Les éco-activités représentent 2,6 % de la valeur ajoutée produite en France
En 2023, la valeur ajoutée* des éco-activités s’élève à 65,7 milliards d’euros, soit 2,6 % de l’ensemble de la valeur ajoutée produite en France. Cette part a nettement progressé depuis 2004 (de 1,8 % en 2004 à 2,6 % en 2023).
Entre 2004 et 2023, la valeur ajoutée des éco-activités a davantage augmenté que celle de l’ensemble de l’économie. La progression a été particulièrement marquée dans la deuxième moitié des années 2000. Plus récemment, la forte croissance de 2021 est liée à un effet de rattrapage après le confinement de 2020 qui avait entraîné l’arrêt temporaire de nombreuses activités. En revanche, en 2023, la hausse de la valeur ajoutée des éco-activités est restée légèrement inférieure à celle de l’ensemble de l’économie (5,2 % contre 7,2 % pour l’ensemble de l’économie, en prix courants). Au total, entre 2004 et 2023, la valeur ajoutée des éco-activités progresse en moyenne de 4,7 % par an, contre 2,7 % pour l’ensemble de l’économie.
Évolution de la valeur ajoutée dans les éco-activités, entre 2004 et 2023
En indice base 100 en 2004 à partir de valeurs en euros courants
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, EAP, Ésane, Comptes nationaux base 2020 ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES, 2025
*À savoir : la valeur ajoutée correspond à la richesse réellement créée lors de la production d’un bien. Elle se calcule en prenant la valeur de ce qui est produit et en retirant l’ensemble des consommations nécessaires à cette production.
Forte progression des énergies renouvelables et de la protection des sols et des masses d’eau
Les éco-activités sont structurées en 15 domaines environnementaux distincts. En 2023, les énergies renouvelables sont le premier contributeur à la valeur ajoutée des éco-activités avec 21,4 % du total. Elles sont suivies par la gestion des déchets (15,8 %) et par la maîtrise de l’énergie (14,6 %). Entre 2004 et 2023, la valeur ajoutée progresse dans l’ensemble des domaines environnementaux. Cette hausse est particulièrement marquée dans les énergies renouvelables et dans la protection des sols et des masses d’eau, où la valeur ajoutée est presque multipliée par six. La maîtrise de l’énergie est également en forte hausse avec une valeur ajoutée multipliée par plus de 2,5. Ces fortes évolutions s’expliquent en grande partie par une croissance soutenue liée aux politiques d’atténuation du changement climatique qui ont favorisé le développement de ces activités. À l’inverse, la progression est nettement plus modérée dans des domaines historiquement importants comme la gestion des déchets et la gestion des eaux usées dont la valeur ajoutée augmente respectivement de 73,3 % et 57,7 % sur la même période. En conséquence, bien que toujours importantes, ces activités occupent désormais une place moins élevée dans l’ensemble des éco-activités.
De plus en plus d'emplois dans les éco-activités
En 2023, les éco-activités représentent 817 300 ETP*, soit 2,8 % de l’ensemble des ETP en France. Entre 2004 et 2023, l’emploi en ETP dans les éco-activités a progressé en moyenne de 3,5 % par an. Cette hausse est nettement supérieure à celle de l’ensemble des branches dont l’emploi en ETP n’augmente que de 0,8 % par an sur la même période. Le nombre d’ETP dans les éco-activités est ainsi passé de 422 400 en 2004 à 817 300 en 2023. Après une progression régulière entre 2004 et 2010, le nombre d’ETP se stabilise entre 2010 et 2016. À partir de 2017, la croissance reprend. Les trois dernières années sont marquées par une forte augmentation en 2021 (+ 11,5 %), suivie de hausses moins marquées en 2022 (+ 5,5 %) et en 2023 (+ 1,7 %).
Valeur ajoutée, production, emploi et commerce extérieur dans les éco-activités, en 2023
En millions d’euros courants et en nombre d’emplois en équivalent temps plein
Notes : la production d’énergies renouvelables n’inclut pas les énergies marines renouvelables ; les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB) ; les échanges extérieurs portant sur l'agriculture et les services sont exclus car peu présents au niveau des éco-activités ou en raison d’informations parcellaires (par exemple sur l’agriculture biologique) ; du fait des arrondis, les totaux et sous-totaux peuvent différer de la somme des composantes.
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, Ésane, EAP, Comptes nationaux base 2020 ; Douanes ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES, 2025
En 2023, près des deux tiers des ETP des éco-activités se situent dans quatre domaines environnementaux : la production d’énergies renouvelables, la protection des sols et des masses d’eau majoritairement liée à l’agriculture biologique, la maîtrise de l’énergie et la gestion des déchets. Sur la période 2004-2023, le nombre d’ETP a été multiplié par 4,8 dans la production d’énergies renouvelables comme dans la protection des sols et des masses d’eau.
Emplois en équivalent temps plein dans les éco-activités par domaine environnemental en 2004, 2013 et 2023
En nombre
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, Ésane, EAP, Comptes nationaux base 2020 ; Douanes ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES, 2025
*À savoir : l’emploi en équivalent temps plein (ETP) rapporte le nombre total d’heures travaillées dans une activité à la moyenne annuelle des heures travaillées dans des emplois à plein temps sur le territoire économique. Elle permet de mesurer le volume réel de travail mobilisé.
Le déficit de la balance commerciale des éco-activités se creuse davantage en 2023
En 2023, les exportations françaises liées aux éco-activités s’élèvent à 14,0 milliards d’euros (Md€), tandis que les importations sont de 27,5 Md€. Le solde commercial est ainsi nettement déficitaire (- 13,5 Md€). Jusqu’en 2019, les exportations sont supérieures ou équivalentes aux importations, ce qui implique un excédent ou un équilibre des échanges extérieurs des éco-activités. À partir de 2020, la situation se dégrade fortement avec une hausse très marquée des importations sans que la progression des exportations ne parvienne à les compenser. Cela entraîne un fort déficit commercial.
La protection de l’air extérieur est le domaine générant le plus d’échanges et surtout le plus fort volume d’importations (15,5 Md€). Il s’agit également du domaine présentant la balance commerciale la plus déficitaire avec un solde de - 11,25 Md€. Ce déficit s’explique principalement par les échanges de véhicules électriques : les importations connaissent une très forte progression (de 0,014 Md€ en 2009 à 14,55 Md€ en 2023), tandis que les exportations augmentent beaucoup plus modérément sur la même période (de 0,02 milliard d’euros en 2009 à 3,49 Md€ en 2023). Les énergies renouvelables constituent le deuxième domaine le plus déficitaire avec un solde commercial de - 4,5 Md€. Cette situation est notamment liée à la forte augmentation des importations de biocarburants (3,75 Md€). À l’inverse, la récupération de matières pour le recyclage est le seul domaine affichant un excédent commercial avec un solde positif de + 3,55 Md€. Cet excédent repose principalement sur les échanges de matières premières issues de la récupération en vue du recyclage, en particulier les métaux ferreux et non ferreux.
Évolution des exportations et des importations dans les éco-activités
En millions d'euros courants
Note : les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB).
Sources : Douanes ; Ademe ; Eurostat. Traitements : SDES, 2025
En France, la part des éco-activités dans l'économie n'atteint pas la moyenne européenne
En France, la part de la valeur ajoutée des éco-activités, hors activités de construction et de rénovation liées à la sobriété énergétique* , s’élève à 1,9 % en 2022. Cette part se situe en dessous de la moyenne de l’Union européenne à 27, qui atteint 2,4 %. Certains pays affichent en revanche des performances nettement supérieures. C’est notamment le cas de la Finlande et de l’Autriche où la part de la valeur ajoutée des éco-activités atteint respectivement 4,5 % et 4,1 %. Ces résultats s’expliquent principalement par le poids important des activités de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie dans leurs économies.
Part des éco-activités dans la valeur ajoutée brute totale dans les pays de l’Union européenne en 2022
En %
Note : la Suède, les Pays-Bas et Malte ne donnent pas la valeur de leurs activités de construction et de rénovation visant la sobriété énergétique. Aussi, les parts pour ces 3 pays ont été faites à partir de l’ensemble des éco-activités.
Source : Eurostat. Traitements : SDES, 2025
*À savoir : les activités de construction et de rénovation visant la sobriété énergétique sont exclues de la comparaison car les pays de l’Union européenne ne les déclarent pas de manière homogène.
Les éco-activités regroupent les activités économiques qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion durable des ressources naturelles. Elles sont classées dans 15 grands domaines environnementaux. Ces 15 domaines sont regroupés dans 3 grandes catégories (protection de l’environnement, gestion des ressources et activités transversales).
Cette nomenclature est harmonisée par Eurostat, ce qui permet d’avoir des données comparables pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. Elle est notamment utilisée par l’ensemble des pays européens dans la cadre du règlement 691/2011 relatif à la comptabilité économique européenne de l’environnement.
Les notes méthodologiques de la CEP (Classification of Environmental Purpose) et des CEPA/CReMA (Classification of Environmental Protection Activities / Classification of Resource Management Activities) sont accessibles sur la page web d’Eurostat dédiée à la méthodologie des comptes environnementaux (voir Monetary environmental accounts).
Données
Données associées et détaillées sous forme de tableaux et graphiques.
Résultats précédents
Archives
L'archivage des résultats précédents des éco-activités et l’emploi environnemental est accessible sur la bibliothèque numérique de la statistique publique (BNSP).







