La dépense intérieure de lutte contre le bruit fait partie des dépenses de protection de l’environnement comptabilisées dans les comptes économiques de l’environnement. Elle mesure l’effort financier consenti par l’ensemble des acteurs économiques (État, collectivités locales, entreprises et ménages) pour réduire les nuisances sonores et les vibrations sur le territoire national.
2,8 Md€ pour lutter contre le bruit et les vibrations
En 2023, 2,8 milliards d’euros (Md€) ont été consacrés à la lutte contre les nuisances sonores, soit 0,1 % du produit intérieur brut (PIB).
En France, la lutte contre le bruit représente 4 % des dépenses totales de protection de l’environnement (66,8 Md€). À titre de comparaison, la gestion des déchets (33 %) et le traitement des eaux usées (25 %) concentrent plus de la moitié de la dépense totale.
Répartition des dépenses de protection de l'environnement par domaine en 2023
En milliards d’euros (Md€) et en %
* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors rénovation énergétique des bâtiments et production d'énergie à partir de sources renouvelables.
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
1,7 Md€ investis et une dépense totale en recul en 2023
En 2023, les dépenses d’investissement représentent la principale composante des dépenses de lutte contre le bruit, avec 1,7 Md€ (59 % du total), contre 1,1 Md€ pour les dépenses courantes (41 %).
Les dépenses d’investissement concernent notamment le traitement acoustique des fenêtres dans les bâtiments existants et les constructions neuves, mais également la construction d’écrans antibruit sur les réseaux de transport.
Les dépenses courantes regroupent, par exemple, le coût de remplacement des silencieux des véhicules et les dépenses de fonctionnement et d’entretien des équipements visant à réduire les nuisances sonores et les vibrations. La consommation de capital fixe, qui représente la dépréciation du stock d’actifs (usure, obsolescence, dommages), est incluse dans ces dépenses.
Après deux années de hausse soutenue en 2021 et 2022 (+ 17,7 % et + 23,3 %), les dépenses engagées pour lutter contre les nuisances sonores reculent de 8 % en euros courants et de 12,3 % en euros constants en 2023. Ce repli touche particulièrement les dépenses d’investissement, avec une baisse de 15,4 % par rapport à 2022. Cette baisse est notamment liée au recul des ventes et des installations de fenêtres, en particulier dans le neuf, dans un contexte de ralentissement de mises en chantier.
93 % des dépenses pour l’isolation acoustique des bâtiments
En 2023, 2,6 Md€ ont été consacrés à la construction de dispositifs de protection contre le bruit, soit la majorité des dépenses (93 % du total). Ces dépenses concernent principalement l’achat et l’installation de fenêtres à isolation acoustique renforcée dans les logements, neufs comme existants, afin de les protéger des nuisances sonores extérieures, y compris celles liées aux transports. Ces dépenses comprennent également une estimation de la dépréciation annuelle de la valeur de ces installations sur leur durée d’utilisation.
Les dépenses consacrées à la réduction du bruit à la source s’élèvent à 0,2 M€ (6 %) et concernent notamment le remplacement des silencieux des véhicules légers et des deux-roues ou la mise en place de revêtements silencieux sur les voies urbaines et périurbaines.
Les opérations de surveillance, de mesure et de contrôle du bruit, comme les réseaux de mesure du bruit des aéroports, représentent une part marginale des dépenses (1 %).
Répartition des dépenses de lutte contre le bruit et les vibrations par domaine en 2023
En millions d'euros (M€) et en %
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Les ménages, principaux financeurs
En 2023, les ménages sont les principaux contributeurs au financement des dépenses de lutte contre le bruit (77 % du total), devant les entreprises (18 %) et les administrations publiques (4 %).
Ils financent essentiellement le traitement et le renforcement acoustique des logements, neufs comme existants, pour un montant de 2 Md€ après déduction des aides publiques reçues. Ils consacrent également 0,1 Md€ au remplacement des silencieux des systèmes d’échappement de leurs véhicules (voitures et deux-roues).
Les entreprises financent majoritairement l’isolation acoustique dans les bâtiments, en particulier dans le neuf. Le remplacement des silencieux des systèmes d’échappement de leur flotte de véhicule constitue leur deuxième poste de dépense.
Les administrations publiques (État et collectivités locales) financent principalement des programmes de réduction du bruit, comme le programme de résorption des points noirs du bruit (PNB) à proximité des infrastructures de transport. Elles soutiennent également l’isolation acoustique des bâtiments au moyen d’aides directes et d’avantages fiscaux (crédits d’impôt, TVA réduites, etc.).
Répartition du financement des dépenses de lutte contre le bruit et les vibrations en 2023
En millions d'euros (M€) et en %
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Une progression des dépenses depuis 2000
De 2000 à 2023, ces dépenses progressent en moyenne de 3,4 % par an en euros courants (1,8 % en euros constants). Après une forte croissance entre 2004 et 2008, favorisée par les mesures de résorption des points noirs du bruit (PNB) et la mise en œuvre des plans de prévention du bruit, elles se stabilisent autour de 2 Md€ jusqu’en 2018. La crise sanitaire interrompt la dynamique en 2020, avant une reprise en 2021-2022 et le repli constaté en 2023.
Évolution des dépenses de lutte contre le bruit et les vibrations entre 2000 et 2023
En indice base 100 en 2000 et en M€ courants
Note : l’évolution des dépenses euros constants est calculée à partir des dépenses en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (euros constants - hors inflation).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024
Un financement de l’État en forte diminution au fil des ans
Depuis 2000, les ménages représentent la majeure partie du financement des actions contre les nuisances sonores, avec une part variant de 59 % à 78 %. En 2021 et 2022, leur contribution atteint son plus haut niveau à 78 %, soulignant leur rôle central dans le financement des dépenses liées à l’isolation acoustique des logements.
Les entreprises, quant à elles, maintiennent une contribution relativement stable, de 15 % à 19 % selon les années. Cette stabilité reflète notamment leur engagement dans le respect des réglementations en matière de bruit, souvent en réponse à des obligations légales visant à réduire les nuisances générées par leurs activités.
Les administrations publiques (État et collectivités locales) assurent une contribution plus modeste, oscillant entre 5 % et 16 %, mais avec une tendance à la baisse depuis 2009. Leur participation est principalement liée à la mise en œuvre de programmes nationaux de réduction du bruit, comme le plan bruit de l’Ademe (2009-2014). Une exception est observée en 2005, année marquée par un renforcement de la réglementation en matière de lutte contre les nuisances sonores en France, qui s’est traduit par une hausse ponctuelle des financements publics.
Évolution de la répartition du financement des dépenses de lutte contre le bruit et les vibrations entre 2000 et 2023
En %
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Auteur : Élodie RICAUD, SDES
Méthodologie
La dépense de lutte contre le bruit constitue l’une des composantes de la dépense de protection de l’environnement. Calculée conformément au Système de comptabilité économique de l’environnement (SEEA pour System of Environmental-Economic Accounting), elle fait l’objet d’une transmission annuelle en décembre n+2 à l’Office statistique européen (Eurostat), en application du règlement (UE) n° 691/2011 relatif aux comptes économiques européens de l’environnement, modifié par le règlement (UE) n° 538/2014.
Son périmètre est établi à partir de la nomenclature statistique internationale des activités et des dépenses de protection de l'environnement et de gestion durable des ressources naturelles (CEP pour classification of environmental purposes), sous le libellé « lutte contre le bruit et les vibrations » (CEP-0601).
La dépense totale de lutte contre le bruit comptabilise la consommation finale et intermédiaire des agents économiques, les rémunérations des salariés, la formation brute de capital fixe (investissement et acquisitions de terrains), ainsi que la consommation de capital fixe (amortissement du capital investi).
Les séries de données sont réévaluées chaque année, lors de la nouvelle campagne d’actualisation, en raison de l’évolution de données (arrivée tardive d’information par exemple) ou de nouvelles procédures de calcul en vue d’améliorer la qualité et la fiabilité de la dépense.
Le calcul de la dépense de lutte contre le bruit est réalisé par le Service des données et études statistiques (SDES).
De nombreuses sources sont mobilisées pour évaluer cette dépense, en particulier les données de la direction générale de la prévention des risques du ministère chargé de l’Environnement, de la RATP, de la SNCF Réseau et de l’Insee.
Les ventes et les installations de fenêtres à isolation acoustique dans le neuf et l’existant ont été estimées à partir des études de marché menées par TBC Innovations et le Cabinet Prospection & Prospection.
La dépense est mesurée en euros courants (dit aussi en prix courants), c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf indication contraire.
Consulter également les articles relatifs aux autres domaines de dépense de protection de l'environnement :
- Les dépenses de protection de l’environnement en 2023 : vue d’ensemble
- La dépense de protection de la biodiversité et des paysages en 2023
- La dépense pour les actions transversales de protection de l’environnement en 2023
- La dépense de protection de l’air extérieur en 2023
- La dépense de gestion des déchets en 2023
- La dépense de gestion des déchets radioactifs en 2023
- La dépense de gestion des eaux usées en 2023
- La dépense de protection et de dépollution des sols et des eaux en 2023
- La dépense de recherche et développement (R&D) pour la protection de l’environnement en 2023
Données
Données associées à la dépense intérieure de lutte contre le bruit en 2023







