent à la hausse en 2021 (+ 11,5 %), sans retrouver toutefois le niveau de l’année 2019.Avec 126 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq), le secteur des transports reste toutefois le premier contributeur aux émissions de GES de la France (30 %). La Stratégie nationale bas-carbone, feuille de route de la France pour réduire les GES, prévoit une décarbonation totale des transports d’ici 2050. Le transport routier est le mode de transport le plus émetteur de polluants dans l’air. Il contribue pour plus de 70 % aux émissions des transports pour une majorité de polluants et est le premier émetteur d’oxydes d’azote (NOx), de cuivre (Cu) et de zinc (Zn), tous secteurs d’activités confondus. En 2021, l’accidentalité routière repart à la hausse avec la reprise de la circulation (+ 18,6 % d’accidents corporels par rapport à 2020), mais reste moins élevée qu’en 2019 (- 3,9 %). Les mesures de lutte contre la pandémie, maintenues sur la première partie de l’année 2021, engendrent des déprogrammations et des annulations des trains et des vols, en particulier au mois de mars avec la mise en place du troisième confinement, ainsi que certains retards, principalement liés aux contraintes de nettoyage renforcé et de contrôles. Néanmoins, la ponctualité s’améliore grâce à un trafic moins soutenu. Les transports figurent parmi les principales sources de bruit. En 2021, dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants dont les données relatives au bruit ont été collectées, 70,5 % des habitants sont exposés au bruit routier de jour et 44,2 % au bruit routier de nuit.

— Le transport de marchandises
L’année 2021 est marquée par la reprise du trafic de marchandises : le transport terrestre de marchandises (hors oléoducs, hors VUL, y compris transit) rebondit de 3,0 % en 2021 après une baisse de 3,9 % en 2020 liée à la crise sanitaire. Il s’élève ainsi à 334,5 milliards de tonnes-kilomètres en 2021. L’activité repart à la hausse pour tous les modes, en particulier celle du transport ferroviaire, qui rebondit de 14,3 %. Celle du transport routier par poids lourds, principal poste des transports terrestres, augmente de 1,8 % en 2021. L’activité du transport fluvial repart également à la hausse, de 4,0 % en 2021. Les quantités traitées dans les ports de la métropole et des Drom représentent 326,1 millions de tonnes en 2021, en hausse de 4,7 % par rapport à 2020. Le fret aérien demeure quant à lui très faible en tonnage avec 155 000 tonnes transportées en 2021, en augmentation de 16,0 % par rapport à 2020. La France métropolitaine dispose de 83 millions de m² d’entrepôts et de plateformes logistiques (EPL) de 5 000 m² ou plus en 2021. Ils sont concentrés dans la moitié nord de la France et en Auvergne-Rhône-Alpes.

— Le transport de voyageurs
En 2021, le transport intérieur de voyageurs rebondit de 9,6 % (en voyageurs-kilomètres), mais demeure inférieur à son niveau d’avant-crise (- 13,1 % par rapport à 2019). Cette reprise est constatée pour tous les modes de transport. Le transport intérieur de voyageurs est toujours largement dominé par le transport individuel réalisé en véhicules particuliers (84,1 %), qui repart à la hausse en 2021 (+ 7,0 %) mais ne rattrape pas son niveau d’avant pandémie (- 9,9 % par rapport à 2019). Le transport collectif redémarre en 2021 (+ 25,7 %) mais reste en-deçà de son niveau de 2019 (- 26,8 % par rapport à 2019). Le transport ferroviaire rebondit de 34,0 % et le transport aérien de 39,3 %. La reprise du transport collectif urbain est légèrement plus forte en Île-de-France (+ 24,9 %) qu’en province (+ 23,3 %). En 2021, la pratique du vélo est stable après une année de forte hausse. Les ventes de vélos à assistance électrique (VAE) continuent de progresser.

— Bilan de la circulation
En 2021, la circulation routière rebondit de 7,2 % mais demeure inférieure à son niveau d’avant la crise sanitaire (- 8,8 % par rapport à 2019) du fait des restrictions de déplacement maintenues sur la première partie de l’année. Néanmoins, pour les voitures particulières françaises à essence, plus jeunes en moyenne que les motorisations diesel, ainsi que pour les poids lourds français, la circulation dépasse celle de 2019. Avec la reprise de la circulation routière, les consommations et les livraisons de carburants repartent à la hausse en 2021. La hausse de la demande en carburants entraîne une augmentation du prix du baril de pétrole, ainsi que des prix à la pompe. Les ventes de véhicules neufs en France métropolitaine progressent légèrement (+ 2,2 %) après le fort recul de 2020, dans un contexte de remise en marche des chaînes d’approvisionnement au niveau mondial. Au total, 2,4 millions de véhicules neufs ont été immatriculés en 2021, dont les deux tiers sont des voitures particulières. Les ventes de véhicules à motorisations alternatives poursuivent leur progression : les ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables neuves représentent 18,2 % du marché en 2021.

Données

Les données 2021, sous forme de séries longues, sont disponibles selon les thématiques suivantes :

  • Données de cadrage sur la situation économique et sur les infrastructures de transport
  • Transport et activité économique
  • Entreprises françaises de transport
  • Transport, emploi et rémunération
  • Transport et développement durable
  • Transports de marchandises
  • Transports de voyageurs
  • Bilan de la circulation

Archives

L'archivage des résultats précédents des rapports de la Commission des comptes des transports de la Nation est accessible sur la bibliothèque numérique de la statistique publique (BNSP).