Causes du changement climatique
Lʼeffet de serre naturel et ses perturbations par les activités humaines
Flux dʼénergie actuels en W/m2
Note : la Terre reçoit en permanence de l'énergie du soleil. La partie de cette énergie qui n'est pas réfléchie par l'atmosphère, notamment les nuages ou la surface terrestre (océans et continents), est absorbée par la surface terrestre qui se réchauffe en l'absorbant. En contrepartie, les surfaces et l'atmosphère émettent du rayonnement infrarouge d'autant plus intense que les surfaces sont chaudes. Une partie de ce rayonnement est absorbée par certains gaz et par les nuages puis réémise vers la surface, ce qui contribue à la réchauffer. Ce phénomène est appelé l'effet de serre.
Sources : dʼaprès Météo-France ; Giec, 1er groupe de travail, 2021
L'augmentation de la concentration atmosphérique de GES par les émissions anthropiques (voir glossaire) accroît l'émission d'énergie vers le sol, entraînant un déséquilibre du bilan énergétique de la Terre et une élévation de sa température en surface. La modification, par rapport à une année de référence, de la radiation induite par un élément est appelée forçage radiatif. Un forçage radiatif positif indique une contribution positive au réchauffement climatique. Le forçage radiatif d'origine anthropique net était nul en 1750, à + 0,6 W/m² en 1950 et à + 2,3 W/m² en 2011. En 2024, il s'élève à + 3 W/m² (Indicators of Global Climate Change, 2025).
Gaz à effet de serre (GES)
Le principal gaz à effet de serre est la vapeur d'eau, qui fluctue entre 0,4 et 4 % du volume atmosphérique. Les activités humaines ont très peu d'impacts directs sur les fluctuations de la concentration en vapeur d'eau. En revanche, elles ont un impact fort sur les concentrations des autres GES, qui occupent moins de 0,1 % du volume atmosphérique. Cela suffit pour déstabiliser le climat.
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CO2 Dioxyde de carbone |
CH4 Méthane |
N2O Protoxyde d'azote |
HFC Hydrofluorocarbures |
PFC Perfluorocarbures |
SF6 Hexafluorure de soufre |
NF3 Trifluorure d'azote |
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Concentration atmosphérique 2025 (en 2005 entre parenthèses) |
426 ppm (379 ppm) |
1 934 ppb (1 774 ppb) |
338 ppb (319 ppb) |
321 ppt (> 49 ppt) |
117 ppt (> 4,1 ppt) |
12 ppt (5,7 ppt) |
3,4 ppt (0 ppt) |
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Pouvoir de réchauffement global (cumulé sur 100 ans) |
1 |
28 |
273 |
[< 1 ;12 400] selon les gaz |
[< 1 ; 11 100] selon les gaz |
24 300 |
17 400 |
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Origine des émissions anthropiques |
Combustion dʼénergie fossile, procédés industriels, déforestation |
Agriculture (élevage), procédés énergétiques, décharges |
Agriculture (engrais), procédés industriels |
Sprays, réfrigération, procédés industriels |
Fabrication de composants électroniques |
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Modification du forçage radiatif en 2024 depuis 1750 par les émissions anthropiques (W/m2) (en 2011 entre parenthèses)* |
+ 2,33 (+ 1,8282) |
+ 0,57 (+ 0,4848) |
+ 0,23 (+ 0,177) |
+ 0,05 (+ 0,02) |
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* En 2019 (et 2005) pour les gaz HFC, PFC, SF6, NF3.
Note : ppm = partie par million ; ppb = partie par milliard ; ppt = partie par millier de milliards.
Sources : Giec, 2021 ; Indicators of Global Climate Change, 2025 ; NOAA, 2025
Le pouvoir de réchauffement global (PRG, voir glossaire) est le rapport entre l'énergie renvoyée vers le sol par 1 kg de gaz et celle que renverrait 1 kg de CO2 sur une période donnée. Il dépend des propriétés radiatives et des durées de vie des gaz dans l'atmosphère. Par exemple, 1 kg de méthane (CH4) réchauffera autant l'atmosphère que 28 kg de CO2 au cours du siècle qui suit leur émission, et autant que 84 kg de CO2 durant les vingt premières années. Si le CO2 est le gaz qui a le plus petit pouvoir de réchauffement global, il est celui qui a contribué le plus au réchauffement climatique depuis 1750 du fait des importantes quantités émises.
Concentration de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique
Source : US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 2025
Le CO2 est le principal gaz à effet de serre d'origine anthropique. Sa concentration atmosphérique est en hausse constante depuis plusieurs décennies et a atteint 426 ppm début 2025. Pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, la concentration moyenne à ne pas dépasser est de 450 ppm.
Concentration de méthane (CH4) atmosphérique
Note : moyennes annuelles de prélèvements d'air sur les surfaces marines du globe.
Source : US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 2025
La concentration atmosphérique moyenne du méthane en 2025 est de 1,94 ppm (1 935 ppb), soit environ 217 fois moindre que celle du CO2. Cependant, son pouvoir de réchauffement global (PRG, voir glossaire et p. 13) est beaucoup plus élevé que celui du CO2. Plus d'un quart du réchauffement global depuis la période préindustrielle lui est attribué. L'accroissement des émissions de méthane a accéléré ces dernières années, y compris pendant la pandémie de Covid-19.
Flux annuels nets moyens de CO2 d'origine anthropique depuis 2014
Émissions vers l'atmosphère et absorption par les réservoirs terrestres et océaniques
Note : l'incertitude pour l'augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 est très faible (± 0,02 Gt CO2/an) et n'a pas été représentée sur le graphique. La somme des sources n'est pas égale à la somme des puits, laissant un déséquilibre budgétaire qui traduit l'imperfection des données et les recherches encore nécessaires pour mieux comprendre le cycle du carbone.
Source : Global Carbon Budget, 2025
Au cours de la dernière décennie (2014-2023), sur les 40 Gt CO2 générées en moyenne par an par les activités humaines, l'atmosphère en a absorbé près de la moitié, les réservoirs terrestres (végétation et sols) un quart et les océans un quart. L'atmosphère est donc le réservoir le plus affecté par les activités anthropiques, contribuant à accentuer l'effet de serre.
À l'échelle mondiale, les terres forestières sont un important puits de carbone. En intégrant la déforestation et, dans une moindre mesure, les incendies et la dégradation des forêts, le secteur forestier devient à l'inverse une source de carbone. En effet, ces phénomènes entraînent des émissions liées à la perte des stocks de carbone forestier via la combustion et la décomposition des matières organiques. Les émissions dues à la déforestation ont représenté 6,2 Gt CO2 par an en moyenne en 2014-2023, soit 15 % des émissions anthropiques annuelles (voir p. 63 pour ce qui concerne les puits de carbone forestiers en France).
