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La pollution des eaux superficielles et souterraines en France - Synthèse des connaissances en 2021

Environnement
Publié le 24/03/2022
Les milieux aquatiques font l’objet de multiples pressions liées aux activités humaines, agricoles, industrielles et domestiques. Ainsi, dans le dernier rapportage sur l’état des masses d’eau en France en 2015, seules 44 % des masses d’eau superficielle affichaient un bon état écologique et 69 % des masses d’eau souterraine un bon état chimique. Cette situation induit des coûts importants de prévention, de protection et de restauration, pour assurer la pérennité des usages et en premier lieu, la production d’eau destinée à la consommation humaine.
Aquatic ecosystems suffer from a range of pressures caused by human, agricultural, industrial and domestic activities. In the latest report on French aquatic ecosystems in 2015, only 44% of surface water had good environmental status and 69% of groundwater had good chemical status. To ensure sustainable use - and most importantly - the production of water for human consumption, prevention, protection and restoration come at a high cost.

Pesticides et qualité des eaux de surfaces et souterraines

En 2019, les ventes de produits phytosanitaires s’élèvent à 55 000 tonnes de substances actives. Environ 97% sont destinées à un usage agricole, faisant de la France le deuxième utilisateur de phytosanitaires en Europe et le huitième rapporté à l’hectare.

Vingt départements totalisent plus de la moitié de la quantité de substances actives achetées sur la période 2017-2019, et en premier lieu, la Gironde suivie de la Marne, de la Somme, du Gard et de l’Hérault (carte 1).

La surveillance de la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines met en évidence une présence de pesticides dans la plupart des sous-bassins. Les teneurs les plus élevées concernent les zones de grandes cultures, d’arboriculture et de viticulture. Seuls les territoires montagneux ou constitués de surfaces agricoles moins traitées, telles que les prairies permanentes, sont épargnés par cette contamination.

 


Carte 1 : les achats de substances actives en moyenne triennale par département, sur la période 2017-2019

Source : BNV-D, données 2015 à 2019 au code postal acheteur, extraites le 1er mars 2021. Champ : France. - © Traitements : OFB ; SDES, 2021

 

Pour protéger la qualité des masses d’eau, la directive-cadre sur l’eau prévoit des normes de qualité environnementale à ne pas dépasser. Ces normes concernent plus d’une centaine de substances, dont 66 pesticides.

Pour les eaux de surface, près de 20 % des stations de surveillance dépassent les concentrations maximales ou les concentrations moyennes annuelles admissibles pour au moins un pesticide sur la période 2017-2019 (carte 2).

 

Carte 2 : part des stations dépassant les normes de qualité environnementale de la directive-cadre sur l’eau, sur la période 2017-2019

Champ : cours d'eau et plans d'eau. Sources : Eaufrance ; Ineris. - © Traitements : SDES, 2021
 Note : une station dépasse une norme de qualité environnementale si l'un des 66 pesticides pris en compte dépasse une concentration maximale admissible ou une concentration moyenne annuelle admissible. Ces normes sont établies au titre de la directive-cadre sur l'eau.

Évolution de la quantité de nitrates et de phosphates dans les cours d’eau

Les milieux aquatiques accumulent les surplus résultant de la fertilisation minérale et organique des cultures. Après avoir beaucoup augmenté entre les années 1970 et 1990, la quantité totale d’azote vendue, ramenée à l’ensemble des surfaces fertilisables, fluctue autour de 85 kg par hectare de surface fertilisable depuis le début des années 1990 (83 kg lors de la campagne 2018-2019 contre 57 kg pour la campagne 1972-1973).

Les plans d’aide aux agriculteurs, les actions mises en oeuvre dans les zones vulnérables et les mesures visant à mieux valoriser les effluents d’élevage (modernisation des bâtiments, plans d’épandage) permettent progressivement de lutter contre le lessivage des nitrates. Les teneurs en nitrates sont ainsi stables dans les eaux de surface entre 2000 et 2019 (graphique 1).

 

Graphique 1 : tendance d’évolution des teneurs en nitrates dans les cours d’eau en métropole, de 2000 à 2019 en mg/L

Champ : cours d'eau et plans d'eau. Source : EauFrance. - © Traitements : SDES, 2021
Note : la concentration moyenne, exprimée en mg d’azote/litre, est stable entre 2000 et 2019. Les points représentent la concentration moyenne mensuelle à l’échelle du territoire, les lignes rouges représentent la tendance de long terme et son intervalle de confiance à 95 %. 

 

Entre les campagnes 1972-1973 et 2018-2019, l’utilisation des engrais phosphatés a été divisée par 4, pour atteindre 7,4 kg/ha en 2018.

D’importants investissements ont par ailleurs été réalisés pour la rénovation des stations d’épuration urbaines. Ces mises aux normes et l’interdiction des phosphates dans les lessives ont été rapidement suivies d’effets : les teneurs en phosphates ont été divisées par 2 dans les cours d’eau en quinze ans.

La baisse de la teneur en phosphates dans les eaux de surface est plus marquée que celle des nitrates. La concentration moyenne diminue ainsi de 37 % entre 2000 et 2019 (graphique 2).

 


Graphique 2 : tendance d’évolution des phosphates dans les cours d’eau en métropole, de 2000 à 2019 en mg/L

Champ : cours d'eau et plans d'eau. Source : EauFrance. - © Traitements : SDES, 2021
Note : la concentration moyenne, exprimée en mg de phosphore/litre, baisse de 37 % entre 2000 et 2019. Les points représentent la concentration moyenne mensuelle à l’échelle du territoire, les lignes rouges représentent la tendance de long terme et son intervalle de confiance à 95 %. 

Les autres polluants dégradant la qualité des eaux de surface et souterraines

D’autres substances dégradent la qualité des eaux. Ainsi, les composés organiques volatils, comme le trichloréthylène, le perchloréthylène ou le tétrachloréthylène, puissants solvants utilisés par les industries chimique et mécanique et pour le nettoyage à sec des textiles, sont, après les nitrates et les pesticides, la troisième source de dégradation des eaux souterraines.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP, benzène et ses dérivés) figurent également parmi les substances qui dégradent le plus les eaux superficielles. Ces produits proviennent principalement des échappements des moteurs à combustion, du lessivage des revêtements routiers ou des traverses en bois de chemin de fer.

L’assainissement des eaux usées : un poste important des dépenses de protection de l’environnement

 

Pour pallier à ces risques environnementaux, les ménages, les entreprises et les administrations publiques engagent des dépenses en faveur de plusieurs domaines, comme l’assainissement des eaux usées, la prévention et la surveillance des pollutions ou la dépollution des sites et sols pollués (graphique 3).

Avec un total de 13,5 milliards d’euros en 2019, le seul périmètre de l’assainissement des eaux usées représente l’un des principaux postes des dépenses de protection de l’environnement en France (54,3 milliards d’euros en 2019).

 

Graphique 3 : évolution des dépenses pour l’assainissement des eaux usées, la dépollution des sites et sols pollués et pour la prévention et la surveillance des pollutions, en 2019, en milliards d’euros courants

sd = données demi-définitives ; p = données provisoires. Champ : France entière. Source : Compte de dépenses de protection de l’environnement. - © Traitements : SDES, 2021

21 fiches thématiques pour dresser le bilan environnemental de la France

Cet article fait partie de la publication "Bilan environnemental de la France - Édition 2021" qui propose une vue d'ensemble des dépenses de protection de l’environnement, ainsi qu’un aperçu de l’état des écosystèmes et des interactions entre l’environnement et l’économie.

21 fiches thématiques abordent les grands enjeux et l’état des connaissances des principaux domaines environnementaux : milieux naturels, exposition aux risques, économie verte, consommation de matières, émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, etc.

Ce panorama, au travers d’indicateurs physiques et monétaires, mobilise de nombreuses sources et met en perspective les évolutions récentes sur ces domaines.

Consulter le Bilan environnemental de la France - Édition 2021

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