La tendance à la baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2024
En 2024, les émissions brutes territoriales de gaz à effet de serre (GES) de la France s’élèvent à 369 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq), soit 5,4 t CO2 éq par habitant. Deux secteurs représentent environ la moitié des émissions brutes territoriales : les transports restent les plus émetteurs (34 % des émissions) devant l’agriculture (21 %). L’industrie (17 %) et l’usage des bâtiments résidentiels et tertiaires (15 %) contribuent quasiment à parts égales.
En 2024, les émissions territoriales de GES, hors puits de carbone, continuent de diminuer (- 1,8 %), mais à un rythme plus lent qu’en 2023 (- 6,8 %). Comme en 2023, l’industrie de l’énergie est le principal secteur contributeur à la baisse (- 10,2 % contre - 16 % en 2023), du fait d’une meilleure disponibilité nucléaire et hydraulique. En revanche, la dynamique de réduction des émissions de GES fléchit fortement pour les autres secteurs. Ainsi, les émissions du secteur des transports diminuent de 1,2 % en 2024 (- 4,4 % en 2023) et celles de l’industrie manufacturière de - 1,4 % (- 10,2 % en 2023). L’usage des bâtiments contribue plus modestement à la baisse en 2024 (- 0,7 %) après une forte réduction en 2023 (- 10,7 %). Enfin, les émissions du secteur agricole diminuent légèrement (- 0,5 %), quasiment comme en 2023.
Dans le détail par type de gaz, les émissions de CO2 (hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie – UTCATF) baissent de 2,2 %, celles de méthane (CH4) d’environ 1,5 %, alors que celles de protoxyde d’azote (N2O) augmentent légèrement de 0,3 %, du fait de livraisons d’engrais plus élevées.
Après une certaine stabilité dans les années 1990 et dans la première moitié des années 2000, suivie d’une baisse irrégulière entre 2006 et 2014 puis d’une légère augmentation jusqu’en 2017, la dynamique de réduction des émissions s’est renforcée depuis 2018. La baisse importante de 2020 (- 9,2 %) liée à la crise sanitaire est suivie d’un rebond en 2021 (+ 6 %). Au total, le niveau des émissions brutes est de 32 % inférieur en 2024 à celui de 1990.
Avec en moyenne 406 Mt CO2 éq par an durant la période 2019-2023, les émissions (hors UTCATF) se situent en deçà du deuxième budget carbone ajusté de 425 Mt CO2 éq/an fixé dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone, feuille de route française visant la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Évolution des émissions de gaz à effet de serre en France
En millions de tonnes CO2 équivalent
(e) : estimations préliminaires.
Champs : périmètre « Kyoto », soit la France métropolitaine et les outre-mer appartenant à l’Union européenne.
Source : Citepa, inventaire des GES au format Secten, juin 2025
l’empreinte carbone de la France à son plus bas niveau en 2024
L’empreinte carbone mesure les émissions de GES liées à la demande finale des résidents français. Elle inclut les émissions directes des ménages (logements et véhicules), les émissions de la production nationale (hors exportations) et les émissions des activités économiques étrangères dont la production est importée via les biens et services consommés en France. En 2024, l’empreinte carbone de la France baisse de 3,4 % par rapport à 2023 (- 6,1 % entre 2022 et 2023). Elle se situe à 563 Mt Co2 éq, son plus bas niveau depuis 1990. L’empreinte carbone est de 8,2 tonnes de CO2 équivalent (t CO2 éq) par habitant en 2024, contre 9,5 tonnes en 2019 avant la crise sanitaire.
En 2024, les émissions des activités économiques françaises destinées à la demande finale intérieure s’élèvent à 180 Mt CO2 éq (32 % de l’empreinte), en baisse de 2,9 %. Celles importées (50 % de l’empreinte) reculent de 4,6 %, expliquant 70 % de la baisse totale. Enfin, les émissions directes des ménages, représentant 99 Mt CO2 éq, soit 18 % de l’empreinte carbone, sont quasi stables (- 0,6 %). Les émissions importées constituent environ 50 % de l’empreinte carbone, indiquant que la moitié des GES liés à la consommation des Français sont émis à l’étranger.
Sur le long terme, l’empreinte carbone de la France a diminué de 20 % entre 1990 et 2024 (- 32 % pour l’empreinte par habitant). Cette baisse s’explique principalement par la réduction de 39 % des émissions de la production intérieure et de 24 % de celle des émissions directes des ménages, tandis que la hausse des émissions importées a été contenue. (+ 2 %). Après avoir globalement augmenté entre 1990 et 2008, passant de 702 Mt CO2 éq à 816 Mt CO2 éq, l’empreinte carbone a ensuite reculé entre 2008 et 2024. Sur cette période, les émissions issues de la production intérieure ont baissé de 32 %, celles directement émises par les ménages de 29 %, et celles liées aux importations de 31 %. Comme pour les émissions intérieures, la crise sanitaire a provoqué une chute historique de 8,9 % de l’empreinte en 2020, suivie d’un rebond en 2021 (+ 6,8 %).
Empreinte carbone et ses composantes de 1990 à 2024
En Mt CO2 éq (axe de gauche) et en tonnes CO2 éq/hab (axe de droite)
Lecture : en 2024, l’empreinte carbone de la demande finale est de 563 Mt CO2 éq.
Notes : chaque barre représente l’empreinte carbone d’une année. Les données de 1990 à 2009 sont rétropolées à partir du calcul de l’année 2010, les données de l’année 2024 sont provisoires.
Champ : France et Saint-Martin.
Sources : Insee ; Eurostat ; Citepa ; Douanes, OCDE.Traitements : Insee ; SDES, 2025
Depuis 2000, les émissions anthropiques baissent pour une majorité de polluants atmosphériques
La dégradation de la qualité de l’air se caractérise par la présence dans l’atmosphère de gaz et de particules ayant des effets néfastes sur la santé humaine et sur l’environnement. Ces substances peuvent être rejetées directement dans l’atmosphère par des activités humaines, ainsi que par des phénomènes naturels comme les éruptions volcaniques (polluants dits « primaires »). Elles peuvent aussi se former à la suite des réactions physico-chimiques entre des polluants déjà présents dans l’atmosphère (polluants dits « secondaires »).
Sur la période 2000-2024, les émissions anthropiques ont baissé pour la majorité des polluants, à la suite des stratégies et plans d’action mis en œuvre depuis plusieurs décennies dans différents secteurs d’activité. Les émissions de dioxyde de soufre (SO2), principalement issues des activités industrielles, ont ainsi chuté de 87 %, notamment grâce à la transition vers les énergies renouvelables, la réglementation accrue des émissions des installations industrielles ainsi que de la teneur en soufre des combustibles et carburants, et l’amélioration des rendements énergétiques des installations industrielles.
Les émissions des oxydes d’azote (NOx) proviennent pour l’essentiel des processus de combustion dans les transports et dans une moindre mesure de l’industrie. Entre 2000 et 2024, elles ont baissé de 65 % malgré l’augmentation du trafic routier et l’accroissement du parc, grâce aux progrès réalisés dans le transport routier (notamment le renouvellement du parc de véhicules, l’évolution des moteurs stimulée par la réglementation européenne sur les émissions des véhicules ou encore l’équipement progressif des véhicules en pot catalytique depuis 1993).
Sur la même période, les émissions de PM10 et de PM2,5 ont diminué respectivement de 52 % et 59 % du fait des améliorations réalisées dans tous les secteurs d’activité telles que le perfectionnement des techniques de dépoussiérage dans l’industrie, l’amélioration des performances des installations de combustion de la biomasse ou de chauffage individuel au bois. Les activités du secteur résidentiel et du tertiaire (majoritairement la combustion du bois) rejettent une grande partie des PM10 et des PM2,5 primaires d’origine humaine (respectivement 46 % et 68 % en 2024).
Les émissions des composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), notamment impliqués dans la formation de l’O3, ont été réduites de 50 % depuis 2000, avec une diminution plus marquée entre 2000 et 2010. Les COVNM sont majoritairement rejetés par les activités agricoles et l’utilisation domestique et industrielle de solvants.
Émissions anthropiques de quelques polluants de 2000 à 2024
En indice base 100 des émissions en 2000
* qui est produit par des organismes vivants.
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; sur ce graphique, les émissions de PM10 et PM2,5 ne concernent que la fraction primaire, et excluent donc les particules secondaires formées dans l’atmosphère, ainsi que les émissions naturelles.
Champ : France métropolitaine
Source : Citepa, avril 2025, format Secteurs économiques et énergie
Enfin, les émissions de NH3, issues en quasi-totalité de l’agriculture (épandage de fertilisants minéraux et organiques, gestion des déjections animales en bâtiment et stockage, pâture des animaux), ont diminué de seulement 23 % depuis 2000, particulièrement entre 2018 et 2022. Ces progrès plus marqués en fin de période s’expliquent principalement par la réduction du cheptel bovin (- 8,7 % entre 2018 et 2022) et des quantités d’engrais azotés minéraux épandus en lien notamment avec la hausse des prix des engrais (- 19 % entre 2018 et 2022).
La législation européenne impose des objectifs aux États membres pour les rejets dans l’air de certains polluants, notamment la directive (EU) 2016/2284. Ce texte fixe pour chaque État membre des plafonds d’émission pour cinq polluants (SO2, NOx, COVNM, PM2,5 et NH3), à respecter pour la période 2020-2029, plafonds ensuite renforcés à partir de 2030. Ces plafonds correspondent à un pourcentage de réduction des émissions de différents polluants par rapport à 2005, année de référence. En 2023, dernière année avec des données complètes, la France respecte les objectifs fixés pour les cinq polluants visés. À titre indicatif, ces objectifs sont également respectés en 2024 (données provisoires).
En 2022, la production de déchets retrouve le niveau d’avant la crise Covid
La production de déchets induit une pression importante sur l’environnement liée non seulement à la production des produits finissant comme déchets, mais aussi aux phases « amont » que sont leur transport et traitement. L’augmentation des coûts de gestion des déchets et la saturation des infrastructures de traitement constituent d’autres enjeux de la maîtrise de la production de déchets.
En 2022, la France a produit 343 millions de tonnes de déchets, soit un niveau quasi identique à celui de 2018, avant le Covid-19, dont 333 Mt hors déchets secondaires issus du traitement (boues, résidus de tri, cendres d’incinération). Le volume total par habitant (5,1 tonnes par habitant – t/hab.) place la France au niveau de la moyenne de l’UE à 27, et même en dessous en excluant les déchets minéraux (avec 1,4 t/hab. contre 1,8).
Les déchets minéraux non dangereux issus principalement de l’activité de la construction, forment l’essentiel du gisement, à hauteur de 70 %, devant les autres déchets non dangereux (27 %) et les déchets dangereux (3 %).
Production de déchets en France, par secteur d’activité, en 2022
En milliers de tonnes
Lecture : en 2022, le total des déchets s’élève à 343 Mt dont 14 Mt de déchets non minéraux non dangereux produits par le secteur de la construction.
Note : les déchets secondaires désignent les boues issues du traitement des déchets, les résidus de tri, ainsi que les déchets de combustion provenant de l’incinération.
Source : SDES, mai 2025
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la loi Agec fixe une réduction de 5 % des quantités de déchets des activités économiques par unité de valeur produite en 2030 par rapport à 2010. Entre 2010 et 2022, la production de déchets est ainsi passée de 166 kg à 138 kg par millier d’euros de valeur ajoutée, soit une baisse de 17 % dépassant l’objectif fixé Le découplage entre création de valeur et production de déchets s’accentue, principalement grâce au secteur tertiaire, tandis que la construction demeure le plus gros producteur de déchet par unité de valeur (environ 2 000 kg/1 000 €), en raison des gravats générés.
Évolution des quantités de déchets d’activités économiques par unité de valeur produite
En indice base 100 en 2010
Source : SDES, mai 2025
Les rejets de matières organiques dans l’eau se situent à 41 Mt de DBO5
L’usage domestique ou industriel de l’eau entraîne son chargement en substances polluantes. Malgré les traitements appliqués aux eaux usées, une partie de ces polluants atteint encore les milieux aquatiques. La majorité des eaux usées domestiques sont assainies dans des stations d’épuration urbaines (STEU), tandis que les effluents des entreprises sont traités par une STEU, directement sur site ou encore chez un tiers.
Grâce aux exigences réglementaires européennes, les rejets de matières organiques ont nettement diminué depuis 20 ans. En 2025, les STEU ont émis 27,4 Mt de DBO5 après traitement, contre 13,7 Mt pour les entreprises. Outre les matières organiques, les eaux usées industrielles transportent également des métaux, solvants ou hydrocarbures. Ces rejets évalués via l’indice « Métox » proviennent majoritairement des entreprises assurant elles-mêmes leur traitement, avec 177 Mt.
Rejets de matières organiques dans l’eau par les stations d’épuration urbaines (STEU) et les entreprises industrielles de 2022 à 2024
En millions de tonnes de DBO5
Rejets de métaux dans l’eau par les stations d’épuration urbaines (STEU) et les entreprises industrielles de 2022 à 2024
En tonnes de Métox
Lecture : en 2022, les STEU ont rejeté 29,7 millions de tonnes de DBO5 après traitement. Cette même année, les STEU dont la capacité dépasse 100 000 équivalent-habitants (EH) ont rejeté 240,5 tonnes de métaux toxiques (Métox).
Note : : la demande biochimique en oxygène en 5 jours (DB05) correspond à la quantité d’oxygène consommée en 5 jours lors de l’oxydation des matières organiques ; ICPE = installation classée pour la protection de l’environnement.
Champ : France.
Source : : base de données du registre des rejets polluants des installations classées pour la protection de l'environnement (BDREP)
Traitements : SDES, 2026
Données
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