Date de la dernière mise à jour : 31 mai 2026.
La répartition spatiale des concentrations de PM10 dans l’Hexagone
Les particules dans l’air font l’objet d’une préoccupation importante du fait de leurs impacts sanitaires. Elles sont habituellement classées par taille. Parmi les fractions granulométriques couramment utilisées (PM10, particules fines de diamètre inférieur ou égal à 2,5 µm - PM2,5, particules de diamètre inférieur ou égal à 1 µm et de diamètre inférieur ou égal à 0,1 µm), seules les concentrations des PM10 et des PM2,5 sont réglementées au niveau européen.
Sur la période 2020-2024, les concentrations moyennes annuelles de PM10 les plus élevées sont observées sur les régions Hauts-de-France, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. En 2024, la moyenne annuelle des concentrations de PM10 apparait moins importante qu’en 2023 compte tenu des conditions météorologiques plus douces (notamment durant l’hiver) sur l’Europe de l’Ouest (source Copernicus). En 2023 et 2024, quelques zones du littoral Corse, de Nouvelle-Aquitaine, des Pays de la Loire et de Bretagne se distinguent également. Les concentrations de PM10 sur ces zones illustrent l’impact des contributions naturelles telles que les poussières désertiques ou les sels marins.
Les concentrations moyennes annuelles de fond en PM10 dans l’hexagone, de 2020 à 2024
Notes : norme réglementaire annuelle pour la protection de la santé à long terme : 40 µg/m3 ; cette carte résulte de la combinaison de résultats de simulations de modèles de qualité de l’air et d’observations des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) issues de la base de données nationale Geod’air. Elle montre la répartition spatiale en situation de fond des concentrations moyennes annuelles de PM10 mais n’est pas suffisamment précise pour faire apparaître des dépassements locaux de la norme réglementaire annuelle pour la protection de la santé à long terme. Des cartes à l’échelle urbaine représentant les situations d’exposition au trafic sont réalisées par les Aasqa dans les grandes agglomérations.
Source : Ineris / Prev'Air
L’évolution des concentrations de PM10
Les concentrations moyennes annuelles de PM10 mesurées en milieu urbain ont diminué significativement sur la période 2007-2024. Cette tendance est observée dans les zones éloignées de toutes sources directes importantes de pollution (fond) et à proximité du trafic routier. Ces progrès s’expliquent notamment par les actions mises en place pour réduire les rejets de PM10 telles que l’amélioration des performances des installations de combustion de la biomasse. En 2024, les concentrations moyennes annuelles de PM10 sont de 13 µg/m3 en fond urbain et de 17 µg/m3 à proximité du trafic routier en milieu urbain.
Des variations interannuelles sont toutefois observées, la présence des particules dans l'air étant liée à la fois :
- aux rejets directs dans l’air de particules par les activités humaines et des sources naturelles ;
- à la formation de particules par réactions entre plusieurs polluants déjà présents dans l’atmosphère ;
- aux conditions météorologiques ;
- au transport à longue distance de polluants.
En 2020, les mesures de gestion de la pandémie de Covid-19 ont légèrement accentué la tendance à la baisse, les particules provenant en grande partie de sources non concernées par ces mesures (chauffage résidentiel, agriculture, poussières naturelles). Les niveaux de concentrations de 2024 sont les plus faibles de la période.
L’évolution des concentrations moyennes annuelles de PM10
En µg/m3
Note : la norme réglementaire considérée est la valeur limite fixée à 40 µg/m3 en moyenne annuelle ; la méthode de mesure des PM10 ayant évolué en 2007 afin d’être équivalente à celle définie au niveau européen, les concentrations de PM10 de la période 2000-2006 ne peuvent de fait pas être comparées à celles de la période 2007-2024.
Champ : France métropolitaine et DROM.
Source : Geod'air, septembre 2025. Traitements : Ineris / LCSQA
L’évolution de la situation réglementaire des agglomérations
La réglementation européenne fixe deux normes pour la protection de la santé pour les PM10, appelées valeurs limites : l’une en moyenne journalière et l’autre en moyenne annuelle.
Sur la période 2007-2024, le pourcentage de stations de mesure où la norme réglementaire journalière en PM10 n’est pas respectée a baissé dans les agglomérations de 50 000 à 250 000 habitants et dans celles de plus de 250 000 habitants, essentiellement avant 2015. En 2024, ces pourcentages sont respectivement de 2,3 % et 0 %.
Sur la période 2007-2024, le pourcentage de stations de mesure ne respectant pas la norme réglementaire annuelle en PM10 a diminué dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants. Il est même nul depuis 2020. Dans les agglomérations de 50 000 à 250 000, ce pourcentage est très faible (moins de 1 %) sur toute la période.
L’évolution du pourcentage de stations de mesure ne respectant pas les normes réglementaires journalière et annuelle en PM10 pour la protection de la santé
En %
Note : les normes réglementaires prises en compte sont les valeurs limites ; norme journalière : 50 µg/m3 en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 35 jours par année civile ; norme annuelle : 40 µg/m3 en moyenne annuelle.
Champ : France métropolitaine et DROM.
Source : Geod'air, juillet 2025. Traitement : Ineris / LCSQA, SDES
La situation réglementaire des agglomérations en cartes
En 2024, la norme réglementaire journalière pour la protection de la santé (valeur limite) pour les PM10 n’est pas respectée dans trois agglomérations : Cayenne (Guyane), Fort-de-France (Martinique) et Mamoudzou (Mayotte). Les stations de mesure au niveau desquelles les dépassements ont été mesurés sont au nombre de trois (une par agglomération) et sont situées à proximité du trafic routier. En 2024, la norme réglementaire annuelle est respectée sur l’ensemble des stations de mesure.
Le phénomène naturel des brumes de sable a contribué de manière importante aux concentrations de PM10 pour quelques jours à Cayenne et Fort-de-France. À Mamoudzou, l’étude réalisée avec Hawa Mayotte a permis d’identifier la fraction grossière (particules dont le diamètre est compris entre 2,5 et 10 µm) comme contributrice majoritaire aux concentrations enregistrées de PM10. La source la plus probable de ces particules serait la remise en suspension de poussières au sol par le trafic routier.
Les épisodes de pollution en PM10
Un épisode de pollution est caractérisé par le dépassement des normes réglementaires de qualité de l’air fixées pour la protection de la santé humaine à court terme (seuil d’information et de recommandation et seuil d’alerte), pour un ou plusieurs polluants. Il est considéré d’ampleur nationale lorsque la superficie des territoires concernés s’étend sur trois régions administratives ou plus et qu’il concerne une période de deux jours consécutifs ou plus.
Les périodes propices aux épisodes de pollution en PM10 sont l’hiver et le début du printemps. Les situations météorologiques favorisant l’accumulation des particules près du sol sont souvent reliées à des conditions météorologiques anticycloniques. En hiver, les températures basses engendrent une augmentation des émissions de particules et de leurs précurseurs, notamment à cause de l’utilisation du bois pour se chauffer, du trafic automobile et des activités industrielles. En fin d’hiver et au début du printemps, les émissions des activités agricoles jouent un rôle important dans la formation de particules. Elles s’ajoutent et interagissent avec celles du trafic routier, de l’industrie et, selon les conditions, du chauffage résidentiel.
Des phénomènes naturels, tels que le transport de panaches volcaniques ou de poussières désertiques d’Afrique, peuvent également conduire à des augmentations parfois conséquentes des concentrations de particules. C’est le cas régulièrement en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Les feux de forêts ou la pratique de l’écobuage peuvent aussi contribuer à une dégradation de la qualité de l’air.
En 2024, deux épisodes de pollution d’ampleur nationale ont touché l’Hexagone sous l’effet de brumes de sable d’origine saharienne : un fin mars et un mi-juin. Début avril 2024, l’Hexagone a été touché par un événement de plus faible ampleur avec une forte contribution de brumes de sable provenant également du Sahara. De plus, les Antilles et la Guyane ont régulièrement été confrontés à des épisodes de pollution locaux consécutifs aux apports de brumes de sable.
Les épisodes de pollution en PM10
Source : Prev’air
Données
Données relatives aux concentrations et aux dépassements des seuils réglementaires des polluants de 2000 à 2024.
Les données sont mises à disposition au travers d’un explorateur qui permet notamment de prévisualiser les fichiers de données et de sélectionner le format de téléchargement. Elles sont également disponibles au moyen d’une interface de programmation applicative (API), qui permet d’automatiser les requêtes.
Les indicateurs mis à disposition sont organisés selon le niveau géographique d’agrégation des données : national ou territorial. Ils couvrent au maximum la période 2000-2024 (2007-2024 ou 2009-2024 pour certains indicateurs et polluants). Ils concernent les cinq polluants les mieux suivis de 2000 à 2024 : SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5. Certains indicateurs permettent d’apprécier l’évolution des niveaux de polluants et d’autres de l’évolution du respect de certains seuils réglementaires.
Pour en savoir plus
- Sur les autres polluants, se reporter à cet article : les niveaux de polluants dans l’air (derniers résultats détaillés par polluant).
- Consulter la publication relative au bilan de la qualité de l'air extérieur en France en 2024.


