L'essentiel en infographie
Découvrez les principaux chiffres relatifs aux dépenses des locataires consacrées au logement.
Quelle part du budget des locataires est dédiée au logement ?
Dans le budget global des ménages locataires, 25,2 % est consacré au logement en 2020. Trois quarts pour les dépenses de loyer et un quart pour les dépenses d’énergie, d’eau, les dépenses collectives, les taxes, etc.
Les aides au logement pour tous les ménages locataires permettent de réduire ce taux d’effort :
28,5 % du budget sans les aides mais 25,2 % du budget avec les aides au logement.
Zoom sur 3 cas :
Les ménages modestes (pour les 10 % des ménages les plus modestes) dépensent pour leur logement :
- 59,2 % de leur budget sans les aides
- 40,7 % de leur budget avec les aides
Différence de taux d’effort entre le parc privé et le parc social (avec aides) :
- Parc privé : 26,5 %
- Parc social : 23,1 %
Différences selon la composition familiale (avec aides) :
- Couples avec enfant : 20,6 %
- Personnes seules : 31,3 %
- Familles monoparentales : 25,8 %
En 2020, les aides personnelles au logement permettent de réduire de 3 points le taux d’effort moyen des locataires
En 2020, dans l’Hexagone, les ménages locataires consacrent 25,2 % de leurs revenus à se loger selon l’enquête Logement (voir méthodologie), après déduction des aides personnelles au logement. Ces dernières représentent 3,3 % des revenus globaux des locataires. Le taux d’effort brut, qui rapporte les dépenses de logement aux revenus totaux, sans prise en compte des aides au logement, s’élève à 28,5 % en 2020. Les aides personnelles au logement permettent d’alléger les dépenses des ménages les plus modestes. 40 % des ménages déclarent en bénéficier en 2020. Ces aides permettent de ramener le taux d’effort des ménages qui en bénéficient à un niveau quasiment égal à celui des autres locataires (25,3 % contre 25,2 %), alors qu’il serait supérieur de 12,4 points sans prise en compte de ces aides (37,6 %).
La part des dépenses de logement, nettes des aides, dans le revenu des locataires (taux d’effort net) diminue de 1,6 point par rapport à son niveau de 2013. La baisse est plus marquée pour le taux d’effort brut (- 2,3 points) du fait de la réduction de 8,8 % du montant moyen des aides personnelles au logement entre 2013 et 2020. Ces dernières ont même diminué en 2017 pour tous les allocataires (- 5 euros par logement) et baissé en 2018 dans le parc social parallèlement à la mise en place de la réduction du loyer de solidarité (RLS).
La baisse du taux d’effort observée entre 2013 et 2020 intervient après une hausse tendancielle et quasi systématique du taux d’effort net entre deux éditions successives de l’enquête Logement (1984, 1988, 1992, 1996, 2002, 2006 et 2013), hormis entre 1996 et 2002 où le taux d’effort net des locataires avait légèrement baissé.
Taux d’effort brut et net en 2013 et 2020
En %
Lecture : en 2020, le taux d’effort brut des locataires s’élève à 28,5 %, le taux net est de 25,2 %.
Champ : Hexagone, hors ménages étudiants ou percevant des revenus négatifs.
Sources : Insee, ENL 2013 ; SDES, EnL 2020
Les loyers moyens ont moins augmenté que les revenus des locataires entre 2013 et 2020
Les loyers représentent les trois quarts des dépenses en logement des locataires. Entre 2013 et 2020, les loyers moyens ont augmenté à un rythme de 1,1 % par an en moyenne en euros courants. La revalorisation des loyers en cours de bail s’appuie sur l’indice de revalorisation des loyers (IRL) qui suit avec un léger retard l’évolution des prix à la consommation. Or ces derniers ont connu une faible hausse sur la période, en France comme dans l’ensemble de la zone euro, l’inflation ayant été particulièrement réduite entre 2013 et 2016. De plus, les loyers ont diminué en 2018 dans le parc social, en raison de la RLS. Les hausses de loyer en cas de changement de bail ont été également très modérées, d’après les indices des loyers à qualité constante. En définitive, entre 2013 et 2020, le principal moteur de la hausse des loyers a été la déformation de la structure du parc locatif (construction de nouveaux logements plus chers, destruction de logements aux loyers souvent moins élevés et transformation du parc). L’impact de cette déformation est proche de celui observé entre les précédentes enquêtes Logement (voir Publications associées).
Durant la même période, l’évolution des revenus a été un peu plus soutenue (+ 1,8 % par an en moyenne) que celle des prix et des loyers. Le pouvoir d’achat a notamment progressé en 2014, 2016 et 2017 en raison d’une activité économique plus soutenue et de l’amélioration du marché du travail, et en 2019, à la suite notamment des mesures de soutien budgétaire adoptées après le mouvement social des « gilets jaunes » (Note de conjoncture de décembre 2019 de l’Insee).
Les autres dépenses relatives au logement (énergie, charges, taxes) ont baissé ou connu aussi des évolutions modérées
Les dépenses individuelles moyennes d’énergie des locataires par logement se sont contractées de 2,3 % entre 2013 et 2020, en raison notamment de la baisse des prix pétroliers (fioul et gaz de pétrole liquéfié) et du gaz naturel. De plus, la consommation d’énergie dans les logements en unités physiques a été moindre en 2020 du fait d’un hiver particulièrement clément, malgré une présence plus importante des occupants à leur domicile du fait des périodes de confinement. À l’inverse, les dépenses individuelles d’eau ont progressé de 18,6 % mais ces dernières pèsent six fois moins dans les dépenses de logement que celles d’énergie.
Les charges locatives (y compris les dépenses collectives d’énergie et d’eau) ont progressé de façon modérée, de 6,4 % entre 2013 et 2020. Enfin, la taxe d’habitation des locataires a diminué de 56 % entre 2013 et 2020. Les 80 % de ménages les plus modestes ont en effet bénéficié de la suppression progressive de cet impôt pour les résidences principales, amorcée en 2018.
En définitive, le différentiel d’évolution entre les loyers et les revenus contribue pour - 1,0 point à la baisse du taux d’effort, la modération des charges (y compris énergie) pour - 0,6 point et la suppression progressive de la taxe d’habitation pour - 0,7 point. La moindre croissance des aides personnelles au logement comparativement au revenu fait croître le taux d’effort net de 0,8 point entre 2013 et 2020.
Contribution à l'évolution des taux d'effort brut et net entre 2013 et 2020
En points de pourcentage
Lecture : les loyers contribuent à la baisse du taux d’effort à hauteur de - 1 point.
Champ : Hexagone, hors ménages étudiants ou percevant des revenus négatifs.
Sources : Insee, ENL 2013 ; SDES, EnL 2020
Le taux d’effort est plus élevé dans le parc locatif privé
En 2020, le taux d’effort net est plus élevé dans le parc locatif privé (26,5 %) que dans le parc social (23,1 %). Si les revenus sont inférieurs de 20 % en moyenne dans le parc social, les loyers y sont plus faibles d’un tiers, même si les charges (locatives, d’énergie et d’eau) sont supérieures de 20 %. Les locataires du parc social sont aussi plus souvent bénéficiaires d’aides personnelles au logement (51 % contre 31 %) du fait de revenus plus faibles, ce qui allège davantage leur taux d’effort que pour les locataires du parc privé (de 4,6 pour les premiers contre 2,5 points pour les seconds entre taux brut et net).
Entre 2013 et 2020, les taux d’effort bruts ont diminué avec une même ampleur dans le parc locatif privé et dans le parc social (respectivement - 2,4 points et - 2,3 points). Les revenus des locataires du parc social ont moins augmenté que ceux du parc privé, mais leurs charges locatives ont aussi crû à un rythme moindre (notamment du fait de la baisse des charges de chauffage collectif au gaz), et leurs dépenses individuelles d’énergie et taxe d’habitation se sont davantage contractées. Le taux d’effort net a, en revanche, davantage diminué dans le parc privé (- 1,8 point) que dans le parc social (- 1,3 point) car la baisse des aides au logement a davantage concerné les locataires du parc social, qui les reçoivent plus fréquemment.
Les taux d’effort varient selon la date d’emménagement. Pour les locataires emménagés récemment (depuis moins de 4 ans), les dépenses de logement représentent une part plus importante du budget : 26,1 % des revenus (29,5 % avant les aides) y sont consacrés contre 24,7 % (27,9 %) pour les ménages ayant emménagé il y a plus longtemps.
Entre 2013 et 2020, les taux d’effort ont davantage diminué dans les zones tendues (zone A du zonage ABC) et dans les unités urbaines de plus de 100 000 habitants, de sorte qu’ils se sont rapprochés de ceux des communes des zones moins tendues ou d’unités urbaines moins peuplées, où ils étaient initialement moins élevés.
Taux d'effort brut et net en 2020 selon le type de logement
En %
Champ : Hexagone, hors ménages étudiants ou percevant des revenus négatifs.
Source : SDES, EnL 2020
Un taux d’effort nettement plus élevé pour les ménages modestes, mais qui se réduit
Plus le ménage locataire est modeste, plus il consacre une part substantielle de ses revenus à se loger, même après déduction des aides au logement.
Ainsi, les locataires du premier décile de niveau de vie, soit ceux qui font partie des 10 % des ménages aux plus bas revenus par unité de consommation (17,4 % des ménages locataires) dépensent 59,2 % de leur revenu pour se loger. Après prise en compte des aides au logement, le taux d’effort se réduit de 18,5 points, à 40,7 %. À l’inverse, les ménages du décile de niveau de vie le plus élevé (soit 3,6 % des locataires) ne consacrent que 16,4 % de leur budget à se loger (en net comme en brut), soit 2,5 fois moins.
Parmi les locataires, les personnes seules ont les taux d’effort nets les plus élevés (31,3 %), suivies par les familles monoparentales (25,8 %), dont les aides au logement réduisent significativement l’effort (- 7,7 points). Le taux d’effort net des couples avec enfants est inférieur à celui des couples sans enfant (20,6 % contre 22,7 %). Les aides au logement davantage versées aux couples avec enfants permettent de réduire substantiellement leur taux d’effort, initialement proche de celui des couples sans enfant (23,5 % contre 23,8 %). Le taux d’effort net des personnes seules n’a quasiment pas diminué entre 2013 et 2020, contrairement aux autres catégories de ménages, à la fois parce que leurs revenus se sont moins accrus et que leurs loyers ont davantage augmenté.
Plus souvent composés de personnes seules, les ménages locataires dont la personne de référence a 75 ans et plus consacrent 31,3 % de leurs revenus aux dépenses de logement après aides. Le taux d’effort net des ménages de 40 à 49 ans est 8,2 points plus faible (23,1 %). Le taux d’effort des locataires de moins de 30 ans (27,3 %) est également relativement élevé par rapport à celui des ménages d’âge intermédiaire.
Taux d’effort brut et net en 2020 selon le décile de niveau de vie
En %
Note : les déciles de niveaux de vie sont établis sur l’ensemble de la population (propriétaires inclus) pour l’année 2019, en utilisant les statistiques de revenus de l’Insee.
Champ : Hexagone, hors ménages étudiants ou percevant des revenus négatifs.
Source : SDES, EnL 2020
Le revenu disponible, généralement utilisé pour calculer les niveaux de vie, ne peut être reconstitué dans l’enquête nationale logement (ENL) de 2013. Pour mesurer l’évolution des taux d’effort selon le revenu entre les enquêtes 2013 et 2020, on s’intéresse donc ici à la distribution du revenu total (voir méthodologie) par unité de consommation. Les ménages des premier, cinquième et dernier déciles de revenu total par unité de consommation sont ceux pour lesquels le taux d’effort net diminue le plus fortement entre 2013 et 2020 (respectivement - 3,8 points, - 2,4 points et - 2,0 points contre - 1,6 point pour l’ensemble de la population).
Entre 2020 et 2024, les dépenses pour se loger augmentent fortement en raison de la forte hausse des prix, en particulier ceux de l’énergie. D’après le Compte satellite du logement (CSL), les dépenses courantes de logement (loyers, dépenses d’énergie et autres charges locatives, hors taxe d’habitation) augmentent de 19,3 % sur la période (après 12,3 % entre 2013 et 2020). Rapportées au nombre de locataires, les dépenses croissent de 14,2 % entre 2020 et 2024, après avoir crû de 4,6 % entre 2013 et 2020. Dans le même temps, les aides personnelles au logement diminuent de 7,0 %, après - 8,8 % entre 2013 et 2020.
La hausse des dépenses est toutefois atténuée par la mise en place de « boucliers » loyer et énergie. Elle est ainsi moins accentuée que celle des revenus qui ont été très dynamiques en valeur sur la même période : entre 2020 et 2022, les revenus primaires (avant redistribution) augmentent de 28 % en euros courants d’après les Comptes nationaux et la rémunération des salariés progresse de 26 % du fait de la forte hausse des prix. Entre 2013 et 2020, les revenus primaires n’avaient augmenté que de 8,1 % (8,2 % pour la rémunération des salariés).
Auteurs : Virginie ANDRIEUX et François BOUTON, SDES
Méthodologie
L’enquête Logement renseigne sur les dépenses des ménages consacrées au logement ainsi que sur les conditions de logement. Le millésime 2020, mis en œuvre par le SDES avec l’appui financier de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) du ministère en charge du Logement, de la Ville de Paris et de l’Institut Paris Région, a été collecté entre fin 2019 et mi-2021 auprès de 37 141 ménages de l’Hexagone résidant en logement ordinaire. Des compléments d’information sur la méthodologie de cette enquête sont disponibles sur le site du SDES.
L’enquête Logement de 2020 ne concerne que l’Hexagone (Corse comprise). De plus, les ménages dont la personne de référence est étudiante ou les ménages percevant des revenus négatifs sont exclus des statistiques de taux d’effort car leurs revenus connus ne sont généralement pas significatifs de leurs ressources.
Taux d’effort brut/net : le taux d’effort brut correspond à la somme des dépenses de logement des ménages, divisée par la somme de leurs revenus totaux (voir la définition de ces revenus ci-dessous). Le taux net rapporte la somme des dépenses de logement déduite des aides personnelles au logement à la somme des revenus totaux. Ces taux « macroéconomiques » sont légèrement plus bas que les médianes ou moyennes des taux d’effort individuels en raison d’un taux d’effort plus bas pour les ménages ayant les plus hauts revenus.
Dépenses de logement : les dépenses de logement des locataires prises en compte dans cet article incluent les loyers hors charges, les charges locatives (qui incluent des charges pour chauffage ou eau chaude collectifs), les dépenses individuelles (plus précisément hors charges locatives) d’énergie ou d’eau, et la taxe d’habitation.
Aides personnelles au logement : les aides personnelles au logement incluent l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement familial (ALF) et l’allocation de logement social (ALS) pour les ménages concernés ici (donc hors étudiants ou personnes logées hors logements ordinaires). Le chèque énergie n’est pas pris en compte car non collecté dans l’enquête Logement.
Revenus : dans les enquêtes Logement, les revenus utilisés pour les statistiques de taux d’effort ne sont pas les revenus disponibles mais les « revenus totaux ». Comparativement aux revenus disponibles, ce sont des revenus avant impôt, CSG imposable, CSG sur les revenus du patrimoine et CRDS, et n’incluant pas les aides personnelles au logement. Ils incluent les revenus du travail et de remplacement (y compris la rémunération des heures supplémentaires, la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, le fonds de solidarité aux entreprises et la prime aux soignants versés pendant la crise sanitaire), la prime d’activité, les minima sociaux, les prestations familiales et aux adultes handicapés, les revenus de l’épargne (y compris non imposables), les revenus fonciers, le solde des pensions alimentaires imposables reçues et versées.
La manière de collecter et calculer les revenus a changé entre l’enquête nationale logement 2013 et l’enquête logement 2020, les méthodes de l’enquête logement 2020 ayant été alignées sur celles de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux de l’Insee. Si les revenus sont comparables au niveau global, leur contenu et leur répartition ont un peu évolué, ce qui rend la comparaison par sous-population plus fragile.
Période de référence des dépenses et des revenus : les ménages déclarent dans l’enquête Logement leur loyer et le montant de leur éventuelle aide personnelle au logement du dernier mois. Pour les charges locatives, les dépenses d’énergie et d’eau portent sur les douze derniers mois. Dans l’enquête logement de 2020, les revenus sont principalement issus des bases fiscales et sociales et portent sur l’année civile. La crise sanitaire ayant fortement perturbé la collecte de l’enquête, environ la moitié des ménages ont été interrogés jusqu’au premier confinement de mars 2020. On considère qu’ils ont essentiellement détaillé leurs dépenses de 2019 et celles-ci ont été rapportées à leurs revenus de 2019. L’autre moitié a été interrogée à partir de l’automne 2020. On considère qu’ils ont plutôt répondu sur leurs charges de 2020 qu’on a rapportées à leurs revenus de 2020. Pour les analyses selon le niveau de vie, les ménages sont répartis selon des déciles de niveaux de vie ou de revenus totaux par unité de consommation relatifs à l’année 2019, issus des statistiques de revenus de l’Insee.
Données
- Données associées aux graphiques de l'article.
- Taux d'effort des locataires en appartement et en maison en 2013 et 2020.
- Composantes de l'effort en logement des locataires en 2013 et 2020.






