Conséquences pour la France
Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC) et effets sur le climat
|
2030 |
2050 |
2100 |
|
|---|---|---|---|
|
Réchauffement mondial (réf. 1850-1900) |
1,5 °C |
2 °C |
3 °C |
|
Réchauffement en France métropolitaine (réf. 1900-1930) |
2 °C |
2,7 °C |
4 °C |
|
Réchauffement en France métropolitaine (réf. 1976-2005) |
1,4 °C |
2,1 °C |
3,4 °C |
|
Cumul annuel de précipitations (réf. 1976-2005) |
+ 4 % |
+ 4 % |
+ 2 % |
|
Cumul estival de précipitations (réf. 1976-2005) |
- 4 % |
- 8 % |
- 19 % |
|
Températures caniculaires (température maximum supérieure à 35 °C) (réf. 1976-2005) |
+ 1,2 jour |
+ 3,1 jours |
+ 7,7 jours |
Source : Météo-France, 2024
À partir des scénarios du Giec, et dans le cadre de l'élaboration de sa politique d'adaptation au changement climatique (voir p. 79), la France a choisi depuis 2023 de retenir la trajectoire tendancielle d'évolution des températures, prenant en compte les politiques climatiques mondiales actuelles et les engagements des États. Cette trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC, voir glossaire) projette un réchauffement mondial de 1,5 °C en 2030, 2 °C en 2050 et 3 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle. Elle correspond à un réchauffement moyen de 2 °C en 2030, 2,7 °C en 2050 et 4 °C en 2100 pour la France métropolitaine.
Les conséquences pour la France peuvent être simulées pour chaque niveau de réchauffement et résumées à travers quelques indicateurs synthétiques. Par exemple, en 2050, une augmentation de la température en France métropolitaine de 2,7 °C par rapport à la période 1900-1930 provoquerait une augmentation des précipitations de 4 % sur l'année, mais une baisse de 8 % sur la période estivale. Ces chiffres sont des valeurs médianes pour l'ensemble du territoire français et peuvent donc varier, à la hausse ou à la baisse, selon les régions.
Nombre de nuits tropicales passé et futur en France métropolitaine
Source : Météo-France, 2024
Dans l'hypothèse d'un réchauffement de + 4 °C en France à l'horizon 2100 par rapport à l'ère préindustrielle (conformément à la TRACC), l'ensemble du territoire serait concerné d'ici 2100 par l'augmentation sensible du nombre de nuits dites tropicales, c'est-à-dire les nuits où la température ne descend pas sous les 20 °C. Seules les zones de montagne, la Bretagne et le littoral de la Manche resteraient quasi épargnés tandis que ces nuits tropicales pourraient survenir 40 à 50 fois par an dans la moitié Nord (autant que le maximum du littoral méditerranéen aujourd'hui), et plus d'une centaine de fois par an sur les zones les plus exposées, pourtour méditerranéen notamment.
Cycle annuel d'humidité du sol
Champ : France métropolitaine.
Source : Météo-France, 2025
La comparaison du cycle annuel d'humidité du sol sur la France entre la période de référence climatique 1961-1990 et les horizons temporels proches (2021-2050) ou lointains (2071-2100) sur le XXIe siècle (selon un scénario correspondant à la trajectoire actuelle) annonce un assèchement important en toute saison.
En termes d'impact potentiel pour la végétation et les cultures non irriguées, cette évolution se traduirait par un allongement moyen de la période de sol sec de l'ordre de 2 à 4 mois tandis que la période humide se réduirait dans les mêmes proportions. L'humidité moyenne du sol en fin de siècle pourrait ainsi correspondre aux situations sèches extrêmes d'aujourd'hui.