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Bilan énergétique
de la France pour 2019
janvier 2021

4.3 Rebond de la consommation de gaz naturel du fait de la forte sollicitation des centrales à gaz

4.3.1 Consommation et dépense totales

Nette des pertes de transport et de distribution (cf. 3.2), la consommation totale de gaz naturel augmente en 2019 (+ 1,9 % sur un an), pour atteindre 481 TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur), alors qu’elle avait reculé de 4,6 % en 2018. Ce rebond s’explique par la forte hausse de la production des centrales thermiques à gaz. Corrigée des variations climatiques, la consommation totale de gaz naturel augmente de 1,5 % sur un an mais reste quasiment stable (+ 0,3 %) par rapport à celle observée en 2012 (figure 4.3.1.1). La dépense de gaz naturel diminue de 3,0 % par rapport à 2018 en euros constants, pour s’établir à 20,5 Md€ en 2019 (figure 4.3.1.2), en raison de la baisse moyenne des prix du gaz observée en 2019. Cette dépense avait atteint un maximum historique en 2013 (24,9 Md€2019).

Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur

* PCS : pouvoir calorifique supérieur.
Source : calculs SDES, d’après données locales de consommation de gaz, enquête annuelle sur la production d’électricité, enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid, données du Citepa

Figure 4.3.1.2 : consommation physique de gaz naturel et dépense associée

* PCS : pouvoir calorifique supérieur.
Source : calculs SDES

4.3.2 Branche énergie

La branche énergie représente 21 % de la consommation totale (hors pertes et écart statistique) de gaz naturel en 2019 (100 TWh PCS), pour un coût de 2,1 Md€ (figure 4.3.2.1). La majeure partie, 93 TWh PCS, correspond à l’utilisation de gaz naturel comme combustible pour produire de l’électricité et, dans une moindre mesure, de la chaleur. Les 7 TWh PCS restants correspondent pour l’essentiel à la consommation de gaz naturel des raffineries, dans lesquelles il est utilisé essentiellement comme combustible, mais aussi pour produire de l’hydrogène afin de désulfurer les carburants. À climat constant, la consommation des centrales calogènes (9 TWh PCS) diminue en 2019 (- 5,0 %), alors que celle des centrales par cogénération (33 TWh PCS) progresse (+ 8,1 %). La consommation des centrales produisant uniquement de l’électricité augmente très fortement, de 41 % en un an, pour s’établir à 55 TWh PCS en 2019. Cette forte hausse s’explique par le recours plus fort aux centrales à cycle combiné au gaz (CCCG) pour compenser le recul de la production d’électricité nucléaire.

Figure 4.3.2.1 : consommation de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée

2015

2016

2017

2018

2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

Branche énergie

66

1 606

91

1 786

101

1 950

82

2 251

100

2 130

Transformation en électricité ou chaleur

58

1 411

84

1 642

94

1 810

75

2 070

93

2 017

Branche énergie hors transformation

8

195

7

144

7

140

7

181

7

113

* PCS : pouvoir calorifique supérieur.
Source : calculs SDES

4.3.3 Consommation finale à usage énergétique

La consommation finale énergétique de gaz naturel baisse de 2,4 % en 2019, à 365 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Corrigée des variations climatiques, elle diminue de 2,6 %, rythme supérieur à la baisse annuelle moyenne de 1,1 % observée depuis 2012. La dépense associée s’établit à 18,1 Md€ en 2019, en baisse de 2,0 % en euros constants sur un an.

En 2019, avec 147 TWh PCS, le résidentiel est le principal secteur de consommation finale énergétique de gaz naturel. Viennent ensuite l’industrie (136 TWh PCS) et le tertiaire (78 TWh PCS). Les consommations dans l’agriculture-pêche et les transports sont sensiblement plus faibles (respectivement 2,4 et 2,1 TWh PCS). Le poids du résidentiel est plus élevé dans la dépense globale (63 %) que dans la consommation physique (40 %), car les ménages s’acquittent de prix plus élevés que les entreprises. À l’inverse, l’industrie représente 19 % de la dépense pour 37 % de la consommation. Enfin, le tertiaire (y compris transports) acquitte 18 % de la dépense pour 22 % de la consommation.

À climat constant, la consommation du résidentiel diminue de 2,0 % en 2019 par rapport à 2018, et celle de l’industrie de 4,6 %. La consommation du tertiaire reste quasiment stable (- 0,4 %). Par rapport à 2012, en moyenne annuelle, la consommation corrigée des variations climatiques est en baisse dans le résidentiel, l’industrie et l’agriculture (respectivement - 2,1 %, - 1,3 % et - 0,2 %), tandis qu’à l’inverse elle progresse dans le tertiaire (+ 1,2 %) et surtout dans les transports (+ 8 %). L’utilisation du gaz naturel pour les transports concerne essentiellement les véhicules de flottes captives, principalement des autobus, des bennes à ordures et des véhicules utilitaires utilisant du gaz naturel pour véhicules (GNV), dont l’usage se développe depuis le début des années 2000.

Le gaz naturel est essentiellement livré aux consommateurs via les réseaux de transport et de distribution (cf. 3.2). Une petite partie est toutefois portée par camion sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis les terminaux méthaniers : elle représente 2 TWh PCS en 2019, dont 1,4 TWh pour l’industrie et 0,6 TWh pour les transports.

Figure 4.3.3.1 : consommation finale à usage énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée

2015

2016

2017

2018

2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

Industrie

140

4 297

145

3 845

136

3 569

142

3 987

136

3 325

Transports

1,5

3 209

1,6

3 064

1,9

3 103

2,2

3 436

2,1

3 279

Tertiaire

76

77

79

78

78

Résidentiel

151

10 791

163

10 769

159

10 597

149

11 003

147

11 450

Agriculture-pêche

2

89

2

82

2

79

2

90

2

89

Total

370

18 385

388

17 761

378

17 348

374

18 516

365

18 142

* PCS : pouvoir calorifique supérieur.
Source : calculs SDES

4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique

Les utilisations non énergétiques de gaz naturel dans la chimie reculent en 2019 de 1,1 %, à 15 TWh PCS, pour une dépense de 0,2 Md€ (figure 4.3.4.1). Le gaz naturel y est utilisé principalement comme matière première pour la fabrication d’ammoniac, dont le secteur de la fabrication d’engrais est le principal client.

Figure 4.3.4.1 : consommation finale à usage non énergétique et dépense associée

2015

2016

2017

2018

2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

En TWh PCS*

En M€2019

Chimie

15

350

15

309

15

301

16

378

15

242

* PCS : pouvoir calorifique supérieur.
Source : calculs SDES