En 2024, la hausse de la production de chaleur nucléaire tire la production d'énergie primaire
En 2024, la production d’énergie primaire augmente nettement pour la deuxième année consécutive (+ 10,2 % après + 13,2 % en 2023. Avec 1 572 TWh, elle revient à son niveau de 2019 avant les crises sanitaire et énergétique. En 2024 comme en 2023, la croissance de la production primaire est à nouveau tirée par la production nucléaire (+ 14,7 % en 2023, + 12,5 % en 2024, soit 1 153 TWh) qui avait été pénalisée les années précédentes par la mise à l’arrêt de certains réacteurs. Par ailleurs, l’absence de canicules et de fortes chaleurs estivales a également moins limité le fonctionnement des centrales en 2024 que lors des deux années précédentes.
Production d’énergie primaire par énergie de 1970 à 2024
En TWh
* Y compris énergies marines.
Note : la production nucléaire correspond à la chaleur dégagée par la réaction nucléaire évaluée par convention à environ le triple de la production d’électricité obtenue au final.
Champ : jusqu’à l’année 2010 incluse, le périmètre géographique est la France métropolitaine. À partir de 2011, il inclut en outre les cinq DROM.
Sources : SDES, Chiffres clés de l’énergie – Édition 2025 ; SDES, Bilan énergétique de la France en 2024
La production primaire d'énergies renouvelables s'accroît depuis le milieu des années 2000
En 2024, en France, la production primaire d’énergies renouvelables s’élève à 388 TWh, en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente. Stable jusqu'au milieu des années 2000, la production primaire d'énergies renouvelables a doublé depuis 2005 et atteint en 2024 son plus haut niveau depuis 1990, date de début des enregistrements. Cette croissance est principalement due à l’essor de l’éolien, du photovoltaïque, des pompes à chaleur et du biogaz qui constituent 39 % de la production primaire d’énergies renouvelables en France en 2024, une part multipliée par cinq depuis 2007.
Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans l’industrie papetière) demeure la première énergie renouvelable produite en France (27,6 % de la production nationale d’énergies renouvelables). Outre le bois-énergie, les principales filières sont l’hydraulique (18,3 %), les pompes à chaleur (13,4 %), l’éolien (12,3 %), les autres filières comptant chacune pour au plus 6 %.
Production primaire d’énergies renouvelables par filière de 1990 à 2024
En TWH
* Autres : géothermie, résidus de l’agriculture et des industries agroalimentaires, solaire thermique et énergies marines.
Champ : jusqu’à l’année 2010 incluse, le périmètre géographique est la France métropolitaine. À partir de 2011, il inclut en outre les cinq DROM.
Source : SDES, Bilan de l’énergie
La baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie est à nouveau dynamique
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur de la production d’énergie se situent à 33,2 Mt CO2 éq, leur plus bas niveau depuis 1990. Les émissions reculent de 10 % par rapport à 2023, après la baisse encore plus prononcée l’année précédente (- 16 %, - 7 Mt CO2 éq entre 2022 et 2023). Ainsi, à lui seul, le secteur contribue à plus de la moitié du total de la baisse des émissions en 2024. Les émissions de la production d’électricité qui représentent 31,6 % des émissions de l’énergie en 2024 reculent de 25 % cette même année expliquant plus de 90 % de la baisse des émissions, alors même que le retour de la production nucléaire d’électricité à un niveau élevé a permis une importante hausse de la production d’électricité totale (+ 46 TWh par rapport à 2023, soit + 9 %).
Entre 1990 et 2024, les émissions de GES du secteur de l’industrie de l’énergie ont diminué de 58 %, la contribution de ce secteur au total des émissions brutes de GES nationales passant de 14 % à 9 %. Dans le détail, les émissions liées à la production d’électricité ont baissé de 75 %, celles du raffinage de 55 %, celles de l’extraction, de la transformation et de la distribution des combustibles de 75 %. Alors que la production d’électricité représentait 52 % des émissions de GES de l’industrie de l’énergie en 1990, cette part ne s’élève plus qu’à 32 % en 2024.
Répartition des émissions de GES du secteur de l'industrie de l'énergie en France
En millions de tonnes CO2 équivalent
La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique. Le budget carbone de la SNBC 2 ajusté pour ce secteur a établi un seuil de 48 Mt CO2 éq par an en moyenne sur 2019-2023 respecté par le secteur avec 42,2 Mt CO2 éq par an en moyenne sur cette période. Le projet de SNBC 3 publié en décembre 2025 propose des objectifs plus ambitieux avec un budget de 32 Mt CO2 éq par an en moyenne sur la période 2024-2028, puis 25 Mt CO2 éq sur la période 2029-2033.
La consommation d'énergie finale corrigée du climat augmente légèrement
En 2024, la consommation finale à usage énergétique est stable à climat réel à 1 499 TWh. Toutefois, corrigée du climat, elle augmente légèrement de 0,4 %. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d’énergie, la consommation finale énergétique à climat corrigé baisse de 8,4 %, soit un recul de 0,7 % par an en moyenne. Alors que la consommation finale des énergies fossiles diminue entre 2012 et 2024 de 17,1 % ainsi que celle de l’électricité (- 7,2 %), la consommation finale des énergies renouvelables et déchets croît de 37,3 %, et celle de la chaleur commercialisée de 39,8 %. La part des énergies fossiles dans la consommation corrigée du climat passe ainsi de 71,8 % en 1990 à 56,9 % en 2024, alors que celle des énergies renouvelables augmente de 7,8 % à 14,2 % et celle de l’électricité de 20,4 % à 27,2 %. La baisse de la consommation d’énergie finale corrigée des variations climatiques a permis d’atteindre l’objectif fixé par la programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2028 à - 7,5 % en 2023 par rapport à 2012 pour la France continentale (- 9,2 % réalisés).
En 2024, la consommation d'énergie de l’ensemble des bâtiments résidentiels augmente légèrement de 1,0 % par rapport à 2023 après correction des variations climatiques. La consommation d’énergies renouvelables thermiques, qui représente 28,5 % de la consommation résidentielle, augmente de nouveau (+ 1,6 % à climat corrigé), tirée à la hausse par le développement des équipements, notamment les pompes à chaleur. La consommation d’énergie à usage de transports, encore essentiellement composée de produits pétroliers raffinés, est stable (+ 0,2 %), après avoir baissé de 2,3 % en 2023. De 1990 à 2024, la part du tertiaire dans la consommation a progressé de 13 % à 15 % alors que celle de l’industrie a diminué de 24 % à 18 %. La part des transports a augmenté (de 30 à 33 %) et celle du résidentiel (30 %) est restée stable.
Consommation finale énergétique par énergie et par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
* EnR = énergies renouvelables.
** La répartition de la chaleur par secteur consommateur n’est pas disponible entre 2000 et 2006.
Champ : jusqu’à l’année 2010 incluse, le périmètre géographique est la France métropolitaine. À partir de 2011, il inclut en outre les cinq DROM.
Sources : SDES, Chiffres clés de l’énergie – Édition 2025 ; SDES, Bilan énergétique de la France en 2024
Les émissions de GES dues à la combustion d'énergie ont diminué fortement
La combustion d’énergie est la première source d’émissions de gaz à effet de serre. En France, en 2024, ces émissions représentent ainsi 68 % du total, hors UTCATF (utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) et soutes internationales. Les émissions liées à la combustion d’énergie s’établissent à 251 Mt CO2 éq en 2024 en baisse de 2,3 % par rapport à 2023 (graphique 5). Ce recul concerne l’ensemble des secteurs, en particulier l’industrie de l’énergie (- 10,3 %), à l’exception de l’agriculture (+ 3,2 %). En 2024, les transports représentent 49 % des émissions liées à la combustion d’énergie, l’industrie manufacturière et la construction 14 %, l’industrie de l’énergie 12 %, le résidentiel 13 %, le tertiaire 6 %, l’agriculture 4 %.
Après une période de relative stabilité entre 1990 et 2005, les émissions de GES dues à la combustion d’énergie diminuent depuis à un rythme annuel moyen de - 2,3 %. Entre 1990 et 2024, elles ont ainsi baissé d’environ 32 %. Si les émissions des secteurs de l’industrie manufacturière et de la construction, de l’industrie de l’énergie, du résidentiel et du tertiaire ont reculé de 40 % à 55 % sur cette période, celles de l’agriculture n’ont baissé que de 7 % tandis que celles du transport ont à peine fléchi (- 1 %). Ces dynamiques différentes expliquent la forte évolution de la répartition sectorielle des émissions. Ainsi, la part du transport a augmenté de 16 points alors que celle des émissions de l’industrie manufacturière et construction a reculé (- 3 points), ainsi que l’industrie de l’énergie (- 6 points) et le résidentiel (- 4 points). Enfin, la part de l’agriculture varie à peine (+ 1 point) de même que celle du tertiaire (- 1 point).
L’évolution du niveau de consommation d’énergie des secteurs et de leur bouquet énergétique explique largement celle de leurs émissions dues à la combustion. En effet, la consommation d’énergie finale des transports a augmenté de 15 %, leur bouquet énergétique restant très largement dominé par les produits pétroliers. À l’inverse, d’autres secteurs (résidentiel) se sont partiellement décarbonés via la baisse de la part de combustibles fossiles fortement émetteurs remplacés par des énergies renouvelables et leur électrification.
Émissions de GES liées à la combustion d'énergie par secteur
En millions de tonnes CO2 équivalent
(e) : estimation.
Note : l’année 2024 est estimée, à partir des données de l’inventaire Secten provisoire.
Champ : périmètre « Kyoto », soit la France métropolitaine et les outre-mer appartenant à l’UE.
Source : Citepa, inventaire des GES au format Secten, édition 2025
Les prélèvements d'eau douce pour le refroidissement des centrales représentent 45 % du total des prélèvements
En 2023, la production d’électricité en France métropolitaine a mobilisé 13,1 milliards de m3 d’eau douce, soit près de 45 % de l’ensemble des prélèvements d’eau douce dans le pays (hors hydroélectricité). La majorité de ces prélèvements est destinée au refroidissement des centrales thermiques, en particulier celles à circuit de refroidissement ouvert, principalement localisées sur trois grands sites nucléaires le long du Rhône (Tricastin, Saint-Alban et Bugey).
Proches de 19 milliards de m3 entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, ces prélèvements tendent à diminuer tendanciellement, notamment du fait de la diminution globale de l’utilisation des centrales thermiques « à flamme » (charbon, gaz, fioul, biomasse, etc.) qui représentaient 17 % des volumes prélevés en 2010, contre 3,4 % en 2023. L’essentiel de l’eau prélevée est restitué au milieu naturel : la consommation nette liée au refroidissement des réacteurs nucléaires représente 0,41 milliard de m3 d’eau douce en 2023, ce qui représente 11 % de la consommation totale d’eau en France. Seul 3 % de l’ensemble de l’eau douce prélevée n’est pas restitué au milieu aquatique.
L’exploitation des centrales, notamment celles à refroidissement en circuit ouvert sur les grands fleuves comme le Rhône, la Loire et la Garonne, est vulnérable aux épisodes de fortes chaleurs et aux sécheresses qui réduisent la disponibilité en eau de refroidissement. Les arrêts et baisses de puissance de certains réacteurs augmentent ainsi lors des canicules ou sécheresses, comme à l’été 2022 où la disponibilité des centrales a été affectée et où les limites réglementaires de température de rejets ont parfois été atteintes. Dans ce contexte, EDF s’emploie à renforcer le suivi des températures, adapter les seuils d’alerte, moderniser certains équipements, et revoir la gestion des rejets thermiques dans les rivières.
Données
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