L'influence des activités humaines dans le changement climatique est sans équivoque
Grâce aux gaz à effet de serre (GES) présents naturellement dans l’atmosphère, la Terre absorbe une partie de l’énergie qu’elle reçoit du Soleil. Ce phénomène naturel, appelé « effet de serre », rend la vie possible sur Terre : sans lui, la température moyenne de la planète serait en effet de l’ordre de - 18 °C. Ces GES jouent donc un rôle important dans la régulation du climat. Cependant, depuis l’ère préindustrielle, les concentrations mondiales des GES émis par les activités humaines ont crû de façon notable et l’effet de serre s’amplifie. L’augmentation de l’énergie emmagasinée par la terre a des impacts sur les grands équilibres qui régissent le climat actuel. L’influence des activités humaines, en particulier la consommation de combustibles fossiles, à l’origine d’émissions de GES dans l’atmosphère, est sans équivoque (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – Giec, 2023).
L'élévation des températures moyennes dans l'atmosphère et la hausse du niveau moyen des mers confirment la réalité du changement climatique
En France métropolitaine, durant la période 2015-2024, les températures moyennes ont augmenté de 2,1 °C par rapport à la période 1900-1930. Cette hausse est supérieure à celle observée en moyenne mondiale (+ 1,2 °C par rapport à la période 1850-1900)1, la moyenne mondiale prenant notamment en compte les océans qui se réchauffent moins vite que les continents. Ce réchauffement a connu un rythme variable, avec une augmentation particulièrement marquée depuis la fin du XXe siècle. Depuis 1960, la tendance observée est d’environ + 0,3 °C par décennie. Les années les plus chaudes sont postérieures à 2010. En 2024, la température moyenne est de 13,9 °C2, en retrait par rapport aux deux années record 2022 et 2023 mais supérieure de 2,1 °C à la moyenne observée sur la période 1961-1990.
Évolution de la température moyenne annuelle en France métropolitaine depuis 1900
Écart par rapport à la normale 1961-1990, en °C
Notes : l’évolution de la température moyenne annuelle est représentée sous forme d’écart de cette dernière à la moyenne observée sur la période 1961-1990 (11,8 °C).
Champ : France métropolitaine.
Source : Météo-France, 2025
La fonte des calottes glaciaires et des glaciers de montagne ainsi que la dilatation des océans, consécutives au réchauffement global, engendrent une augmentation du niveau moyen des mers et des océans. Depuis 1999, le niveau moyen des mers s’est élevé en moyenne de 3,7 mm par an menant à une élévation totale de 9,4 cm en 25 ans. Le taux d’élévation s’est accéléré sur la période 2010-2024 (+ 4,2 mm/an). La montée des eaux expose les aménagements urbains du littoral au risque de submersion ou d'érosion côtière. Ainsi, en France, 1,5 million d'habitants et 72 000 établissements professionnels sont menacés par les submersions.
Évolution du niveau moyen des mers du globe depuis 1999
En cm
Source : Copernicus, 2025
1Haut Conseil pour le climat. Relancer l'action climatique face à l’aggravation des impacts et à l'affaiblissement du pilotage, Rapport annuel grand public, octobre 2025.
2 Pour l'édition 2025, le chiffre retenu provient de données Météo-France et compare directement la moyenne 2015-2024 à la moyenne 1900-1930 (voir notamment meteofrance.com/le-changement-climatique/les-bases-du-changement-climatique/comment-le-climat-de-la-france-t-il).
Dans l'édition 2024 du Bilan environnemental, il était indiqué qu'« en France métropolitaine, de 1900 à nos jours, les températures moyennes avaient augmentées de + 1,7 °C (vs + 1,2 °C mondial) », ce chiffre provenait d’un article de recherche appliquant une modélisation visant à retraiter différents effets (source : Ribes, A., Boé, J., Qasmi, S., Dubuisson, B., Douville, H., and Terray, L.: An updated assessment of past and future warming over France based on a regional observational constraint, Earth Syst. Dynam, octobre 2022.).
La perturbation du cycle de l'eau accentue les sécheresses, dégrade la ressource en eau et accentue le risque de retrait-gonflement des argiles
Le cycle de l’eau est très dépendant du climat. Le changement climatique modifie la dynamique de l’eau dans les bassins-versants. L’élévation des températures provoque la hausse du volume d’eau douce qui repart à l’atmosphère par évapotranspiration3 accentuant la sécheresse des sols et restreignant l’eau naturellement utilisable par les végétaux, y compris les cultures. La ressource en eau4, est également affectée.
En France métropolitaine, le volume d’évapotranspiration augmente ainsi de 0,18 % par an depuis 1959. Le déficit d’humidité des sols touche en moyenne 10 % du territoire métropolitain sur la période récente5, contre 5 % dans les années 1960. Le volume annuel de la ressource en eau a lui diminué de 14 % entre les périodes 1990-2001 et 2002-2023.
En 2023, en France métropolitaine, malgré un volume d’évapotranspiration conforme à la moyenne 1991-2020, la ressource en eau est 18 % plus faible que la moyenne sur la même période, après une année 2022 déjà en déficit de 30 %. Les préfets ont déclenché des mesures de crise, entraînant des interdictions d’utilisation d’eau. Elles concernent 34 % du territoire pour les eaux de surface (cours d’eau, lacs...), et 7 % pour les eaux souterraines. Entre 2012 et 2023, la fréquence des restrictions met en évidence une inadéquation entre les besoins en eau et sa disponibilité.
Fréquence des épisodes annuels de restriction de niveau « crise » des usages de l’eau superficielle d’une durée de plus d’un mois, sur la période 2012-2023
Champ : France métropolitaine.
Source : VigiEau. Traitements : SDES, 2024
3Évapotranspiration : transfert d’eau vers l’atmosphère, par l’évaporation à partir du sol, des cours d’eau et des plans d’eau, et par la transpiration des végétaux, qui restituent de l’eau sous forme de vapeur d’eau.
4La ressource en eau est définie ici par le volume des précipitations qui ne retournent pas à l’atmosphère, augmenté du volume d’eau des fleuves et rivières qui arrive des territoires voisins. Les volumes d’évapotranspiration et de ressource en eau sont calculés sur l'année hydrologique, définie de septembre de l'année précédente à août de l'année courante.
5Ministère de la transition écologique, mai 2026. Impacts du changement climatique : Eau et Biodiversité.
Le changement climatique modifie les cycles biologiques des espèces
Le changement climatique exerce une pression directe et indirecte sur la biodiversité, en impactant la dynamique des populations et des communautés d’espèces, ainsi que leur cycle biologique. Les espèces qu’elles soient animales ou végétales sont contraintes de s’adapter en permanence pour faire face à l’évolution des conditions climatiques ou disparaître localement. Les projections du Giec6 estiment qu’à + 2 °C de réchauffement global, environ 30 % des espèces terrestres animales ou végétales seront menacées d’extinction. Face à ce signal d’alerte, le suivi de la biodiversité depuis plusieurs décennies en France et en Europe est essentiel pour anticiper, comprendre et atténuer les effets du changement climatique sur les écosystèmes.
Chez les oiseaux migrateurs, les décalages observés dans les dates de passage constituent un signe clair de l’adaptation des espèces aux nouvelles conditions climatiques. À la pointe de Grave (33), le passage printanier de 16 migrateurs transsahariens (Milan noir, Hirondelle de rivage, Busard cendré, etc.) se fait, en 2024, 4,0 jours plus tôt qu’en 1986 (notamment chez les migrateurs partiels qui réduisent leur distance). Dans les Pyrénées, au col d’Organbidexka (64), un avancement similaire de 2,2 jours à l’automne est observé sur plus de quarante ans pour neuf espèces (Cigogne noire, Aigle botté, Balbuzard pêcheur, etc.). Avec un temps plus doux et une végétation qui se développe plus tôt, les oiseaux profitent ainsi d’une abondance d’insectes. À l’automne, ces départs anticipés s’effectuent vers les zones d’hivernage.
Date de passage printanier et automnal des oiseaux migrateurs
Variation en nombre de jours
Note : variations indice base 100 (1986) pour la Pointe de Grave et base 100 (1981) pour le col d’Organbidexka.
Source : LPO France. Traitements : LPO France, mars 2025
Dans le domaine agricole, la phénologie de la vigne constitue un indicateur historique et sentinelle des variations climatiques. La vigne a en effet besoin d’un minimum d’heure d’ensoleillement et d’une somme de températures minimum afin que les raisins puissent mûrir. En Champagne comme dans d’autres régions viticoles (Alsace, Saint-Émilion, Tavel, Châteauneuf du Pape), les vendanges ont gagné 20 jours en moyenne de précocité entre la décennie 1965-1974 et la décennie 2013-2022. Cette tendance est étroitement liée à l’accumulation de températures moyennes supérieures à 10 °C. Cette précocité s’accompagne d’une variabilité interannuelle accrue des rendements et d’une exposition plus importante aux aléas météorologiques.
Le maintien ou le rétablissement dans un bon état de conservation des écosystèmes constitue un facteur déterminant dans leur résilience et conditionne leur capacité à fournir des services essentiels, notamment en matière de régulation du climat, de réduction des risques naturels et de solutions d’atténuation et d’adaptation fondées sur la nature (séquestration et stockage du carbone par la forêt, amortissement des effets des crues par les zones humides, limitation de l’érosion côtière par les mangroves et récifs coralliens, etc.).
6 IPCC – Intergovernmental panel on climate change. Global Warmind of 1.5°C.
Le changement climatique : un sujet d'inquiétude de plus en plus concret
Depuis le début du siècle, le changement climatique s’est progressivement imposé dans l’opinion publique comme un enjeu majeur7. Entre 2000 et 2025, la part des Français déclarant qu’il s’agit de leur principale préoccupation environnementale est passée de 6 % à 36 %. Depuis une dizaine d’années, ce sujet est en tête des inquiétudes en matière d’environnement. Deux tiers des Français estiment désormais que le changement climatique est une certitude scientifique. Pour trois personnes sur cinq, le lien entre les activités humaines et le changement climatique ne fait pas de doute. Au cours des douze dernières années, la part des Français déclarant que « personne ne peut dire avec certitude les vraies raisons des désordres du climat » a été divisée par deux.
Durant cette même période, les conséquences du changement climatique sont effectivement devenues beaucoup plus tangibles pour la population. En 2025, 41 % des Français ressentent les effets du changement climatique dans leur vie quotidienne. Ils redoutent notamment les vagues de chaleur, les sécheresses et les catastrophes naturelles, ainsi que les conséquences de ces événements sur leur bien-être et leur qualité de vie. Cette meilleure prise de conscience fait écho à l’accroissement du traitement médiatique sur la question climatique (Médialab, 2025) : deux tiers des Français se sentent bien informés sur le sujet. De même, une grande majorité de la population estime qu’il est de son devoir personnel d’essayer de lutter contre le changement climatique. Trois Français sur quatre croient par ailleurs que des mesures efficaces peuvent être mises en œuvre pour faire face au changement climatique. Enfin, trois quarts des Français jugent que l’avis des scientifiques doit être suivi par les pouvoirs publics, même si la majorité des gens y était opposé.
Pour autant, une personne sur trois considère que le changement climatique reste « une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d'accord ». Par ailleurs, 4 % des Français ne pensent pas qu’il y ait de changement climatique et 28 % considèrent que ces bouleversements sont essentiellement d’origine naturelle. Dans le même temps, 30 % des Français pensent que le changement climatique n’aura pas de conséquences sur leur vie quotidienne à l’avenir.
Enfin, 10 % des enquêtés se montrent pessimistes et pensent qu’il n’y a pas grand-chose à faire face au changement climatique. Une majeure partie de la population estime par ailleurs que la solution réside d’abord dans l’action des pouvoirs publics et des entreprises, et non pas tant dans l’action des citoyens. Ces fortes attentes en direction des pouvoirs publics font écho à l’insatisfaction exprimée par près de 4 Français sur 5 à l’égard des mesures prises en matière environnementale.
Si la réalité du changement climatique ne suscite plus vraiment de débat, des incertitudes perdurent quant aux façons d’agir pour lutter contre le changement climatique. Tandis que 75 % des Français considèrent que la priorité reste la réduction des émissions de gaz à effet de serre, 24 % jugent qu’il vaut mieux désormais chercher à s’adapter aux conséquences du changement climatique. De plus en plus convaincus par le techno-solutionnisme, 48 % des Français pensent désormais que le progrès scientifique et technique sera en mesure de résoudre les problèmes climatiques (soit une progression de dix points depuis 2023). Par ailleurs, deux personnes sur trois jugent probable que les mesures prises pour lutter contre le changement climatique auront un impact négatif sur leur pouvoir d’achat. Plus d’un tiers de la population redoute également que cela ait des impacts négatifs sur nos modes de vie et notre économie. À l’avenir, 65 % des Français estiment que les conditions de vie vont devenir extrêmement pénibles à cause des dérèglements climatiques. 30 % pensent à l’inverse qu’il sera possible de s’adapter sans trop de mal face aux modifications du climat, et 4 % considèrent que ces changements auront des effets positifs.
7Les données présentées ici s’appuient essentiellement sur des enquêtes récentes : Sciences Po - SDES, Baromètre Environnement de l’enquête Elipss, 2025 ; Ademe, Baromètre sur les représentations sociales du changement climatique, 2025 ; SDES, Enquête sur le sentiment d’exposition aux risques, 2022.
Plus de 100 Md€ investis pour le climat
En 2024, les investissements en faveur de l’atténuation climatique s’élèvent à 102 milliards d’euros (Md€) en France, selon les estimations de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE)8. Ce montant est en baisse de 5 % en volume par rapport à 2023, après plusieurs années de hausse.
Ces investissements représentent près de 3,5 % du produit intérieur brut (PIB). Ils se concentrent principalement sur la construction de bâtiments performants sur le plan énergétique (21,3 Md€), la rénovation énergétique des bâtiments (20,5 Md€) et les infrastructures et matériel de report modal (20,3 Md€). Ils sont majoritairement portés par des acteurs privés (environ 75 % du total, entreprises et ménages), avec un soutien des administrations publiques via des aides, comme MaPrimeRénov’, le bonus écologique ou encore le Fonds chaleur de l’Ademe.
Au-delà des enjeux d’atténuation, la France s’est dotée d’un plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), qui vise à adapter les modes de vie, l’économie et les infrastructures aux évolutions climatiques. Ce plan s’appuie sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), fondée sur un scénario de + 3 °C au niveau mondial à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle (soit environ + 4 °C en France métropolitaine). À ce jour, il n’existe pas d’estimation consolidée des investissements consacrés à l’adaptation au changement climatique.
Répartition des investissements climat par secteur en France
En Md€
Champ : France.
Source : I4CE, Panorama des financements climat, Édition 2025
8 I4CE, Panorama des financements climat, Édition 2025, septembre 2025 (voir annexe 2).
Données
Données associées à l'article sous forme de tableaux et graphiques.
Cet article fait partie de la publication « Bilan environnemental de la France – Édition 2025 » qui propose une vue d'ensemble des dépenses dédiées à l'environnement, ainsi qu'un aperçu de l'état des écosystèmes et des interactions entre l'environnement et l'économie.
Ces fiches thématiques abordent les grands enjeux et l'état des connaissances des principaux domaines environnementaux : milieux naturels, exposition aux risques, économie verte, consommation de matières, émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, etc.
Ce panorama, au travers d'indicateurs physiques et monétaires, mobilise de nombreuses sources et met en perspective les évolutions récentes sur ces domaines.
Consulter le Bilan environnemental de la France - Édition 2025.







