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La pollution de l’air par les particules de diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10)

Environnement
Publié le 19/10/2021
Les concentrations de particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10) ont baissé sur la période 2007-2020. Il est en de même pour le pourcentage de stations de mesure où le seuil réglementaire journalier de qualité de l’air n’est pas respecté. En 2020, toutes les stations de mesure respectent ce seuil. Les mesures liées à la gestion de la pandémie de Covid-19 ont légèrement contribué à ce résultat historiquement bas. L’année 2020 est par ailleurs marquée par des épisodes de pollution en métropole et outre-mer.

Les concentrations de PM10

Les particules dans l’air font l’objet d’une préoccupation importante du fait de leurs impacts sanitaires.

 

 

Sur la période 2007-2020, les concentrations moyennes annuelles en PM10 ont diminué dans les zones éloignées de toutes sources directes de pollution (fond urbain) et à proximité du trafic routier. Des variations interannuelles sont observées, la présence des particules dans l'air étant liée à la fois :
- aux rejets directs dans l’air de particules par les activités humaines et des source naturelles (émissions primaires) ;
- à la formation de particules par réactions chimiques entre plusieurs polluants gazeux et/ou particules déjà présents dans l’atmosphère (particules secondaires) ;
- aux conditions météorologiques ;
- au transport à longue distance de polluants.
Les mesures exceptionnelles de limitation des déplacements et de l’activité économique, liées à la gestion de la pandémie de Covid-19, ont légèrement accentué la tendance à la baisse en 2020. Cela s’explique par le fait que les particules proviennent d’autres sources (chauffage résidentiel, agriculture, poussières naturelles) qui n’étaient pas concernées par les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19.

En 2020, les concentrations moyennes annuelles en PM10 sont en moyenne de 15 µg/m3 en fond urbain et de 19 µg/m3 à proximité du trafic routier. À proximité du trafic routier, les concentrations moyennes annuelles sont 1,3 fois plus élevées qu’en fond urbain.

 

La situation des agglomérations vis-à-vis des seuils réglementaires de qualité de l’air fixés pour la protection de la santé pour les PM10

Le pourcentage de stations de mesure ne respectant pas le seuil réglementaire journalier en PM10 fixé pour la protection de la santé a baissé depuis 2011, après des fluctuations assez marquées entre 2007 et 2010. Ce constat est observé dans les agglomérations de 50 000 à 250 000 habitants et dans celles de plus de 250 000 habitants. En 2020, ce pourcentage est de 0 % pour ces deux tailles d’agglomérations. Les mesures exceptionnelles de limitation des déplacements et de l’activité économique, liées à la gestion de la pandémie de Covid-19, ont légèrement accentué la tendance à la baisse en 2020.

Dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, les dépassements sont le plus souvent mesurés par des stations situées à proximité du trafic routier, en particulier depuis 2012. Pour les agglomérations de 50 000 à 250 000 habitants, cela varie en fonction des années.

 

 

Les épisodes de pollution en PM10 en France

Un épisode de pollution est caractérisé par le dépassement des seuils réglementaires de qualité de l’air fixés pour la protection de la santé humaine à court terme, pour un ou plusieurs polluants. Il est considéré d’ampleur nationale lorsque la superficie des territoires touchés s’étend sur trois régions administratives ou plus et qu’il concerne une période excédant deux jours consécutifs.

Les épisodes de pollution aux particules PM10 peuvent survenir en conditions anticycloniques hivernales. Ces dernières favorisent l’accumulation des particules près du sol que les vents, le plus souvent de faible intensité, dispersent peu. De surcroît, les températures basses accentuent les émissions de particules et de leurs précurseurs, induites par le chauffage résidentiel. En fin d’hiver et au début du printemps, des épisodes de pollution aux particules peuvent également être observés. Ils se singularisent par l’influence des émissions d’ammoniac NH3 liées aux activités agricoles qui s’ajoutent et interagissent avec les polluants émis par les activités industrielles et les transports– comme en 2014, 2015 et 2018. Des phénomènes naturels, tels que le transport de panaches volcaniques ou de poussières désertiques d’Afrique, peuvent également conduire à des épisodes de pollution aux particules, comme ceux que l’on observe régulièrement en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Dans ces régions, les concentrations en particules augmentent fréquemment suite à l’apport de poussières désertiques provenant du Sahara et qui traversent l’océan Atlantique. En 2018, le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air a réalisé une étude de caractérisation chimique des particules en Martinique. Elle a confirmé le rôle prépondérant joué par les poussières sahariennes, mais également les sels de mer, dans la survenue des dépassements du seuil d'information journalier pour les PM10.