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Dépenses environnementales et financements associés en France - État des connaissances en 2025

Environnement
Publié le 18/02/2026
Face aux pressions croissantes exercées par les activités humaines sur l’environnement, les acteurs publics et privés mobilisent des moyens financiers pour prévenir les pollutions, restaurer les milieux naturels et limiter la surexploitation des ressources. En 2023, les dépenses environnementales, selon le périmètre des comptes économiques de l’environnement, atteignent 100 milliards d’euros, soit 3,5 % du PIB. Elles rendent compte de l’effort économique consenti par la France en faveur de la protection de l’environnement et de la réduction de la consommation des ressources naturelles.

À noter : Le périmètre du montant estimé ici diffère de celui, bien que d’un ordre de grandeur comparable, publié par I4CE dans le Panorama des financements Climat. Ce dernier porte exclusivement sur les investissements consacrés à l’atténuation du changement climatique, tandis que cette publication couvre à la fois les dépenses de protection de l’environnement et une partie des dépenses dédiées au climat.

Un panorama des dépenses qui s’enrichit

Au sein des comptes économiques de l’environnement, les comptes de dépenses visent à recenser l’ensemble des moyens financiers consacrés à la prévention, à la réduction et à la réparation des atteintes à l’environnement, ainsi qu’à la préservation et à la gestion durable des ressources naturelles. Ces données constituent un indicateur statistique essentiel pour évaluer l’effort économique de la France en faveur de l’environnement.

En 2023, les dépenses environnementales s’élèvent à 100 milliards d’euros (Md€), soit 3,5 % du produit intérieur brut (PIB). Elles mobilisent l’ensemble des acteurs économiques : administrations publiques, entreprises, ménages et, dans une moindre mesure, associations. Le périmètre couvert s’est progressivement élargi : si le suivi des dépenses de protection de l’environnement est ancien et structuré, la prise en compte des dépenses liées à la gestion durable des ressources naturelles s’est développée ces dernières années (voir schéma Panorama des dépenses environnementales suivies en France en 2023). L’intégration des investissements visant à réduire la consommation d’énergies fossiles, notamment la production d’énergies renouvelables (EnR) et la rénovation énergétique des bâtiments, permet aujourd’hui de disposer d’une vision plus complète de l’effort économique en faveur de l’environnement.

 

Panorama des dépenses environnementales suivies en France en 2023

© SDES

* Correspond aux amortissements
** Rénovation énergétique des bâtiments
*** Matières premières de recyclage
Note : les éléments indiqués comme « En construction » font l’objet de travaux méthodologiques en cours. Les séries chronologiques sont actuellement en phase de construction et d’évaluation ; les résultats seront intégrés progressivement dans les prochaines publications.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025

 

Précisions :
Les comptes économiques de l’environnement mettent en lumière les liens entre l’économie et l’environnement, qu’ils soient positifs ou négatifs. Ils fournissent un cadre intégré de statistiques et d’analyse pour orienter les politiques publiques et européennes sur l’utilisation rationnelle des ressources, le développement durable et la croissance verte. Ils couvrent, par exemple, les dépenses environnementales, les taxes environnementales, les éco-activités, ainsi que la valeur des écosystèmes et services écosystémiques.

La rénovation énergétique inclut l’amélioration de l’enveloppe du bâtiment (isolation des parois opaques, remplacement des ouvertures). Les équipements de production d’EnR installés lors de rénovations (pompes à chaleur, solaire thermique, etc.) sont comptabilisés dans la production d’énergie renouvelable.

Les énergies renouvelables et les déchets, principaux postes de dépenses environnementales

En 2023, les dépenses consacrées à la protection de l’environnement s’élèvent à 67 Md€. La gestion des déchets reste le premier poste de dépense, avec 22 Md€, suivie de la gestion des eaux usées, qui mobilise 17 Md€. Ces deux domaines concentrent une part importante des dépenses, principalement portées par les collectivités locales, pour répondre aux obligations réglementaires de mise en place de services publics et accompagner l’évolution des besoins des territoires ( voir graphique Répartition des dépenses environnementales par domaine, en 2023).

La gestion des ressources naturelles, limitée ici à la réduction de la consommation d’énergies fossiles, atteint 33 Md€ en 2023. La production d’EnR concentre l’essentiel de ces montants, avec près de 24 Md€ investis dans le solaire photovoltaïque, l’éolien terrestre et en mer, ainsi que dans les pompes à chaleur, qui représentent une part croissante des équipements installés. Ce domaine joue un rôle central dans la lutte contre le changement climatique et dans la réduction de la dépendance énergétique.

 

Répartition des dépenses environnementales par domaine, en 2023
En milliards d’euros courants

© SDES

* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors équipements de production d’EnR dans le cadre de rénovations (par exemple, les pompes à chaleur installées lors de rénovations sont comptabilisées dans la production d’EnR).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025

 

Des dépenses principalement portées par le secteur privé

En 2023, les dépenses environnementales sont principalement portées par les acteurs privés. Les ménages et les entreprises représentent plus des trois quarts des dépenses totales, tandis que les administrations publiques contribuent à hauteur de 21,5 % (voir graphique Répartition des dépenses environnementales par acteur engageant des dépenses et par domaine, en 2023).

Dans le domaine de la protection de l’environnement, les entreprises sont les principaux acteurs engageant des dépenses, pour un montant de 25 Md€. Elles interviennent notamment dans la protection des sols et des eaux, la gestion des déchets (y compris radioactifs), la R&D environnementale et l’amélioration de la qualité de l’air extérieur. Les administrations publiques portent près de 20 Md€ de projets, essentiellement via les collectivités locales, dans les secteurs de la gestion des eaux usées, des déchets, de la biodiversité et de l’administration générale. Les ménages contribuent également de manière significative, à hauteur de 20 Md€, principalement pour les services de gestion des déchets et des eaux usées, ainsi que pour l’acquisition d’équipements contribuant à la réduction du bruit et à la qualité de l’air. Les associations portent environ 2 Md€ de projets, notamment dans la protection de la biodiversité, la sensibilisation à l’environnement et certaines actions transversales.

La réduction de la consommation d’énergies fossiles est également largement portée par le secteur privé. En 2023, les ménages ont consacré 19 Md€ à la rénovation énergétique de leur logement et à l’installation d’équipements de production d’énergie renouvelable, principalement des pompes à chaleur. Les entreprises ont investi 12 Md€ dans le développement des capacités de production d’EnR et dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. Les administrations publiques participent à hauteur de 2 Md€, notamment à travers la rénovation énergétique des bâtiments publics et l’installation d’équipements de production d’EnR.

 

Répartition des dépenses environnementales par acteur engageant des dépenses et par domaine, en 2023
En %

© SDES

* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors équipements de production d’EnR dans le cadre de rénovations (par exemple, les pompes à chaleur installées lors de rénovations sont comptabilisées dans la production d’EnR).
Note : les totaux ne sont pas toujours strictement égaux à 100 % en raison des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025

Une croissance plus rapide que celle du PIB depuis 2020

Entre 2011 et 2020, les dépenses environnementales progressent à un rythme légèrement inférieur à celui du PIB, avec une hausse moyenne de 1,2 % par an en euros courants, contre 1,3 % pour le PIB (voir graphique Évolutions comparées des dépenses environnementales et du PIB). En volume, leur évolution est quasi stable sur la même période. Depuis 2020, la dynamique s’inverse nettement. Les dépenses environnementales augmentent désormais plus rapidement que le PIB, avec une croissance annuelle moyenne de 10,2 % en euros courants et de 6,9 % en volume, tandis que le PIB progresse de 6,8 % et de 3,7 % en volume. Cette accélération traduit le renforcement des politiques climatiques et énergétiques, la mise en œuvre des plans de relance, ainsi que la hausse marquée des prix de l’énergie à partir de 2021. Ces facteurs ont stimulé les investissements dans les EnR, la rénovation énergétique et l’acquisition de véhicules bas-carbone. Cette évolution concerne également certains domaines de la protection de l’environnement, tels que la gestion des déchets et des eaux usées.

 

Évolutions comparées des dépenses environnementales et du PIB
En indice base 100 en 2011

© SDES

Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024. Traitements : SDES, 2025

La place des dépenses et aides environnementales dans la dépense publique

L’article 179 de la loi no 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 prévoit la remise annuelle au Parlement d’un rapport sur « l’impact environnemental du budget » de l’État, annexé au projet de loi de finances (PLF). La première partie de ce rapport, communément appelée « budget vert », vise à apprécier les effets environnementaux (favorables, neutres ou défavorables) de l’ensemble des dépenses budgétaires et fiscales de l’État. Ces dépenses sont évaluées selon six objectifs environnementaux : l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, la gestion de l’eau et des déchets, la lutte contre les pollutions et la protection de la biodiversité. Dans le rapport annexé au PLF pour 2025, les dépenses exécutées en 2023 identifiées comme favorables à l’environnement s’établissent à 33,6 Md€.

Selon le compte de dépenses de l’environnement, les dépenses financées par les administrations publiques atteignent 30,5 Md€ en 2023, dont 22,6 Md€ consacrées à la protection de l’environnement et 7,9 Md€ à la réduction de la consommation d’énergies fossiles. Plus de la moitié est des dépenses comptabilisées dans le budget vert de l’État (17,4 Md€), l’autre part étant couverte par les collectivités locales. À la différence du budget vert, le compte de dépenses de l’environnement exclut les dépenses de l’État ayant un impact favorable sur l’environnement sans objectif environnemental direct (13,2 Md€), ainsi que la totalité des dépenses fiscales (3,0 Md€) – (voir schéma Comparaison des dépenses publiques favorables à l’environnement (compte de dépenses de l’environnement / budget vert de l’État)).

 

Comparaison des dépenses publiques favorables à l’environnement (compte de dépenses de l’environnement / budget vert de l’État)
En milliards d’euros

© SDES

Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025 ; CGDD, DB, DLF et DGT, budget vert de l’État, 2024. Traitements : SDES, 2025

 

Les 30,5 Md€ de dépenses environnementales financées par les administrations publiques, telles qu’enregistrées dans les comptes économiques de l’environnement, correspondent aux dépenses environnementales engagées par les administrations publiques en faveur de l’environnement (21,4 Md€) mais aussi au financement des actions d’autres acteurs (entreprises, ménages, associations) par le biais d’aides dédiées à l’environnement. Ces aides soutiennent des activités dont l’objectif premier est la prévention, la réduction ou l’élimination des pollutions et autres dégradations de l’environnement ainsi que la gestion durable des ressources naturelles. En 2023, elles s’élèvent à 9,1 Md€, soit 4,4 % de l’ensemble des aides directes des administrations publiques hors prestations sociales (206 Md€). Ces aides, directement versés aux acteurs privés, couvrent 12 % de leurs dépenses environnementales.

Au-delà des aides des administrations publiques au secteur privé, l’ensemble des aides environnementales comprend également les aides publiques à l’international (0,3 Md€), les financements provenant de l’Union européenne (1,1 Md€) et les transferts entre administrations publiques (3,5 Md€), principalement destinés aux collectivités locales (transferts intégrés dans les dépenses engagées par les administrations publiques en faveur de l’environnement).

Précisions :
Une qualification globale est attribuée à chaque dépense, en prenant en compte les six axes. Une dépense étant considérée comme favorable si tous les axes sont côtés favorablement, ou favorablement et neutres.

Les dépenses fiscales correspondent au manque à gagner pour le budget de l’État lié aux réductions ou aux exonérations d’impôts accordées.

Données

Données associées à l'article sous forme de tableaux et graphiques.

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