Derniers résultats

Déchets et gaspillage alimentaires en France en 2024 : le gaspillage à domicile toujours prépondérant

Environnement
Publié le 29/09/2026
En 2024, 10 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites en France sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Parmi ces déchets, 6,1 millions de tonnes sont considérées comme non comestibles (os, épluchures, etc.).
Les autres déchets s’apparentent au gaspillage alimentaire. Ils représentent 3,9 millions de tonnes, soit 56 kilogrammes par habitant (kg/hab.).

43 % des déchets alimentaires produits à domicile

En France, la plus grosse partie des déchets alimentaires est générée par les ménages au stade de la consommation à domicile (43 %, soit 62 kg/hab.). Vient ensuite l’étape de la transformation (24 %), suivie de la production primaire (14 %), de la consommation hors domicile (restauration commerciale et collective) et enfin de la distribution. Cette dernière représente 8 % des déchets alimentaires.


Répartition des déchets alimentaires selon les étapes de la chaîne alimentaire en 2024
En %

© SDES

Source : SDES 


1 % de la production agricole perdue lors de la production primaire

En France, 1,4 million de tonnes (Mt) de déchets alimentaires est générée au stade de la production primaire, soit 1 % des aliments récoltés. Ce pourcentage varie beaucoup selon les types de production agricole.

La pomme de terre est la culture qui génère le plus de déchets alimentaires par rapport à la production (9 % de la récolte), suivie des fruits et légumes (3,4 % en moyenne).

Les productions animales génèrent très peu de déchets à ce stade. Pour certaines cultures, les pertes de denrées initialement destinées à la consommation humaine sont réduites grâce à leur valorisation en alimentation animale. C’est notamment le cas des productions non conformes aux critères de l’alimentation humaine (par exemple, lots de céréales présentant une teneur trop élevée en contaminants, grains cassés ou hors normes), lorsqu’elles respectent les exigences sanitaires applicables à l’alimentation des animaux d’élevage.

Définition et mesure des déchets et du gaspillage alimentaires

Dans le cadre de la stratégie de l’Union européenne (UE) de lutte contre le gaspillage alimentaire, les États membres doivent communiquer annuellement à Eurostat, depuis 2022, leur volume de déchets alimentaires selon une méthodologie d’évaluation harmonisée.

Le règlement (CE) no 178/2002 du Parlement européen et du Conseil définit comme « denrée alimentaire » l'ensemble des denrées alimentaires depuis la production jusqu'à la consommation. Ces denrées comprennent également les parties non comestibles, telles que les os attachés à la viande destinée à la consommation humaine, les peaux de certains fruits et légumes ou les coquilles d’œufs. Les déchets alimentaires comportent donc des parties de denrées alimentaires destinées à être ingérées par l’homme, et des parties non comestibles. Ils n’incluent pas les produits agricoles non récoltés, les denrées évacuées avec les eaux usées, celles qui sont redistribuées (notamment via le don) en vue de la consommation humaine et animale, celles qui sont mises sur le marché pour être transformées en alimentation animale, et plusieurs autres catégories listées aux paragraphes 4 et 5 de l’article 1er de la décision déléguée (UE) 2019/1597 du 3 mai 2019.

En France, le gaspillage alimentaire est défini dans le Code de l’environnement (article L541-15-4) comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée ». Le gaspillage alimentaire est ainsi assimilé à la fraction comestible des déchets alimentaires.

39 % des déchets alimentaires assimilables à du gaspillage alimentaire

En France, en 2024, les déchets alimentaires sont composés à 39 % de déchets comestibles assimilés à du gaspillage alimentaire (voir encadré). Leur quantité s’élève à 3,9 Mt, soit 56 kg/hab.

La part de gaspillage au sein des déchets alimentaires varie beaucoup d’une étape à l’autre de la chaîne alimentaire. Elle s’élève à 77 % au stade de la production primaire, quand l’aliment entier est jeté. En revanche, cette part chute à 27 % au stade de la transformation. Au stade de la distribution, le gaspillage représente 37 % des déchets alimentaires. Enfin, à l’étape de la consommation, le gaspillage alimentaire constitue 49 % des déchets alimentaires dans la restauration hors domicile et 31 % de la consommation à domicile.


Gaspillage alimentaire, répartition par étape de la chaîne alimentaire en France en 2024

© SDES

Source : SDES


Avec 1,3 Mt, soit 34 % des déchets comestibles, la consommation à domicile est la principale source de gaspillage alimentaire en France.


Composition des déchets alimentaires selon les étapes de la chaîne alimentaire en France en 2024
En kg/habitant

© SDES

Source : SDES

12 % des déchets alimentaires des ménages sont des produits emballés

Sur les 4,3 Mt de déchets alimentaires générés par la consommation à domicile des ménages, 69 % sont des déchets non comestibles comme les épluchures, les os, les arêtes ou les coquilles d’œufs. Les 31 % restants (1,3 Mt), assimilés à du gaspillage alimentaire, sont composés de 0,8 Mt de restes de repas et 0,5 Mt de produits encore emballés.

14,6 % (0,6 Mt) des déchets alimentaires issus de la consommation à domicile sont compostés à domicile, en compostage individuel ou partagé. Parmi ceux-ci, un tiers, soit 0,2 Mt, est constitué des produits alimentaires consommables, comme des restes de repas.


Composition des déchets alimentaires des ménages français en 2024

© SDES

Source : Ademe (enquêtes Collecte 2024 et Modecom 2024 et enquêtes sur le compostage à domicile). Traitements : SDES

Principales mesures législatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Depuis la loi Garot de 2016, la France a établi une hiérarchie dans les actions pour la lutte contre le gaspillage alimentaire :

  1. favoriser la prévention du gaspillage ;
  2. utiliser les invendus par le don ou la transformation ;
  3. valoriser dans l’alimentation animale ;
  4. utiliser les restes alimentaires à des fins de compost pour l’agriculture ou la valorisation énergétique (méthanisation).

Dans le prolongement des lois EGalim de 2018 et AGEC de 2020, diverses dispositions visent à réduire le gaspillage alimentaire :

  1. fixation d’objectifs de réduction de 50 % du gaspillage (par rapport au niveau de 2015) d'ici à 2025 aux stades de la distribution alimentaire et de la restauration collective, et d'ici à 2030 aux stades de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale ;
  2. interdiction des pratiques de destruction d’aliments encore consommables pour certains acteurs de la chaîne alimentaire ;
  3. obligation de proposer une convention de don aux associations d’aide alimentaire pour certains acteurs de la chaîne alimentaire et mise en place d’un plan de gestion de la qualité du don ;
  4. obligation de diagnostic anti-gaspillage pour la restauration collective et les industries agroalimentaires ;
  5. obligation de mise à disposition des clients de contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place ;
  6. mise en place d’un label national anti-gaspillage alimentaire pour certains acteurs.

Au niveau européen, la révision de la directive déchets 2008/98/CE par la directive 2025/1892, entrée en vigueur le 16 octobre 2025, fixe des objectifs contraignants de réduction des déchets alimentaires d'ici à 2030 par rapport à la moyenne 2021-2023 pour l’ensemble des États membres :

  • - 10 % pour la transformation ;
  • - 30 % par habitant pour la distribution, la restauration hors domicile et les ménages.

L'essentiel en infographie

Dans les déchets alimentaires, quelle est la part du gaspillage alimentaire ? Explications en infographie.

© SDES

Déchets et gaspillages alimentaires


Quelle part des déchets alimentaires gaspille-t-on en France ?

Au total :

  • 10 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France en 2024, soit 145 kg par habitant ; 
  • 39 % de ces déchets, soit 3,9 millions de tonnes, sont du gaspillage alimentaire (déchets comestibles) ;
  • 61 % de ces déchets, soit 6,1 millions de tonnes, sont des déchets non comestibles.

Sur les 145 kg par habitant de déchets alimentaires, 89 kg sont des déchets non comestibles (os attachés à la viande, peaux de certains fruits et légumes, coquilles d’œufs...) et 56 kg sont des déchets comestibles (restes de repas, fruits et légumes dégradés, date limite de consommation dépassée...) considérés comme du gaspillage alimentaire.

Ne sont pas comptés parmi les déchets alimentaires :

  • les produits agricoles non récoltés ;
  • les denrées évacuées avec les eaux usées ;
  • les denrées redistribuées en vue de la consommation humaine et animale (dons…) ;
  • les denrées qui sont mises sur le marché pour être transformées en alimentation animale.


À quelles étapes de l’alimentation humaine le gaspillage alimentaire est-il le plus important ?

Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation :

  • production primaire : 15 kg par habitant de gaspillage alimentaire (77 % des déchets alimentaires) ;
  • transformation et fabrication : 10 kg par habitant de gaspillage alimentaire (27 % des déchets alimentaires) ;
  • distribution, commerces de détail : 4 kg par habitant de gaspillage alimentaire (37 % des déchets alimentaires) ;
  • consommation hors domicile (restaurants et cantines) : 8 kg par habitant de gaspillage alimentaire (49 % des déchets alimentaires) ;
  • consommation à domicile : 19 kg par habitant de gaspillage alimentaire (31 % des déchets alimentaires).

Auteur : Chrystel SCRIBE, SDES

Méthodologie

L'Union européenne et ses États membres se sont engagés à réduire le volume de déchets alimentaires par habitant. À cette fin, la Commission européenne a mis en place un cadre de surveillance destiné à mesurer les niveaux des déchets alimentaires dans les États membres. Depuis 2022, des données sont ainsi rapportées annuellement à Eurostat par les États membres selon une méthodologie commune à tous les pays. Les données présentées ici sont celles produites pour la France par le service statistique du ministère chargé de l’Environnement dans le cadre de la méthodologie fixée par la Commission européenne.

Les changements méthodologiques intervenus dans certaines sources utilisées pour l’estimation (dont l’enquête de l’Insee sur les déchets non dangereux) ainsi que la mobilisation de données plus récentes qu’auparavant sur la consommation à domicile, rendent ces données non comparables à celles des années précédentes (notamment estimation portant sur l’année 2021).

Pour plus de précision, consulter la notice méthodologique.

Données

Données associées à l'article sous formes de tableaux et graphiques.

Aller plus loin