Estimation de l’empreinte carbone de 1995 à 2019

Changement climatique
Publié le 11/12/2020
En 2019, l’empreinte carbone est estimée à 663 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq), un niveau proche de celui de 2016. Les émissions associées aux importations représentent un peu plus de la moitié (54 %) de l’empreinte. Depuis 1995, l’empreinte carbone de la France a augmenté de 7 %. Les émissions intérieures ont sensiblement diminué entre 1995 et 2019 (- 25 %) tandis les émissions associées aux importations se sont nettement accrues (+ 72 %). En 2019, l’empreinte carbone par personne serait légèrement inférieure à 10 tCO2 éq. Compte tenu de l’augmentation de la population, l’évolution de l’empreinte carbone rapportée au nombre d’habitants diminue légèrement (- 5 %) entre 1995 (10,4 tCO2 éq/personne) et 2019 (9,9 tCO2 eq/personne). En 2019, l’empreinte carbone serait composée pour 74 % de CO2, 20 % de CH4 et 6 % de NO2.

AVERTISSEMENT

Les estimations pour les années 1995 à 2016 résultent d’un calcul détaillé fondé notamment sur l’exploitation des tableaux entrées/sorties de la France et de l’Union européenne. En raison de l’indisponibilité de ces sources pour les années les plus récentes, les estimations relatives aux années 2017 à 2019, qualifiées d’« estimations provisoires », se fondent sur un ensemble de données plus restreint à partir desquelles sont estimées des évolutions de l’empreinte par rapport à son niveau de 2016. Les estimations d’empreinte fondées sur des estimations provisoires peuvent donner lieu à des révisions sensibles lorsque les données détaillées deviennent disponibles. Les années 2015 et 2016 ont ainsi été révisées à la baisse par rapport aux « estimations provisoires » antérieures. Dans le prolongement du rapport du Haut conseil sur le climat d'octobre 2020 sur l'empreinte carbone, une expertise de la méthodologie de calcul de l'empreinte est en cours. Cette expertise pourrait conduire à une révision de la série de l’empreinte à l'automne 2021.

En 2019, l’empreinte carbone est estimée à 663 millions de tonnes équivalent CO2, un niveau proche de celui de 2016

Les émissions associées aux importations représentent un peu plus de la moitié (54 %) de l’empreinte. Elles proviennent :

  • des biens et services importés et destinés à la demande finale intérieure (155 Mt CO2 éq) ;
  • des matières premières ou des produits semi-finis importés et consommés par l’appareil productif intérieur (203 Mt CO2 éq).

Le reste de l’empreinte carbone (46 % en 2019) est composé d’émissions intérieures :

  • 114 Mt CO2 éq émises directement par les ménages ;
  • 193 Mt CO2 éq associées à la production intérieure de biens et services destinées à la demande finale française hors exportations.

 

Depuis 1995, l’empreinte carbone de la France a augmenté de 7 %. Les émissions intérieures ont sensiblement diminué entre 1995 et 2019 (- 25 %) tandis les émissions associées aux importations se sont nettement accrues (+ 72 %). Après une forte progression entre 1995 et le milieu des années 2000, le niveau de l'empreinte amorce une décroissance sur la dernière décennie.

 

En 2019, l’empreinte carbone par personne serait légèrement inférieure à 10 tCO2 éq. Compte tenu de l’augmentation de la population, l’évolution de l’empreinte carbone rapportée au nombre d’habitants diminue légèrement (- 5 %) entre 1995 (10,4 tCO2 éq/personne) et 2019 (9,9 tCO2 éq/personne). Entre 1995 et 2005, l’empreinte carbone par personne a augmenté, avoisinant 12 tCO2 éq au milieu de la décennie 2000, avant d’amorcer une décroissance.

Graphique 1 – L’empreinte carbone selon l’origine des émissions

Sources : Citepa, Eurostat, Insee, Douanes, AIE, FAO - © Traitement : SDES, 2020.

(e) = estimations provisoires.

Note : l'empreinte carbone et l'inventaire national portent sur les trois principaux gaz à effet de serre : le CO2, le CH4 et le N2O ; données non-corrigées du climat.

Champ : France et Drom (périmètre Kyoto).

 

En 2019, l’empreinte carbone serait composée pour 74 % de CO2, 20 % de CH4 et 6 % de NO2.

Graphique 2 – L’empreinte carbone par type de substances

Sources : Citepa, Eurostat, Insee, Douanes, AIE, FAO - © Traitement : SDES, 2020.

e) = estimations provisoires.

Champ : France et Drom (périmètre Kyoto). Données non-corrigées du climat.

Comparaisons européennes

L’OCDE calcule une empreinte carbone, en s’appuyant cependant sur un périmètre de GES plus restreint (CO2 énergétique uniquement) que celui de l’indicateur français (CO2, CH4, N2O). La méthodologie de calcul de l’empreinte n’est pas non plus identique à celle de la France.

Selon les estimations de l’OCDE, en 2015 (année la plus récente disponible), l’empreinte carbone de la France (6,9 tonnes de CO2/habitant) est inférieure à la moyenne européenne (7,8 tonnes de CO2/habitant). En 2015 l’empreinte carbone de l’Allemagne calculée par l’OCDE était de 10,4 tonnes de CO2/habitant et la moyenne mondiale s’établissait à 4,4 tonnes de CO2/habitant.

 

Graphique 3 – Comparaison internationale d’empreintes en 2015

(CO2 d’origine énergétique seulement)

Source : OCDE 2020 - © Traitement : SDES 2020.

À l'échelle mondiale, l'empreinte est égale au total des émissions.

Champ : émissions de CO2 d'origine énergétique uniquement.

Sources de données et méthodologie

Les modalités de calcul de l’empreinte carbone ne sont, pour l’instant, ni normées ni standardisées à l’échelle internationale, même si l’approche développée par le Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique s’appuie sur une méthodologie mobilisée par la plupart des organismes statistiques internationaux.

Le calcul de l’empreinte de l’empreinte couvre le CO, le CH et le NO qui représentent 96 % (en équivalent CO2) des sept GES pris en compte par le protocole de Kyoto. Le champ géographique porte sur la France métropolitaine et les outres-mers (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte et Saint-Martin), soit le « périmètre Kyoto ».

L’empreinte est calculée à partir d’une méthode d’analyse input-output étendue à l’environnement, promue par Eurostat et l’OCDE. Elle permet d’exprimer un niveau d’émissions en fonction de la demande finale. L’empreinte carbone est calculée pour l’ensemble des composantes de la demande finale intérieure (consommation des ménages, des administrations publiques, des institutions sans but lucratif au service des ménages et la formation brute de capital fixe).

 

  • Pour les années 1995, 2000, 2005, 2010 à 2016 : l’empreinte carbone résulte d’un calcul détaillé fondé sur la combinaison de tableaux entrées/sorties symétriques (TES symétriques) de la Comptabilité nationale avec des comptes environnementaux d’émissions de GES ventilés par branches d’activités (Naméa-Air) selon la nomenclature d’activités économiques française (NAF).
    Les émissions de GES associées aux importations résultent du calcul input/output précité appliqué aux données économiques et environnementales de l’UE-28. Les conditions de production des pays exportateurs sont estimées par zones géographiques : UE-28, Asie, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique, Japon, Océanie, Moyen-Orient. Les émissions de GES des pays hors UE-28 résultent d’un ajustement des intensités en émissions des différentes branches d’activités des différentes zones exportatrices comparées à celles de l’UE-28 (intensité en CO2 du kWh pour la production d’électricité, intensité en CH4 ou N2O de la valeur ajoutée de l’agriculture, et intensité en CO2, CH4 et N2O du PIB pour les autres branches d’activités, sources AIE et FAO).
    Les statistiques d’importations françaises par branches d’activités et par pays exportateurs permettent de ventiler les émissions importées en fonction de leur zone géographique d’origine.

 

  • Pour les années 2017 à 2019 : l’empreinte carbone fait l’objet d’une « estimation provisoire » en raison de l’indisponibilité des tableaux entrées/sorties pour les années récentes. En 2020, cette méthode d’estimation provisoire a été affinée pour mieux tenir compte de l’évolution de l’intensité en GES des économies. L’estimation se fonde ainsi sur les évolutions en valeur de la demande finale, des importations et de l’intensité en émissions de la production de la France et l’UE-28. Les évolutions de la demande et des importations sont ventilées en 64 branches pour 2017 et 2018 et en 38 branches pour 2019. Pour 2019, seules sont disponibles des estimations agrégées relatives aux intensités d’émission pour la France ; pour l’UE, ce sont les données relatives aux intensités d’émission de l’année 2018 qui sont appliquées. Pour ces estimations, la structure de l’appareil productif national et celle des pays exportateurs (coefficients techniques des branches d’activités) sont celles issues du dernier calcul détaillé, soit 2016. Les estimations d’empreinte reposant sur des estimations provisoires peuvent donner lieu à des révisions sensibles lorsque les données détaillées deviennent disponibles.

 

Dans le prolongement du rapport du Haut conseil sur le climat d'octobre 2020 sur l'empreinte carbone, une expertise de la méthodologie de calcul de l'empreinte est en cours. Cette expertise pourra conduire, le cas échéant, à une révision de la série de l’empreinte à l'automne 2021.

Comparaison de l’empreinte carbone avec l’inventaire national

Deux méthodes complémentaires permettent d’apprécier les pressions d’un pays sur le climat :

> les inventaires nationaux qui calculent des quantités de GES physiquement émises à l’intérieur du pays (approche territoriale) par les ménages (voitures et logements) et les activités économiques (consommation d'énergie fossile, procédés industriels et émissions de l'agriculture) ;

> l’empreinte carbone qui est un calcul des GES induits par la demande finale intérieure du pays (consommation finale et investissements).

> Pour en savoir plus, consulter la publication " Chiffres clés du climat – France, Europe et Monde – édition 2021, CGDD, décembre 2020, pp. 28-29."

Données

Consulter les données détaillées sur le calcul de l'empreinte carbone.

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