La formation initiale désigne la première formation obtenue au terme d’un cycle d’étude. Précisément, il s’agit du premier programme d’études conduisant à l’exercice d’un métier. Elle est dite « initiale » dans le sens où elle vise l’acquisition de compétences par une personne qui n’a jamais exercé de métier, en l’occurrence celui pour lequel elle désire se préparer. En France, l’instruction est obligatoire dès l’âge de 3 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle se distingue de la formation continue qui permet aux personnes déjà insérées dans la vie active d’acquérir des compétences en vue d’une adaptation à l’évolution de leurs métiers ou d’un changement d’orientation professionnelle.
Les modules d'enseignement liés à l’environnement occupent une part croissante dans les programmes de formation initiale, au lycée, à l’université et en école d’ingénieur. Dans le supérieur, ces modules s’inscrivent dans une volonté de favoriser la sensibilisation de tous les étudiants aux grands enjeux de la transition écologique à la suite des recommandations de la Convention citoyenne sur le climat.
Les résultats présentés ici concernent, d’une part, les élèves et étudiants inscrits en dernière année d’une formation initiale dans le champ de l’environnement et, d’autre part, les certifications professionnelles délivrées en formations continues en lien avec la transition écologique. Sur le champ de la formation initiale, les effectifs sont regroupés, selon le contenu des formations, dans six domaines environnementaux liés à : l’aménagement du territoire, l’énergie, la protection de la nature, la prévention des pollutions et des risques, la gestion sociétale de l’environnement et l’hygiène-sécurité-santé-environnement (HSSE). Sont classées en formations non environnementales, toutes les formations qui n’appartiennent pas aux six domaines environnementaux.
Une offre riche de formations initiales et continues en environnement
À la rentrée 2022-2023, près de 250 diplômes, en formation initiale, sont recensés en France dans l’ensemble des six domaines environnementaux. Ils représentent 14 % de l’ensemble des diplômes, toutes formations confondues sur le champ considéré. La répartition de ces diplômes entre les régions dépend du nombre d’habitants et de la spécificité des écoles et universités dans chaque région ou encore des caractéristiques des activités économiques du territoire. De façon générale, en matière d’effectifs totaux (environnementaux ou non) rapportés au nombre d’habitants, une relative homogénéité est observée dans les régions métropolitaines (de 15 à 19 étudiants pour 1 000 habitants), à l’exception de l’Ile-de-France (22) qui concentre de nombreux établissements d’enseignements supérieurs, et la Corse (10) en raison de son caractère insulaire proche de la France métropolitaine. Les régions ultramarines présentent des ratios plutôt élevés (17 à 21). Concernant la part des étudiants suivant des formations environnementales, les régions métropolitaines présentent des taux relativement homogènes (8 à 12 %, la moyenne se situant à 10 %). Les régions d’outre-mer se distinguent avec des pourcentages plus élevés (14 à 20 %), sauf Mayotte.
À ces diplômes, s’ajoute une offre de formation continue certifiante, dont le suivi statistique par le réseau des Carif-Oref sur le champ environnemental a commencé en 2025. Près de 4 500 sessions de formations certifiantes (dont 3 000 de niveau Bac) sont disponibles en France dans 1 300 établissements formateurs différents, fin 2025.
Répartition de l’offre de formation et des effectifs inscrits par région, en 2023
(*) Les effectifs de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française ne sont pas inclus dans le tableau.
Lecture : à la rentrée 2022-2023, 7 000 élèves et étudiants sont inscrits en dernière année d'une formation initiale environnementale en Bretagne. 30 % des diplômes environnementaux recensés en formation initiale sont disponibles en Bretagne (250 au total en France, la même année). En octobre 2025, 256 sessions de formations certifiantes sont disponibles en Bretagne.
Note : les effectifs sont arrondis au millier près. La somme des effectifs de chaque région diffère ainsi de l'effectif total arrondi.
Champ : France, diplômes délivrés par les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
Sources : Insee ; Céreq, ministère chargé de l’Enseignement supérieur ; réseau des Carif-Oref. Traitements : SDES, 2025
Ces formations concernent divers domaines tels que la gestion de la ressource en eau, la conservation du littoral, la gestion des rivières et forêts, le droit de l’environnement, les énergies renouvelables, etc.
Le domaine de l’énergie, qui regroupe les formations qui concourent à la maîtrise de la consommation des énergies, ainsi qu’à l’essor des énergies renouvelables (EnR), est le premier domaine en nombre de diplômes en formation initiale (30 % contre 9 % en 2008). Cette évolution pourrait être corrélée aux politiques publiques d’aide au développement des EnR et à la rénovation énergétique des bâtiments. On retrouve une évolution similaire sur les effectifs formés aux métiers de l’énergie en formation initiale.
La protection de la biodiversité et la prévention des pollutions, qui étaient les deux premiers domaines en 2008, restent parmi les plus importants avec chacun un quart du nombre de diplômes à la rentrée 2022-2023. Les domaines de l’aménagement du territoire, HSSE et la gestion sociétale de l’environnement concentrent 22 % des diplômes contre 33 % en 2008.
Pour chaque diplôme en formation initiale, un indicateur mesurant le poids des modules d’enseignements environnementaux est calculé. Il vise à mesurer le poids que représente l’environnement dans l’ensemble des modules. Cette répartition peut varier d’une formation à l’autre et selon les domaines d’études. Dans l’ensemble des six domaines, 41 % des diplômes référencés sont à dominante environnementale (au sens où plus de 50 % des modules d'enseignement relèvent de l'environnement) ; 31 % sont modérément à dominante environnementale et 28 % le sont faiblement.
Les diplômes liés au domaine de la protection de la biodiversité et à celui de la gestion sociétale de l’environnement ont les proportions d’enseignement à « dominante environnementale » les plus élevées (respectivement 63 % et 62 %). Bien qu’ayant le plus de diplômes, les formations du domaine de l’énergie contiennent 31 % de cours à « dominante environnementale ». Cela s’explique par la diversité des enseignements dans les parcours de formation du domaine de l’énergie. En effet, en plus de la connaissance des mécanismes et des enjeux environnementaux, la maîtrise des nouvelles technologies et les pratiques informatiques sont également enseignées.
Une hausse des effectifs en formation initiale environnementale en dix ans
En 2012, 93 000 élèves et étudiants préparaient un diplôme dans le champ de l’environnement. Dix ans après, ils sont près de 114 000. Cette évolution résulte en grande partie de l’augmentation des effectifs au sein des formations de niveau Bac+4 et plus (24 000 inscrits en 2012 contre 39 000 en 2023) et celles de niveau inférieur au Bac (7 000 inscrits en 2012 contre 12 000 en 2023).
Répartition des effectifs inscrits en dernière année d’une formation initiale environnementale, par domaine environnemental
En %
Lecture : à la rentrée 2012-2013, 27 % des effectifs inscrits en dernière année d’une formation initiale environnementale préparent un diplôme dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. Ils représentent 30 % en 2022-2023.
Champ : France, diplômes délivrés par les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
Source : Céreq, ministère chargé de l’Enseignement supérieur. Traitements : SDES, 2025
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution. À la rentrée scolaire 2012-2013, la liste des formations environnementales s’est enrichie de quatre nouveaux bacs technologiques liés notamment à la mention technologie de l’industrie et du développement durable. En 2018-2019, de nouveaux diplômes d’ingénieurs ont été intégrés à la liste des formations environnementales, suivis de la réforme des diplômes du supérieur selon la nomenclature simplifiée de l'offre de formation dans l'enseignement supérieur. En plus de l’évolution du nombre de diplômes dans ces domaines, l’amélioration du niveau d’attractivité (accessibilité à l’emploi, niveau de salaire dans l’emploi, etc.) de ceux-ci peut être un facteur explicatif.
Avec près d’un tiers des effectifs en 2022-2023, les formations liées à la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables attirent le plus les élèves et étudiants préparant un diplôme en formation initiale environnementale (30 % des effectifs inscrits). Le domaine de la protection de la nature arrive en seconde position avec 28 % des effectifs inscrits.
En 2023, la part des femmes inscrites en dernière année d’une formation initiale environnementale demeure minoritaire (31 % contre 53 % pour l’ensemble des formations, tout domaine confondu). Au sein des formations environnementales, les femmes s’orientent en majorité vers des diplômes de l’enseignement supérieur. En effet, elles sont seulement 2 % à préparer un diplôme de niveau inférieur au Bac, tandis que 70 % d’entre elles préparent un diplôme de niveau Bac+3 et plus.
Les hommes sont plus présents dans les domaines de l’énergie et de la prévention des pollutions. En effet, les femmes représentent seulement 10 % des effectifs du domaine de l’énergie et sont, à l’inverse, présentent à 58 % dans le domaine de l’hygiène-sécurité-santé-environnement et à 48 % dans celui de la gestion sociétale de l’environnement.
Répartition des effectifs inscrits en dernière année d’une formation initiale en environnement, par sexe, à la rentrée 2022-2023
En %
Lecture : à la rentrée 2022-2023, dans l’ensemble des formations initiales environnementales, 31 % de femmes sont inscrites en dernière année.
Champ : France, diplômes délivrés par les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
Source : Céreq, ministère chargé de l’Enseignement supérieur. Traitements : SDES, 2025
Prévention et réduction des pollutions, nuisances et risques : lutte contre les pollutions (eau, air, sols, déchets, nuisances sonores), gestion des déchets, traitement de l’air, des eaux usées, prévention et gestion des risques environnementaux, naturels et technologiques, chimie environnementale, écotechnologies, éco-conception et études d’impact (normes Iso 14001), éco-toxicologie, génie civil appliqué à l’environnement…
Protection de la nature, gestion et étude des milieux et des équilibres écologiques : protection de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces naturels, des ressources naturelles, protection et gestion des milieux naturels (eau, air, sols, forêt, littoral…), écologie, géosciences…
Maîtrise de l’énergie et énergies renouvelables : efficacité et performance énergétique, isolation thermique, maîtrise de l’énergie, énergies renouvelables, génie énergétique et climatique, écoconstruction, habitat à haute qualité environnementale (HQE), bilans carbone et énergétique…
Aménagement du territoire et cadre de vie : travaux paysagers, aménagement urbain et paysager des territoires, développement urbain durable, ville durable, mobilité durable, éco-tourisme, géographie environnementale…
Hygiène, sécurité, santé, environnement : décontamination, hygiène, entretien et propreté des locaux (prévention et traitement des biocontaminations), diagnostics qualité, sécurité, environnement (QSE).
Gestion sociétale de l’environnement : aspects économiques, réglementaires et sociaux de l’environnement (droit de l’environnement, économie de l’environnement, fiscalité et politiques environnementales, sociologie de l’environnement…, conseil en environnement, marketing environnemental, communication environnementale, développement durable, responsabilité sociale et environnementale (RSE…).
Données
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