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La dépense de gestion des déchets radioactifs en 2023

Environnement
Publié le 12/06/2026
En 2023, 981 millions d’euros (M€) ont été consacrés à la gestion des déchets radioactifs d’origine civile en France. Cette dépense est en hausse de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Elle se répartit entre les dépenses des entreprises (81 %) et celles des administrations publiques centrales (19 %).

La dépense intérieure de gestion des déchets radioactifs fait partie des dépenses de protection de l’environnement comptabilisées dans les comptes économiques de l’environnement. Elle mesure l’ensemble des moyens mobilisés par les entreprises et les administrations publiques françaises pour collecter, transporter, traiter, conditionner et entreposer les déchets radioactifs d’origine civile, dans le but de réduire ou d’éliminer les conséquences négatives des rayonnements de particules.

Avertissement

Une meilleure prise en compte de l’ensemble des investissements relatifs à la gestion des déchets radioactifs a été réalisée à l’occasion de l’estimation des dépenses 2023. Celle-ci a entraîné une révision significative de la série (voir méthodologie). Ainsi, la dépense en 2022 est passée de 859 M€ dans l’article paru en 2025 à 967 M€ dans cet article.

981 M€ pour la gestion des déchets radioactifs

En 2023, 981 millions d’euros (M€) ont été consacrés à la gestion des déchets radioactifs sur le territoire national, soit 1,5 % des dépenses totales de protection de l’environnement en France, estimées à 66,8 milliards d’euros (Md€) et 0,03 % du produit intérieur brut (PIB).


Répartition de la dépense de protection de l'environnement par domaine en 2023
En milliards d'euros (Md€) et en %

© SDES

* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors maîtrise de l'énergie et production d'énergie à partir de sources renouvelables.
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Des investissements en légère baisse qui représentent 30 % des dépenses totales

En 2023, la dépense de gestion des déchets radioactifs se compose à 70 % de dépenses courantes (698 M€) qui correspondent aux consommations de services de gestion des déchets par les agents économiques (entreprises et administrations publiques).

Les dépenses d’investissement, évaluées à 293 M€, représentent 30 % de la dépense totale. Elles correspondent aux investissements réalisés par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ainsi qu’à ceux financés par des organismes tels qu’Électricité de France (EDF), Orano (ex-Areva) et l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Entre 2022 et 2023, les dépenses de gestion des déchets radioactifs enregistrent une hausse de 1,5 % en euros courants (soit une baisse de 3,3 % hors inflation). Les dépenses courantes augmentent de 3,5 %, tandis que les investissements diminuent de 2,9 %, après une année marquée par une forte hausse (+ 68 %).

81 % des dépenses financés par les entreprises

Quatre acteurs principaux sont impliqués dans le financement de la gestion des déchets radioactifs : le CEA (Administration publique), l’Andra, Orano (entreprises spécialisées) et EDF (entreprise non spécialisée). En 2023, les entreprises ont mobilisé 790 M€ pour la gestion des déchets radioactifs, soit 81 % de la dépense totale. 30 % de ce montant sont liés à des investissements, soit corporels (construction de bâtiments, achat de machines et de matériel de transport), soit immatériels (logiciels et brevets), réalisés par les entreprises du secteur (Andra, Orano, EDF).

Le montant restant couvre les dépenses courantes, principalement celles d’Orano et d’EDF, relatives au traitement et au conditionnement des déchets radioactifs, ainsi que celles liées à leur stockage et à leur entreposage, qu’elles soient réalisées en interne ou sous-traitées.

Les moyens mobilisés par l’État représentent 19 % des dépenses, soit 191 M€. Par convention, seules les données du CEA alimentent la dépense des administrations publiques.


Répartition du financement de la dépense de la gestion des déchets radioactifs en 2023
En millions d'euros (M€) et en %

© SDES

Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Une hausse de la dépense de 80 % depuis 2000

En dépit de fluctuations, la dépense de gestion des déchets radioactifs entre 2000 et 2023 a évolué presque deux fois plus rapidement que l’inflation (respectivement + 80 %, contre + 45 %).

Les dépenses courantes ont progressé au même rythme que l’inflation (1,6 % par an en moyenne). En revanche, bien que ne représentant pas plus du tiers des dépenses totales, les investissements ont tiré les dépenses vers le haut en bondissant à deux reprises. En 2014, ils ont augmenté de 16,8 % par rapport à 2013, avec la mise en œuvre du financement du fonds de conception pour le projet Cigéo,  visant à assurer le financement des études de conception des installations et des travaux préalables au démarrage de la phase de construction. En 2022, ils ont grimpé de 68,1 % par rapport à 2021, portés notamment par le nouvel emballage nucléaire français TN Eagle, conçu pour améliorer la sûreté du transport et de l’entreposage à sec.

Avec ces rebonds, la part des investissements dans la dépense totale a considérablement varié au cours de la période 2000-2023. Durant les années 2000 à 2013, cette part s’élevait à 11 % en moyenne. Entre 2014 et 2021, elle est passée à 25 %, avant d’atteindre 30 % en 2022 et 2023.


Évolution des dépenses de la gestion des déchets radioactifs entre 2000 et 2023
En indice base 100 en 2000 (axe de gauche) et en M€courants (axe de droite)

© SDES

Note : l’évolution des dépenses totales en euros constants est calculée à partir des dépenses totales en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (hors inflation).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024

Quatre acteurs impliqués dans le financement

Depuis le milieu des années 2000, environ la moitié de la dépense est assurée par deux entreprises spécialisées : Orano (anciennement Areva), opérant dans le secteur des combustibles nucléaires et l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion de déchets radioactifs. Leurs dépenses constituent entre 51 % et 63 % de la dépense totale. Selon les années, la part du CEA varie entre 16 % et 27 % ; le point bas a été atteint en 2020 dans un contexte de net repli des investissements, tandis que la part des entreprises non spécialisées (principalement EDF) fluctue entre 17 % et 25 % sur la période.


Évolution de la répartition du financement de la gestion des déchets radioactifs entre 2000 et 2023
En %

© SDES

Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Auteur : Fabrice GARNES, SDES

Méthodologie

La dépense de protection contre les radiations est l’une des composantes de la dépense intérieure de protection de l’environnement. Calculée selon une norme comptable internationale (system of environmental-economic accounts), elle fait l’objet d’une transmission annuelle en décembre N+2 à l’Office statistique européen (Eurostat), régie par le règlement (UE) n° 691/2011 relatif aux comptes économiques européens de l’environnement (modifié par le règlement (UE) n° 538/2014).

Son périmètre est établi à partir de la nomenclature statistique internationale des activités et dépenses environnementales (CEP pour classification of environmental purposes) sous le libellé « protection contre les radiations » (CEP 0602).

Le compte couvre en fait les dépenses de gestion des déchets radioactifs. L’élaboration du compte est réalisée en collaboration avec les principaux acteurs du domaine : l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), Orano (ex-Areva), le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Électricité de France (EDF), ainsi que la direction générale de la Recherche et de l’Innovation (DGRI).

Le compte porte sur les activités de collecte, transport, traitement et conditionnement, stockage et entreposage pour les déchets radioactifs d’origine civile en provenance de :

  • la production électronucléaire (centrales et installations connexes de l’industrie nucléaire assurant la fourniture du combustible, le traitement et le recyclage du combustible usé) ;
  • la recherche dans le domaine nucléaire (industriel ou médical).

Les dépenses de R&D et d’administration générale pour la gestion des déchets radioactifs sont exclues de la dépense totale de gestion des déchets radioactifs. Elles sont en effet intégrées au compte de dépenses de R&D et à celui de dépenses d’administration générale.

Les investissements des entreprises du secteur nucléaire destinés à des activités à l’étranger sont exclus de la dépense nationale. Les dépenses relatives à la gestion des déchets nucléaires d’origine militaire sont couvertes par le secret défense, elles sont donc également exclues.

En 2025, les dépenses relatives au projet Cigéo, le projet de stockage profond de déchets radioactifs porté par l’Andra, ont été intégrées dans le compte. Cette intégration entraine une révision à la hausse de la dépense par rapport à la publication précédente, variant entre + 13 % et + 24 % selon les années, pour les années 2014 à 2022. La phase d’exploitation avec stockage réel des déchets n’étant prévue qu’à partir de 2050, toutes les dépenses associées à ce projet sont comptabilisées comme des dépenses d’investissement.

La dépense est mesurée en euros courants (dit aussi en prix courants), c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf indication contraire.

Les dépenses de consommation peuvent selon les cas être évaluées à partir des recettes perçues par les producteurs de services ou par la somme de leurs coûts de production (rémunération du personnel, charges de gestion courante, prestations de services, etc.).

Données

Données associées à la dépense intérieure de protection contre les radiations en 2023.

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