Empreinte carbone et émissions territoriales
Deux méthodes complémentaires permettent d'apprécier les pressions d'un pays sur le climat :
- Les inventaires nationaux (approche territoriale) comptabilisent des quantités de GES physiquement émises à l'intérieur du pays par les ménages (voitures et logements) et les activités économiques (consommation d'énergie fossile, procédés industriels et émissions de l'agriculture). Les données issues des inventaires, élaborés chaque année pour répondre aux normes de la CCNUCC, sont les plus courantes et celles actuellement privilégiées pour les comparaisons internationales.
- L'empreinte carbone est une estimation des émissions de GES induites par la demande finale intérieure du pays (consommation finale et investissements). L'empreinte est constituée des émissions directes des ménages (logements et véhicules), des émissions de la production nationale (hors exportations) et des émissions des activités économiques étrangères dont la production est destinée aux importations du pays.
Comparaison de l'empreinte carbone de la France et de l'inventaire national en 2024
Note : l'empreinte et l'inventaire (voir glossaire) portent sur l'ensemble des GES hors UTCATF.
Champ : périmètre « Kyoto » (métropole et outre-mer appartenant à l'UE).
Sources : Insee ; Eurostat ; Citepa ; OCDE ; Douanes. Traitement : SDES-Insee, 2025
Le niveau de l'empreinte carbone de la France est sensiblement supérieur à celui des émissions sur le territoire national : 563 Mt CO2 éq contre 369 Mt CO2 éq, soit 52 % d'émissions en plus en 2024.
Les émissions associées aux exportations représentent 27 % des émissions sur le territoire national tandis que celles associées aux importations constituent 50 % de l'empreinte carbone en 2024.
Comparaison internationale des émissions de CO2 selon les approches
Source : Global Carbon Budget 2024. Traitement : SDES, 2025
En 2022, pour les pays de l'OCDE, les émissions estimées selon la méthode des inventaires territoriaux sont inférieures de 1,7 gigatonne (Gt) de CO2 à celles obtenues selon l'approche empreinte. À l'inverse, dans les pays hors OCDE, les émissions estimées selon l'approche inventaire excèdent de 1,7 Gt de CO2 celles estimées selon l'approche empreinte. Cela signifie qu'une partie du CO2 émis sur le territoire des pays hors OCDE est transférée vers les pays de l'OCDE via la production de biens et services importés et consommés par les habitants des pays de l'OCDE. Ainsi, en 2022, l'UE à 27 a importé 0,7 Gt CO2 et l'Amérique du Nord 0,6 Gt, tandis que la Chine a exporté 1 Gt de CO2.
Entre 1990 et 2022, les émissions de CO2 des pays de l'OCDE sont restées globalement stables. Elles ont diminué de 3 % selon l'approche inventaire alors qu'elles ont augmenté de 4 % selon l'approche empreinte. Sur cette période, les émissions ont été multipliées par environ 2,5, quelle que soit l'approche, pour les pays hors OCDE. Les habitants de ces pays ont cependant en 2022 une empreinte trois fois plus faible que celle des habitants des pays de l'OCDE.
Comparaison internationale d'empreinte carbone en 2022
Sources : pour les données françaises : estimations Insee-SDES et Insee pour la taille de la population ; pour les autres pays : estimations Eurostat (FIGARO) et Eurostat ou ONU pour la taille de la population
Les comparaisons internationales d'empreinte carbone, estimées à partir des tableaux internationaux entrées-sorties développés par Eurostat, révèlent d'importantes disparités entre les pays.
L'empreinte carbone moyenne est de 6,4 t de CO2 éq par personne à l'échelle mondiale en 2022. Certains pays (Amérique du Nord, Moyen-Orient) affichent des empreintes carbone d'environ 20 t de CO2 éq par personne alors que d'autres se situent en dessous de 3 t de CO2 éq par personne.
Ainsi, en moyenne, le mode de vie d'un Américain a un impact sur le climat près de 8 fois plus important que celui d'un Indien. L'empreinte carbone moyenne d'un Français dépasse de 42 % la moyenne mondiale, mais reste légèrement inférieure à la moyenne de l'UE à 27 (10,7 t de CO2 éq par personne) ainsi qu'à celle d'un Chinois.
Évolution de l'empreinte carbone de la France
Note : les données de 1990 à 2009 sont rétropolées à partir du calcul de l'année 2010. Les données de l'année 2024 sont des estimations provisoires. L'empreinte et l'inventaire (voir glossaire) portent sur l'ensemble des GES hors UTCATF.
Champ : périmètre « Kyoto » (métropole et outre-mer appartenant à l'UE).
Sources : Insee ; Eurostat ; Citepa ; OCDE ; Douanes. Traitement : SDES-Insee, 2025
En 2024, l'empreinte carbone de la France est estimée à 563 Mt CO2 éq, soit une baisse de 3,4 % par rapport à l'année 2023. Après la chute des émissions en 2020 liée à la pandémie de Covid-19, le niveau de l'empreinte a rebondi en 2021 puis a été quasiment stable en 2022. Après une baisse sensible en 2023 (- 6,1 %), l'empreinte diminue à nouveau en 2024 et atteint un niveau inférieur de 11,7 % à celui de 2019.
Depuis 1990, l'empreinte carbone a diminué de 20 % alors que la demande finale intérieure, en volume, dont le montant conditionne en partie le niveau de l'empreinte, a augmenté de 64 %. Cette baisse de l'empreinte traduit deux dynamiques distinctes : une réduction des émissions intérieures de 34 % et une légère hausse, de 2 %, des émissions associées aux importations. En 2024, les émissions importées représentent 50 % des émissions totales de l'empreinte.
Rapportée au nombre d'habitants, l'empreinte carbone est estimée à 8,2 tonnes de CO2 éq par personne en 2024, soit une baisse de 32 % par rapport à 1990.
L'empreinte carbone de la demande finale de la France par poste de consommation en 2023
Note : l'empreinte et l'inventaire (voir glossaire) portent sur l'ensemble des GES hors UTCATF.
Champ : périmètre « Kyoto » (métropole et outre-mer appartenant à l'UE).
Sources : Insee ; Eurostat ; Citepa ; OCDE ; Douanes. Traitement : SDES-Insee, 2025
En 2023, l'empreinte carbone moyenne d'un Français s'élève à 8,5 tonnes de CO2 éq. Les émissions directes des ménages et celles associées aux 64 biens et services composant la demande finale peuvent être allouées à différents postes de consommation : déplacements, habitat, alimentation, équipements et services.
Se déplacer, se nourrir et se loger agrègent 68 % des émissions de GES de l'empreinte carbone d'un Français : 24 % pour les déplacements (2,1 t CO2 éq/hab), 23 % pour l'alimentation (2,0 t CO2 éq/hab), 21 % pour l'habitat (1,8 t CO2 éq/hab). Plus d'1 t CO2 éq/hab de CO2 est affectée aux services principalement publics (administration, santé, éducation, action sociale). Ces émissions tiennent compte de celles associées aux investissements, notamment ceux réalisés par les administrations pour la construction d'équipements publics.