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La dépense de recherche et développement (R&D) pour la protection de l’environnement en 2023

Environnement
Publié le 12/06/2026
En 2023, 4,2 milliards d’euros ont été consacrés à la recherche et au développement (R&D) pour la protection de l’environnement en France, une dépense en hausse de 3,9 % par rapport à l’année précédente. Les entreprises contribuent à hauteur de 55 % au financement de cette dépense et les administrations publiques à 40 %. Les 5 % restants proviennent de ressources étrangères (entreprises, organismes internationaux et nationaux étrangers, ainsi que fonds de l’Union européenne).

La dépense intérieure de recherche et développement pour la protection de l’environnement fait partie des dépenses de protection de l’environnement comptabilisées dans les comptes économiques de l’environnement. Elle correspond aux moyens mobilisés par les entreprises et les administrations publiques françaises pour les travaux de recherche réalisés dans ce domaine en France. Les dépenses de R&D comptabilisées comprennent uniquement les travaux spécifiquement orientés vers la protection de l’environnement.

Avertissement

Des améliorations méthodologiques et des corrections ont été apportées au compte de la R&D à l’occasion de l’estimation des dépenses pour 2023 et ont entraîné des révisions significatives (voir méthodologie). Ainsi, la dépense pour 2022 est passée de 5,0 Md€ dans la publication précédente à 4,1 Md€ dans celle-ci. Ces révisions ont été appliquées à l’ensemble de la série, les principales corrections concernant les années 2021 et 2022.

4,2 Md€ pour la R&D

En 2023, 4,2 milliards d’euros (Md€) ont été consacrés à la R&D pour la protection de l’environnement sur le territoire national, soit 6,2 % des dépenses totales de protection de l’environnement en France (66,8 Md€) et moins de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB). Cette dépense de R&D est en hausse de 3,9 % par rapport à 2022. La dépense nationale de R&D environnementale représente environ 7 % de la dépense totale de R&D en France.


Répartition de la dépense de protection de l'environnement par domaine en 2023
En milliards d'euros (Md€) et en %

© SDES

* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage. 
** Hors maîtrise de l’énergie et production d’énergie à partir de sources renouvelables.
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Des dépenses considérées à 97 % comme des investissements

Pour l’année 2023, la part des investissements dans la dépense totale est de 97 % pour un montant de 4 164 M€. Les dépenses courantes (3 % pour 138 M€) correspondent à la consommation de capital fixe (CCF), c’est-à-dire à la dégradation, au fil du temps, des effets novateurs et des avantages économiques futurs tirés de la R&D.

Entre 2022 et 2023, la dépense de R&D augmente de 3,9 % en euros courants soit une baisse de 1 % hors inflation. Malgré cela, la dépense totale de R&D environnementale en 2023 reste la plus élevée jamais enregistrée.

Un financement porté en majorité par les entreprises

En 2023, les entreprises ont mobilisé 2,3 Md€, soit 55 % de la dépense totale. Les entreprises spécialisées financent cette dépense à hauteur de 16 %. Les entreprises des autres secteurs financent les 84 % restants, soit en produisant leur propre R&D, soit en l’achetant aux entreprises spécialisées.

Les moyens mobilisés par l’État représentent 40 % des dépenses, soit un montant de 1,7 Md€. Les mesures d’incitation fiscale, telles que le crédit d’impôt recherche ou le statut de jeune entreprise innovante (JEI) ne sont pas prises en compte dans le calcul du financement public de la R&D des entreprises.

Enfin, une partie de la R&D environnementale est financée par des organismes étrangers. Elle est estimée à 192 millions d’euros (M€), soit 5 % de la dépense.

Seule la R&D relative à la gestion des déchets radioactifs peut être isolée. Celle-ci s’élève à 363 M€, soit 9 % de la dépense globale. Elle concerne aussi bien les dépenses de R&D des administrations publiques (CEA et CNRS) que celles des entreprises (EDF, Andra, Orano, etc.).


Répartition du financement de la dépense de R&D pour la protection de l’environnement en 2023
En millions d'euros (M€) et en %

© SDES

Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 

Une dépense en hausse de 3,9 %

Entre 2000 et 2023, la dépense de R&D pour la protection de l’environnement a été multipliée par 1,6 en euros courants (1,1 en euros constants), passant de 2,7 Md€ en 2000 à 4,2 Md€ en 2023. Elle progresse à un taux annuel moyen de 2,0 % en euros courants (+ 0,4 % hors inflation) sur cette période, un rythme supérieur à celui de l’inflation (+ 1,6 % par an).

Néanmoins, la croissance n’est pas régulière. Après une forte baisse de 33 % entre 2000 et 2001, la dépense croît faiblement de 2001 à 2007, avec une hausse annuelle moyenne de 4,5 %. Cette croissance s’est ensuite accélérée entre 2007 et 2013, atteignant un taux moyen de 9,1 % par an. De 2013 à 2020, la dépense a de nouveau diminué, à un rythme moyen de - 2,1 % par an. L’année 2022 est marquée par une forte reprise, avec une hausse de 18 % par rapport à 2021, portée aussi bien par les entreprises (+ 17.8 %) que par les administrations (+ 19,1 %).


Évolution des dépenses de R&D pour la protection de l’environnement entre 2000 et 2023
En indice base 100 en 2000 et en M€courants

© SDES

Note 1 : l’évolution des dépenses totales en euros constants est calculée à partir des dépenses totales en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (hors inflation).
Note 2 : les montants 2021 et 2022 ont été fortement revue à la baisse suite à la rectification des réponses de certains répondants à l’enquête du ministère de l’Enseignement supérieur sur la R&D.
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024

Les entreprises, principaux agents financeurs depuis 2006

Dans la première moitié de la décennie 2000, les deux tiers de la dépense de R&D pour la protection de l’environnement était assurée par les administrations publiques. Depuis 2006, les entreprises sont les principaux agents financeurs, avec une part qui fluctue entre 55 et 65 % jusqu’en 2023. La part des administrations publiques dans le financement s’établit à 33 % en moyenne de 2006 à 2022. La part du financement par les fonds européens a augmenté entre 2001 et 2008, passant de 3,1 % à 6,3 %. Depuis, cette part est globalement à la baisse et diminue en moyenne de 2,1 % par an jusqu’en 2022.

En 2023, la dépense de R&D des entreprises diminue de près de 160M€ par rapport à 2022. Parallèlement, celle des administrations augmente de 287 M€. En conséquence, la part des dépenses des entreprises diminue pour atteindre 55 %, tandis que celle des administrations augmente pour atteindre 40 %. Dans le même temps, la part du financement par les fonds européens remonte légèrement pour atteindre 4,6 % en 2023.


Évolution de la répartition du financement de R&D pour la protection de l’environnement entre 2000 et 2023
En %

© SDES

Champ : France. 
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Auteur : Fabrice GARNES, SDES

Méthodologie

La dépense intérieure de recherche et développement pour la protection de l’environnement est l’une des composantes de la dépense intérieure de protection de l’environnement. Calculée selon une norme comptable internationale (system of environmental-economic accounts), elle fait l’objet d’une transmission annuelle en décembre n+2 à l’Office statistique européen (Eurostat), régie par le règlement (UE) n° 691/2011 relatif aux comptes économiques européens de l’environnement (amendé par le règlement (UE) n° 538/2014). 

Conformément au système européen des comptes nationaux, les dépenses de R&D sont considérées comme un investissement et non comme une consommation intermédiaire. Seule la consommation de capital fixe (amortissement) est comptabilisée en dépenses courantes

Son périmètre est établi à partir de la nomenclature statistique internationale des activités et dépenses environnementales (CEP pour classification of environmental purposes) sous le libellé « recherche et développement », implicitement pour la protection de l’environnement (CEP 07).

Les dépenses de R&D couvrent, entre autres, la protection de l'air ambiant et du climat, l’assainissement des eaux usées, la gestion des déchets, la protection des sols et des eaux souterraines, la réduction du bruit et des vibrations, la protection de la biodiversité et la protection contre les rayonnements. En sont exclues les activités qui ont trait à la gestion durable des ressources naturelles. Cela inclut la R&D en elle-même ainsi que les produits permettant l’activité de R&D.

Des corrections ont été réalisées lors de la campagne 2025 et ont entrainé des révisions significatives de la dépense sur tout ou partie de la série. En particulier, pour les années 2021 et 2022, le montant total de R&D de protection de l’environnement est passé respectivement de 4,2 à 3,4 Md€ et de 5 à 4 Md€. Par ordre décroissant d’importance monétaire, les modifications les plus importantes sont les suivantes : 

  • Rectification en 2021 et 2022 de la réponse de certaines entreprises à l’enquête du ministère de l’Enseignement supérieur qui avaient déclaré des montants beaucoup trop importants dans leurs dépenses environnementales. Les dépenses ont été revues à la baisse.
  • Revue des items environnementaux pris en compte pour connaître la proportion de dépenses environnementales de R&D par rapport à l’ensemble des dépenses des administrations. Les dépenses ont été revues à la baisse.
  • Prise en compte de la dépense de R&D relative au projet Cigéo. Il s’agit des montants du fonds de recherche payés par les différents acteurs (EDF, CEA, Orano, ASN) et destinés à des recherches et études relatives à l’entreposage et au stockage des déchets concernés par le projet. Les dépenses ont été revues à la hausse.

Les séries de données sont réévaluées chaque année, lors de la nouvelle campagne d’actualisation, en raison de l’évolution de données (arrivée tardive d’information par exemple) ou de nouvelles procédures de calcul en vue d’améliorer la qualité et la fiabilité de la dépense.

La dépense de R&D relative à la protection de l’environnement en France est estimée à partir des enquêtes menées chaque année par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche auprès des entreprises, des organismes publics de recherche, des établissements d’enseignement supérieur, des associations, etc. Ces enquêtes permettent de mesurer les moyens que ces différents acteurs consacrent à la R&D selon différents domaines, dont l’environnement, et la manière dont ils financent ces recherches.

La dépense est mesurée en euros courants (dit aussi en prix courants), c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf indication contraire.

Données

Données associées à la dépense intérieure de recherche et développement (R&D) en 2023

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