Baisse de 0,3 % du trafic maritime de fret en 2024
En 2024, la baisse des trafics de vracs liquides (- 3,5 %) et de vracs solides (- 4,7 %) contribue à celle du trafic total (- 0,3 %).
Avec 4,8 millions de tonnes (Mt) en moins par rapport à 2023, la baisse du trafic de vracs liquides, qui concentre 40 % du trafic total, est la plus importante en valeur absolue. Le trafic de vracs solides (17 % du trafic total) perd de son côté 2,8 Mt.
Le trafic de conteneurs, qui compte pour 18 % du trafic total, rebondit (+ 14,2 %) en 2024 après un fort repli en 2023 (- 12,8 %). Malgré une augmentation de 7,2 Mt en 2024, la filière du conteneur n’arrive pas à totalement compenser la baisse des trafics de vracs, en recul de 7,6 Mt.
En 2024, le trafic de rouliers (22 % du trafic total) est en légère hausse (+ 0,4 %), à 73,1 Mt, après avoir augmenté en 2023 (+ 4,3 %).
Évolution du trafic maritime selon le type de fret depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Avec 56,6 Mt en 2024, le trafic de vracs solides a atteint un niveau historiquement bas dû à la baisse cumulée des trafics de céréales, de charbon, de minerais et de vracs solides utilisés dans la filière du BTP (sable, graviers, ciment, clinker…). Le trafic de conteneurs (58,0 millions de tonnes tare comprise) dépasse pour la première fois, en volume, celui des vracs solides
Répartition du trafic maritime selon le type de fret en 2024
En %
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Baisse du trafic de vracs liquides
En 2024, le trafic maritime de vracs liquides baisse (- 3,5 %), à 131,6 Mt, après être resté stable en 2023. Ce trafic avait bondi en 2022 (+ 16,9 %) en raison de la forte hausse des trafics de gaz naturel liquéfié (GNL).
Le trafic pétrolier baisse (- 0,7 %), à 95,7 Mt, en 2024. Le trafic de pétrole brut diminue (- 1,8 %), à 48,0 Mt, du fait d’un arrêt technique pour maintenance programmée à la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer, à Marseille, en janvier 2024, et d’un incendie à la raffinerie Esso de Gravenchon, au Havre, en mars de la même année. Ces perturbations de l’activité ont entraîné une baisse du trafic de pétrole brut transitant par les deux grands ports raffineurs français : il diminue d’1,5 % au Havre et de 4,5 % à Marseille.
Le trafic de produits pétroliers raffinés augmente (+ 0,5 %), à 47,7 Mt.
Le trafic de GNL baisse en 2024 (- 15,2 %) pour la deuxième année consécutive, pour s’établir à 23,3 Mt. Ce trafic avait déjà marqué un fort repli en 2023 (- 13,6 %) après un rebond important en 2022 (+ 65,4 %) à la suite du début de la guerre en Ukraine et de l’interruption des livraisons de gaz russe par gazoduc. En 2024, 57 % des entrées de gaz naturel l’ont été par voie maritime. Le reste, importé par gazoduc, provient désormais exclusivement de Norvège.
En 2024, la baisse du trafic de GNL s’explique par un recours accru aux stocks, dont le niveau de fin d’année était inférieur de 24 % à celui de la même période en 2023, ainsi que par la diminution de la consommation réelle de gaz naturel en France (- 6,1 % par rapport à 2023). L’augmentation de la production d’électricité d’origine nucléaire et renouvelable a conduit à une moindre sollicitation des centrales à cycles combinés au gaz. La production d’électricité de ces dernières a chuté de 56 % en 2024, prolongeant une baisse déjà amorcée en 2023.
Par ailleurs, les efforts de sobriété et d’efficacité énergétique se sont poursuivis en 2024, ce qui a contribué à maintenir la consommation de gaz naturel des entreprises et des ménages à un niveau relativement bas.
Le trafic des autres liquides en vrac composés d’engrais liquides, d’huiles et graisses végétales et animales, de monoalcools et d’autres produits chimiques organiques et inorganiques de base est stable en 2024 (- 0,1 %), à 12,7 Mt.
Évolution du trafic maritime de vracs liquides depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Baisse du trafic de vracs solides
En 2024, le trafic de vracs solides baisse de 4,7 %, à 56,6 Mt. L’ensemble des différents types de marchandises transportées en vrac sont concernés par ce recul, à l’exception des engrais et des produits agricoles servant à l’alimentation animale.
Le trafic de charbon poursuit sa baisse (- 10,5 %) pour la deuxième année consécutive après avoir déjà accusé un fort repli en 2023 (- 35,6 %). En 2024, il atteint un niveau historiquement bas avec 4,9 Mt transitant par les ports français. Cette baisse est due à la réduction du charbon utilisé pour la production d’électricité. Les centrales électriques au charbon ont été très peu sollicitées en 2024 en raison de la hausse de la production des centrales nucléaires et de la montée en puissance des installations d’énergies renouvelables.
La centrale thermique de Cordemais n’a quasiment pas été sollicitée en 2024, ce qui a provoqué une baisse du trafic de charbon transitant par le port de Nantes Saint-Nazaire. En parallèle, depuis le premier janvier 2024, plus aucun trafic de charbon n’a été débarqué au port de La Réunion du fait de la conversion au 100 % biomasse des centrales thermiques de Bois-Rouge et du Gol.
Le trafic de minerais baisse (- 2,9 %) pour la troisième année consécutive, pour atteindre 16,2 Mt en 2024, soit son plus bas niveau hormis celui de 2020.
Un des hauts fourneaux de Fos-sur-Mer a été mis à l’arrêt en fin d’année 2024 pour des raisons techniques, ce qui a impacté les trafics de minerais de fer transitant par le port de Marseille. Plus largement, la sidérurgie a réduit sa production en Europe, entraînant une baisse des besoins en minerais ferreux, importés par voie maritime.
Le trafic de produits agricoles baisse (- 1,6 %) du fait de la diminution des exportations de céréales (- 6,2 %) pour la deuxième année consécutive. Cette baisse s’explique par deux facteurs : une campagne céréalière 2024 impactée par un excès de précipitations, et une demande étrangère plus faible en raison du repli des achats chinois d’orge et de la forte concurrence des blés originaires de la mer Noire, notamment russes, vers les pays du Maghreb. À l’inverse, le trafic de nourritures animales poursuit sa progression (+ 13,7 %) pour la deuxième année consécutive après avoir atteint un niveau historiquement bas en 2022, année marquée par des niveaux de prix élevés du tourteau de soja sur les marchés mondiaux. En 2024, la baisse des prix du tourteau a stimulé son incorporation dans la nourriture animale produite en France.
Le trafic des autres solides en vrac, constitués principalement d’engrais et de matières premières utilisées par la filière du BTP, baisse (- 8,1 %).
Évolution du trafic maritime de vracs solides
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Rebond du trafic de conteneurs
En 2024, le trafic de conteneurs rebondit (+ 14,2 %), à 58,1 Mt (tare des conteneurs comprise) après avoir fortement chuté en 2023 (- 12,8 %), à 50,9 Mt. Il se rapproche de ses niveaux record de 2021 et 2022 sans toutefois les dépasser.
Le rebond de 2024 s’explique en partie par une année 2023 en demi-teinte pour la filière, pénalisée par une consommation française et européenne de biens manufacturés en berne auquel se sont ajoutés en début d’année des mouvements sociaux dans les ports contre la réforme des retraites. Dans ce contexte, l’ensemble des grands ports de commerce français avait accusé une forte baisse de son trafic de conteneurs.
En 2024, la hausse du trafic de conteneurs est principalement tirée par l’augmentation des opérations de transbordement et du trafic vers l’hinterland ainsi que par la réorganisation des chaînes logistiques internationales. La situation en mer Rouge, qui s’est dégradée depuis novembre 2023 et est restée instable en 2024, a conduit à un détournement du trafic maritime par le cap de Bonne-Espérance. Ce changement d’itinéraire a déplacé les flux de conteneurs des ports de l’est du bassin méditerranéen vers ceux de l’ouest.
En 2024, la remise en tension du trafic a également eu comme conséquence d’augmenter le poids moyen d’un EVP (équivalent vingt pied), qui est passé de 9,0 tonnes en 2023 à 9,3 tonnes. En nombre de conteneurs, le trafic augmente de 10,4 %, à 6,3 millions d’EVP en 2024. Cette hausse du trafic de conteneurs en nombre d’EVP s’est concentrée sur trois ports : Haropa (+ 18,5 %), Marseille (+ 8,8 %) et La Réunion (+ 16,3 %).
Évolution du trafic maritime de conteneurs depuis 2015
En millions de tonnes (à gauche) et millions d’EVP (à droite)
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Stabilisation du trafic de rouliers
En 2024, le trafic maritime de rouliers augmente (+ 0,4 %), à 73,1 Mt, après avoir rebondi en 2023 (+ 4,3 %).
Cette augmentation est tirée par la hausse du trafic de véhicules de particuliers et d’autocars (+ 5,0 %), qui augmente à 6,8 Mt. Ce trafic augmente sur la façade Manche (+ 7,3 %), pour atteindre 3,2 Mt après des années 2020 et 2021 fortement impactées par la crise sanitaire et le Brexit. En Méditerranée, le trafic de véhicules de particuliers et d’autocars atteint 3,6 Mt, en augmentation de 3,0 % par rapport à 2023 grâce à une bonne saison touristique 2024 en Corse.
En 2024, le trafic de rouliers affectés au transport de marchandises est quasi stable (- 0,1 %), à 66,3 Mt. Le trafic de rouliers transmanche de marchandises suit une évolution identique (- 0,1 %), avec 55,7 Mt transportées en 2024. À l’inverse, celui qui transite par les ports méditerranéens rebondit (+ 0,7 %) à 9,8 Mt grâce à une bonne dynamique des échanges avec le Maghreb.
Évolution du trafic maritime de rouliers depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Trafic de fret variable dans les principaux ports maritimes
En 2024, le trafic de marchandises transitant par les ports de métropole diminue de 0,4 %, pour s’établir à 312,1 Mt. La forte augmentation du trafic de conteneurs (+ 15,1 %) ne compense pas les baisses des trafics de vracs liquides (- 3,6 %) et de vracs solides (- 4,7 %).
- le tonnage total transitant par le port d’Haropa augmente de 2,4 %, à 82,8 Mt, en raison de la forte hausse du trafic de conteneurs (+ 21,2 %) qui contrebalance la baisse des trafics d’hydrocarbures (- 5,2 %) et de céréales (- 4,2 %) ;
- le trafic total du port de Marseille baisse (- 1,9 %), à 70,5 Mt, du fait de la diminution des trafics de GNL (- 6,1 %), de charbon (- 17,9 %) et de minerais (- 34,6 %). La hausse du trafic de conteneurs (+ 14,9 %) ne suffit pas à compenser la baisse des trafics de vracs ;
- le trafic total du port de Dunkerque rebondit (+ 4,7 %), à 45,9 Mt, tiré par la hausse des trafics pétroliers (+ 15,2 %), de charbon (+ 8,9 %) et de minerais (+ 20,7 %). En 2023, l’incendie d’un haut-fourneau d’Arcelor Mittal avait conduit à une réduction de la production d’acier, entraînant l’affaiblissement des trafics de minerais et de charbon pour le port dunkerquois ;
- le trafic total du port de Calais se replie (- 1,8 %), à 40,4 Mt, en raison de la diminution de son trafic de rouliers transportant des marchandises (- 2,3 %), qui compte pour 95 % du tonnage total du port. Le trafic de véhicules de particuliers et d’autocars, qui représente l’essentiel du trafic restant, augmente (+ 11,1 %) pour la troisième année consécutive, après avoir été fortement impacté par la crise sanitaire et le Brexit ;
- le trafic total du port de Nantes Saint-Nazaire recule (- 9,7 %), à 25,7 Mt, du fait de la chute des trafics de GNL (- 36,0 %) et de charbon (- 86,4 %). La centrale à charbon de Cordemais, utilisée comme appoint dans le bouquet électrique français, a été très peu sollicitée en 2024.
En 2024, le trafic total de marchandises transitant par les ports d’outre-mer augmente de 3,8 %, atteignant 13,4 Mt, porté par les hausses enregistrées aux ports de Cayenne (+ 8,9 %) et de La Réunion (+ 13,1 %). Le dynamisme du port réunionnais s’explique notamment par la progression de l’activité de transbordement de conteneurs. À l’inverse, les trafics des ports de Pointe-à-Pitre (- 3,5 %) et de Fort-de-France (- 4,6 %) sont en baisse.
Les ports de commerces français de marchandises et leurs tonnages en 2024
Notes : trafic de fret (marchandise + tare) total embarqué et débarqué dans les 37 ports de commerce français de métropole et des départements et régions d’outre-mer (DROM) hors Mayotte. Les GPM sont des ports sous tutelle de l’État tandis que les ports décentralisés sont sous tutelle des collectivités territoriales. Certaines données restent provisoires et peuvent encore être sujettes à des révisions.
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Auteur : Achille BAUER, SDES
Définitions
- Conteneurs : regroupe tous les produits transportés à l’intérieur des conteneurs de plus de 20 pieds. Le tonnage inclut la tare des conteneurs en plus du poids de la cargaison contenue.
- EVP : acronyme d’équivalent vingt pieds. Unité approximative de mesure basée sur le volume d'un conteneur de 20 pieds, qui représente la taille standard dans le transport des marchandises conteneurisées. Par exemple, un conteneur standard de 20 pieds correspond à 1 EVP, tandis qu’un conteneur standard de 40 pieds correspond à 2 EVP.
- Hinterland : zone située à l’intérieur des terres, reliée à un port par des voies de transport (route, rail, fleuve), et depuis laquelle des marchandises sont acheminées vers le port (à l’export) ou distribuées après y être arrivées (à l’import).
- Rouliers : dit également « RoRo ». Inclut les marchandises contenues dans les véhicules de transport qui sont chargés sur les navires de commerce. Ce sont généralement des véhicules routiers (camions, remorques et semi-remorques…), plus rarement des wagons de chemin de fer ou des barges. Les véhicules destinés à la vente sont également comptés dans cette catégorie. Comme pour les conteneurs, la tare des véhicules est incluse dans le tonnage.
- Tare : inclut uniquement le poids à vide (ou masse à vide), d'un véhicule ou d'une unité de transport intermodal.
- Tonnage total : inclut le tonnage des marchandises avec leurs emballages ainsi que la tare des unités de rouliers et de conteneurs servant au transport de ces marchandises.
- Trafic d’hydrocarbures : regroupe l’ensemble des trafics de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés (y compris le GPL) et de gaz naturel. Les autres vracs liquides non énergétiques sont exclus de cette catégorie.
- Trafic pétrolier : regroupe l’ensemble des trafics de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés, à l’exception des gaz de pétrole liquéfiés (GPL).
- Vracs liquides : regroupe tous les produits directement transportés sous forme liquide dans des navires adaptés (pétroliers, méthaniers, chimiquiers…).
- Vracs solides : regroupe tous les produits à l’état solide ou de granulats qui ne sont pas emballés ou arrimés, et qui sont directement transportés en grande quantité dans les soutes de navires spécialisés (en général des vraquiers).
Données
Données associées à l'article sous forme de tableaux et graphiques et données brutes sous forme de tableaux.









