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Les dépenses de protection de l’environnement en 2023 : vue d’ensemble

Environnement
Publié le 12/06/2026
En 2023, 67 milliards d’euros ont été consacrés à la protection de l’environnement, soit l’équivalent de 2,4 % du produit intérieur brut. La dépense progresse de 4,8 % en euros courants, mais reste quasiment stable en euros constants (- 0,2 %) par rapport à 2022, dans un contexte de ralentissement économique et de fin progressive des dispositifs exceptionnels de relance post-COVID. Plus de la moitié des dépenses se concentrent sur deux domaines : la gestion des déchets (33 %) et la gestion des eaux usées (25 %). Le financement repose essentiellement sur le secteur privé (entreprises et ménages), qui assure près des deux tiers de l’effort total, hors aides publiques perçues.

Les dépenses de protection de l’environnement donnent une vision synthétique des moyens financiers mobilisés par l’ensemble des acteurs économiques (État, collectivités locales, entreprises et ménages) pour prévenir, réduire ou compenser ces atteintes, tant sur le territoire national qu’à l’international (aide publique au développement). Elles couvrent un large éventail d’actions : gestion des déchets et des eaux usées, protection de la biodiversité, de l’air et des sols, lutte contre le bruit, recherche et développement (R&D) ainsi que l’administration générale dédiée à la protection de l’environnement. Elles sont calculées conformément au système européen de comptabilité économiques de l’environnement (voir la méthodologie) et font l’objet d’une rapportage européen annuel.

L'essentiel en infographie

La France dépense 66,8 milliards d'euros pour protéger l'environnement, soit 2,4 % de son PIB. Quels sont les pincipaux postes de dépenses ? Quel est leur financement ?

© SDES

Combien la France dépense-t-elle pour protéger l’environnement ? (Données 2023)


66,8 milliards d'euros de dépenses de biens et de services en 2023 soit 2,4 % du PIB
Augmentation de 3,8 % par an sur la période 2000-2023, tandis que le PIB augmente de 2,9 % par an sur cette même période, en euros courants.

Les dépenses par domaine

  • Déchets : 22,0 milliards d’euros
  • Eaux usées : 17,0 milliards d’euros
  • Air extérieur : 8,3 milliards d’euros
  • Activités transversales : 5,6 milliards d’euros
  • R&D : 4,2 milliards d’euros
  • Biodiversité : 3,8 milliards d’euros
  • Lutte contre le bruit : 2,8 milliards d’euros
  • Dépollution sols et eaux : 2,3 milliards d’euros
  • Déchets radioactifs : 1,0 milliard d’euros

Dépenses courantes ou d'investissement ? (Données 2023)

  • Dépenses courantes : 67 %
    • La gestion des déchets représente 44 % des dépenses courantes.
  • Investissements : 33 %
    • La gestion des eaux usées représente 23 % des investissements.

Comment se positionne la France en Europe ? (Données 2022)

Classement des pays selon les dépenses pour les services de protection de l’environnement : 

  • 1er : Belgique
  • 9e : France
  • 27e et dernier pays : Irlande

Qui finance la protection de l'environnement ? (Données 2023)

  • Les administrations publiques : 34 %
    • Déchets : 24 %
    • Activités transversales : 23 %
    • Eaux usées : 23 %
    • Biodiversité : 10 %
    • Air extérieur : 9 %
    • R&D : 7 %
    • Autres : 4 %
  • Les entreprises : 36 %
    • Déchets : 37 %
    • Eaux usées : 20 %
    • Air extérieur : 18 %
    • R&D : 10 %
    • Dépollution sols et eaux : 6 %
    • Autres : 9 %
  • Les ménages : 29 %
    • Déchets : 40 %
    • Eaux usées : 36 %
    • Lutte contre le bruit : 11 %
    • Air extérieur : 9 %
    • Autres : 4 %
  • Reste du monde : 1 %
    • Principalement : Biodiversité, R&D et dépollution des sols et des eaux.
       

67 Md€ pour la protection de l’environnement

En 2023, 67 milliards d’euros (Md€) ont été consacrés à la protection de l’environnement, soit 2,4 % du produit intérieur brut (PIB).

Les principaux postes de dépenses concernent la gestion des déchets (22 Md€), la gestion des eaux usées (17 Md€) et la protection de l’air extérieur (8,3 Md€). À eux trois, ces domaines concentrent 70 % des dépenses de protection de l’environnement.

Entre 2022 et 2023, plusieurs postes de dépenses progressent à un rythme soutenu, notamment la protection de la biodiversité (+ 5 %), la gestion des déchets (+ 4,8 %) et la gestion des eaux usées (+ 3,8 %). Toutefois, la protection de l’air extérieur enregistre la hausse la plus marquée (+ 21,5 %, soit + 1,47 Md€). Cette progression est principalement portée par l’augmentation des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables, ainsi que par le développement des infrastructures de recharge. À l’inverse, les dépenses consacrées à la lutte contre le bruit reculent de 8 % en 2023, sous l’effet du ralentissement des achats de fenêtres à isolation acoustique.


Répartition des dépenses de protection de l'environnement par domaine en 2023
En milliards d'euros (Md€) et en %

© SDES

* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors rénovation énergétique des bâtiments et production d'énergie à partir de sources renouvelables. 
Note : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

22 Md€ investis pour la protection de l’environnement

En 2023, les dépenses de protection de l’environnement se composent principalement de dépenses courantes, qui représentent 44,4 Md€ (67 % du total), tandis que les dépenses d’investissement s’élèvent à 22,4 Md€ (33 %). Cette répartition varie selon les domaines de protection.

Les investissements recouvrent notamment l’acquisition de terrains, la construction ou la rénovation d’ouvrages spécifiques (stations d’épuration, installations de traitement des déchets), ainsi que l’achat d’équipements destinés à la production de biens et de services favorables à l’environnement (véhicules de collecte des déchets, équipements moins polluants comme les véhicules électriques ou hybrides rechargeables acquis par les entreprises ou administrations). Ils incluent également les activités de R&D dédiées à la protection de l’environnement. 

Les dépenses courantes correspondent aux dépenses de consommation de biens et services environnementaux par les acteurs économiques, à l’exclusion de celles des producteurs spécialisés dans l’environnement. Elles incluent également la consommation de capital fixe, qui reflète la dépréciation (amortissement) des équipements et des infrastructures, liée à l’usure, à l’obsolescence ou aux dommages subis.


Répartition des dépenses de protection de l’environnement par nature et par domaine, en 2023
En milliards d'euros (Md€)

© SDES

* Hors activités de récupération et de transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors rénovation énergétique des bâtiments et production d'énergie à partir de sources renouvelables
.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Un financement dominé par le secteur privé

De manière globale, les acteurs privés (entreprises et ménages confondus) sont les principaux financeurs des dépenses de protection de l’environnement, avec une part de 65 %, soit 43 Md€.

Les entreprises qui réalisent 36 % du financement total le font principalement dans des domaines de la gestion des déchets (9 Md€) et des eaux usées (4,9 Md€) ainsi que de la protection de l’air extérieur (4,4 Md€).

Les ménages financent 29 % des dépenses de protection de l’environnement, principalement pour les services de gestion des déchets (7,7 Md€) et des eaux usées (6,9 Md€), ainsi que pour des équipements visant à réduire le bruit (2,2 Md€) et à protéger l’air extérieur (1,7 Md€).

Les administrations publiques contribuent, quant à elles, au financement de la protection de l’environnement à hauteur de 34 % majoritairement par l’intermédiaire des collectivités locales. Les principaux domaines financés sont la gestion des déchets (5,3 Md€) et des eaux usées (5,2 Md€) ainsi que l’administration générale (5,2 Md€). Ces financements peuvent être réalisés directement ou prendre la forme de transferts versés aux entreprises, aux ménages et aux associations. En 2023, ces aides publiques atteignent 3 Md€, dont 1,6 Md€ consacrés à l’achat de véhicules moins émetteurs.

La contribution financière européenne reste marginale (1 %). Elle s’effectue principalement sous la forme de subventions dans le cadre du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et du programme de financement pour la recherche et l’innovation « Horizon Europe » .


Répartition du financement des dépenses de protection de l’environnement en 2023
En milliards d'euros (Md€) et en %

© SDES

Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025

Une hausse moyenne de 7,5 % par an depuis la crise sanitaire

Après le recul des dépenses en 2020, lié à la crise sanitaire et au report de nombreux projets d’investissements, les dépenses de protection de l’environnement ont nettement rebondi en 2021 (+ 8,9 %) et en 2022 (+ 8,8 %), soutenues par les plans de relance nationaux, dont le plan France Relance. En 2023, la croissance ralentit (+ 4,8 %), légèrement en dessous de l’inflation (+ 5 %), traduisant la fin progressive des dispositifs exceptionnels de relance et un contexte économique plus incertain. En moyenne, les dépenses entre 2020 et 2023 augmentent de 7,5 % en euros courants par an, bien au-dessus de l’inflation qui se situe à 3,1 % par an en moyenne sur la même période.

Sur le long terme, face aux exigences croissantes en matière de protection de l'environnement, les dépenses dédiées affichent une hausse quasiment constante depuis 2000. Entre 2000 et 2023, elles ont ainsi augmenté en moyenne de 3,8 % par an en euros courants, contre 2,9 % pour le PIB. En excluant l’inflation, les dépenses de protection de l'environnement ont progressé de 2,1 % par an, soit un rythme près de deux fois plus rapide que celui du PIB en euros constants (+ 1,2 %), faisant passer leur poids dans l’économie de 1,9 % du PIB en 2000 à 2,4 % en 2023.


Évolutions comparées des dépenses de protection de l'environnement et du PIB
Indice base 100 en 2000

© SDES

Note : l’évolution des dépenses en euros constants est calculée à partir des dépenses en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (euros constants - hors inflation).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024

Un niveau de dépenses proche de la moyenne des pays européens

En 2022, selon les données d’Eurostat, la France se classe au 9e rang des pays de l’Union européenne, avec des dépenses représentant 2 % du PIB, légèrement en dessous de la moyenne européenne (2,1 %).

Les données utilisées dans cette comparaison portent uniquement sur les services de protection de l’environnement (collecte des déchets, traitements des eaux usées, etc.), qui représentent environ 90 % du total des dépenses calculées au niveau national. Elles ne prennent pas en compte certains éléments, comme les biens dédiés à l’environnement (véhicules bas carbone, fenêtres à isolation acoustique, fosses septiques, etc.), ni les financements européens.

Entre 2006 et 2022, la part française est restée relativement stable, entre 1,8 et 2 % du PIB.


Comparaison des dépenses de services de protection de l’environnement dans l’Union européenne en 2022
En % du PIB

© SDES

Champ : Union européenne.
Source : Eurostat 2025

Auteurs : Élodie RICAUD et Fabrice GARNES, SDES

Méthodologie

Les comptes de dépenses de protection de l’environnement sont établis conformément au système européen pour le rassemblement des informations économiques sur l’environnement (SERIEE) qui fournit aux États membres un cadre commun pour la collecte, le traitement et la présentation des informations. Le SERIEE s’insère dorénavant au sein du Système de comptabilité économiques de l’environnement (SEEA pour system for environmental-economic accounting). 

La transmission des données des comptes économiques de l’environnement à l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) est régie par le règlement (UE) n° 691/2011 consolidé (annexe IV). Ces comptes concernent différents domaines spécifiques et sont présentés selon la classification des activités et produits environnementaux (Classification of Environmental Purposes - CEP). La CEP est une classification fonctionnelle générique des activités économiques, des produits, des dépenses et autres transactions liés à la protection de l'environnement et à la gestion des ressources naturelles. 

La protection de l’environnement englobe toutes les activités et actions ayant pour objectif principal la prévention, la réduction et l'élimination de la pollution ainsi que de toute autre dégradation de l'environnement. Les activités suivies sont réparties en neuf domaines :

  • la protection de l’air extérieur ;
  • la gestion des eaux usées ;
  • la gestion des déchets ;
  • la protection et la dépollution des sols et des eaux ;
  • la lutte contre le bruit et les vibrations ;
  • la protection de la biodiversité et des paysages ;
  • la gestion des déchets radioactifs d’origine civile résultant de la production d’électricité nucléaire, des services de médecine nucléaire ou de la recherche nucléaire ;
  • la recherche et développement pour la protection de l’environnement ;
  • les autres activités de protection de l’environnement.

Les dépenses de protection de l’environnement comptabilisent la consommation finale et intermédiaire de biens et services environnementaux par les agents économiques (ménages, entreprises et administrations publiques) (hors consommation intermédiaire de biens et services environnementaux des producteurs spécialisés en environnement), la formation brute de capital fixe (investissement et acquisitions de terrains), ainsi que la consommation de capital fixe (amortissement du capital investi).

De nombreuses sources sont mobilisées pour évaluer cette dépense, en particulier celles de l’Insee, la direction générale des Finances publiques, l’Ademe, etc. Le calcul des dépenses de protection de l’environnement est réalisé par le Service des données et études statistiques (SDES).
 
La dépense est mesurée en euros courants (dit aussi en prix courants), c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf mention contraire.

Données

Données associées aux dépenses de protection de l’environnement en 2023

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