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Évolutions de la ressource en eau renouvelable en France métropolitaine de 1990 à 2018

Environnement
Publié le 23/06/2022
Les tendances d’évolution du volume d’eau douce renouvelable et des facteurs qui la constituent sont analysées pour la France métropolitaine et ses 34 sous-bassins. Sur la période 1990-2018, l’évolution du volume annuel est marquée par une baisse à partir de 2002 sur le territoire métropolitain et une hétérogénéité territoriale selon les sous-bassins. Entre 1959 et 2018, le changement le plus remarquable est l’augmentation de l’évapotranspiration à l’échelle annuelle et saisonnière : cette hausse s’observe dans la majorité des sous-bassins en automne et en hiver et dans tous les sous-bassins au printemps. Sur cette période, le volume annuel d’eau douce renouvelable qui provient des précipitations décroît dans 41 % des sous-bassins, presque tous situés dans le sud de la France. Les territoires les plus fragiles vis-à-vis de l’accès à l’eau pour ses différents usages se situent majoritairement dans l’ouest de la France.

Données clés

Découvrez les principaux chiffres relatifs aux évolutions de la ressource en eau.

Source : - © SDES, 2022

La ressource en eau renouvelable, c'est la totalité de l'eau douce qui entre sur un territoire par le cycle naturel de l'eau : les cours d'eau et les précipitations qui ne retournent pas à l'atmosphère.

Tous les indicateurs de cette infographie sont exprimés et basés sur les moyennes annuelles sur la période 1990-2018.

Moins de la moitié des eaux de pluie deviennent une ressource en eau renouvelable.

La pluviométrie annuelle est de 930 millimètres. En enlevant l’évapotranspiration, la ressource en eau renouvelable disponible est de 380 millimètres et se compose de 94 % d’eau de pluie et de 6 % provenant des cours d’eau entrant sur le territoire.

Entre les périodes 1990-2001 et 2002-2018, la ressource en eau renouvelable a diminuée de 14 % (la moyenne annuelle passant de 229 milliards à 197 milliards de mètres-cube)

Sur 49 % du territoire, il pleut moins en automne (période de réalimentation des nappes d'eau souterraine)

Entre 1959 et 2018, l'évapotranspiration a augmentée à toutes les saisons sur :

  • 56 % du territoire en automne
  • 76 % du territoire en hiver
  • 100 % du territoire au printemps
  • 29 % du territoire en été

 

Plus de 30 % du territoire est touché chaque année par des restrictions d'usages de l'eau entre 2017 et 2020.

Résumé

— Comment définir la ressource en eau renouvelable ?

L’eau renouvelable apportée sur un territoire par le cycle naturel de l’eau a deux origines : premièrement, l’eau douce apportée par les cours d’eau entrant sur ce territoire ; deuxièmement, la fraction des précipitations qui ne retournent pas à l’atmosphère par évaporation ou transpiration des végétaux et rejoignent alors les eaux superficielles (cours d’eau, lacs, etc.) et souterraines (nappes d’eau). Une partie de cette eau renouvelable est accessible à des fins d’utilisations domestiques, industrielles, agricoles ou encore de transport et de loisirs. Une grande partie n’est cependant pas exploitable pour les usages humains, car elle est nécessaire au bon fonctionnement des milieux aquatiques et des nappes d’eau souterraine, ainsi qu’aux conditions de vie des végétaux et des animaux qui en dépendent. La ressource en eau renouvelable analysée ici mesure la totalité de l’eau douce qui parvient sur un territoire sur une période donnée, conformément à la définition retenue par l’Agence européenne pour l’environnement.

— Comment évolue la ressource en eau renouvelable annuelle en France métropolitaine ?

À l’échelle de la France métropolitaine, le volume moyen de la ressource en eau renouvelable annuelle diminue de 14 % entre la période 1990-2001 et la période 2002-2018. Cette baisse s’explique par la réduction du volume des précipitations nettes de l’évapotranspiration (flux interne), qui constitue 94 % de la ressource au niveau national. Au niveau des sous-bassins, le volume de la ressource en eau renouvelable varie fortement selon qu’il existe un apport d’eau par les territoires situés en amont (flux entrant) ou que la ressource n’est constituée que par le flux interne. La moitié des sous-bassins bénéficie d’apports d’eau, et dans deux tiers des cas, sa part est prépondérante. Sur la période 1990-2018, la ressource en eau reste stable dans 60 % des sous-bassins, augmente dans 17 % et diminue dans 23 %. La baisse s’observe majoritairement dans la partie sud-ouest de
la France métropolitaine, et elle est généralement expliquée par une diminution des précipitations. Sur une durée deux fois plus longue (1959-2018), une baisse du flux interne est constatée pour 45 % des sous-bassins, presque tous localisés dans la moitié sud de la France. Le phénomène explicatif prédominant est l’évolution à la hausse de l’évapotranspiration, couplée à une réduction des précipitations dans certains sous-bassins.

— Quels changements saisonniers sont observés ?

Selon la saison, la part des précipitations qui atteint la surface terrestre bénéficie préférentiellement aux cours d’eau, aux nappes ou à la végétation. Chacun de ces compartiments sera donc affecté différemment par un changement saisonnier des composantes de la ressource en eau. Sur la période 1990-2018, les volumes de précipitation, d’évapotranspiration et de flux entrants varient peu en hiver, au printemps et en été. En revanche, en automne, une diminution des précipitations est observée pour de nombreux sous-bassins de la moitié sud du territoire métropolitain, tandis qu’une hausse de l’évapotranspiration est constatée jusqu'aux années 2000-2006 dans plusieurs sous-bassins du nord de la France. Les flux entrants sont également
majoritairement en baisse. Sur la période 1959-2018, une tendance à la hausse de l’évapotranspiration ou une augmentation de sa valeur moyenne est constatée pour 19 sous-bassins en automne, 24 en hiver, tous les sous-bassins au printemps et 9 en été.

Dans quels territoires s’observent les tensions liées à l’insuffisance de la ressource en eau ?

La France métropolitaine est bien pourvue en eau douce renouvelable. Cependant, des manques peuvent survenir localement et temporairement, entraînant des tensions pour le partage de la ressource selon ses utilisations. L’évolution des composantes de la ressource en eau et/ou les effets de l’exploitation de cette ressource peuvent se faire ressentir sur les volumes écoulés à l’aval des grands bassins. Ainsi, une baisse de volume écoulé annuellement est observée à l’aval du bassin de la Garonne sur la période 1990-2018, concomitante à une diminution de la pluviométrie. Partout en France, l’eau est moins abondante en été, alors que les besoins augmentent, notamment pour l’irrigation des cultures. Lorsque des pénuries d’eau sont prévisibles, des mesures de restrictions temporaires et graduelles sont déclenchées par les préfets pour préserver les besoins prioritaires, dont ceux du milieu aquatique. Les mesures de crise entraînent des interdictions d’usage de l’eau. Sur la période 2012-2020, le sud-ouest de la France connaît des mesures de restrictions de niveau « crise » fréquentes.

Données

Des données associées sont téléchargeables sous forme de fichiers Excel.

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