L’industrie emploie 3,4 millions de salariés
En 2023, les entreprises industrielles emploient environ 3,4 millions de salariés en équivalent temps plein (EQTP) en France, soit 22 % des secteurs marchands non agricoles et financiers. L’industrie manufacturière représente à elle seule 2,9 millions de salariés, soit 87 % du total de l’industrie. En son sein, les premiers secteurs employeurs sont l’agroalimentaire (666 000 salariés) puis l’ensemble formé par la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (439 500 salariés), la fabrication de matériel de transport (400 300 salariés), la métallurgie et le travail des métaux (360 400 salariés). Hors industrie manufacturière, les entreprises de l’électricité et du gaz emploient 222 400 salariés, celles de la distribution d’eau, gestion des déchets et dépollution en emploient 196 800, et celles de l’extraction 14 400.
Définition
L’industrie correspond aux activités des industries extractives, de l’industrie manufacturière, de la « production d’énergie » (production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné) ainsi que des « eau, déchets et dépollution » (production et la distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution).
54 % des ICPE soumises à autorisation sont des installations industrielles
Pour encadrer les activités des entreprises ou infrastructures susceptibles de présenter un risque pour la santé, la sécurité ou l’environnement, la France s’appuie sur le régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Selon leur niveau de dangerosité, ces installations relèvent de trois régimes : autorisation (A), enregistrement (E) et déclaration (D), du plus au moins contraignant.
En 2025, la France compte 19 418 ICPE soumises au régime de l’autorisation. Ce nombre est stable par rapport à 2024 (18 963 ICPE A) et à 2023 (19 521 ICPE A). Plus de la moitié (54 %) des ICPE soumises au régime d’autorisation relève du secteur industriel. L’industrie manufacturière concentre la plus grande part de celui-ci (42 %), suivie du secteur de l’eau, des déchets et de la dépollution (21 %), des industries extractives (20 %), de la production d’énergie (17 %).
Certaines de ces installations présentent des risques d’explosions ou d’émissions dangereuses. Elles relèvent alors de la directive européenne Seveso III et sont classées selon deux niveaux de dangerosité : seuil haut et seuil bas. En 2024, la France compte 1 299 installations Seveso, dont 702 classées en seuil haut. Parmi celles-ci, 53 % relèvent de l’industrie dont 82 % de l’industrie manufacturière, tandis que 11 % relèvent du secteur eau, déchets et dépollution, 5 % de la production d’énergie et 2 % des industries extractives.
Des polluants traités avant leur rejet dans le milieu aquatique
En 2024, 2 886 ICPE à autorisation ont déclaré des rejets de substances polluantes dans l’eau. Parmi ces établissements, 2 474 exercent une activité industrielle dont 83 % concernent l’industrie manufacturière. Au sein de celle-ci, le secteur agroalimentaire est le plus représenté avec 30 % des déclarants, puis l’industrie chimique et la métallurgie et fabrication des produits métalliques (chacun 16 %).
Les eaux polluées des ICPE sont traitées dans les stations de traitement des eaux usées (STEU) collectives ou directement au sein même des ICPE avant leur rejet dans le milieu aquatique. La majorité des polluants industriels y sont en grande partie éliminés, avec des taux généralement supérieurs à 50 %. En revanche, certains composés restent difficiles à traiter, notamment les cyanures totaux, avec seulement 7 % d’élimination, et les composés organohalogénés (AOX, 11 %). Malgré ces performances limitées, les concentrations mesurées en sortie de STEU restent généralement inférieures aux valeurs limites réglementaires et aux seuils de toxicité pour le milieu aquatique, tels que définis par la directive-cadre sur l’eau.
Part des effluents industriels des ICPE* éliminés après traitement en stations de traitement des eaux usées collectives en 2024
En %
Lecture : en 2024, 62 % de l’azote global (N) émis par les eaux des ICPE industrielles raccordées est éliminé avant leur rejet dans le milieu aquatique.
Note : Métox : indice global des émissions de métaux dans l’eau. Il est calculé à partir des concentrations en métaux et métalloïdes pondérées par des coefficients multiplicateurs en fonction de leur degré de toxicité. Métox = 10 As + 50 Cd + Cr + 5 Cu + 50 Hg + 5 Ni + 10 Pb + Zn
La demande biologique en oxygène en 5 jours (DBO5) correspond à la quantité d’oxygène consommée en 5 jours lors de l’oxydation de la matière organique. Cet indicateur est utilisé pour caractériser la pollution de l’eau par les matières organiques biodégradables.
La demande chimique en oxygène (DCO) correspond à la quantité d’oxygène nécessaire pour oxyder l’ensemble des substances oxydables dans l’eau. Elle indique le niveau global de pollution dans l’eau.
Champ : France. ICPE industrielles raccordées à une station de traitement des eaux usées. Les établissements traitant les effluents au sein même de l’établissement avant d’être rejetés dans le milieu aquatique ne sont pas pris en compte.
Sources : base de données du registre des émissions polluantes (BDREP), décembre 2025 ; Sandre : Eau de France/ Sandre. Traitements : SDES, 2026
Les prélèvements d’eau douce par l’activité industrielle diminuent depuis 1990
En 2023, en France métropolitaine, les activités industrielles ont prélevé 2,2 milliards de m³ (Mdm³), soit 7,5 % de l’ensemble des prélèvements, hors hydroélectricité. Les entreprises industrielles utilisent l’eau comme solvant (électrolyse, homogénéisation de mélanges, nettoyage de matières premières, de composants, d’outils ou d’équipements), comme matière première (boissons, aliments, médicaments, peintures, savons, etc.) ou comme fluide caloporteur (vapeur ou refroidissement).
Depuis le début des années 1990, les prélèvements directs pour l’ensemble des usages industriels et économiques diminuent. Ils sont passés d’une moyenne de 3,8 Mdm³ par an entre 1994 et 2004 à 2,4 Mdm³ entre 2013 et 2023. L’amélioration des processus de production a joué un rôle prépondérant dans cette évolution, accentuée par le ralentissement de certaines activités (industries extractives, métallurgie, matériaux de construction, matières plastiques, automobiles).
En 2023, les prélèvements sont ainsi inférieurs de 45 % à ceux enregistrés en 1994. La proportion des eaux de surface dans ces prélèvements reste majoritaire et assez stable, autour de 63 %. Le secteur de la chimie est le principal préleveur d’eau à usage industriel, représentant environ 45 % des prélèvements de l’industrie manufacturière, suivi par la fabrication de papiers et cartons et celle de l’industrie agroalimentaire (environ 15 % des prélèvements industriels chacun).
L’industrie produit 13 % de la totalité des déchets en France
En 2022, l’industrie a généré 45 millions de tonnes (Mt) de déchets (hors déchets nucléaires), ce qui représente 13 % de l’ensemble des déchets produits par les ménages et les activités économiques hors nucléaire. Elle constitue ainsi le deuxième secteur le plus producteur de déchets loin derrière la construction (72 %). Plus de la moitié de ces déchets industriels provient du secteur « eau, déchets et dépollution » (56 %), devant l’industrie manufacturière (41 %), la production d’énergie (2 %) et les industries extractives (1 %). Même si les déchets industriels ne comptent que 13 % du total de déchets, les déchets issus de l’industrie représentent 99 % du total des boues ordinaires, des résidus de tri et d’opérations thermiques, 88 % des déchets chimiques, ainsi qu’environ 50 % des déchets métalliques et des déchets de bois.
L’industrie produit à elle seule environ la moitié des déchets dangereux du pays, soit 6 Mt. Ces déchets proviennent principalement du secteur « eau, déchets et dépollution » (64 %) et dans une moindre mesure de l’industrie manufacturière (35 %). Les déchets dangereux manufacturiers proviennent eux majoritairement des industries « chimique, pharmaceutique, caoutchouc et plastique » (41 %), de la métallurgie (25 %), et du secteur de l’industrie agroalimentaire (16 %).
Production des déchets dangereux et non dangereux par les secteurs industriels en 2022
En millions de tonnes
Lecture : en 2022, l’industrie manufacturière a produit 16,4 Mt de déchets non dangereux et 2 Mt de déchets dangereux.
Champ : France.
Source : Règlement statistique européen sur les déchets (RSD), 2022
Les émissions de polluants atmosphériques de l’industrie ont fortement baissé depuis 1990
En 2024, les activités industrielles sont à l’origine de plus de 50 % des émissions nationales de plusieurs polluants : dioxyde de soufre (SO2), hexachlorobenzène (HCB), Mercure (Hg), Sélénium (Se), polychlorobiphényles (PCB), Cadmium (Cd) et nickel (Ni). L’industrie manufacturière contribue de manière importante aux émissions de divers polluants notamment SO2, Hg, Se ou encore PCB, en particulier la métallurgie des métaux ferreux et non-ferreux, les minéraux non-métalliques, matériaux de construction et la chimie. Pour l’industrie de l’énergie, le raffinage du pétrole et la valorisation énergétique des déchets arrivent en tête des activités les plus émettrices de polluants, notamment pour le SO2, l’HCB, le mercure et le cadmium. Le secteur du traitement des déchets pèse peu dans les émissions nationales de polluants hormis pour l’HCB, le mercure ou encore le cadmium pour lesquels l’incinération des déchets sans récupération d’énergie contribue le plus.
Sur la période 1990-2024, les émissions de l’industrie ont fortement diminué pour une majorité de polluants sous l’impulsion de plans d’action et de réglementations, mais généralement de manière plus marquée en début de période. Ainsi, les rejets de SO2 de l’industrie ont baissé de 93 %, grâce notamment à une moindre utilisation du pétrole dans la production d’électricité, à des actions d’économie d’énergie, à une meilleure efficacité énergétique des installations industrielles et à la limitation de la teneur en soufre dans les combustibles. Les rejets de mercure ont diminué de 93 % faisant suite à la mise en conformité progressive des usines d’incinération d’ordures ménagères, la limitation ou l’interdiction d’utilisation de ce composé, la mise en place du tri sélectif et le perfectionnement des procédés de production du chlore. Les émissions de sélénium de l’industrie, élément chimique principalement utilisé pour la production de verre, ont baissé de 40 % entre 2000 et 2024 après une faible hausse entre 1990 et 2000.
Concernant l’HCB, les émissions de l’industrie de l’énergie ont fortement diminué en particulier pour l’incinération des déchets avec récupération d’énergie grâce aux techniques mises en œuvre pour réduire les émissions de dioxines et furanes, efficaces également pour l’HCB. Les émissions d’HCB du secteur de traitement des déchets ont également été fortement réduites suite à la mise en conformité des incinérateurs de déchets dangereux et non dangereux sans récupération d’énergie ainsi qu’à l’augmentation de l’incinération de déchets non dangereux avec récupération d’énergie.
Part des activités industrielles dans les émissions atmosphériques nationales de quelques polluants en 2024
En %
Notes : les industries extractives figurent dans la catégorie « industrie de l’énergie » ; Les données 2024 sont une estimation préliminaire ; Conformément à la nomenclature d’activités française, les émissions du sous-secteur de la construction ne sont pas prises en compte ici, contrairement au Citepa qui les comptabilise avec l’industrie manufacturière dans l’inventaire au format Secten.
Champ : France hors DROM ;
Source : Citepa, inventaire format Secten, avril 2025
Baisse de 51 % des émissions de gaz a effet de serre de l’industrie entre 1990 et 2024
En 2024, l’industrie a émis 113 millions de tonnes de CO2 équivalent (Mt CO2 éq) de gaz à effet de serre (GES), soit 28 % des émissions totales. L’industrie manufacturière est à l’origine de 61 % de ces émissions, le secteur eau, déchets et dépollutions contribue pour 24 %, et la production d’énergie pour 15 %.
Répartition sectorielle des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie en 2024
En %
Lecture : en 2024, l’industrie manufacturière émet 61 % des gaz à effet de serre de l’industrie, dont 23,3 % proviennent de la fabrication du caoutchouc, plastiques et autres minéraux non métalliques.
Champ : périmètre « Kyoto », soit la France métropolitaine et les outre-mer appartenant à l’UE.
Source : Citepa, les comptes d’émissions dans l’air, avril 2025
En 2024, 23,3 % des émissions de l’industrie manufacturière sont générées par le secteur de fabrication du caoutchouc, plastiques et autres produits non métalliques (ciment, verre, chaux, tuiles…), 22,2 % par l’industrie de la chimie et de la pharmacie, 21,6 % par la métallurgie, 10,5 % par les industries agroalimentaires et 8,6 % par les autres industries manufacturières. Les émissions générées par la fabrication de minéraux non métalliques proviennent notamment de la décarbonatation, un procédé utilisé dans la production de ciment, de chaux, de tuiles et de briques. Ce phénomène intervient également dans certaines activités industrielles comme la sidérurgie.
Entre 1990 et 2024, les émissions totales de GES de l’industrie ont baissé de 51 %. Cette baisse s’explique essentiellement par celles dans les secteurs des industries extractives (- 96 %), et de l’industrie manufacturière (- 57 %). Les émissions ont notamment chuté de 11 % entre 2008 et 2009 en raison du recul de la production industrielle suite à la crise financière et de 10 % en 2020 du fait de la crise sanitaire. Les baisses d’émissions depuis 1990 s’observent dans tous les sous-secteurs hormis celui de l’eau, déchets et dépollution dont les émissions sont quasi stables (+ 0,3 %). Ces réductions s’inscrivent dans un contexte de désindustrialisation et de délocalisation d’activités économiques. Elles s’expliquent également par l’amélioration des procédés de fabrication ce que traduit une diminution de l’intensité énergétique mesurée comme la consommation d’énergie par unité de valeur ajoutée industrielle et la baisse du contenu carbone de l’énergie consommée en raison de la substitution de combustibles fossiles (notamment le fioul et charbon) par de l’électricité et des énergies renouvelables. En effet, depuis 1990, l’intensité énergétique dans l’industrie a baissé de 35 %.
Évolution des émissions de gaz à effet de serre de 1990 à 2024
En indice base 100 en 1990
Note : les émissions totales couvrent l’ensemble des activités humaines, y compris les émissions directes des ménages
Champ : périmètre « Kyoto », soit la France métropolitaine et les outre-mer appartenant à l’UE.
Source : Citepa, les comptes d’émissions de l’air, avril 2025
Dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), feuille de route du gouvernement pour réduire les émissions de GES de la France, le secteur de l’industrie manufacturière doit encore contribuer à la baisse globale des GES afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. La SNBC identifie plusieurs leviers, notamment la réduction des consommations d’énergie, le recours accru au recyclage, le déploiement de procédés alternatifs aux procédés actuels très émetteurs et la capture du carbone.
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