La dépense intérieure de protection de l’air extérieur fait partie des dépenses de protection de l’environnement comptabilisées dans les comptes économiques de l’environnement. Elle mesure l’effort financier consenti par tous les agents économiques (État, collectivités locales, entreprises et ménages) pour réduire les rejets de GES (gaz à effet de serre) et de polluants dans l’air et éviter leurs concentrations dans l’atmosphère, ainsi que les moyens alloués au contrôle de ces émissions.
Avertissement
Des améliorations méthodologiques ont été apportées au compte de dépense de protection de l’air extérieur à l’occasion de l’estimation des dépenses pour 2023 et ont entraîné des révisions significatives (voir méthodologie). Ainsi, la dépense pour 2022 est passée de 7,6 Md€ dans la publication précédente à 6,8 Md€ dans celle-ci. Ces révisions ont été appliquées à l’ensemble de la série.
8,3 Md€ pour la protection de l’air extérieur
En 2023, 8,3 milliards d’euros (Md€) ont été consacrés à la protection de l’air extérieur, soit 12 % des dépenses totales de protection de l’environnement en France (66,8 Md€) et 0,29 % du PIB.
Répartition de la dépense de protection de l'environnement par domaine en 2023
En milliards d'euros (Md€) et en %
* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors maîtrise de l'énergie et production d'énergie à partir de sources renouvelables.
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
60 % des dépenses sont des dépenses d’investissements
Les dépenses d’investissement représentent près de 60 % de la dépense totale soit 4 962 M€. Elles correspondent principalement à des achats de biens et de matériels (véhicules électriques et hybrides rechargeables) réalisés par les entreprises et les administrations, les achats des ménages étant comptés dans la dépense courante, ainsi qu’à des études menées par les entreprises, visant à améliorer les processus de production. À cela s’ajoutent l’ensemble des achats d’infrastructures de recharge.
La dépense courante (40 % du total pour 3 325 M€) recouvre notamment l’acquisition des véhicules bas-carbone par les ménages et les aides publiques dédiées. Dans les règles de la comptabilité nationale, auxquelles se conforment les comptes de dépenses environnementales, les achats de biens durables par les ménages ne sont pas enregistrés comme des investissements. Seuls les achats de logements et les améliorations majeures qui y sont apportées le sont. Les achats d’infrastructures de recharge par les ménages sont également considérés comme des investissements.
Entre 2022 et 2023, les dépenses de protection de l’air enregistrent une hausse de 21,5 % en euros courants. Cette hausse est similaire pour les dépenses courantes et les investissements (respectivement + 21,4 % et + 21,6 %).
85 % des dépenses pour l’achat d’équipements
En 2023, 7 Md€, soit 84 % des dépenses totales en faveur de la protection de l’air extérieur, sont dédiés aux coûts d’acquisition de produits connexes et adaptés, comme l’achat de véhicules propres ou d’infrastructures de recharge, principalement par les ménages ou les entreprises (voir méthodologie).
Les actions engagées par les entreprises industrielles pour minimiser l’impact de leurs activités sur l’air extérieur représentent 0,9 Md€, soit 11 % des dépenses. Ces actions visent à éliminer ou à réduire les émissions de GES et la pollution de l'air grâce à des procédés de production plus propres ou plus efficaces. Elles concernent l'installation, l'entretien et l'exploitation d'équipements en bout de chaîne destinés à l'élimination et la réduction des émissions dans l'air extérieur de GES, de particules ou d'autres substances polluantes provenant soit de la combustion de combustibles, soit de procédés (filtres, équipements de dépoussiérage, convertisseurs catalytiques, techniques de postcombustion par exemple).
La dépense consacrée à la surveillance et à la mesure de la qualité de l’air est de 284 M€, soit 3,4 % de la dépense totale de protection de l’air. Ce montant englobe le budget des associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air (AASQA), qui s’élève à 87 M€. Les AASQA réalisent leurs missions sur le terrain à partir de près de 600 stations de mesure implantées sur l’ensemble du territoire métropolitain, dans des zones représentatives. Elles évaluent l’exposition des populations et des écosystèmes à la pollution atmosphérique. Elles valorisent et diffusent les résultats consolidés afin d’informer et de sensibiliser les autorités et le public. Les données issues de ce dispositif font l’objet d’une publication annuelle par le SDES dans le Bilan de la qualité de l’air extérieur. Les polluants surveillés sont ceux qui font l’objet d’une réglementation, au titre de la loi sur l’air ou des directives européennes : dioxyde de soufre (SO2), dioxyde d’azote (NO2), oxydes d’azote (NOx), ozone (O3), benzène (C6H6), particules (de diamètre inférieur à 10 µm - PM10 et inférieur à 2,5 µm - PM2,5), monoxyde de carbone (CO), métaux lourds (plomb, arsenic, cadmium, nickel, mercure) et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Des suivis ponctuels sur d’autres polluants peuvent également avoir lieu.
Des associations de défense de l’environnement, autres que celles qui sont agrées pour la surveillance de la qualité de l’air, mènent des actions spécifiquement dédiées à la lutte contre la pollution de l’air. Les 75 M€ qui passent par leur budget résultent à 82 % de financements issus des entreprises. Les 18 % restants sont financés par l’Europe, les administrations, les fonds propres des associations ou les ménages.
Répartition de la dépense de protection de l'air extérieur par domaine en 2023
En millions d'euros (M€) et en %
* Hors associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA, LCSQA et Prév'air), qui sont comptabilisées dans la catégorie « Surveillance et mesure ».
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Les entreprises, premier acteur de la protection de l’air extérieur
Selon le principe du pollueur-payeur (article L.110-1 du Code de l’environnement), les pollueurs doivent supporter les coûts engendrés par la pollution résultant de leurs propres activités, y compris le coût des mesures prises pour la prévenir, la combattre et l’éliminer, ainsi que les coûts liés à la réparation.
En 2023, les entreprises ont mobilisé 4,4 Md€ en faveur de la protection de l’air extérieur, soit 54 % de la dépense totale. Ce montant recouvre à la fois les sommes investies par les industriels dans l’achat d’équipements et l’utilisation de produits connexes et adaptés, mais également les coûts d’entretien et de maintenance de ces équipements.
Les moyens mobilisés par les administrations publiques (principalement l’État) représentent 25 % des dépenses, soit un montant de 2,1 Md€. Ces moyens sont consacrés à l’achat de véhicules propres destinés à l’usage final des collectivités locales, aux aides versées aux entreprises et aux ménages pour l’achat de tels véhicules, ainsi qu’au financement partiel des AASQA.
La dépense des ménages s’élève 1,7 Md€, soit 21 % de la dépense de protection de l’air extérieur. Ce montant correspond à leurs surcoûts pour l’acquisition de biens (surcoût d’acquisition des véhicules propres déduction faite des aides versées par l’État, bonus et prime à la conversion) ou de services (volet anti-pollution des contrôles techniques des voitures particulières).
Répartition du financement de la dépense de protection de l'air extérieur en 2023
En millions d'euros (M€) et en %
Note : les financements par les associations (autofinancement) et le reste du monde représentent 0,1 % de la dépense totale en 2023.
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Une forte hausse de la dépense ces six dernières années
À partir de 2018, les dépenses de protection de l’air extérieur augmentent considérablement : celles-ci sont multipliées par quatre entre 2017 et 2023 avec une évolution annuelle moyenne en euros courants de 26 %, bien supérieure à celle du PIB dans le même temps (+ 3,6 % en euros courants). Ce sont notamment les achats de véhicules électriques et hybrides rechargeables qui entraînent cette hausse, ceux-ci passant de 0,5 Md€ en 2018 à 5,2 Md€ en 2023.
La hausse significative des dépenses depuis 2018 est liée aux politiques publiques mises en œuvre pour faciliter l’achat de véhicules peu émetteurs de GES (prime à la conversion, bonus écologique).
De 2021 à 2023, les ventes d’installation de recharge liées à ces véhicules électrifiés accentuent cette dynamique avec des montants respectifs de dépense de 800 M€, 900 M€ et 1,4 Md€.
La forte augmentation de ces six dernières années fait suite à une période de 18 ans de relative stabilité. En effet, malgré quelques efforts en faveur de la protection de l’air à la fin des années 2000, les dépenses associées ont peu évolué entre le début des années 2000 et 2017. Sur cette période, la dépense de protection de l’air extérieur n’a augmenté que de 2,1 % par an en euros courants, soit une hausse inférieure à celle du PIB (+ 2,6 % par an en euros courants).
Évolution des dépenses de protection de l'air extérieur entre 2000 et 2023
En indice base 100 en 2000 et en M€ courants
Note : l’évolution des dépenses totales en euros constants est calculée à partir des dépenses totales en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (hors inflation).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024
L’entreprise, financeur principal
La prépondérance des entreprises dans le financement de la protection de l’air (54 %) résulte à la fois de l’importance relative des achats de voitures bas-carbone dans les dépenses de protection de l’air (63 %) et du fait que les entreprises acquièrent plus de ces véhicules que les autres agents économiques. Au cours de l’ensemble de la période observée, la part des administrations publiques varie en fonction des ajustements des politiques publiques, en particulier celles liées aux aides à l’achat de véhicules propres.
Ainsi, l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2008, du bonus écologique, qui récompense financièrement les acquéreurs ou locataires de véhicules neufs émettant une quantité limitée de dioxyde de carbone (CO2), explique la hausse du financement des administrations publiques, pour les années 2009 et 2010. Pour les années 2018 à 2020, cette augmentation est liée à l’accroissement des primes à la conversion, avec un pic en 2019, pour un montant de primes de plus de 800 M€.
On note aussi une augmentation constante de la part des ménages dans le financement de 2001 à 2023 qui passe de 8 à 21 %. En moyenne, les ménages contribuent au financement de la protection de l’air à hauteur de 11 % sur la période 2000-2023.
Évolution de la répartition du financement de la dépense de protection de l'air extérieur entre 2000 et 2023
En %
Note : les financements par les associations (autofinancement) et le reste du monde représentent 0,1 % de la dépense totale en 2023.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Auteur : Fabrice GARNES, SDES
Méthodologie
La dépense de protection de l’air extérieur est l’une des composantes de la dépense intérieure de protection de l’environnement. Calculée selon une norme comptable internationale (system of environmental-economic accounts), elle fait l’objet d’une transmission annuelle en décembre n+2 à l’Office statistique européen (Eurostat), régie par le règlement (UE) n° 691/2011 relatif aux comptes économiques européens de l’environnement (modifié par le règlement (UE) n° 538/2014).
Son périmètre est établi à partir de la nomenclature statistique internationale des activités et dépenses environnementales (CEP pour classification of environmental purposes) sous le libellé « protection de l’air et du climat » (CEP 01). Il englobe les mesures et activités ayant pour but la prévention et le traitement des rejets de polluants atmosphériques dans l’air extérieur et celles ayant pour but le contrôle des émissions de gaz ayant un effet négatif sur la couche d’ozone stratosphérique. En outre, certaines actions de lutte contre la pollution atmosphérique présentent un bénéfice en matière de lutte contre le changement climatique (systèmes de chauffage et véhicules moins polluants). En revanche, le périmètre de ce compte ne comprend pas les dépenses en faveur de la maîtrise de l’énergie et du développement des énergies renouvelables, même si celles-ci contribuent à la réduction des GES, car elles ont vocation à être comptabilisées dans des comptes dédiés à la gestion durable des ressources naturelles. Le compte de dépenses de protection de l’air extérieur n’intègre pas non plus les modes de transport contribuant à l’amélioration de la qualité de l’air extérieur et à la réduction des GES (vélo, ferroutage, transports par voie navigable, transports en commun).
La dépense intérieure de protection de l’air extérieur porte sur les dépenses des établissements industriels pour réduire la pollution de l’air extérieur, ainsi que sur les dépenses réalisées par tous les agents économiques pour l’acquisition de produits dits « connexes » (dont l’utilisation répond directement à un objectif de protection de l’environnement) ou « adaptés » (conçus pour être plus respectueux de l'environnement que les produits normaux d'usage équivalent) à la protection de l’air extérieur. Les produits connexes inclus dans la dépense de protection de l’air extérieur sont les filtres à particules (données Ademe), les pots catalytiques (estimation à partir de l’indice des prix « pièces et accessoires de rechange » de l’Insee), la partie du contrôle technique destinée à la lutte contre la pollution de l’air extérieur (Utac). Les produits adaptés comptabilisés sont les véhicules « propres », c’est-à-dire électriques ou hybrides rechargeables, les infrastructures de recharges des véhicules électrifiés et le fioul désulfuré. Seul le surcoût lié aux acquisitions, par rapport au prix des biens analogues mais polluants (lorsqu’ils existent), est comptabilisé, ainsi que les aides publiques associées.
Conformément aux règles de la comptabilité nationale, l’achat des véhicules est comptabilisé en investissement pour les entreprises et en dépense courante pour les ménages. Les infrastructures de recharge des véhicules électriques ont été comptabilisés en investissement même pour les ménages.
Des améliorations méthodologiques apportées lors de la production des données 2023 en 2025, ont entraîné des révisions significatives des dépenses. Par ordre décroissant d’importance monétaire, les modifications méthodologiques sont les suivantes :
- prise en compte des infrastructures de recharge qui jusque-là n’étaient pas comptabilisées ;
- revue du surcoût des véhicules électrifiés à la baisse. Le surcoût était calculé le plus souvent par rapport au tarif des véhicules correspondants les moins chers (essence). Ils sont désormais comparés à un prix moyen de véhicule correspondant aux ventes de véhicules de l’année ;
- suppression des chaudières à condensation du compte de protection de l’air. Ces chaudières à condensation permettent d’économiser de l’énergie et se retrouvent naturellement dans le compte de maîtrise de l’énergie (CEP 0202) ;
- modification dans la prise en compte de montants issus de l’enquête Antipol (à cause de changements conséquents dans le questionnaire) ;
- prise en compte des ventes de poids lourds, bus et cars électriques qui jusque-là n’étaient pas comptabilisées ;
- suppression du GPL du compte. Il s’agissait principalement d’aides sous forme de défiscalisation qui sont hors champ de la CEP.
Les séries de données sont réévaluées chaque année, lors de la nouvelle campagne d’actualisation, en raison de l’évolution de données (arrivée tardive d’information par exemple) ou de nouvelles procédures de calcul en vue d’améliorer la qualité et la fiabilité de la dépense.
Les dépenses des établissements industriels sont issues de l’enquête Antipol réalisée par l’Insee.
La dépense est mesurée en euros courants (dit aussi en prix courants), c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf indication contraire.
Consulter également les articles relatifs aux autres domaines de dépense de protection de l'environnement :
- Les dépenses de protection de l’environnement en 2023 : vue d’ensemble
- La dépense de protection de la biodiversité et des paysages en 2023
- La dépense pour les actions transversales de protection de l’environnement en 2023
- La dépense de lutte contre le bruit en 2023
- La dépense de gestion des déchets en 2023
- La dépense de gestion des déchets radioactifs en 2023
- La dépense de gestion des eaux usées en 2023
- La dépense de protection et de dépollution des sols et des eaux en 2023
- La dépense de recherche et développement (R&D) pour la protection de l’environnement en 2023
Données
Données associées à la dépense intérieure de protection de l’air extérieur et du climat en 2023 sous forme de tableaux et graphiques.







