Derniers résultats

La pollution de l'air par les particules de diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres (PM10)

Environnement
Publié le 21/01/2025
Les concentrations moyennes annuelles de PM10 ont baissé sur la période 2007-2023. Il en est de même pour le pourcentage de stations de mesure où les normes réglementaires de qualité de l’air pour la protection de la santé ne sont pas respectées. En 2023, deux agglomérations sont concernées par le non-respect de ces normes. Cette année est par ailleurs marquée par trois épisodes de pollution d’ampleur nationale en métropole, ainsi que par des épisodes de pollution consécutifs aux apports de poussières désertiques dans les Antilles et en Guyane.

Date de la dernière mise à jour : 21 janvier 2025.

La répartition spatiale des concentrations de PM10 en France métropolitaine

Les particules dans l’air font l’objet d’une préoccupation importante du fait de leurs impacts sanitaires. Elles sont habituellement classées par taille. Parmi les fractions granulométriques couramment utilisées (PM10, particules fines de diamètre inférieur ou égal à 2,5 µm - PM2,5, particules de diamètre inférieur ou égal à 1 µm et de diamètre inférieur ou égal à 0,1 µm), seules les concentrations des PM10 et des PM2,5 sont réglementées au niveau européen.

Sur la période 2019-2023, les concentrations moyennes annuelles de PM10 les plus élevées sont observées sur les régions Hauts-de-France, Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En 2019 et 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes est également concernée ainsi que Grand Est en 2019 et la Normandie en 2018. En 2023, quelques zones du littoral Corse, de Nouvelle-Aquitaine, des Pays de la Loire et de Bretagne se distinguent également. Les concentrations en PM10 sur ces zones illustrent l’impact des contributions naturelles telles que les poussières désertiques ou les sels marins.

Évolution des concentrations de PM10

Les concentrations moyennes annuelles de PM10 mesurées en milieu urbain ont diminué significativement sur la période 2007-2023. Cette tendance est observée dans les zones éloignées de toutes sources directes importantes de pollution (fond urbain) et à proximité du trafic routier. Ces progrès s’expliquent notamment par les actions mises en place pour réduire les rejets de PM10 telles que l’amélioration des performances des installations de combustion de la biomasse. En 2023, les concentrations moyennes annuelles de PM10 sont de 14 µg/m3 en fond urbain et de 19 µg/m3 à proximité du trafic routier.

Des variations interannuelles sont toutefois observées, la présence des particules dans l'air étant liée à la fois :

  • aux rejets directs dans l’air de particules par les activités humaines et des sources naturelles ;
  • à la formation de particules par réactions entre plusieurs polluants déjà présents dans l’atmosphère ;
  • aux conditions météorologiques ;
  • au transport à longue distance de polluants.

En 2020, les mesures de gestion de la pandémie de Covid-19 ont légèrement accentué la tendance à la baisse, les particules provenant en grande partie de sources non concernées par ces mesures (chauffage résidentiel, agriculture, poussières naturelles). Les niveaux de concentrations de 2023 sont équivalents à ceux de 2020.

Évolution de la situation réglementaire des agglomérations

La réglementation européenne fixe deux normes pour la protection de la santé pour les PM10, appelées valeurs limites : l’une en moyenne journalière et l’autre en moyenne annuelle. Sur la période 2007-2023, le pourcentage de stations de mesure où la norme réglementaire journalière en PM10 n’est pas respectée a baissé dans les agglomérations de 50 000 à 250 000 habitants et dans celles de plus de 250 000 habitants, essentiellement avant 2015. En 2023, ces pourcentages sont respectivement de 0,77 % et 0,95 %.

Sur la période 2007-2023, le pourcentage de stations de mesure ne respectant pas la norme réglementaire annuelle en PM10 a diminué dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants. Il est même nul depuis 2020. Dans les agglomérations de 50 000 à 250 000, ce pourcentage est très faible (moins de 1 %) sur toute la période.

Situation réglementaire des agglomérations en cartes

En 2023, les normes réglementaires pour la protection de la santé (valeurs limites) pour les PM10 ne sont pas respectées dans deux agglomérations : Mamoudzou (Mayotte) et Marseille - Aix-en-Provence. À Mamoudzou, la norme journalière et la norme annuelle ne sont pas respectées au niveau d’une station de mesure. Pour l’agglomération de Marseille - Aix-en-Provence, seule la norme journalière est dépassée et une seule station de mesure est concernée.

En 2023, la contribution naturelle liée aux brumes de sables est substantielle pour Marseille – Aix-en-Provence pour quelques jours. À Mamoudzou, l’étude réalisée avec Hawa Mayotte a permis d’identifier la fraction grossière (particules dont le diamètre est compris entre 2,5 et 10 µm) comme contributrice majoritaire aux concentrations enregistrées de PM10. La source la plus probable de ces particules serait la remise en suspension de poussières au sol par le trafic routier.

Les épisodes de pollution en PM10

Un épisode de pollution est caractérisé par le dépassement des normes réglementaires de qualité de l’air fixées pour la protection de la santé humaine à court terme (seuil d’information et seuil d’alerte), pour un ou plusieurs polluants. Il est considéré d’ampleur nationale lorsque la superficie des territoires concernés s’étend sur trois régions administratives ou plus et qu’il concerne une période de deux jours consécutifs ou plus.

Les périodes propices aux épisodes de pollution en PM10 sont l’hiver et le début du printemps. Les situations météorologiques favorisant l’accumulation des particules près du sol sont souvent reliées à des conditions météorologiques anticycloniques. En hiver, les températures basses engendrent une augmentation des émissions de particules et de leurs précurseurs, notamment à cause de l’utilisation du bois pour se chauffer, du trafic automobile et des activités industrielles. En fin d’hiver et au début du printemps, les émissions des activités agricoles jouent un rôle important dans la formation de particules. Elles s’ajoutent et interagissent avec celles du trafic routier, de l’industrie et, selon les conditions, du chauffage résidentiel.

Des phénomènes naturels, tels que le transport de panaches volcaniques ou de poussières désertiques d’Afrique, peuvent également conduire à des augmentations parfois conséquentes des concentrations de particules. C’est le cas régulièrement en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Les feux de forêts ou la pratique de l’écobuage peuvent aussi contribuer à une dégradation de la qualité de l’air.

En 2023, trois épisodes de pollution d’ampleur nationale ont touché la France métropolitaine : un en février, un en mars et un début septembre. De plus, les Antilles et la Guyane ont régulièrement été confrontés à des épisodes de pollution locaux consécutifs aux apports de poussières désertiques.

Données

Données relatives aux concentrations et aux dépassements des seuils réglementaires des polluants de 2000 à 2023.

Les données sont mises à disposition au travers d’un explorateur qui permet notamment de prévisualiser les fichiers de données et de sélectionner le format de téléchargement. Elles sont également disponibles au moyen d’une interface de programmation applicative (API), qui permet d’automatiser les requêtes.

Les indicateurs mis à disposition sont organisés selon le niveau géographique d’agrégation des données : national ou territorial.

Ils couvrent au maximum la période 2000-2023 (2007-2023 ou 2009-2023 pour certains indicateurs et polluants). Ils concernent les cinq polluants les mieux suivis de 2000 à 2022 : SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5.

Certains indicateurs permettent d’apprécier l’évolution des niveaux de polluants et d’autres de l’évolution du respect de certains seuils réglementaires.

Pour en savoir plus