Au niveau français comme européen, des actions assorties d’objectifs sont définies pour accélérer le changement des modèles de production et de consommation. Une sélection d’indicateurs, couvrant les sept piliers de l’économie circulaire, vise à rendre compte de la circularité de l’économie française. Ces indicateurs sont détaillés ici et accompagnés, autant qu’il est possible, de comparaisons internationales permettant de positionner la France vis-à-vis de ses voisins européens.
Date de dernière mise à jour : 21 septembre 2026
Mise à jour des sections :
Éco-conception dont brevets et écolabel
Allongement de la durée d'usage : réparation
Les 7 piliers de l’économie circulaire
L’économie circulaire repose sur une consommation sobre et responsable des ressources naturelles, et notamment des matières premières. Il est usuel de décrire l’économie circulaire en trois domaines d’action (offre des acteurs économiques, demande et comportement des consommateurs et gestion des déchets) et sept piliers : extraction/exploitation et achats durables, éco-conception, écologie industrielle et territoriale, économie de la fonctionnalité, consommation responsable, allongement de la durée d'usage et recyclage des déchets).
Trois indicateurs de suivi relatifs au pilier "extraction/exploitation et achats durables".
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
La demande de biens et services par les acteurs économiques sur le territoire national impose d’extraire des matières premières de ce territoire et d’importer les matières premières qui ne peuvent être produites localement.
La somme des flux de matières extraites du territoire et importées, réduite des flux de matières exportées, constitue la consommation intérieure de matières (DMC, Domestic Material Consumption). Elle correspond à la quantité de matières directement consommée par la population présente sur le territoire pour ses besoins propres. Cet indicateur fait partie des cibles relatives aux objectifs de développement durable 2030, définies par l’Organisation des Nations unies (ONU).
Objectif
Comme le mentionne l’article 74 de la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la France « vise à une diminution de sa consommation intérieure de matières par habitant ».
Tendance
Entre 1990 et 2023, la consommation intérieure de matières par habitant (DMC) en France a baissé, passant de 14,3 t/hab. en 1990 à 11,9 t/hab. en 2023. Entre 1990 et 2008, la DMC s’est maintenue à un niveau élevé, avec une moyenne de 13,7 t/hab. avant de chuter en 2009 (- 11 %) puis de poursuivre sa baisse jusqu’en 2016, atteignant son plus bas niveau (10,6 t/hab.) dans un contexte de moindre dynamisme du BTP et de morosité de l’économie en général. Elle se redresse entre 2017 et 2019 (12,7 t/hab.) avant de chuter en 2020 (- 10 %) en raison de l’arrêt de l’activité lié à la pandémie de Covid-19, ramenant la DMC à 11,4 t/hab. Après le net rebond en 2021 (+ 8 %), la DMC se stabilise juste au-dessous de 12 t/hab., soit un niveau nettement inférieur à celui d’avant 2008 et à la moyenne européenne 13,5 t/hab.
Constituée pour moitié de matériaux de construction (graviers et sables, granulats) nécessaires à la réalisation des infrastructures de transport et des bâtiments, son évolution reflète en large partie celle du BTP, dont le rythme de croissance est plus modéré depuis la crise de 2008, après un très fort dynamisme au début des années 2000.
Évolution de la consommation intérieure de matières par habitant en France
Indice base 100 en 1990
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2023, la consommation moyenne européenne de matières s’établit à 13,5 t/hab.
Les pays européens à plus forte consommation de matières par habitant sont la Finlande (40 t/hab.), puis la Roumanie avec près de 30 t/hab. Les taux les moins élevés sont observés aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne, entre 8 et 9 t/hab.
Consommation de matières dans l’Union européenne (UE27) en 2023
En tonnes par habitant
Notes : la consommation de la France calculée par Eurostat est légèrement différente de celle calculée par le SDES. Source : Eurostat. Traitements : SDES, 2025
Contexte et définition
La productivité matières est le ratio rapportant le produit intérieur brut (PIB) en volume à la consommation intérieure de matières (DMC, Domestic Material Consumption).
Cet indicateur permet de mesurer la transition vers un système économique plus économe en ressources. Un ratio plus élevé au fil du temps indique un découplage progressif avec une croissance économique plus élevée obtenue conjointement à une consommation moindre de ressources. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la hausse de cet indicateur : évolution des structures économiques vers des activités moins intenses en ressources (services notamment), innovation dans les processus de production, déplacement des activités d'extraction à l'étranger, entre autres.
Objectif
La France a pour objectif de découpler progressivement la croissance de sa consommation de matières premières. L’article 74 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 fixe comme objectif une hausse de 30 %, de 2010 à 2030, du rapport entre son PIB et sa consommation intérieure de matières (productivité matières).
Tendance
La productivité matières en France a nettement augmenté entre 1990 et 2023, passant de 1,88 à 3,18 euros par kilogramme de matières consommées, soit une hausse de près de 70 %. Ainsi, générer 1 € de richesse supplémentaire nécessitait 532 grammes de matières (1/1,88) en 1990, alors qu’en 2023, il n’en faut plus que 314 grammes. L’objectif fixé pour 2030 est de 3,42 €/kg.
Les deux crises récentes ont eu des effets opposés sur la productivité matières. La crise financière de 2007-2008 a provoqué une forte baisse de la consommation de matériaux, en particulier dans le secteur de la construction. Cette baisse a été nettement plus marquée que celle du PIB. En conséquence, la productivité matières s’est nettement améliorée. À l’inverse, la crise liée au Covid-19 a entraîné un recul bien plus brutal du PIB que celui de la DMC. Cette dernière a résisté grâce au maintien de la consommation de matériaux de construction et de biomasse. Ainsi, contrairement à 2007-2008, la productivité matières s’est dégradée.
Évolution de la productivité matières en France
En indice base 100 en 1990
* La consommation intérieure apparente de matières agrège, en tonnes, les combustibles fossiles, les produits minéraux et agricoles, extraits du territoire national (métropole et DOM) ou importés sous forme de matières premières ou de produits finis, moins les exportations. ** En volume, prix chaînés base 2020. Sources : Agreste/SSP ; Douanes françaises ; Insee ; Citepa. Traitements : SDES, 2025
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2023, la productivité matières moyenne dans les pays européens est de 2,31 €/kg.
Les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Italie se distinguent par une productivité matières particulièrement élevée : ils génèrent une forte valeur économique tout en consommant relativement peu de ressources. Cette performance reflète des économies davantage tournées vers les services, les technologies ou les secteurs à haute valeur ajoutée.
À l’inverse, des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, la Lettonie ou la Pologne présentent des niveaux de productivité matières plus faibles. Leur profil économique, plus axé sur l’industrie ou l’agriculture, implique une consommation matérielle plus intense par unité de PIB.
Productivité matières dans l’Union européenne (UE27) en 2023
En €/kg
Note : la productivité matières de la France calculée par Eurostat n’est pas la même que celle calculée par le SDES : la série du PIB d’Eurostat est en volume aux prix de l’année précédente chainés base 2015 alors que celle de l’Insee est en volume aux prix de l’année précédente chainés base 2020. Pour la consommation de matières, la valeur en 2022 est aussi légèrement différente. Source : Eurostat. Traitements : SDES, 2025
Pour mesurer la pression environnementale sur les matières réellement exercée par un pays, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des matières premières mobilisées pour satisfaire la consommation finale de ce pays, c’est-à-dire les matières directement contenues dans les produits consommés, mais aussi les matières nécessaires à leur fabrication, intérieure ou importée.
C’est l’objectif de l’empreinte matières. Exprimé en « équivalent matières premières », cet indicateur fait partie des cibles relatives aux objectifs de développement durable 2030 définies par l’ONU.
Objectif
Le 8e programme d’action général de l’Union européenne (UE) pour l’environnement, adopté par le Parlement européen et le Conseil en mars 2022, appelle à une réduction significative de l’empreinte matière de l’UE afin de préserver les ressources naturelles, car l’extraction et la transformation de ces ressources ont des impacts environnementaux et climatiques importants.
Tendance
En 2023, l’empreinte matières de la France se situe à 13,8 tonnes par habitant (t/hab.), soit 945 millions de tonnes (Mt).
Estimée à 16,8 t/hab. en 2008, l’empreinte matières de la France diminue nettement après la crise de 2008, puis se stabilise autour de 14 t/hab., à l’exception des années 2015-2016 et 2020 (crise sanitaire) au cours desquelles elle se situe entre 13 t/hab. et 13,5 t/hab. Après le net rebond en 2021 (+ 12 %) qui ramène l’indicateur à son niveau d'avant-crise (15,0 t/hab.), l’empreinte baisse de nouveau en 2022 et 2023, revenant à un niveau proche de celui 2018.
Évolution de l’empreinte matières de la France
En tonnes par habitant
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2023, l’empreinte matières moyenne de l’UE est de 13,7 t/hab. La France se situe juste au-dessus.
Les États membres à plus forte empreinte sont la Finlande (38 t/hab.), puis la Roumanie et le Luxembourg (29 et 28 t/hab.). Les empreintes les moins élevées, entre 7 et 10 t/hab., sont observées aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie et en Belgique.
Empreinte matières dans l’Union européenne (UE27) en 2023
En tonnes par habitant
Un indicateur de suivi relatif au pilier éco-conception des produits et des procédés.
Type de colonne
Contenu
Contexte
L'innovation joue un rôle clé dans la transition vers une économie circulaire, avec le développement de nouvelles technologies, de nouveaux processus, de nouveaux services et de nouveaux modèles d'entreprise. Le nombre de brevets liés au recyclage et aux matières premières secondaires est un indicateur des efforts d’innovation dans ce domaine.
Tendance
En France, depuis 2010, entre 30 et 60 brevets liés au recyclage et aux matières premières secondaires sont déposés chaque année. Une année fait exception : 2014, où le nombre de brevets atteint le record de 70. En 2021, la France atteint le nombre le plus faible avec 33 brevets, vraisemblablement en raison de la baisse d’activité liée au Covid.
Nombre de brevets liés au recyclage et aux matières premières secondaires en France
En nombre
Sources : Office européen des brevets (OEB) ; Eurostat
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2021, les pays ayant déposé le plus de brevets liés au recyclage et aux matières premières secondaires, rapporté au nombre d’habitants, sont la Finlande (6 brevets pour 1 million d’habitants) et l’Autriche (3,4 brevets/Mhab.).
Neuf États membres n’ont déposé aucun brevet (Bulgarie, Chypre, Croatie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Portugal, Malte et Slovaquie).
Avec 0,5 brevet/Mhab., la France se situe en dessous de la moyenne européenne (0,7 brevet/Mhab.).
Nombre de brevets liés au recyclage et aux matières premières secondaires dans l’Union européenne en 2021
En nombre/Millions d’habitants
Contexte et définition
L’Écolabel européen traduit la qualité environnementale et sanitaire des biens et services en tenant compte des impacts environnementaux potentiels à tous les stades de leur cycle de vie (extraction, fabrication, distribution et élimination).
Le nombre de produits labellisés est un indicateur de l'évolution de la mise sur le marché de biens et services plus respectueux de l'environnement et de la santé et plus circulaires. Obtenu sur la base d’une démarche volontaire, l’Écolabel est le seul label garant de la qualité écologique des produits qui soit officiel et utilisable dans tous les pays membres de l’Union européenne (UE). Un fabricant peut être titulaire d’un ou plusieurs biens écolabellisés, concernant une ou plusieurs catégories de produits. Des services peuvent également obtenir l’Écolabel européen : des hébergements touristiques (hôtel, camping...) et des entreprises de nettoyage.
Objectif
L’article 70 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) promeut l’éco-conception des produits pour réduire les quantités de déchets générés en allongeant la durée du cycle de vie des produits.
L’article 1 de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire ajoute explicitement la mention de l’éco-conception dans l’article L. 110-1-2 du Code de l’environnement, qui vise à prévenir l’utilisation des ressources et à promouvoir une consommation sobre et responsable de celles-ci.
Tendance
En septembre 2025, 528 licences de l’Écolabel européen sont détenues par des entreprises françaises pour 13 417 biens ou services disponibles sur le marché. Depuis 2016, le nombre de produits (biens ou services) écolabellisés ne cesse d’augmenter et a été multiplié par trois.
La révision des critères de certifications peut toutefois engendrer des fluctuations d’une année à l’autre. Ainsi, une forte baisse du nombre de biens écolabellisés a été observée entre 2015 et 2016 à la suite de la fin de validité des anciens critères « peintures et vernis », ces biens étant les plus labellisés. Chaque révision du référentiel s’accompagne en effet d’une baisse à court terme du nombre de biens ou services certifiés, les entreprises mettant parfois plus d’un an à se conformer aux nouveaux critères.
Concernant les hébergements touristiques, beaucoup d’entre eux n’ont pas reconduit leur certification lorsque de nouveaux critères Écolabel sont arrivés en janvier 2017, ce qui explique la baisse entre 2018 et 2019. Afin de relancer le secteur après la crise du Covid-19, l’Ademe a mis en place des aides spécifiques, telles que le fonds « tourisme durable » et le programme Tremplin, pour soutenir les hébergements touristiques dans l’obtention de l'Écolabel européen. Ces initiatives ont eu un véritable effet levier, entraînant une augmentation significative du nombre d’hébergements certifiés, pour atteindre le nombre de 386 en 2025.
Nombre de biens et services disposant de l’Écolabel européen
Source : Ademe, (données au 30 septembre 2025). Traitement : SDES, 2026
Les peintures et vernis sont de loin les produits les plus labellisés (75 %), suivis du papier tissu et produits tissu (7 %), ainsi que des produits de nettoyage pour surface dure (5 %).
La position de la France par rapport aux autres pays européens
Les Européens peuvent désormais choisir parmi près de 109 000 biens et services (dont 900 hôtels et campings) certifiés par le label écologique de l’UE, soit 10 100 de plus qu’en 2024. L’Italie est le pays ayant certifié le plus grand nombre de biens ou services (18 725, soit 17 %), devant l’Espagne et la France.
Nombre de biens et services détenteurs de l’Écolabel européen dans l’Union européenne (UE27) au 30 septembre 2025
Un indicateur de suivi relatif au pilier de l'écologie industrielle et territoriale.
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
L’écologie industrielle et territoriale (EIT) est un mode d’organisation interentreprises qui s’appuie sur l’échange ou la substitution de ressources et sur la mutualisation de moyens et services. Elle désigne les démarches collectives volontaires menées sur un territoire en vue d’économiser les ressources (eau, énergie, déchets) ou d’en améliorer la productivité.
Cette démarche peut concerner le partage d’infrastructures, d’équipements (réseaux de chaleur, outils ou espaces de production, etc.), de services (gestion collective des déchets, plans de déplacements interentreprises, etc.), de matières (les déchets des uns deviennent des ressources pour les autres) ou d’emplois (mutualisation).
Objectif
L’article 70 de la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte promeut le développement de l’écologie industrielle et territoriale, qui constitue l’une des stratégies mobilisables pour optimiser les modes de production, et réduire la pression sur les ressources.
La loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (article 109) affirme que la région doit définir des orientations en matière d’économie circulaire, et notamment d’écologie industrielle et territoriale.
Tendance
Selon le réseau national des acteurs de l’écologie industrielle et territoriale (Synapse), 205 démarches actives d’EIT sont recensées en juillet 2026.
La dynamique de lancement de nouvelles démarches reste forte dans les régions (+ 8 % entre octobre 2024 et juillet 2026), et les territoires couverts par l'EIT s'étendent.
Les démarches actives d’écologie industrielle et territoriale (EIT)
Un indicateur de suivi relatif au pilier de l'économie de la fonctionnalité.
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
L’économie de la fonctionnalité désigne un nouveau modèle économique d’entreprise qui vise à remplacer la vente d’un bien ou d’un service par la vente de l’usage du bien et d’effets utiles (bénéfices apportés aux clients). Dès lors, le chiffre d’affaires ne s’appuie plus sur un volume de ventes de biens mais sur une performance d’usage.
Il peut s’agir par exemple de remplacer la vente de pneus aux transporteurs routiers par la mise en place d’un dispositif de paiement au nombre de kilomètres parcourus, avec un service complet (formation des chauffeurs routiers à la conduite économique, ajustement de la pression des pneus, maintenance, etc.) permettant des gains en consommation de carburant et un allongement de la durée de vie des pneus.
C’est un modèle économique plus sobre sur le plan des ressources et de la pollution grâce au découplage entre la production de biens et les revenus et grâce à l’optimisation de l’utilisation des ressources matérielles et des biens.
Tendance
L’économie de la fonctionnalité est un concept émergent soutenu par l’Ademe depuis 2013. Entre 2013 et 2023, 536 organisations, dont 94 % d’entreprises, ont fait l’objet d’un accompagnement par l’agence :
de 2013 à 2018, l’Ademe a soutenu 40 actions (formation, montée en compétence des acteurs, accompagnement, conseil, animation territoriale, financement, etc.) permettant d’accompagner 174 organisations ;
de 2019 à 2023, l’Ademe a financé 120 opérations permettant d’accompagner 362 bénéficiaires.
Évolution du nombre cumulé d’entreprises, de collectivités territoriales et d’associations accompagnées depuis 2013
Champs : France entière ; actions soutenues par l’Ademe, ne prend pas en compte les actions portées par d’autres acteurs auxquelles l’agence n’a pas été associée. Source : Ademe, panorama national et pistes d’action sur l’économie de la fonctionnalité, février 2020
Deux indicateurs de suivi relatif au pilier consommation responsable.
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
Cet indicateur permet de suivre les évolutions de comportements en matière de consommation responsable à travers l’achat de produits portant un label écologique. En se concentrant sur une pratique de consommation qui bénéficie d’un dispositif de certification, il permet d’appréhender la façon dont se traduit en actes la sensibilité des Français à l’égard des enjeux environnementaux.
L’enquête de conjoncture auprès des ménages « Camme » de l’Insee pose chaque année la question suivante : « Au cours du dernier mois, vous-même ou un membre de votre ménage, avez-vous acheté un ou plusieurs produits portant un label écologique (comme par exemple le label NF Environnement) ? ».
Tendance
La part des Français déclarant avoir acheté un ou plusieurs produits portant un label écologique au cours du dernier mois tend à s’accroître, même si elle connaît des fluctuations interannuelles. Autour de 45 % dans la première moitié de la décennie 2010, cette pratique est déclarée par un peu plus de la moitié des français à partir de 2015 et fluctue autour de 55 % depuis 2019 (avec un pic à 59 % en 2020, année de la crise sanitaire).
Cette évolution des comportements a pu être facilitée par un ajustement progressif de l’offre. Entre septembre 2016 et septembre 2021, le nombre de certifications « Écolabel européen » détenues par la France a été multiplié par trois : ce sont désormais presque 12 000 produits et services qui bénéficient d’une telle labellisation sur le marché.
Part des ménages déclarant avoir acheté un ou plusieurs produits portant un label écologique au cours du dernier mois
En %
Note : la question posée aux enquêtés est : "Au cours du dernier mois, vous-même ou un membre de votre ménage, avez-vous acheté un ou plusieurs produits portant un label écologique (comme par exemple le label NF Environnement) ?" Source : CGDD-SDES, enquête Insee "Camme" de conjoncture auprès des ménages (Plateforme Environnement), novembre 2023
Le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de mai 2013 définit le gaspillage alimentaire comme étant « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée ». Cette pratique, signe d’une économie linéaire, constitue une perte de ressources directe et indirecte (matières premières, eau, énergie).
Dans le cadre de la stratégie européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire, la Commission européenne a mis en place un cadre de surveillance des déchets alimentaires au niveau des États membres. Depuis 2022, la France et l’ensemble des pays européens doivent communiquer à Eurostat le volume de déchets alimentaires selon une méthodologie harmonisée.
Les déchets alimentaires sont composés de denrées alimentaires destinées à être ingérées par l’humain (le gaspillage alimentaire) et de denrées alimentaires qui ne sont pas destinées à être ingérées (les déchets alimentaires inévitables : os attachés à la viande destinée à la consommation humaine, peau de banane ou coquilles d’œufs).
Objectif
Au niveau européen, la révision de la directive déchets 2008/98/CE par la directive 2025/1892, entrée en vigueur le 16 octobre 2025, fixe des objectifs contraignants de réduction des déchets alimentaires d’ici à 2030 par rapport à la moyenne 2021-2023 pour l’ensemble des États membres :
- 10 % pour la transformation ;
- 30 % par habitant pour la distribution, la restauration hors domicile et les ménages.
Analyse
En 2023, chaque habitant en France a généré en moyenne 142 kg de déchets alimentaires. La plus grosse partie des déchets alimentaires est générée par les ménages au stade de la consommation à domicile (43 %). Vient ensuite l’étape de la transformation (24 %), suivie de la production primaire (13 %), de la consommation hors domicile (11 %) et enfin de la distribution (9 %).
40 % de ces déchets sont comestibles et sont considérés comme du gaspillage alimentaire, soit un total de 3,8 millions de tonnes, correspondant à 55 kg par habitant. La part de gaspillage varie selon les étapes de la chaîne alimentaire : elle est particulièrement élevée lors de la production primaire (76 %), où les produits sont souvent jetés entiers. À l’inverse, elle est plus faible lors de la transformation (27 %). Au stade de la distribution, les déchets comestibles représentent 37 % du total, tandis qu’en phase de consommation ils atteignent 49 % pour la consommation hors domicile et 31 % pour la consommation à domicile. Avec 1,3 Mt, soit 35 % des déchets comestibles, la consommation à domicile est la principale source de gaspillage alimentaire en France.
Composition des déchets alimentaires selon les étapes de la chaîne alimentaire en France en 2023
En kg par habitant
La position de la France par rapport aux autres pays européens
Les pays déclarant produire le moins de déchets alimentaires par habitant sont l’Espagne (65 kg/hab.), la Slovénie (78 kg/hab.) et la Hongrie (88 kg/hab.) alors que ceux qui en déclarent le plus sont Chypre (286 kg/hab.) et le Danemark (261 kg/hab.). Avec 142 kg/hab. de déchets alimentaires, la France se situe bien au-dessus de la moyenne européenne (130 kg/hab.).
Ces écarts, de même que le niveau variable du volume de déchets alimentaires par habitant, peuvent en partie provenir de différences dans les systèmes d’information des différents États membres, mais renvoient également aux spécificités de chaque pays : poids de la production agricole, type de culture prédominante, régime alimentaire, orientation vers l’exportation, proportion de résidents non permanents (touristes, étudiants, navetteurs étrangers, etc), pratiques plus ou moins vertueuses…
Production de déchets alimentaires par stade de la chaîne alimentaire, dans les pays membres de l’Union européenne, en 2023
En kg par habitant
Un indicateur de suivi relatif à l'allongement de la durée d'usage.
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
La consommation de biens domestiques par les ménages français se caractérise par des achats toujours plus importants de nouveaux produits, dont la fabrication, le transport et la distribution mobilisent des ressources et génèrent des émissions de CO2.
Prolonger la durée de vie des produits constitue un levier pour réduire l’impact environnemental de la consommation en optimisant leur utilisation.
Privilégier l’entretien, la réparation ou la location plutôt que le remplacement permet d’allonger la durée d’utilisation des biens et de limiter la demande en nouvelles ressources.
Le suivi de la part du budget des ménages consacrée à l’entretien, la réparation et la location de leurs biens domestiques permet d’analyser l’évolution des comportements en faveur de l’allongement de la durée d’usage.
Objectif
La loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (AGEC) renforce l’information des consommateurs sur les caractéristiques environnementales des produits (durabilité, réparabilité, réemploi, recyclabilité, etc.). Depuis 2021, les fabricants doivent afficher un indice de réparabilité sur les équipements électriques et électroniques. Depuis 2025, cet indice évolue vers un indice de durabilité, intégrant la fiabilité et la réparabilité du produit. En 2026, cet indice concerne principalement les téléviseurs et lave-linges.
La loi AGEC instaure également un bonus réparation, en place depuis décembre 2022 et étendu depuis à de plus en plus d’équipements, permettant la déduction d’un montant directement sur la facture du consommateur qui se rend chez un réparateur labellisé pour faire réparer son produit. Il concerne les équipements électriques et électroniques, les textiles, les linges de maison et les chaussures, les éléments d’ameublement, les articles de sport et loisirs, les articles de bricolage et jardin, et enfin les jouets. Au 31 décembre 2024, 9 864 réparateurs étaient labellisés, dépassant ainsi l’objectif gouvernemental de 7 500 professionnels. À la même date, 1,5 million de réparations ont bénéficié du bonus réparation, pour un total de 63 millions d’euros versés. Cependant, entre 2022 et 2024, seulement 30 % des fonds disponibles ont été utilisés en raison d’un nombre encore limité de réparateurs labellisés et du coût de certaines réparations, parfois supérieur à celui d’un produit neuf.
Tendance
En 2025, la part du budget des ménages consacrée à l’entretien, la réparation et la location s’élève à 10 % de la consommation de biens domestiques. C’est pour le matériel audiovisuel, photographique et autres biens durables à fonction récréative (camping-cars, bateaux, billards, kayaks, piscines, etc.) que le poids de l’entretien-réparation est le plus élevé (16 %). Viennent ensuite les moyens de transport (voitures, motocycles, bicyclettes), avec 14 %, loin devant les vêtements et chaussures (2 %).
Depuis 1990, la part du budget des ménages consacrée à l’entretien, la réparation et la location est en hausse continue, enregistrant une progression de 5 points de pourcentage. Cette évolution est particulièrement marquée pour les moyens de transport et le matériel audiovisuel, dont les parts ont chacune augmenté de 6 points. En revanche, la part de ces dépenses liées aux vêtements ainsi qu’aux jeux et articles de sport est restée stable sur la période.
Part de la réparation dans la consommation de biens domestiques entre 1990 et 2025
En %
Note : consommation effective des ménages par fonction, en prix courants (hors produits d’information et de communication comme les téléphones portables ou les ordinateurs dont les données de réparation ne sont pas disponibles). Source : Insee, comptes nationaux base 2020. Traitements : SDES, 2026
Avertissement : évolutions méthodologiques
Depuis la précédente publication de cet indicateur, les comptes nationaux ont changé de base, passant de la base 2014 à la base 2020. Le changement de base permet de recaler l’intégralité des séries des comptes nationaux sur de meilleures sources et de modifier certaines méthodes afin de mieux décrire le fonctionnement de l’économie. Ces ajustements ont un impact significatif sur les chiffres précédemment diffusés pour l’indicateur « part de la réparation dans la consommation de biens domestiques ».
En base 2020, les niveaux détaillés par produit de consommation des ménages ont été actualisés à partir d’un examen croisé de plusieurs sources statistiques. Cette réévaluation a notamment conduit à une forte révision à la baisse des dépenses de consommation en services de réparation automobile : elles diminuent de 10,9 Md€ (- 67,7 %).
La position de la France par rapport aux autres pays européens
D’après l’Eurobaromètre sur les attitudes des Européens à l’égard de l’environnement (2024), 59 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à payer davantage pour des produits durables, plus faciles à réparer, recyclables et/ou fabriqués dans le respect de l’environnement. Dans 21 des 27 États membres de l’Union européenne (UE27), une majorité des répondants partage cette position. Toutefois, au sein de l’UE27, les proportions varient considérablement : 86 % en Suède et 84 % en Finlande, contre seulement 41 % au Portugal.
En France, 63 % des sondés se disent prêts à payer plus cher, une part supérieure à la moyenne européenne.
« Lorsque vous achetez des produits tels que des meubles, des textiles ou des appareils électroniques, seriez-vous prêt à payer plus cher pour des produits plus faciles à réparer, recyclables et/ou fabriqués de manière durable sur le plan environnemental ? »
En %
Deux indicateurs de suivi relatif au pilier concernant le recyclage matière et organique.
Type de colonne
Contenu
Contexte
Dans la hiérarchie des traitements des déchets, mentionnée dans la Directive européenne (UE) 2018/851 du 30 mai 2018, les opérations d’élimination, telles que le stockage des déchets ou l’incinération sans valorisation énergétique, sont les moins vertueuses. Elles constituent en effet une perte de ressources qui échappent au recyclage et pénalisent le développement d’une économie circulaire.
Objectif
La loi n° 2015/992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) prévoit de réduire de 30 % les quantités de déchets non dangereux non inertes admis en installation de stockage en 2020 par rapport à 2010 et de 50 % d'ici à 2025. Afin de faciliter l’atteinte de cet objectif, d’autres dispositions sont prévues dans la loi Agec, dont :
l’extension des consignes de tri à tous les emballages au 1er janvier 2023 ;
la mise en place obligatoire d’un tri à la source des biodéchets pour les particuliers par les collectivités territoriales à partir du 1er janvier 2024 ;
l’interdiction d’enfouissement en installation de stockage de déchets non dangereux non inertes de toutes ordures ménagères résiduelles contenant plus de 65 % de biodéchets et de déchets relevant du principe de responsabilité élargie du producteur à partir du 1er janvier 2025 (R.541-48-3 du Code de l’environnement) ;
la fin des emballages en plastique à usage unique d'ici à 2040.
Tendance
Après avoir tendanciellement décru entre 2010 et 2017, passant de 19,5 à 18 millions de tonnes (Mt), le stockage de déchets non dangereux non inertes s’est nettement redressé en 2018 pour remonter à 20,8 Mt. La tendance repart à la baisse entre 2020 (18 Mt) et en 2023 (13,9 Mt).
Avec une baisse de 7,4 % des déchets mis en décharge entre 2010 et 2020, l’objectif de 30 % fixé par la LTECV n’est pas atteint. Le quasi-doublement des refus de tri à traiter entre 2016 et 2020 est en grande partie à l’origine de cette moindre baisse, dans un contexte de fermeture des frontières chinoises à certaines catégories de déchets, de hausse des exigences en matière de qualité de tri des déchets et de désorganisation des transports liée à la Covid-19. Hors refus de tri, l’évolution des quantités stockées entre 2010 et 2020 est de - 40 %.
Pour répondre à cet enjeu, le Gouvernement mise notamment sur un renforcement de la fiscalité. Depuis 2020, la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) appliquée à l’enfouissement connaît une hausse progressive (de 25 € la tonne en 2020 à 52 € la tonne en 2023). Cette mesure a contribué à une diminution significative des volumes de déchets non dangereux mis en décharge, avec une baisse de 23 % entre 2020 et 2023.
L’objectif de 2025 semble atteignable si la baisse constatée depuis 2020 se poursuit sur le même rythme.
Stockage des déchets non minéraux non dangereux, suivis par la TGAP
En millions de tonnes
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2022, dans l’Union européenne, le taux de mise en décharge moyen des déchets non dangereux hors minéraux principaux est de 21 %. La France se situe un peu au-dessus avec un taux de 22 %.
Certains États membres ont de très faibles taux de mise en décharge : Danemark (1 %), Luxembourg et Pays-Bas (2 %), Belgique (3 %), Finlande, Suède et Slovénie (entre 4 % et 7 %). D’autres présentent, au contraire, de très forts taux de mise en décharge : Malte (98%), Grèce, Roumanie, Hongrie, Bulgarie et Estonie (entre 50 % et 90 %).
Taux de mise en décharge des déchets non minéraux non dangereux dans les pays européens en 2022
En %
Contexte et définition
Les matières premières de recyclage (MPR) proviennent de déchets qui, après une opération de recyclage matière, peuvent être réintroduits dans les processus de production en substitution totale ou partielle de matières premières vierges. Elles permettent ainsi une économie de ressources naturelles.
Le taux d’utilisation circulaire de matières mesure la part des déchets valorisés sous forme de matière dans l’utilisation globale de matières.
Objectif
La loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire prévoit que certains produits et matériaux devront obligatoirement incorporer un taux minimal de matière recyclée, à l’exception des matériaux issus des matières premières renouvelables et à condition que l’impact environnemental de cette opération soit positif.
Conformément à la directive européenne, un décret de décembre 2021 impose, à partir de janvier 2025, un taux d'incorporation de 25 % de plastique recyclé dans les bouteilles de boissons en polyéthylène téréphtalate (PET). À partir de 2030, le taux d'incorporation est porté à 30 % et étendu à toutes les bouteilles de boissons en plastique (et non plus seulement aux bouteilles en PET). Pour les autres catégories de produits, les décrets ne sont pas encore parus.
La loi prévoit également que les éco-contributions versées par les producteurs soient modulées en fonction de critères de performance environnementale de leurs produits, et notamment de l’incorporation de matière recyclée. En outre, le pourcentage de matières recyclées effectivement incorporées devra faire l’objet d’une information auprès du consommateur.
Tendance
Le taux d’utilisation circulaire de matières progresse de 2,3 points entre 2010 et 2021, passant de 17,5 % à 19,8 %.
Entre 2010 et 2021, le taux d’incorporation des papiers cartons connaît la plus forte progression (+ 11 points pour atteindre 71 %), suivi de celui du verre (+ 9 points pour atteindre 63 %). Le taux d’incorporation des ferrailles diminue en revanche tendanciellement (- 15 points). La consommation de ferrailles a nettement diminué sur la dernière décennie, notamment en raison du recul de la filière électrique (principale consommatrice de ferrailles) et de la baisse du prix de la matière première, ce qui a fortement pesé sur le volume de ferrailles recyclées. Avec un taux de 10 %, les matières plastiques ont un taux d’incorporation encore très faible.
Évolution des taux d’incorporation du calcin (verre), des papiers-cartons recyclés, de l’aluminium, des ferrailles et des plastiques
En %
Sources : Eurostat pour le taux d’utilisation circulaire de matières ; Ademe, Bilan national du recyclage 2008-2021 pour les taux d’incorporation des différentes matières
La position de la France par rapport aux autres pays européens
Les matériaux recyclés ont contribué à 11,5 % de la demande de matériaux de l’Union européenne en 2022, contre 8,2 % en 2004.
Les États membres présentent une fourchette de valeurs comprise entre 0,6 % (Finlande) et 27,5 % (Pays-Bas).
La France est le 3e pays ayant le plus fort taux d’utilisation circulaire de matières après les Pays-Bas et la Belgique.
Taux d’utilisation circulaire de matières dans l’Union européenne (UE27) en 2022
En % de l’utilisation totale des matières
Un indicateur de suivi relatif à l'ensemble du secteur de l'économie circulaire.
Type de colonne
Contenu
Contexte et définition
L’indicateur vise à quantifier le nombre d’emplois associés aux activités économiques relevant de l’économie circulaire. Il participe ainsi à la mesure de la transition vers un système économique plus économe en ressources.
Le champ des emplois porte sur les piliers « recyclage », « allongement de la durée d’usage », « approvisionnement durable » et « consommation responsable » de l’Ademe. Faute de sources disponibles, les emplois n’ont pu être estimés pour les piliers « économie de la fonctionnalité », « éco-conception » et « écologie industrielle et territoriale ».
De façon générale, les activités de l’économie circulaire requièrent davantage d’emplois par unité produite que dans l’ensemble de l’économie.
Objectif
Au-delà de la préservation des ressources naturelles, l’économie circulaire accorde une place importante aux enjeux économiques et sociaux, et notamment à l’emploi. L’adoption de nouveaux modèles favorisant la circularité de l’économie peut favoriser la création d’emplois, notamment pour des activités à moindre risque de délocalisation. Selon la feuille de route pour l’économie circulaire de 2018, l’économie circulaire représente un potentiel de 300 000 emplois supplémentaires, dont certains métiers sont à inventer ou dans des modèles économiques nouveaux.
Ces activités peuvent aussi contribuer à l’insertion professionnelle des personnes en situation d’exclusion. Ainsi, la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (AGEC) prévoit, dans son article 62, que lorsque les éco-organismes passent des marchés concernant la prévention ou la gestion des déchets, ceux-ci comprennent obligatoirement des critères relatifs au recours à l’emploi de personnes bénéficiant du dispositif d’insertion par l’activité économique.
Tendance
En 2021, l’économie circulaire mobilise 810 900 emplois en équivalent temps plein (ETP). Cela représente 2,9 % de l’emploi total en France.
Avec 350 800 emplois, les activités du pilier « allongement de la durée d’usage » constitue 43 % des effectifs totaux. Parmi les branches concourant à l’allongement de la durée d’usage des produits, l’entretien et la réparation automobile est celle qui concentre le plus d’emplois avec 173 700 ETP.
Le pilier « approvisionnement durable », avec 199 400 ETP en 2021 contribue à hauteur d’un quart du total des emplois de l’économie circulaire. Les emplois de l’agriculture biologique avec 139 700 ETP constituent la majeure partie de ce pilier.
Les activités du pilier « recyclage » pourvoient 164 800 emplois. Enfin, 96 000 emplois sont estimés pour le pilier « consommation responsable », pour lequel seules les activités de location ont pu être quantifiées.
De 2010 à 2021, l’économie circulaire a gagné près de 200 000 ETP (194 600), avec une progression annuelle moyenne de 2,5 %. Sur la même période, l’emploi total en France a cru à un rythme bien plus faible : + 0,7 % par an.
Évolution de l’emploi par pilier de l’économie circulaire en France
En milliers d’ETP
La position de la France par rapport aux autres pays européens
En 2021, la France se situe dessous de la moyenne de l’Union européenne pour la part des emplois relevant de la réparation, du recyclage, de la location et du crédit-bail : 1,8 % contre 2,1 %.
La Pologne, la Lettonie, la Lituanie et la Croatie se détachent nettement de la moyenne européenne avec une part comprise entre 2,7 % et 3,1 %.
À l’inverse, le Luxembourg, avec 0,4 % se place très en retrait.
Part de l’économie circulaire dans l’emploi total dans les pays de l’Union Européenne (EU27) en 2021
En % de l’emploi total
Note : l'indicateur mesure le « nombre de personnes employées » dans les trois secteurs suivants : le secteur du recyclage, le secteur de la réparation et de la réutilisation et le secteur de la location et du crédit-bail. Source : Eurostat. Traitements : SDES, 2024
Organisation d’activités économiques et sociales recourant à des modes de production, de consommation et d’échange fondés sur l’écoconception, la réparation, le réemploi et le recyclage, et visant à diminuer les ressources utilisées ainsi que les dommages causés à l’environnement.
Écoconception
Conception d'un produit, d'un bien ou d'un service, qui prend en compte, afin de les réduire, ses effets négatifs sur l'environnement au long de son cycle de vie, en s'efforçant de préserver ses qualités ou ses performances.