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Environnement et énergie dans les foyers français en 2024

Environnement
Publié le 24/11/2025
Dans leur vie quotidienne, les Français peuvent agir en faveur de l’environnement en réduisant leur consommation d’énergie domestique. Récemment, un regain de vigilance a, par exemple, été observé en matière de sobriété énergétique, dans un contexte marqué par une augmentation des prix de l’électricité et du gaz. Même si la motivation environnementale n’est pas toujours la seule raison d’agir, ces formes d’implication individuelle reflètent pour partie l’appropriation des problèmes environnementaux par les Français. Pour autant, l’évolution des pratiques se révèle plus compliquée dès lors que la réduction des consommations d’énergie du foyer induit des investissements (rénovation énergétique, énergies renouvelables, etc.) qui peuvent s’avérer dissuasifs, notamment pour les ménages les plus modestes. point sur les résultats des dernières enquêtes réalisées sur le sujet.

Depuis les années 1990, le ministère chargé de l’Environnement mène de manière régulière des enquêtes quantitatives pour connaître les actions individuelles que les Français privilégient afin de protéger l’environnement. En suivant la prise en considération de l’environnement dans la vie quotidienne des ménages, ces enquêtes permettent de saisir les progrès et les points de blocage en la matière.

Les factures énergétiques : un sujet préoccupant

En 2024, les Français semblent moins préoccupés que les années précédentes par leur consommation d’énergie et par les dépenses qu’elle engendre. Les différents indicateurs suivis par le baromètre du médiateur national de l’énergie laissent à penser que le pic de la crise énergétique a été atteint en 2023.

Pour autant, 85 % des enquêtés continuent de considérer que la consommation d’énergie est un sujet de préoccupation important au sein de leur foyer. Plus de huit Français sur dix déclarent par ailleurs que les factures d’énergie constituent une proportion importante de leur budget domestique.

Au cours de l’hiver 2023-2024, trois quarts des enquêtés se sont résolus à restreindre leurs usages de chauffage pour réduire le montant de leurs factures. Enfin, plus d’un quart des Français affirment avoir eu du mal à payer certaines de leurs factures d’énergie au cours des douze derniers mois.

 

Opinions et pratiques en matière de consommation énergétique des ménages
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Source : médiateur national de l'énergie, baromètre énergie-info (réalisé par Becoming), 2020-2024

 

Le baromètre du médiateur national de l’énergie montre par ailleurs que les économies d’énergie sont deux fois plus fréquemment motivées par des enjeux financiers (88 %) que par des raisons écologiques (44 %). Aggravé par l’augmentation des prix de l’énergie au cours de ces dernières années, ce primat de la sobriété subie sur la sobriété choisie ne doit pas pour autant dissimuler le fait que plus de deux Français sur cinq déclarent prendre en considération les implications environnementales de leurs consommations énergétiques au quotidien.

Stabilisation des pratiques de sobriété énergétique

Dans un contexte toujours marqué par l’augmentation des prix de l’énergie (Chiffres clés de l’énergie, édition 2025, SDES, octobre 2025), 42 % des Français déclarent fin 2024 baisser systématiquement le chauffage ou la climatisation à leur domicile pour réduire leur consommation d’énergie, selon la plateforme Environnement de l’enquête de conjoncture de l’Insee auprès des ménages. C’est un recul de deux points par rapport à l’année précédente où avait été atteint le niveau le plus élevé depuis 2015.

En 2024, la part des enquêtés déclarant ne « jamais » agir de la sorte reste à son niveau le plus faible (10 %, soit 5 points de moins que la moyenne observée entre 2009 et 2022).

Les habitants de l’unité urbaine parisienne déclarent moins fréquemment agir pour maîtriser leur consommation énergétique : 30 % déclarent ne jamais baisser leur chauffage ou seulement occasionnellement, soit 7 points de plus que les enquêtés vivant hors des grandes agglomérations. Au-delà des motivations propres à chacun, il est possible qu’une partie de ces répondants vivent en appartement avec un mode de chauffage collectif, avec une moindre possibilité de maîtriser directement leur consommation.

 

Régulation thermique du logement, évolution entre 2009 et 2024
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© SDES

Source : SDES, plateforme Environnement de l’enquête de conjoncture auprès des ménages (Camme) réalisée par l’Insee, 2009-2024

Des inégalités de confort thermique dans les logements

La relation au chauffage domestique se révèle variée selon les ménages. Comme le montre la dernière enquête Logement (Les énergies de chauffage des ménages en France métropolitaine, SDES, octobre 2024), ces différences tiennent notamment au type d’équipement dont ils disposent pour se chauffer.

Première énergie utilisée pour le chauffage, l’électricité est présente chez 37 % des ménages, par le biais de radiateurs électriques (32%) ou de pompes à chaleur (5 %). Les logements de moins de 50 m² ont deux fois plus fréquemment recours à l’électricité pour se chauffer que ceux de 70 m² et plus. En revanche, les pompes à chaleur sont surreprésentées dans les maisons de plus de 130 m² (14 %, contre 3 % dans celles de moins de 80 m²). Par ailleurs, 55 % des locataires du parc privé ont recours à l’électricité pour se chauffer, soit 20 points de plus que les propriétaires.

En France, le chauffage représente deux tiers des consommations domestiques d’énergie et trois quarts des émissions de CO2 associées (Les facteurs d'évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie en France de 1990 à 2020, SDES, septembre 2022). Selon le type de chauffage, l’empreinte carbone du chauffage domestique s’échelonne entre 0,4 tonne pour les Français se chauffant à l’électricité et 3,8 tonnes équivalent CO2 pour ceux disposant d’un chauffage au fioul (L’empreinte carbone de la consommation d’énergie des ménages : le rôle central du chauffage et des véhicules thermiques, CGDD, Théma essentiel, août 2025).

Élément essentiel du confort domestique en période hivernale, le chauffage représente aussi un coût important pour les ménages. Comme le montre une étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 11 000 enquêtés [Ipsos pour RTE, 2023], un ménage sur deux déclare souffrir régulièrement (14 %) ou ponctuellement (36 %) du froid en hiver. Ce problème concerne plus particulièrement les ménages les plus modestes, les locataires, les plus jeunes, les petits logements et ceux équipés en radiateurs électriques.

 

Sensation de froid durant l’hiver au sein du logement
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© SDES

Source : RTE, étude sur les mécanismes de décision des Français en matière de consommation énergétique (réalisée par Ipsos), mai 2023

 

Dans la même étude Ipsos-RTE, trois Français sur quatre déclaraient avoir fait des efforts pour réduire leur consommation d’énergie durant l’hiver 2022-2023. Pour un tiers d’entre eux, cela avait été perçu comme difficile. Pour 79 % des enquêtés ayant fait des efforts, les raisons principales étaient d’ordre financier (faire des économies face à l’augmentation des prix de l’énergie ou plus largement face à l’inflation).

Interrogés pour savoir si leur chauffage est réglé à une température maximale de 19° C, près d’un Français sur deux (47 %) déclaraient qu’ils le faisaient déjà. 17 % affirmaient avoir commencé à le faire durant au cours de l’hiver précédent et comptaient vraiment continuer à le faire, tandis que 8 % disaient l’avoir fait ponctuellement et ne pas être certain de continuer. À l’opposé, 5 % reconnaissaient ne pas l’avoir fait, mais envisageait de le faire, alors que 13 % ne comptaient pas baisser leur température à ce niveau.

Des Français bien disposés à l’égard des énergies renouvelables

À la suite de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité domestique il y a une quinzaine d’années, de nombreuses offres d’électricité verte ont été proposées aux consommateurs. Une offre est considérée comme verte dès lors que le fournisseur peut prouver qu’une quantité d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables équivalente à la consommation des clients a été injectée sur le réseau.

Début 2023, la Commission de régulation de l'énergie (CRÉ) estimait que 6,6 millions de clients résidentiels avaient souscrit à une offre d’électricité verte, soit 21 % de l’ensemble des logements.

En mars 2025, la tarification moyenne de la centaine d’offres d’électricité verte était supérieure de 2,6 % au tarif réglementé de vente. Les moins chères étaient inférieures de 8 % à ce tarif, tandis que certaines impliquaient un surcoût de 24 % (Observatoire des marchés de détail au premier trimestre 2025, CRÉ, juillet 2025). Le niveau d’exigence de ces offres étant assez varié, l’Ademe a développé un label, VertVolt, pour identifier celles qui garantissent l’origine française de l’électricité fournie. Seules 13 offres (dont certaines des plus chères) bénéficient de ce label.

En 2024, près de trois Français sur cinq se montrent enclins à dépenser plus pour passer d’une énergie classique à une énergie renouvelable. En moyenne, ils déclarent être disposés à accepter une augmentation de 10 % de leur facture pour bénéficier d’une énergie renouvelable. Au cours des trois dernières années, la part des Français réticents vis-à-vis d’une telle hypothèse a progressé de 10 points, certainement en lien avec la hausse importante des prix de l’énergie sur la même période.

D’après l’analyse d’OpinionWay pour l’Ademe, les enquêtés de moins de 50 ans (68 %) et ceux vivant dans le quart des ménages les plus favorisés (65 %) sont les catégories qui paraissent les plus disposées à l’égard d’une augmentation du budget énergie pour profiter d’une énergie renouvelable. À l’opposé, les enquêtés plus âgés (50 %) et les plus modestes (54 %) sont plus réservés sur ce sujet, même si la moitié d’entre eux y consent.

 

Disposition à dépenser plus pour recourir à une énergie renouvelable
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Source : Ademe, baromètre Énergie (réalisé par OpinionWay), 2016-2024

 

En 2024, un Français sur trois déclare vouloir investir (certainement ou probablement) pour acquérir d’un système de production d’énergie renouvelable à son domicile au cours des douze prochains mois. Dix ans auparavant, seuls 14 % des enquêtés répondaient de même. Pour la première fois, la part des Français n’envisageant absolument pas un tel investissement est inférieure à celle des enquêtés se déclarant enclins à y recourir prochainement.

Selon l’analyse d’OpinionWay pour l’Ademe, 42 % des enquêtés de moins de 50 ans envisagent de s’équiper de la sorte, soit 19 points de plus que ceux âgés de 50 ans et plus. Ayant plus de facilité que les locataires à agir en ce sens, 36 % des propriétaires répondent également ainsi. Parmi le tiers des Français ayant affirmé leur intention d’investir prochainement dans une ou plusieurs énergies renouvelables, près de la moitié citent le solaire photovoltaïque (49 %, soit une progression de 14 points par rapport à 2014) et un quart voudraient installer un chauffage au bois (25 %), des panneaux solaires thermiques (24 %) ou de l’éolien domestique (20 %).

Parmi les deux tiers des Français qui n’envisagent pas d’investir à court terme dans des énergies renouvelables, les raisons invoquées ont évolué au fil du temps. En 2014, la question du coût était citée par 44 % des enquêtés concernés, soit 8 points de plus qu’en 2024. De même, 14 % exprimaient en 2014 un manque de confiance dans la fiabilité de ce type d’installation (8 % en 2024) et 13 % jugeaient que ces équipements étaient peu efficaces et souffraient de faibles rendements (8 % en 2024). D’autres raisons ont moins évolué au cours des dix dernières années : impossibilité technique de telles installations (14 % en 2024) ou problèmes de copropriété (13 %). Enfin, 35 % des enquêtés justifient leur incapacité à faire ce type de travaux, car ils sont locataires de leur logement.

 

Intentions d’investissement en matière d’énergie renouvelable
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Note : la formulation de la question a été modifiée en 2021 (rajout de la mention « à votre domicile ») et en 2023 (le libellé de la parenthèse était « énergie solaire, bois, géothermie… »).
Source : Ademe, baromètre Énergie (réalisé par OpinionWay), 2014-2024

Des besoins de rénovation énergétique bien identifiés

D’après le baromètre Énergie d’OpinionWay pour l’Ademe, 67 % des Français jugent en 2024 que des travaux de rénovation énergétique sont nécessaires dans leur logement, soit 10 points de plus qu’en 2017. Parmi les enquêtés ayant conscience de cette nécessité de faire des travaux, 19 % pensent effectivement en réaliser au cours des douze prochains mois, 18 % prévoient de le faire plus tard et 60 % n’envisagent pas de tels travaux à terme.

Deux principales raisons expliquent le fait de ne pas prévoir la réalisation de tels travaux à court ou long terme : le fait d’être locataire (cité par 37 % des enquêtés conscients de l’intérêt d’une rénovation énergétique, mais ne prévoyant pas de le faire au cours de l’année à venir) et le manque d’argent disponible (18 %).

 

Nécessité d’entreprendre des travaux d’amélioration énergétique dans son logement
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Source : Ademe, baromètre Énergie (réalisé par OpinionWay), 2017-2024

 

Près d’un Français sur trois estime que l’isolation des murs donnant sur l’extérieur est nécessaire dans son logement (32 %, contre 25 % en 2017). De même, 24 % des enquêtés jugent que leur toiture et leurs combles mériteraient d’être mieux isolés. Par ailleurs, 23 % pensent qu’il faudrait remplacer leur système de chauffage et 21 % qu’il serait utile de changer les fenêtres de leur logement (+ 5 points entre 2017 et 2024). L’amélioration du système de ventilation de leur domicile (18 %) et le remplacement du système de production d’eau chaude sanitaire (16 %) sont également cités comme des améliorations nécessaires.

Méthodologie

Les données présentées s’appuient sur plusieurs enquêtes réalisées par des opérateurs publics : le SDES, l’Ademe, RTE et le médiateur national de l’énergie.

  • La plateforme Environnement est un dispositif de suivi barométrique initié par le SDES en 2008. Adossée à l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages de l’Insee (dispositif Camme), cette plateforme comprend une série de 20 questions posées chaque année (au mois de novembre) à un échantillon de 1 800 individus environ représentatif de la population résidant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Les questions visent à suivre l’évolution des préoccupations et des pratiques environnementales dans la société française.
  • Le baromètre d’opinion sur les énergies renouvelables est un outil de suivi barométrique développé par l’Ademe depuis 2014. Chaque année, il permet d’interroger un échantillon représentatif de la population française (méthode des quotas) de plus d’un millier de personnes. La onzième vague de l’enquête (résultats en cours de parution) a été réalisée en ligne par OpinionWay du 4 au 7 novembre 2024.
  • Le baromètre énergie-info a été initié en 2007 par le médiateur national de l’énergie. Chaque année, un échantillon représentatif de la population de plus de 2 000 individus (méthode des quotas) est interrogé en ligne. La 18e édition du baromètre a été réalisée par Becoming du 10 au 26 novembre 2024.
  • L’étude sur les mécanismes de décision des Français en matière de consommation énergétique est un important dispositif d’enquête quantitative développé par RTE. La première étude a été réalisée en 2022. L’année suivante, une seconde édition (réalisée par Ipsos) a conduit à interroger en ligne un échantillon représentatif de 11 025 enquêtés (méthode des quotas), du 19 avril au 2 mai 2023.

Auteur : Eric PAUTARD, SDES

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